« On ne pourra pas me taxer de défaitisme lorsque je soutiens que les documents du Saint-Siège ne sont suivis que de très peu d’effets. La raison en est qu’a disparu le préalable à toute obéissance : reconnaître le droit de Notre Seigneur à être adoré ainsi que l’affirment l’Ecriture et la Tradition apostolique. La prise en compte du ius divinum est essentielle si l’on veut favoriser la réforme liturgique telle que la comprend la Constitution conciliaire, dans le contexte de la tradition catholique et ainsi mettre fin au relativisme liturgique. Il faut repartir du principe que la liturgie est sacrée, de même que la musique et l’art qui la servent. Cela résulte du droit divin. (...) Le prêtre ou l’évêque qui préside la liturgie sait-il qu’il a été choisi parmi le peuple pour accomplir un tel acte de « justice » ? (...) Bien que la liturgie soit avant tout « ordre » (ordo pour les latins) (...) elle se trouve aujourd’hui dans une situation d’anomie, d’absence de règles. Il faudrait d’ailleurs plutôt dire que les règles existent sur le papier, mais que leur application est pour le moins élastique. L’anarchie est tellement diffuse que des groupes de laïcs se considèrent comme émancipés des clercs, que nombre de prêtres n’écoutent pas les évêques et qu’un certains nombre d’entre eux se considèrent se considèrent comme supérieurs au législateur suprême qu’est le Pontife romain.

 

La liturgie est manipulée. Comment y mettre bon ordre ? Il faut avant tout chercher à faire de son mieux avec les normes actuelles, en s’attachant à les éclaircir. Mais il faut aussi remédier aux difficultés en restreignant la tendance à la créativité et aux modifications qui parfois dégénèrent en délits, actes graves et abus (Redemptionis Sacramentum, 172-175). Il faut retrouver le sens de la Constitution sur la liturgie et de la Présentation générale du missel romain qui rappelle : « Le prêtre gardera à l’esprit qu’il est le serviteur de la liturgie et qu’il ne lui est pas licite d’ajouter, d’enlever ou de changer quoi que ce soit dans la célébration de la messe de son propre chef » (PGMR 24, cf. SC 22). (...) La nécessité de la discipline est une exigence anthropologique qui se retrouve dans l’existence d’un droit liturgique. Lorsqu’il se dégrade, l’ethos se détériore en même temps que le culte. Comme l’observe Robert Spaemann, la décadence morale accompagne celle du culte. (...) La désobéissance aux normes liturgiques est un acte immoral qui traduit une fausse conception de la liberté (Redemptionis Sacramentum n°7). Elle s’enracine dans la culture actuelle de l’autodétermination. On préfère mettre aujourd’hui en avant la créativité et obéir à de fumeuses théories théologiques. Il devient alors contradictoire d’en appeler au célèbre axiome lex orandi, lex credendi car si la norme de la prière établit la norme de la foi, la norme, la loi impliquent discipline, humilité et obéissance : choses bien rares aujourd’hui. »

 

Mgr Nicola Bux, professeur de liturgie et de théologie sacramentaire,

Consulteur de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi et de la

Congrégation pour le Culte divin et la discipline des Sacrements

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