modernisme« On est comme on naît ! ». Telle pourrait être la devise d’une jeune génération non seulement croyante et pratiquante, mais aussi désireuse de garder la foi catholique. Cette génération-là succède à celle des soixante-huitards. Mais elle n’en est pas le fruit, ni dans les idées, ni dans les faits : elle est même aux antipodes de celle qui l’a précédée. Cette génération, pour garder et entretenir sa foi à sa manière, est contrainte de s’exiler dans des chapelles ou se déroule une liturgie qui élève autrement l’âme, en l’occurrence - et à défaut de trouver la liturgie conciliaire célébrée avec dignité et respect - dans des lieux où est célébrée la forme “extraordinaire” du rite romain. Dans les idées, cette nouvelle génération, parfaitement consciente de ce qui n’a pas marché dans l’Eglise de France (et dans la société), concentre parfois le débat d’idée dans des propos qui la font passer pour “réac”. Mais cette appellation lui passe bien au-dessus de la tête.

 

On a voulu faire croire n’importe quoi à cette génération. Et ce, depuis son enfance. Et ça ne prend plus : ce sont les 20-30 ans qui ouvrent aujourd’hui les yeux. Dans les églises, cette génération ne veut pas davantage de “tolérance” ou plus de “fraternité” : elle veut Dieu ! Dans la société, elle ne veut pas du mélange des genres ou davantage de social : elle veut affirmer son identité et pleinement l’assumer. Elle ne veut plus de ces clercs et de ces politiciens formés par les maîtres de 68 : elle n’est pas dupe ; elle ne croit plus n’importe qui ou n’importe quoi. Plus exactement elle ne croit plus ceux qui, dans les églises ou en politique, sont à l’origine de ce néant qu’elle voit autour d’elle. Le seul “bien vivre ensemble” ou le “pluralisme” prôné par les dirigeants de l’ordre moral ou civil ne suffit plus : elle ne veut plus former une société flasque. Et encore moins une Eglise composée de communautés avachies chantant “la paix ce sera toi, ce sera moi, ce sera nous” ou “je crois en Dieu qui chante et qui fait danser la vie”. Ça non ! Cette génération nouvelle aspire à être elle-même.

 

Intuitivement ou peut-être même raisonnablement, cette génération a fui ceux qui, à l’école ou au catéchisme, lui enseignaient de beaux principes en décalage avec la réalité de la vie : elle a fui les professeurs qui prônaient des idées voulant faire d’eux des veaux parfaitement intégrés dans une société sans valeurs ; elle a fui les catéchistes louant la fraternité mais demeurant eux-mêmes à l’abri dans leur petit univers “bobo”. La raison a pris le dessus : ces jeunes veulent des exemples ! Non pas des beaux discours, des préceptes humanistes : ils veulent des faits et des exemples ! C’est ce qu’ils trouvent dans des paroisses “parallèles” où le dogme - certes parfois présenté de façon sèche - leur donne un repère dont ils ne trouve pas trace dans la paroisse “officielle” du coin. Qui pourrait leur reprocher d’aller se rassasier ailleurs que là où la messe n’est plus qu’une rencontre fraternelle, solidaire ou scénique visant à célébrer l’ “absence réelle” de Dieu ? 

 

Ces jeunes ne veulent plus de ces célébrations soi-disant faites pour eux et qui, en réalité ne sont que des célébrations imaginées par des vieux pour des vieux. Ils veulent des messes pour Dieu et dignes de Dieu ! Tout comme ces jeunes n’ont pas voulu du “mariage pour tous”, ils ne veulent pas davantage de la miséricorde pour tous, c’est-à-dire d’idéologies concentrées sur l’homme qui n’ont plus rien à voir ni avec la louange due à Dieu ni avec les vertus chrétiennes. Le paradoxe est surprenant : c’est justement la génération de l’instantané et du “zapping” qui s’affirme de plus en plus fortement, à l’inverse de la génération précédente qui aura passé son temps à papillonner d’une idée à l’autre et dont la mollesse laisse des résultats désastreux. Résultats désastreux qu’elle cherche à camoufler en nous parlant d’églises vides alors que l’expression juste est “églises qu’on a vidées” ; qu’elle cherche à cacher en parlant de “crise des vocations” alors que l’expression juste est “substitution des prêtres par des laïcs” ; qu’elle cherche à taire en parlant du “manque de foi” alors qu’il faudrait d’une “perte de la foi catholique” souhaitée par la partie la plus influente du clergé postconciliaire ; qu’elle cherche à dissimuler en proposant des “célébrations attirantes” alors qu’il ne s’agit que de réunions où l’on s’autocélèbre.

