2ni5hxd« (...) Pour répondre aux instances des Pères du Concile de Trente, préoccupés de la réforme de l’Eglise de leur temps, le Pape saint Pie V procéda à la réforme des livres liturgiques, en premier lieu le bréviaire et le missel. C’est le même objectif qu’ont poursuivi les Pontifes romains au cours des siècles suivants en assurant la mise à jour des rites et des livres liturgiques ou en les précisant, et ensuite, depuis le début de ce siècle, en entreprenant une réforme plus générale. Saint Pie X institua une Commission spéciale chargée de cette réforme, dont il pensait qu’il faudrait de nombreuses années pour l’achever, mais il posa la première pierre de l’édifice en restaurant la célébration du dimanche et en réformant le Bréviaire romain. « En vérité, affirmait-il, tout cela exige, selon le jugement des experts, un travail aussi étendu par son ampleur que par le temps qu’il demandera ; aussi est-il nécessaire que passent de nombreuses années avant que cet édifice liturgique, pour ainsi parler… apparaisse de nouveau dans la splendeur de sa dignité et de son harmonie, une fois nettoyé des enlaidissements, dus à l’âge. » Pie XII reprit le grand dessein de réforme de la liturgie en publiant l’encyclique Mediator Dei et en instituant une nouvelle Commission. Il prit, par ailleurs, des décisions sur des points importants, comme la nouvelle version du psautier, pour faciliter l’intelligence de la prière des psaumes, l’assouplissement du jeûne eucharistique, pour favoriser un accès plus facile à la communion, l’usage de la langue vivante dans le rituel, et surtout la restauration de la veillée pascale et de la Semaine sainte. Au début du Missel romain de 1962 figurait la déclaration de Jean XXIII selon laquelle « les grands principes commandant la réforme de l’ensemble de la liturgie devaient être proposés aux Pères au cours du prochain Concile œcuménique ». Une telle réforme d’ensemble de la liturgie répondait à une attente générale dans l’Église. Car l’esprit liturgique s’était répandu de plus en plus dans presque tous les milieux, avec le désir d’une « participation active aux mystères sacrosaints et à la prière solennelle de l’Eglise », avec aussi l’aspiration à entendre la parole de Dieu plus largement. Liée au renouveau biblique, au mouvement œcuménique, à l’élan missionnaire, à la recherche ecclésiologique, la réforme de la liturgie devait contribuer à la rénovation globale de l’Église. Je l’ai rappelé dans ma lettre Dominicae Cenae : « Il existe en effet un lien très étroit et organique entre le renouveau de la liturgie et le renouveau de toute la vie de l’Eglise. L’Eglise agit dans la liturgie, mais elle s’y exprime aussi, elle vit de la liturgie et elle puise dans la liturgie ses forces vitales ». 

 

La réforme des rites et des livres liturgiques a été entreprise presque aussitôt après la promulgation de la Constitution Sacrosanctum Concilium et réalisée en quelques années grâce au travail considérable et désintéressé d’un grand nombre d’experts et de pasteurs de toutes les parties du monde. Ce travail a été accompli suivant le principe conciliaire : fidélité à la tradition et ouverture à un progrès légitime. Aussi peut-on dire que la réforme liturgique est strictement traditionnelle ad normam Sanctorum Patrum. (...) Il faut reconnaître que l’application de la réforme liturgique s’est heurtée à des difficultés dues surtout à un contexte peu favorable, marqué par une privatisation du domaine religieux, un certain rejet de toute institution, une moindre visibilité de l’Eglise dans la société, une remise en question de la foi personnelle. On peut supposer aussi que le passage d’une simple assistance, assez souvent passive et muette, à une participation plus pleine et active a été une exigence trop forte pour certains. Il en est résulté des attitudes diverses et même opposées vis-à-vis de la réforme : certains ont reçu les nouveaux livres avec quelque indifférence ou sans chercher à comprendre ni à faire comprendre les motifs des changements ; d’autres, malheureusement, se sont repliés de manière unilatérale et exclusive sur les formes liturgiques précédentes, perçues par certains comme seule garantie de sécurité dans la foi ; d’autres enfin ont promu des innovations fantaisistes, prenant leurs distances par rapport aux normes établies par l’autorité du Siège apostolique ou des évêques, perturbant l’unité de l’Eglise et la piété des fidèles, heurtant même parfois les données de la foi. On ne peut tolérer que certains prêtres s’arrogent le droit de composer des prières eucharistiques ou de remplacer les textes de l’Ecriture sainte par des textes profanes. Des initiatives de ce genre, loin d’être liées à la réforme liturgique elle-même, ou aux livres qui en sont issus, lui contreviennent directement, la défigurent et privent le peuple chrétien des richesses authentiques de la liturgie de l’Eglise. Il appartient aux évêques d’extirper ces abus, puisque le gouvernement de la liturgie dépend de l’évêque, dans les limites du droit, et que la vie chrétienne de ses fidèles découle de lui en quelque manière.

 

(...) Dans chaque diocèse, l’évêque est le principal dispensateur des mystères de Dieu comme aussi l’organisateur, le promoteur et le gardien de toute la vie liturgique dans l’Eglise qui lui est confiée. Quand l’évêque célèbre au milieu de son peuple, c’est le mystère même de l’Eglise qui se manifeste. Il est donc nécessaire que l’évêque soit fortement convaincu de l’importance de telles célébrations pour la vie chrétienne de ses fidèles. Elles doivent être un modèle pour tout le diocèse. Il reste encore beaucoup à faire pour aider les prêtres et les fidèles à pénétrer le sens des rites et des textes liturgiques, pour développer la dignité et la beauté des célébrations et des lieux, pour promouvoir, à la manière des Pères, une « catéchèse mystagogique » des sacrements. (...) » (Bx Jean-Paul II, Lettre Vicesimus quintus annus du 4 décembre 1988)

commentaires

Widget Vatican.va

Liens (1)

 

 

 

 

 

 

logofc

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 








Dossiers / Synthèses

 


 

http://img.over-blog.com/600x408/0/21/41/34/2010/hippycatholicism-copie-1.jpg

 


 

 


 

 


 

Actualité du livre

 

 

 


 

 

 

 

 

 


 

 

 

Admin / Twitter

oiseau-twitter2.gif

 

 

Depuis janvier 2006,
site administré par de
jeunes laïcs catholiques.
 
 
CONTACT
 

 


 

 
coolpape.jpg