52860112_94dd17a25d.jpg« (…) Venons-en au deuxième grand document de l'année 1968 [après la Profession de foi , qu'il a confié à L'Eglise le 30 juin 1968, en conclusion de l'Année de la Foi, initiée par lui], l'Encyclique Humanae vitae.
Rarement un texte de l'histoire récente du Magistère est devenu un signe de contradiction autant que cette Encyclique, que Paul VI a écrite à partir d'une décision de conscience profondément douloureuse.
Deux objections fondamentales ont été soulevées contre le texte, l'une procédurale et l'autre de contenu.
Du point de vue de la procédure, on retient que le pape se serait prononcé contre la majorité de la commission d'étude spécialement constituée, et se serait ainsi placé sur un terrain instable; du point de vue du contenu, il fut reproché à l'Encyclique que son affirmation centrale reposait sur un concept de nature dépassé, qu'elle aurait mélangé biologie et éthique.
Le problème de la relation entre la majorité de la commission et la décision finale du pape touche des questions fondamentales qui vont bien au-delà de la question de l'Encyclique Humanae vitae. Ici se posent des problèmes tels que : à quel moment une majorité est-elle vraiment représentative ? Qui doit-elle représenter ? Et comment ?
Sans que le problème soit ici discuté dans toute son ampleur, nous pouvons dire la chose suivante à ce sujet : une commission, qui donne un avis sur la doctrine de l'Eglise, ne doit en aucun cas représenter la majorité des opinions dominantes, mais l'exigence intérieure de la foi. La Vérité n'est pas décidée à la majorité; le principe démocratique s'arrête devant les questions de la Vérité. 
En outre, dans l'Eglise il n'y a pas que les vivants qui comptent. En elle, les morts ne sont pas morts, parce que, comme communion des saints, elle va au-delà des limites du présent. Le passé n'est pas passé et le futur, de ce fait, existe déjà. En d'autres termes : dans l'Église, il ne peut y avoir de majorité contre les Saints, contre les grands témoins de la foi qui caractérisent toute l'histoire. Ils appartiennent toujours au présent, et leur voix ne peut pas être mise en minorité. La responsabilité envers la continuité de la doctrine de l'Église avait à juste titre pour Paul VI une importance plus grande que celle d'un comité de soixante membres, dont le vote devait être pris en considération, mais ne pouvait pas être le dernier recours avant le poids de la tradition.
Quiconque lit sereinement l'Encyclique trouvera qu'elle n'est nullement imprégnée de naturalisme ou de biologisme, mais est uniquement préoccupée d'un authentique amour humain, un amour qui est spirituel et physique dans l'inséparabilité de l'esprit et du corps, qui caractérise l'être humain (en particulier le paragraphe 9). Puisque l'amour est humain, il a à voir avec la liberté humaine, et doit donc être amour, aimer l'autre non pour "moi", mais pour lui-même. Pour cela, fidélité, unicité et fécondité sont ancrés dans l'essence intérieure de cet amour. Paul VI a à coeur de défendre la dignité humaine de l'amour humain et conjugal. Donc, la liberté - qui, dans son essence est liberté ordonnée à la morale - est au centre de ses réflexions : le pape considère que la personne humaine est capable d'une grande chose - capable de fidélité et capable de renonciation.
Pour cette raison il ne veut pas que le problème de la fécondité responsable - le contrôle des naissances - soit régulé de façon mécanique, mais qu'il soit résolu d'une manière humaine, c'est-à-dire morale, à partir de l'esprit de l'amour et la liberté elle-même.
Si on voulait faire un reproche au pape, ce ne pourrait être celui du naturalisme, mais tout au plus d'avoir une trop grande idée de l'être humain, de la capacité de sa liberté dans la relation corps-esprit.

 

Ceux qui ont connu même de loin, la personnalité de Paul VI, savent qu'il ne lui manquait ni la sensibilité pastorale ni la connaissance des problèmes des individus. L'intention de l'Encyclique n'était pas d'imposer des fardeaux; le Pape se sentait plutôt le devoir de défendre la dignité et la liberté de l'homme contre une conception matérialiste et déterministe.
Il parle dans la perspective de l'éternité, dans sa responsabilité devant la totalité de l'histoire. De ce point de vue, il ne pouvait pas parler autrement, et c'est dans cette perspective qu'il faut lire l'Encyclique : comment une harangue en faveur de l'humanité de l'amour, et en faveur de la dignité de sa liberté morale.
Ici, se manifeste comment Paul VI, sur ce point aussi, précisément sur ce point, parle comme l'avocat de la personne humaine; comment la foi qui l'inspirait, défend la personne humaine, même là où elle la défie ».


 

S.E. le Cardinal Ratzinger - Rome, Pâques 1995

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