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« On a une liturgie dégénérée en "show", où l'on essaie de rendre la religion intéressante à l'aide

de bêtises à la mode et de maximes morales aguichantes, avec des succès momentanés dans le groupe

des fabricants liturgiques, et une attitude de recul d'autant plus prononcée chez ceux qui cherchent

dans la liturgie non pas le "showmaster" spirituel, mais la rencontre avec le Dieu vivant (...) »

(Cardinal Joseph Ratzinger, Simandron der Wachklopfer. Gedenkschrift für Klaus Gamber, Cologne 1989)

 

 

 

 

Il y a une réalité que nos évêques seraient bien inspirés de reconnaître. C'est celle-ci : il faut chercher longtemps, très longtemps - et souvent en vain - pour trouver, en France, quelqu'un qui sache encore ce qu'est la liturgie de l'Eglise et comment elle doit être célébrée. Les prêtres ne la connaissent pas, ne la comprennent pas et, par conséquent, ne la célèbrent que comme ils pensent qu'elle puisse être célébrée mais jamais exactement comme elle doit être célébrée. Les "très activistes" membres des équipes liturgiques ne la connaissent pas davantage. Mais telles des mouches qui volent autour des reliefs d'un repas en décomposition, ils bourdonnent dans les sanctuaires pour se repaître des restes de liturgies préalablement dégradées qui constituent l'aliment de base de leur ego surdimentionné (Cf. Romano Guardini, L'esprit de la liturgie). Les simples fidèles qui vont à la messe ne la connaissent pas non plus et, finalement, tels des gamins résignés, en viennent à accepter les célébrations artifiellement recomposées qu'on leur impose. Il y a d'ailleurs un signe de cette ignorance liturgique généralisée qui ne trompe pas : combien de ceux qui sont déjà allés à Rome ou qui ont participé aux JMJ et ont vu là le pape Benoît XVI célébrer exemplairement la liturgie de l'Eglise s'en reviennent chez eux où ils acceptent sans sourciller, dans leurs paroisses respectives, des messes qui sont aux antipodes de celles que célèbrent le Souverain Pontife ? N'est-ce pas là la preuve que pour beaucoup la liturgie se mesure désormais à son caractère "supportable" en des circonstances particulières ?

 

Mais que trouve-t-on à la place de la liturgie de l'Eglise catholique dont les évêques nous expliquent - sans trop y croire, semble-t-il - que les modalités de sa célébration sont le reflet de la foi reçue des Apôtres ? On ne trouve plus, à quelques très rares exceptions près, que des célébrations incohérentes, faites de bric et de broc et où des oripaux de ce que certains prennent pour de la "tradition" ou pour de la "conformité aux rites" entrent en collision avec ce qui aura germé de plus farfelu dans l'esprit du célébrant et de ses proches collaborateurs - lesquels sont généralement des collaboratrices reconnaissables à leur brushing -. Il résulte de cela une généralisation de célébrations décousues, heurtées, où rien n'est vraiment à sa place et où rien n'est accompli de façon cohérente, digne et mesurée. Ici, c'est un célébrant (si possible mal "fagoté" dans une "aube-sac") qui noie la célébration dans tout le pathos dont il est capable. Là, c'est une chorale qui exécute avec une incontestable application des chants d'une extrême platitude et sans rapports avec les textes liturgiques. Ailleurs encore, c'est l'obligation faite aux fidèles de se faufiler sans arrêt entre un passage de la célébration qui est "liturgiquement juste" (ou au moins acceptable) et un passage qui est proprement farfelu. Partout - et ce ne sont pas les messes télévisées qui prouveront le contraire - la liturgie de l'Eglise est remplacée par des simagrées. Car partout, depuis bientôt 50 ans, on s'est appliqué - sur la base des directives de nos pasteurs diocésains - à ne surtout pas chercher à comprendre et à suivre les enseignements de l'Eglise.

 

Désormais, très rares sont les célébrations liturgiques qui échappent à l'intrusion de tout ce qui relève de la sensiblerie personnelle du célébrant ou des caprices de fidèles demeurés au stade de l'adolescence rebelle à tout ce qui représente la norme et l'ordre. Alors, l'accomplissement de la liturgie - là où elle subsiste sous des formes dénaturées - devient chichiteux; les tons de voix deviennent sirupeux; l'ambiance générale se fait faussement convivale; les cantiques sont choisis dans ce que le répertoire offre de plus dégoulinant de sentimentalisme... Et celui qui souhaite participer à la messe doit accepter d'entrer dans ce pays de Candy que sont devenues les célébrations paroissiales. Ce n'est pas donné à tout le monde, et surtout pas à ceux qui ne demandent qu'à prendre part à des célébrations liturgiques qui ne soient pas autre chose que... de la liturgie. Une chose est certaine: vus l'inculture et le relativisme qui conduisent à fausser la compréhension de la liturgie et à la bouleverser en profondeur et vu, en sus, le peu d'empressement de nombre de nos évêques à suivre les enseignements du pape Benoît XVI visant à mettre en oeuvre la liturgie restaurée à la suite de Vatican II, la crise qui a vidé les paroisses et les séminaires - et qui est une véritable catastrophe spirituelle autant que culturelle - va durer encore longtemps, très longtemps.

 

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