« Simon-Pierre leur dit : « Je m'en vais pêcher. » Ils lui dirent : « Nous venons nous aussi avec toi. » Ils sortirent, montèrent dans le bateau et, cette nuit-là, ils ne prirent rien. Or, le matin déjà venu, Jésus se tint sur le rivage ; pourtant les disciples ne savaient pas que c'était Jésus. Jésus leur dit : « Les enfants, vous n'avez pas du poisson ? » Ils lui répondirent : « Non ! ». Il leur dit : « Jetez le filet à droite du bateau et vous trouverez. » Ils le jetèrent donc et ils n'avaient plus la force de le tirer, tant il était plein de poissons. Le disciple que Jésus aimait dit alors à Pierre : « C'est le Seigneur ! » A ces mots : « C'est le Seigneur ! » Simon-Pierre mit son vêtement - car il était nu - et il se jeta à l'eau. Les autres disciples, qui n'étaient pas loin de la terre, mais à environ deux cents coudées, vinrent avec la barque, traînant le filet de poissons. Une fois descendus à terre, ils aperçoivent, disposé là, un feu de braise, avec du poisson dessus, et du pain. Jésus leur dit : « Apportez de ces poissons que vous venez de prendre. » (Jean 21, 3-10)

 

 

 

 

jesus-lac-apparitionC’est un passage charmant qui nous raconte la pêche miraculeuse des disciples sur l’ordre du Seigneur Ressuscité qui, à l’aube du premier jour, se montra à ses disciples pour la troisième fois. Si l’Evangile ne l’avait pas déclaré expressément, nous n’aurions pas pu imaginer même que le Seigneur aurait préparé Lui-même de quoi manger au matin pour ces pêcheurs fatigués par une nuit de labeur. Il y a une touche maternelle dans ce geste de Jésus, plein d’attention pour ces pauvres hommes bouleversés par un mystère qui les dépasse de beaucoup. En effet, la Pâque était terminée depuis peu de temps, une Pâque qui avait révolutionné leur existence et transformé l’histoire humaine de tous les temps et des tous les lieux ; les apôtres sentaient qu’ils avaient échoué, qu’ils n’étaient pas à la hauteur de ce que le Messie attendait. Dans cette pêche de Pierre et des disciples, on note un sentiment d’épuisement, presque de capitulation, non pas tellement envers Dieu, mais face à leur propre misère. Par ces paroles, « Je vais pêcher », Pierre, suivi aussitôt par les autres, semble vouloir dire : « désormais, il ne me reste rien d’autre à faire ». Récemment, le Pape Benoît XVI, lors de son voyage à Vigevano et à Pavie, a commenté avec des accents profondément humains ce moment de la vie des apôtres : « Après le ‘scandale’ de la Croix, ils étaient retournés chez eux et à leur travail de pêcheurs, c’est-à-dire aux activités qu’ils faisaient avant de rencontrer Jésus. Ils étaient retournés à la vie d’auparavant, et cela laisse entrevoir le climat de dispersion et de désarroi qui régnait dans leur communauté (cf Marc 14, 27 ; Mathieu 26, 31). Il était difficile pour les disciples de comprendre ce qui s’était passé. Mais, alors que tout semblait fini, de nouveau, comme sur le chemin d’Emmaüs, c’est encore Jésus qui vient vers ses amis. Cette fois, il les rencontre alors qu’ils sont en mer, endroit qui rappelle à l’esprit les difficultés et les tribulations de la vie ; ils les rencontre au lever du jour, après une fatigue inutile pendant toute la nuit. Leurs filets sont vides. D’une certaine manière, cela apparaît comme étant le bilan de leur expérience avec Jésus : ils l’avaient connu, ils avaient été à ses côtés, et Il leur avait promis beaucoup de choses. Et pourtant, ils se retrouvaient à présent avec des filets vides de poissons » (Benoît XVI, Vigevano, 21 avril 2007). Nous aussi, nous nous retrouvons, de temps en temps, avec les filets vides. En marchant, épuisés, sur nos chemins d’Emmaüs, le Seigneur s’approche ponctuellement pour nous aider à faire le saut de l’humilité et de la confiance dans la miséricorde infinie de Dieu. Les apôtres ont reconnu leur misère, mais ils ne l’ont pas gardée pour eux ; touchés par l’amour du Christ, ils l’ont jetée « de l’autre côté », de Son côté ; bien plus, eux-mêmes, comme Pierre et les filets, se sont jetés de la partie de la miséricorde divine.

 

La sœur de Marthe, « Marie a choisi la meilleure part » ! Cette part se trouve là où est Jésus et sa Mère, c’est là qu’est la miséricorde de Dieu : c’est là que se produit la conversion essentielle de notre vie à une vie de pure miséricorde. Saint Augustin l’avait bien compris, le grand poète de la miséricorde qui, comme l’a rappelé le Pape Benoît XVI à Pavie, a eu besoin d’une « troisième conversion » pour passer de cet autre côté. Le Saint-Père le cite : « Dans l’intervalle, il a compris qu’un seul est vraiment parfait, et que les paroles du Discours sur la Montagne sont entièrement réalisées en un seul : en Jésus-Christ lui-même. Toute l’Eglise en revanche, nous tous, y compris les apôtres, nous devons prier chaque jour en disant : ‘remets-nous nos péchés comme nous les remettons à nos débiteurs’ (cf Retract. I 19, 1-3) ». Aussi le Saint-Père commente-t-il : « Augustin avait appris un degré ultime d’humilité, non seulement l’humilité d’insérer sa pensée profonde dans la foi humble de l’Eglise, non seulement l’humilité de traduire ses grandes connaissances dans la simplicité de l’annonce, mais aussi l’humilité de reconnaître que, pour lui-même, et pour l’Eglise pèlerine tout entière, la bonté miséricordieuse d’un Dieu qui pardonne chaque jour, était et est nécessaire ; et nous, nous nous rendons semblables au Christ, le Seul qui soit Parfait, dans la mesure la plus grande possible, quand nous devenons comme Lui des personnes de miséricorde » (Benoît XVI, Pavie, 22 avril 2007).

 

Fides

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