La Fête de la Présentation du Seigneur (Chandeleur) est probablement l'une des célébrations de l'année liturgique qui est la plus émouvante : c'est une fête de l'intimité et de la joie intérieure. On dit que Benoît XVI l'aime particulièrement... En silence et dans un total effacement, nous suivons Joseph et Marie qui se rendent au Temple pour y présenter leur enfant, tout simplement. Et là, soudain, une seule parole du "vieux" Syméon va venir tout illuminer. En elle nous trouverons un résumé de l'attente contenue dans tout l'Ancien Testament, et en même temps toute la perspective que nous offre la promesse du Nouveau Testament. Cette lumière brillera toujours : non pas une lumière éblouissante, mais une clarté douce et pénétrante, comme celle du cierge que la liturgie du jour nous invite à porter; la lumière de la foi vécue dans le coeur de Siméon l'aveugle, dans le coeur de ce Juif qui avait toujours cru et espéré.On peut dire que Siméon est un homme de l'Ancienne Alliance qui vit avec, dans son coeur, le germe de la foi chrétienne.

 

 

 

 

crepes.jpegLa fête chrétienne de la Chandeleur a, pense-t-on, supplanté une antique fête païenne qui se déroulait à Rome au début de février et qui comportait une procession dans les rues de la ville. Au-delà de ce rappel historique, on peut aussi considérer la dimension cosmique de cette fête: c'est souvent en cette période de l'année qu'on constate que les jours commencent à augmenter... Un peu comme si le Christ, en nous envoyant en mission dans ce monde, voulait nous donner la lumière qui guidera nos pas. Un peu comme si nous sortions définitivement de la pénombre de la crèche de la Nativité pour aller vers ce monde qui a tend besoin d'entendre la Bonne Nouvelle. Le Seigneur commence son ministère public en Galilée et à son exemple, nous nous engageons dans notre mission chrétienne avec une totale confiance puisque, comme pour Syméon, nos yeux ont reconnu le Salut. La fête de la Chandeleur a des origines orientales. Au début, elle était une commémoration de la naissance du Christ à l'occasion de la rencontre de Jésus avec Siméon. Vers le Vème siècle, cette "fête de la rencontre" se célèbre avec des cierges. Puis ce rite s'introduit dans l'Eglise latine, peut-être sous l'influence du pape Gélase, plus vraisemblablement sous celle du pape Théodore Ier. La procession elle-même est introduite à Rome sous le pontificat de Serge Ier au VIIè siècle. On part alors de l'église Saint-Hadrien, où était l'ancien sénat impérial à l'entrée du Forum, pour se rendre à Sainte-Marie-Majeure où le Souverain Pontife célèbre la messe. C'est parce que les fidèles portent des cierges durant la procession que la fête de la Présentation du Seigneur prend le nom de "Chandeleur" en France, de Candelmass en Angleterre, et de Lichtmesse en Allemagne. L'objet de la fête de la Chandeleur est triple : la Purification de Marie, la Présentation de Jésus au temple, et la rencontre avec Syméon. Selon les termes de la Loi de Moïse, une femme ayant donné naissance à un garçon ne devait pas paraître au sanctuaire ni toucher des objets sacrés pendant 40 jours. A l'issue de cette période, elle devait se soumettre à une cérémonie rituelle consistant à offrir un jeune agneau où, pour les gens moins fortunés, un couple de tourterelles. Cette offrande était faite en signe d'expiation pour le flux de sang de la jeune accouchée, phénomène physiologique jugé impur par la Loi mosaïque; d'où le nom de "fête de la purification de la Vierge Marie". D'autre part, depuis l'Exode et le massacre des premiers-nés égyptiens, les parents juifs avaient l'obligation de présenter au Temple leur premier enfant 40 jours après sa naissance, afin de le "racheter" par une offrande. Ce geste rituel signifiait que toute vie n'appartient qu'à Dieu, Créateur et Maître de toute chose. Enfin, au moment où Joseph et Marie accomplissent ces gestes, voici qu'un vieil aveugle prend l'Enfant-Jésus dans ses bras et bien que ne voyant rien, le "reconnaît" comme étant la "Lumière des Nations" (ou "Lumière du monde" pour reprendre le titre du livre de Benoît XVI).

 

La liturgie, très simple, commence par la distribution des cierges pendant que la schola chante l'antienne Ecce Dominus noster. La distribution achevée, le célébrant chante la première oraison, bénit les cierges et invite les fidèles à former la procession pour se rendre à l'église. En tenant les cierges allumés, on marche en chantant l'antienne dont les paroles sont celles dites par Syméon : Lumen ad revelationem gentium, et gloriam plebis tuae Israel... Nunc dimittis servum tuum, Domine, secundum tuum in pace. Quia viderunt oculi mei salutare tuum. Quand parasti ante faciem omnium populorum. Le refrain de ce chant, très simple, est facilement retenu et chanté par les fidèles. En entrant dans l'église, on chante une nouvelle antienne d'origine grecque. Le chant s'adresse à l'Eglise à laquelle il est demandé de s'orner des plus belles parures de joie pour accueillir le Roi de gloire : Adorna thalamum tuum, Sion, et suscipe Regem Christum... Lorsque le célébrant est à l'autel qu'il encense, la schola exécute le chant d'entrée : Suscepimus Deus, misericordiam tuam in medio templi tui... Cette prière de l'Eglise est mise dans la bouche de Marie, de Joseph, de Syméon et de la prophétesse Anne : témoins de la scène qui est commémorée, ils chantent ensemble la gloire de Dieu. La mélodie est très simple ; elle atteint son sommet sur le mot nomen pour souligner l'importance du nom reçu par le Seigneur : "Emmanuel", qui signifie "Dieu avec nous". 

 

Qu'avec Syméon et Marie nous sachions reconnaître et chanter la présence de Dieu tout au long de cette année liturgique ! Cette joie de la Chandeleur se prolonge en famille grâce au "rituel" des crêpes. Puisqu'il s'agit de fêter la Lumière, on fait sauter la crêpe qui, avec sa belle couleur dorée, est un symbole solaire qu'on retrouve dans de nombreuses cultures. Faire sauter la crêpe, c'est inviter le soleil à monter toujours plus haut pour que nous puissions sortir de l'hiver... Et il ne faut pas oublier de tenir une piecette d'or dans la main: l'or est aussi un métal dont la brillance est associée à celle de l'astre du jour.« Laissons là les oeuvres des ténèbres et revêtons les armes de lumière », nous dit S. Paul.

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