Le Pape Benoît XVI a employé une expression à l’aide de laquelle il a voulu montrer qu’il n’y a pas dans l’Eglise un « avant Concile » et un « après Concile », mais que ce qui s’est passé après le Concile ne pouvait être compris de façon juste et authentiquement catholique que lié à toute l’histoire de l’Eglise d’avant le Concile. Le Pape a employé l’expression « herméneutique de la continuité ». Et tout le monde de dire que cette façon de voir les choses est « nouvelle » ? Nouvelle ? Non. Tout ceux - prêtres et laïcs - qui ont compris et appliqué correctement le Concile au lendemain de sa clôture, ont vu les enseignements de Vatican II à travers cette « herméneutique de la continuité » même quand ils n’employaient pas cette expression que l’on attribue à Benoît XVI.

 

 

 

 

Seulement voilà : tout ceux qui étaient à la tête des organismes influents dans les diocèses - les évêques, les curés de paroisses, le supérieurs de séminaires ou de communautés religieuses... - leur ont répondu qu’ils avaient tout faux et que le Concile devait obligatoirement être compris selon une « herméneutique de rupture ». Et tout fut fait pour que cette rupture soit immédiate et apparente essentiellement dans les domaines de la liturgie et de la catéchèse. Entre autres choses, on s’employa à « placardiser » et à réduire au silence tous les fidèles qui demandaient que le Concile soit compris et appliqué selon une « herméneutique de continuité ». Dans les paroisses, les chorales qui chantaient du grégorien furent interdites et les prêtres qui respectaient le Missel romain « restauré » furent soupçonnés de ne pas vouloir appliquer Vatican II ; dans les séminaires, les jeunes qui tenaient au Concile furent « aimablement » poussés vers la sortie au motif qu’ils ne pourraient jamais s’adapter à « la pastorale de la nouvelle Eglise » (sic). A cette époque, la Communauté Saint-Martin, fondée par prêtre champion de l’ « herméneutique de la continuité », l’Abbé Guérin, fut contrainte de s’expatrier et de trouver refuge dans le diocèse italien de Gênes. Ne sont donc restés dans les diocèses de France, dans les paroisses et dans les séminaires de France que les fidèles qui ne pouvaient pas concevoir le Concile autrement que comme un acte obligeant à une séparation entre un « avant » et un « après » : avant, plus rien n’allait ; après, tout allait bien aller... 

 

Aujourd’hui, en France, l’Eglise ne commence à « décoller » que dans les rares diocèses ayant à leur tête un évêque pour qui l’ « herméneutique de continuité » a toujours été une évidence, comme elle a toujours été une évidence pour, par exemple, les moines de Solesmes. Partout ailleurs, là où le pasteur diocésain en est resté à ce qu’on lui a appris au séminaire du temps où il se préparait à être prêtre, là où le pasteur diocésain a nommé des vicaires épiscopaux de la même génération, l’Eglise ne « décolle » pas et ne pourra jamais décoller. On répondra : « Le Pape n’a qu’à nommer des évêques convaincus que le Concile doit être lu selon l’ « herméneutique de la continuité ! ». Outre le fait que l’Eglise ne se gouverne pas à coups de « yaka », il existe une double réalité : d’une part, les prêtres ayant cette position sont plutôt rares, peu ayant résisté aux pressions proprement staliniennes qu’ils devaient subir à l’époque où ils étaient au séminaire, et d’autre part peu nombreux sont les prêtres authentiquement « conciliaires » qui acceptent d’être évêques pour reprendre en main des diocèses devenus par certains côtés de véritables « paniers de crabes » et, par d’autres côtés, des déserts spirituels où ne sont souvent plus que quelques prêtres qu’on s’est employé à rendre aussi faibles théologiquement que physiquement.

 

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