 

hippyEtant donné que cette nouvelle génération en quête de sens s’identifie à des exemples sérieux (qu’ils ne retrouvent, à de rares exceptions près, ni auprès de l’épiscopat français, ni auprès de son clergé), elle transfère ses talents et son énergie dans le débat public : la foi et l’engagement politique ne sont pas incompatibles, comme l’ont rappelé bon nombre de papes. Certains diront qu’il est dommage que ces jeunes, sincères et intéressés par la foi catholique, ne fassent pas grandir et éclore les germes de vocations qui sommeillent parmi eux. Mais comment les accabler ? Dans les paroisses et les séminaires, on fait tout pour les décourager et on ne leur donne aucun exemple qui puisse donner envie d’être prêtre ! Pourtant, vifs et habiles, ils connaissent le Magistère de l’Eglise, s’intéressent au catéchisme, écoutent et suivent ce qui se passe à Rome et à l’échelle de l’Eglise universelle : l’époque des lubies consistant à tout réinterpréter le concile Vatican II et les paroles des papes est révolue. Ces jeunes tirent des conclusions de ce qu’ils voient autour d’eux et qui n’est que ruines laissées par les générations d’avant, et sont incroyablement attirés par la Majesté de Celui qu’ils ne voient pas. Ces mêmes jeunes disent ce qu’ils savent et ce qu’ils pensent : leur “oui” est “oui” et leur “non” est “non”... ou même parfois autre chose commençant par “m”. Mais toujours est-il que leurs idées sont claires.

 

Intervient désormais un choc des générations. On en ressent déjà les murmures en politique ; il va indubitablement se faire sentir dans l’Eglise de France. La génération du “on a tout essayé” et qui est la génération du “on a tout raté” (n’en déplaise à beaucoup mitrés, colromanisés, ou certaines permanentes permanentées) doit de toute urgence se mettre face à elle-même et constater ce que tout le monde voit clairement : le néant, des résultats qui trahissent le Christ et son Eglise, l’échec cuisant ! A quoi risque de ressembler l’Eglise en France dans les prochaines années si on la laisse poursuivre sur les rails posés par les générations post-soixante-huitardes ? A un “rassemblement d’esprits vides sinon de psychopathes”, osait dire un jeune prêtre ? Ne faut-il pas prendre dès aujourd’hui la mesure du problème et anticiper ce qui nous attend demain et saute déjà aux yeux : une sécheresse de la foi, des églises désertées qu’il faudra démolir ou vendre, des évêchés devenus inutiles ? 

 

Essayons de prendre le problème à l’endroit. Ça consiste d’abord à se concentrer sur l’essentiel et non pas prendre la fuite avec des ersatz qui plombent toute perspective de voir refleurir la foi et des vocations. Ça consiste ensuite à imposer une confession mensuelle, une adoration hebdomadaire et un chapelet quotidien à tous les laïcs employés par l’Eglise de France. Ça consiste enfin à trouver un évêque de France assez courageux pour avouer que si pendant cinquante ans on a voulu faire passer pour fructueuse une pastorale qui était stérile, c’est que le mal produit était volontaire et non pas simplement le résultat de maladresses successives. Certains prêtres ordonnés dans les années 60 à 90 se sont déjà remis en cause : les uns probablement par une honnête clairvoyance et les autres sans doute par l’imminence de rendre des comptes par rapport à ce qu’ils n’ont pas fait, mal fait ou trahi. On admet forcément la conversion de chacun dès lors qu’elle est sincère. Mais pour que les choses changent en profondeur, il faudra encore beaucoup d’humilité à ceux qui séjournent dans nos palais épiscopaux, aux autres qui se confondent en réunions pour atténuer leur manque de foi ou leur manque affectif, de même qu’à ces dames qui chaque dimanche chantent la vie mais jamais Dieu. L’Eglise de toujours ne sera certainement pas celle de l’échec français ; et l’Eglise de demain ne se fourvoiera pas dans les mêmes erreurs. On voit ce qu’a produit la génération de l’échec. Et maintenant il faut dire : “Ça suffit !” Pour que l’Eglise du Christ soit toujours victorieuse, il faut un changement. Et ce changement devient éminemment urgent et nécessaire !

 

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