Dans son livre intitulé "Mémoires et digressions d'un Italien cardinal", le Cardinal Giacomo Biffi aborde la question de la Constitution conciliaire "Sacrosanctum Concilium" et de la restauration liturgique qui en a résulté. Une restauration dont le Cardinal dit, dans "L'esprit de la liturgie"(Ed. Ad Solem) tout le bien qu'il en pense : « A quoi pouvait ressembler la liturgie en 1918 ? (...) La liturgie, à ce moment-là, donnait l'apparence d'une fresque parfaitement préservée, mais presque entièrement recouverte de couches successives. Dans le missel que le prêtre utilisait pour célébrer la messe, la liturgie apparaissait telle qu'elle s'était développée depuis ses origines, alors que pour les croyants, elle était en grande partie dissimulée sous une foule de rubriques et de prières privées. Grâce au mouvement liturgique, puis de façon plus nette lors du Concile Vatican II, la fresque fut dégagée et, pendant un instant, nous restâmes fascinés par la beauté de ses couleurs et de ses motifs ». (L'esprit de la liturgie, avant-propos.)

 

 

 

 

CARDINALE_Biffi1.jpegTout comme le Cardinal Ratzinger, le Cardinal Biffi s'est réjoui de la Constitution Sacrosanctum Concilium et de la liturgie romaine restaurée qui l'a suivie. Il déclare : « Je me suis beaucoup réjoui. Tout le mouvement liturgique le plus intelligent et le plus équilibré que j'avais suivi avec passion au cours des années précédentes y trouvait son meilleur accueil et son couronnement. C'est de là qu'est partie la réforme, providentielle et impossible à arrêter, que nous avions tant souhaitée ». Mais il ajoute aussitôt que « c'est [aussi] de là que la plus déconcertante cuistrerie ecclésiastique est partie, arbitrairement, pour ses spectaculaires aberrations ». Rejoignant les Cardinaux Ratzinger et Biffi, notre Association "Pro Liturgia" a toujours pensé que la liturgie romaine ne pourra jouer son rôle et remplir pleinement sa mission sanctificatrice que si elle se présente non plus couverte de couches successives et encombrée de rubriques - comme elle l'était jusqu'au moment de Vatican II - mais comme la "fresque capable de fasciner", telle que le Concile a voulu qu'elle soit. Voilà pourquoi, dans notre Association, nous ne sommes pas des inconditionnels ou des chauds partisans du retour à la liturgie d'avant Vatican II aujourd'hui appelée forme "extraordinaire" du rite romain; nous reconnaissons la pleine légitimité de cette forme et sommes pour une libre application du Motu proprio Summorum Pontificum de Benoît XVI. Mais nous pensons, comme le Souverain Pontife le laisse lui-même entendre, que cette forme n'a, à plus ou moins long terme, pas d'avenir à l'échelle de l'Eglise universelle même si dans le difficile contexte actuel, qu'on espère passager, elle peut jouer un rôle non négligeable mais qu'il faut savoir regarder comme simplement transitoire. Avec le Cardinal Biffi, nous sommes d'accord pour dire qu' « un retour total et parfait aux formes qui, avant le concile, étaient normales pour les célébrations moins solennelles serait en opposition explicite avec l'enseignement et avec la volonté de Vatican II ». Or, on le sait, aucun pape n'a demandé que les enseignements conciliaires soient ignorés ou amoindris. Au contraire ! Et aujourd'hui, Benoît XVI insiste pour que Vatican II soit mieux compris et correctement appliqué. C'est d'ailleurs cette position résolument "conciliaire" du Souverain Pontife qui fâche aujourd'hui bon nombre de fidèles "traditionalistes" attachés de façon exclusive à la forme "extraordinaire" du rite romain.

 

Mais comment faire pour permettre aux couleurs de la "fresque liturgique" de retrouver tout leur éclat ? La première chose à faire est d'opérer une claire distinction entre les enseignement du Concile d'une part et les absurdités anti-liturgiques réalisées au nom de Vatican II d'autres part. La deuxième chose à faire est de ne pas attribuer au Concile une anarchie liturgique qui n'est que le fait de responsables - clercs et laïcs - ayant cherché à instrumentaliser une liturgie dont ils ne percevaient plus le sens. Quand un pianiste massacre Chopin, il ne vient à l'idée de personne de dire que c'est la faute du piano ! La troisième chose à faire est d'éviter de croire ou d'enseigner que c'est Vatican II qui, avec un langage flou, a ouvert les portes aux démolisseurs de la liturgie. Il est certain que les démolisseurs de la liturgie étaient à l'oeuvre déjà bien avant le Concile et qu'il étaient bien décidés à poursuivre leurs actions dévastatrices quel que soit le langage choisi par l'Eglise. Les frondeurs décidés à désobéir ne se soucient pas des mots employés par l'autorité légitime. Demeure la question du latin que le Concile demandait expressément de conserver et qui fut interdit par bon nombre d'évêques au moment où l'on mettait en oeuvre, dans les paroisses, la liturgie restaurée. A ce sujet, comme l'écrit le cardinal Biffi et comme l'enseigne le pape Benoît XVI dans l'Exhortation Sacramentum Caritatis, il faut rappeler avec vigueur « la possibilité de célébrer, les dimanches et jours de fête, au moins dans les cathédrales, une eucharistie latine solennelle, bien évidemment selon le missel de Paul VI ». Nous sommes bien là au coeur du programme de restauration liturgique voulu par l'Eglise et pour lequel notre Association entend apporter sa modeste contribution.

 

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