http://img.over-blog.com/456x309/0/21/41/34/2010/nave-VaticanII.jpgIl faut être aveugle ou vraiment de mauvaise foi pour ne pas reconnaître que le Concile, tel qu'il a été compris et appliqué, tout spécialement en France, a abouti à une situation catastrophique dans nos paroisses et nos diocèses : catéchèse réduite à des séances de découpage-coloriage, liturgies déstructurées, omniprésence de laïcs cléricalisés à tous les échelons de la vie paroissiale, chute vertigineuse des vocations sacerdotales et religieuses, nécessité de procéder à des regroupements paroissiaux, célébrations dominicales en diminution et très peu fréquentées... etc.
Benoît XVI lui-même, dès son élection au pontificat suprême, s'est interrogé : « Quel a été le résultat du Concile ? A-t-il été accueilli de la juste façon ? Dans l'accueil du Concile, qu'est-ce qui a été positif, insuffisant ou erroné ? Que reste-t-il encore à accomplir ? Personne ne peut nier que, dans de vastes parties de l'Eglise, la réception du Concile s'est déroulée de manière plutôt difficile (...) La question suivante apparaît : pourquoi l'accueil du Concile, dans de grandes parties de l'Eglise, s'est-il jusqu'à présent déroulé de manière aussi difficile ? Eh bien, tout dépend de la juste interprétation du Concile ou - comme nous le dirions aujourd'hui - de sa juste herméneutique, de la juste clef de lecture et d'application. Les problèmes de la réception sont nés du fait que deux herméneutiques contraires se sont trouvées confrontées et sont entrées en conflit. L'une a causé de la confusion, l'autre, silencieusement mais de manière toujours plus visible, a porté et porte des fruits. D'un côté, il existe une interprétation que je voudrais appeler "herméneutique de la discontinuité et de la rupture"; celle-ci a souvent pu compter sur la sympathie des mass media, et également d'une partie de la théologie moderne. D'autre part, il y a l' "herméneutique de la réforme", du renouveau dans la continuité de l'unique sujet-Eglise, que le Seigneur nous a donné; c'est un sujet qui grandit dans le temps et qui se développe, restant cependant toujours le même, l'unique sujet du Peuple de Dieu en marche. L'herméneutique de la discontinuité risque de finir par une rupture entre Eglise préconciliaire et Eglise post-conciliaire. Celle-ci affirme que les textes du Concile comme tels ne seraient pas encore la véritable expression de l'esprit du Concile. Ils seraient le résultat de compromis dans lesquels, pour atteindre l'unanimité, on a dû encore emporter avec soi et reconfirmer beaucoup de vieilles choses désormais inutiles. Ce n'est cependant pas dans ces compromis que se révélerait le véritable esprit du Concile, mais en revanche dans les élans vers la nouveauté qui apparaissent derrière les textes : seuls ceux-ci représenteraient le véritable esprit du Concile, et c'est à partir d'eux et conformément à eux qu'il faudrait aller de l'avant. Précisément parce que les textes ne refléteraient que de manière imparfaite le véritable esprit du Concile et sa nouveauté, il serait nécessaire d'aller courageusement au-delà des textes, en laissant place à la nouveauté dans laquelle s'exprimerait l'intention la plus profonde, bien qu'encore indistincte, du Concile. En un mot: il faudrait non pas suivre les textes du Concile, mais son esprit (...) » (Cf. Discours à la Curie Romaine, le 22 décembre 2005).

