Dans une interview donnée au journal espagnol "Vida Nueva" du 25.2.2011, le Cardinal Llovera, Préfet de la Congrégation pour le Culte divin et la discipline des Sacrements, s'est à nouveau exprimé au sujet d'une "réforme de la réforme" de la liturgie dont on parle actuellement. Pour le Cardinal, il n'y a aucun doute : le concile Vatican II a bel et bien placé la liturgie et la Parole de Dieu au centre de la vie et de la mission de l'Eglise. Preuve en est que la Constitution Sacrosanctum Concilium a été le premier document approuvé par l'assemblée des évêques. On ne peut pas nier non plus qu'à partir de là a été initié le  "renouveau de la liturgie".


 

 

Dans son interview, le Cardinal LLovera constate qu'il faut aujourd'hui initier un nouvel élan s'appuyant nécessairement sur  la réforme conciliaire et ce, dans une "herméneutique de la continuité". Plus loin, le Cardinal-Préfet aborde aussi la question des changements qui affecteront la Congrégation pour le Culte divin; ceux-ci seront précisés bientôt sous la forme d'un Motu proprio du pape Benoît XVI. A la question  de savoir si l'on assiste à un recul dans l'application de Sacrosanctum Concilium, le Cardinal répond qu'il faudrait d'abord préciser dans quelle mesure on a pu constater un "progrès". Car il est possible que d'un seul point de vue subjectif on a pu croire à un progrès là où en réalité il n'y en avait pas, ou là où il se révélait bien trop éphémère. La question doit donc être posée de savoir si le renouveau voulu par le Concile a effectivement eu lieu : « Le renouveau que voulait et encourageait vraiment le Concile s'est-il suffisamment imposé et a-t-il atteint les aspects essentiels de la vie et de la mission du peuple de Dieu ? Tout ce qui est apparu après Vatican II peut-il être considéré comme un fruit du renouveau conciliaire ? ». Il faut reconnaître sincèrement et humblement que le la première volonté du Concile a été de promouvoir la liturgie comme "source et sommet de la vie de l'Eglise". Ce qui implique de poser la question de savoir si cette orientation conciliaire a imprégné en profondeur la conscience des prêtres et des laïcs ou si on reste encore loin de cet objectif : « le peuple de Dieu vit-il vraiment de la liturgie ? La liturgie est-elle vraiment au centre de nos vies ? L'enseignement du Concile a-t-il été transmis et assimilé ? Sommes-nous fidèles à son message ? Ses enseignements ont-ils été correctement interprétés à la lumière de la continuité dont parle le pape ? ». Toutes ces questions ramènent toujours à leur origine : le Concile.

 

Ainsi, la clé d'une "réforme de la réforme" n'est autre que celle donnée par la Constitution Sacrosanctum Concilium en lien avec les enseignements donnés ultérieurement par les papes et devant se situer dans l' "herméneutique de la continuité". Le Cardinal LLovera a aussi souligné que nous vivons aujourd'hui une situation dramatique caractérisée par l'oubli de Dieu : nous faisons "comme si Dieu n'existait pas", avec toutes les conséquences graves qui en découlent. Le Cardinal-Préfet réaffirme que seul un mouvement remettant l'authentique liturgie de l'Eglise au centre de tout, seul un profond renouveau liturgique, seule l'insistance sur l'Eucharistie comme centre de la vie - comme le demande l'Eglise fidèle à elle-même et à sa Tradition - pourrait conduire à ce que Dieu soit de nouveau considéré comme fondement, sens, but de toute vie. « La liturgie nous place devant Dieu, devant son action, devant son amour. Nous ne pourrons promouvoir la nouvelle évangélisation si nécessaire que si la liturgie reprend la place qui doit être la sienne dans la vie de tout fidèle chrétien ». D'après le Cardinal LLovera, nous devons reconnaître que « la liturgie n'est plus aujourd'hui l'âme, la source et le but de la vie de nombreux croyants, y compris des prêtres : que de routine, de banalisation, de superficialité dans nos vies ! Que de messes célébrées sans concentration ni attention, sans engagement par une participation d'abord intérieure ! N'est-ce pas dans ce désengagement que résident nos faiblesses ? ». Il faudrait faire saisir aux croyants que la liturgie est avant toute chose « oeuvre de Dieu et que rien ne doit lui être préférée ». « C'est seulement si nous savons mettre Dieu au centre de tout que le monde pourra être transformé et renouvelé ».

 

Dans la restructuration prévue de la Congrégation pour le Culte divin, figurera la création d'une nouvelle section chargée de la musique et de l'art sacré au service de la liturgie; un autre aspect de cette restructuration concernera le transfert de la section chargée des questions matrimoniales vers un autre dicastère. Ceci ne signifie pas pour autant que notre Congrégation ne s'occupera plus à l'avenir des questions concernant la "discipline" des sacrements, vu que la liturgie et sacrement constituent une seule et même chose et que la "discipline" constitue le cœur même des sacrements et de la liturgie. Dans les questions de "discipline", c'est le "droit divin" qui est en jeu : « il faut veiller au respect des règles liturgiques : les lois ont pour but d'être respectées a fortiori lorsqu'elles sont en relation avec la loi divine. En conséquence, les abus introduits dans les célébrations doivent être corrigés. Voilà pourquoi ce qui touche à la discipline des sacrements ne peut pas disparaître du rôle que doit jouer notre Congrégation; au contraire, cette discipline doit même être renforcée ! ». Voilà qui devrait amener à concentrer les efforts déjà entrepris en vue de réaliser sans le trahir le mouvement liturgique initié par Vatican II.

 

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