Certains fidèles reprochent au Concile Vatican II d'avoir ouvert la boîte de Pandore : selon eux, il était certain que des prêtres allaient déformer les enseignements magistériels pour construire une sorte de concile virtuel qui n'existerait que dans leur esprit et dont ils se serviraient pour construire et justifier ces célébrations anarchiques et désacralisées qui sont devenues le lot habituel de nos paroisses.
Mais si on regarde les choses de plus près, que constate-t-on ?
D'une part, là où la restauration liturgique voulue par Vatican II a été appliquée par des prêtres ayant une solide formation théologique et un vrai sens de l'Eglise, la liturgie a conservé sa ligne traditionnelle, réalisant ainsi le principe de l' "herméneutique de continuité". Elle est même tellement semblable à la liturgie d'avant le Concile que le Cardinal Ratzinger a pu dire que peu de fidèles sont capables de savoir du premier coup s'il s'agit bien de la messe restaurée à la suite de Vatican II.
D'autre part, quand la restauration liturgique voulue par Vatican II a été appliquée par des prêtres peu formés et bien décidés à s'asseoir sur les enseignements de l'Eglise, la liturgie est devenue anarchique, bavarde, laide, systématiquement opposée aux objectifs poursuivis par le Magistère.


 

 

 

vatican_council_288x233.jpgLe problème principal ne vient donc pas du Concile lui-même. Il vient de ce qu'au moment où a fallu recevoir et appliquer le Concile, les prêtres bien formés étaient très nettement inférieurs en nombre aux prêtres médiocres en théologie. Ce sont donc ces derniers qui ont pu, grâce à leur nombre, se constituer en "soviets" à partir desquels ils ont infiltré leurs idées pernicieuses dans les paroisses, les séminaires, les évéchés.
Ce sont ces clercs devenus d'autant plus ambitieux et suffisants qu'on leur donnait de l'avancement malgré leur maigre bagage intellectuel, qui ont créé les réseaux leur permettant de s'auto-entretenir et de se coopter pour maintenir et étendre la crise qu'on connaît et qui a touché tous les secteurs de l'Eglise : paroisses, séminaires, évéchés.
Dans les paroisses, les fidèles qui avaient vraiment compris Vatican II et voulaient son application ont été regardés de travers avant d'être ouvertement désignés comme étant ceux qui empéchaient l'Eglise de se réveiller et de progresser. Certains de ces fidèles vilipendés ont alors abandonné toute pratique dominicale; d'autres - mais pas très nombreux - sont allés rejoindre des mouvement traditionalistes durs qui affirmaient que Vatican II était la seule et unique cause du désastre.
Dans les séminaires diocésains, on a refusé d'ordonner les jeunes gens qui souhaitaient appliquer le Concile et qui rejetaient le para-concile dont leurs aînés se faisaient les hérauts. Dans l'un de ses livres, Mgr Gaidon décrit bien ce qui s'est passé en France durant les années post-conciliaires et qui se paie aujourd'hui par une chute vertigineuse des vocations. Un seul exemple permettra de comprendre : dans le séminaire de Strasbourg - qui passait pour être l'un des plus classiques de France - il était très fortement déconseillé de respecter le missel romain, de chanter du grégorien, d'adorer le Saint Sacrement (un professeur de théologie enseignait que l'hostie était faite pour être mangée, non pour être regardée dans un truc en forme de soleil), de prier le chapelet, d'écouter ce qu'enseignait le pape, de souhaiter étudier une exégèse autre que celle de Bultmann... etc.
Dans les évéchés, les pasteurs diocésains ont placé aux postes-clés des clercs et des laïcs à la doctrine souvent incertaine et qui croient pouvoir dissimuler leurs lacunes par de l'agitation incessante et des discours inconsistants doublés de projets fumeux.
Le Concile Vatican II n'a donc pas ouvert la boîte de Pandore : il n'aura fait que révéler une crise longtemps restée diffuse mais qui aurait nécessairement fini par éclater avec violence. La crise liturgique - avec tous les problèmes qui lui sont directement liés - n'est due ni au Concile ni à l'Eglise (ce que Benoît XVI ne cesse de rappeler) : ses racines sont à chercher dans une génération de fidèles qui furent sûrement très généreux sur le plan humain mais très fragiles sur le plan spirituel. Et quand des fidèles fragiles sont guidés par des clercs rendus médiocres à l'issue de leur "formation" dans les séminaires diocésains (cf. Mgr Gaidon), on ne peut qu'aboutir à la crise liturgique que tout le monde constate sans pour autant vouloir prendre les bonnes mesures pour la juguler.

 

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