 

Cet "esprit du Concile"... que le Cardinal Ratzinger qualifiait, au vu des mauvais résultats qu'il avait générés, d' "anti-esprit du Concile", d'où vient-il ? Est-il né et s'est-il développé à la suite du Concile ou bien existait-il déjà avant le Concile ? Pour ceux qui refusent Vatican II en en faisant la source de tous les maux que connaît l'Eglise aujourd'hui, l' "esprit du Concile" est le fruit amer du Concile lui-même. Autrement dit, pour jeter ce fruit pourri, il suffirait d'ignorer Vatican II : c'est la position généralement défendue au sein de la mouvance lefebvriste.
Ce n'est pas - on s'en doute - la position défendue par les papes, de Paul VI à Benoît XVI. Ce ne sera sûrement pas la position que défendra le pape qui viendra après Benoît XVI...
A vrai dire, l' "esprit du Concile" qui a conduit à ébranler l'Eglise n'est pas né du Concile : il était déjà à l'oeuvre avant le Concile, mais de façon sournoise. Vatican II n'aura été qu'un révélateur - puissant, certes - de ce mauvais esprit. Les tempêtes ne naissent pas de façon soudaines : elles sont préparées par une baisse progressive, parfois lente, de la pression atmosphérique.
Il y a eu, dans l'Eglise, avant Vatican II, une "baisse de la pression atmosphérique"... qui n'a semble-t-il pas inquiété grand monde.

 

Quand on regarde les chiffres des ordinations sacerdotales en France avant Vatican II et le nombre de prêtres en paroisses, on voit que ça faisait du monde ! Mais qui peut croire que tous ces prêtres et ces séminaristes avaient vraiment une vocation sacerdotale ? Avant le Concile, nous étions encore dans une société où le prêtre était quelqu'un : son image a pu susciter chez beaucoup le désir d'entrer au service de l'Eglise par l'ordination sacerdotale. Or parmi les candidats au sacerdoce, il s'est trouvé des hommes incontestablement généreux et pieux... mais pas toujours "faits" pour assumer la prêtrise. C'est au sein de cette génération de "prêtres malgré eux" que s'est développé ce qui deviendra l' "anti-esprit du Concile". Cette génération, apprenant que Jean XXIII allait convoquer un Concile, s'est mise à espérer que l'Eglise allait lui permettre de vivre un sacerdoce light, un peu à la façon dont certains laïcs d'aujourd'hui aiment vivre un engagement au service de la liturgie : on "fait" le prêtre mais sans assumer les difficultés réelles de la vie sacerdotale.
Vatican II a pu décevoir ces prêtres mal dans leur peau... ou plutôt mal dans leur sacerdoce. Certains, définitivement aigris, on quitté la prêtrise; d'autres sont demeurés prêtres en transformant leur état sacerdotal en moyen de contestation. C'est là qu'il faut trouver le germe de cet "esprit du Concile" qui fera tant de dégâts déjà au moment de Vatican II, mais surtout après.


 

C'est sur la base de cet "esprit du Concile", très éloignés du véritable enseignement de Vatican II, que se sont développées des idées bancales et qu'ont été prises de mauvaises habitudes dont les célébrations liturgiques actuelles sont le reflet.
Aujourd'hui, alors que souffle encore le vent de l' "anti-esprit du Concile", tout le monde se prévaut de Vatican II et dans nos paroisses, tout le monde prétend célébrer la liturgie voulue par la Constitution Sacrosanctum Concilium... ce qui, bien sûr, est faux. Le 17 octobre 1985, s'adressant aux Membres de la Congrégation pour le Culte divin, Jean-Paul II déclarait : « La liturgie ! Tout le monde en parle, écrit, ou discute à ce sujet. On la commente, on la loue, on la critique. Mais qui en connaît vraiment les principes et les normes d'application ? La Constitution Sacrosanctum Concilium désignait la liturgie comme la "source" et le "sommet" de la vie de l'Eglise (cf. n°10) : que fait-on pour que cette définition sublime passe dans la réalité ? ».
Ce n'est donc pas Vatican II qui a démoli la liturgie. Ce qui a démoli la liturgie - et tout ce qui va avec, comme la vie sacramentelle - ce sont des clercs gagnés à ce faux "esprit du Concile" né bien avant le Concile sous les yeux d'un épiscopat qui n'a pas su comprendre qu'une grave crise était en train de se préparer.

 

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