Il est indéniable que certaines conférences d'évêques sont aujourd’hui encore constituées de ce que le Cardinal Ratzinger appelait « une bureaucratie mitrée ». En outre, en France, cette « bureaucratie » est noyautée - comme le faisait remarquer Mgr Gaidon - par quelques « grosses mitres » qui préparent soigneusement certaines élections pour se partager les « postes clés » de l'épiscopat. C’est ainsi que se maintient en place une lourde bureaucratie dans laquelle ce qui est principalement recherché, c’est la sécurité d’un consensus mou dans les domaines les plus sensibles de la vie de l’Eglise. Dans un tel système, tout ce qui vient de Rome et qui risquerait de bousculer les habitudes prises - qui ne sont pas toujours de bonnes habitudes - est systématiquement relu, corrigé, amendé, édulcoré et souvent même classé « sans suite ». Il s’agit là d’une véritable hostilité qui, contrairement à ce que l’on croit, ne se reporte pas essentiellement sur tel ou tel pape. 

 

 

 

Bien sûr, en France, Benoît XVI a été mal vu par un certain nombre d’évêques qui n’ont jamais manqué de critiquer le Cardinal Ratzinger du temps où il était Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, sans imaginer qu’il pourrait un jour devenir pape... Mais avant Benoît XVI, Paul VI et Jean-Paul II ont été tout autant critiqués, et leurs messages ont été tout autant passés sous silence par la Conférence des évêques. On en a de très nombreuses preuves. L’hostilité diffuse de la Conférence des évêques est donc surtout dirigée contre les enseignements du Siège apostolique : des enseignements que l’on fait souvent passer pour « inadaptés » à la situation particulière de l’ « Eglise-qui-est-en-France ». Cette « inadaptation » supposée permet alors d’imaginer alors toutes les « adaptations » et toutes les « relectures » possibles, même quand celles-ci en arrivent à contredire peu ou prou le contenu du document magistériel originel. Selon Paolo Rodari, l’origine d’une telle opposition aux enseignements du Siège apostolique est à chercher dans l’importance croissante prise, depuis Vatican II, par les structures bureaucratiques au sein de certaines conférences épiscopales. Des conférences qui - faut-il le rappeler ? - n’ont aucune base théologique, mais sont vite devenues comme des refuges pour tant de bureaucrates prenant plaisir à animer des sortes de petits soviets en guerre larvée contre le Vatican. Depuis le Concile, c'est une véritable « anti-romanité » difficile à cerner et à endiguer qui s’est montrée au grand jour et s’est progressivement répandue. Sa cible véritable est Rome et ce que représente la Ville dans laquelle est établi le Siège apostolique. Le Cardinal Vingt-Trois ne vient-il pas de rappeler à la Conférence des évêques que le pape n’était que l’Evêque de Rome, sous-entendant ainsi qu’il n’avait rien à dire aux évêques diocésains de France ? Dans la version française du Missel romain, que nos évêques se refusent à corriger, ne dit-on pas que l’on prie en union avec « notre » évêque et « le » pape ? 

 

Ainsi, ce que certains pasteurs ne semblent plus être en mesure de comprendre, c’est l’Eglise romaine elle-même : au lieu de voir en elle un guide sûr, ils ne voient qu’une simple structure coordonnatrice, une sorte d’ONG dont le travail consisterait à garantir une unité de façade établie sur la base du plus petit dénominateur commun qui ne bousculerait personne. Dans une telle structure, l'idéal serait donc d’avoir un pape se contentant de distribuer des bénédictions du haut de son balcon de la place Saint-Pierre. Benoît XVI parle haut et fort : il dérangeait l’establishment de l’Eglise en France. Son successeur François parle moins (du moins pour l’instant) mais se montre jovial : c’est nettement plus « acceptable » pour nos évêques... Au sein de la Conférence des évêques de France agissent donc des responsables qui ont créés des petits postes de gouvernement locaux leur permettant de s’affranchir de la constitution hiérarchique de l’Eglise romaine. En utilisant cette nébuleuse bureaucratique, certains évêques ont désormais les moyens de s’opposer à Rome en allant jusqu’à critiquer ouvertement les fidèles qui s’adressaient directement au Souverain Pontife. C’est aussi dans cette nébuleuse bureaucratique que travaillent ceux qui expliquent aux fidèles comment comprendre un texte magistériel pour en arriver à ne pas l’appliquer. Ainsi se trouvent, aujourd’hui encore, au sein de la Conférence épiscopale, des décideurs qui ont une vision de l’Eglise procédant de l’herméneutique de la rupture dénoncée par tous les papes, de Paul VI à Benoît XVI pour ne citer que les derniers. Il est clair que dans ces conditions, la désertification des églises et la chute des vocations ne seront pas endigués de sitôt.

 

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