« La nature véritable de l'Eglise est entièrement méconnue par ceux qui, comme Kant, la tiennent uniquement pour une société où les hommes se réunissent pour pratiquer la vertu et pour confesser la religion. C'est l'Eglise qui fait l'Eucharistie, mais c'est aussi l'Eucharistie qui fait l'Eglise. Dans le premier cas, il s'agit de l'Eglise au sens actif, dans l'exercice de son pouvoir de sanctification; dans le second cas, il s'agit de l'Eglise au sens passif, de l'Eglise des sanctifiés. Le peuple chrétien tout entier, véritable Israël au milieu des nations, joue véritablement, en célébrant son "culte spirituel", un rôle sacerdotal par rapport au monde entier. Le christianisme ne connaît point parmi ses membres de discriminations analogues à celles que posaient les sectes gnostiques ou manichéennes : pas de "psychiques" et "spirituels" répartis en deux classes, pas de "croyants" et de "parfaits". Dans la diversité de leurs charges et de leurs devoirs d'état, tous sont régis, à la suite du même Christ, par la même loi spirituelle. C'est d'abord le culte "du Seigneur" que le prêtre célèbre, c'est d'abord et principalement de "Jésus-Christ" qu'il est le ministre et le représentant sacramentel. Mais nous offrons tous avec le prêtre, nous consentons à tout ce qu'il fait, à tout ce qu'il dit.

 

Dans l'édifice de l'Eglise chaque membre de ce corps mystique collabore réellement au culte de l'ensemble, chacun à son rang... C'est vraiment "toute" l'Eglise, et non le seul clergé, qui doit prendre "activement" part à la liturgie, toutefois selon "son" ordre sacré, au rang et dans la mesure établie. Ainsi que le dit Bossuet, "On vient à cette spéciale bénédiction, par laquelle on consacre ce corps et ce sang : écoutez, croyez, consentez. Offrez avec le prêtre, dites "Amen" sur son invocation, sur sa prière...". La hiérarchie catholique, ou l'ordre du sacerdoce, jouit donc d'un triple pouvoir, en raison du triple rôle qui est le sien : rôle de gouvernement, d'enseignement, de sanctification; pouvoir de juridiction, de magistère et d'ordre. Selon le R. P. Congar, "La vie de l'Eglise obéit à deux principes inséparables, le principe hiérarchique et le principe communautaire. Les actes ecclésiastiques sont faits à la fois par un seul au point de vue du pouvoir et de la validité, mais par tous ou par plusieurs au point de vue de l'exercice concret. Sans cesse la hiérarchie, qui suffit à tout faire validement, s'adjoint la coopération et le consentement du corps des fidèles ou des clercs". Les évêques ne forment tous ensemble qu'un seul épiscopat, et tous ils sont également "en paix et en communion" avec l'évêque de Rome, successeur de Pierre, lien visible de l'unité. Comme il n'y a qu'une foi et qu'un baptême, il n'y a dans l'Eglise qu'un seul Autel ».

 

Cardinal de Lubac, Méditation sur l’Eglise, Le coeur de l'Eglise

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