Il faudra bien, tôt ou tard, que nos évêques de France aient l'honnêteté de reconnaître que ce qu'eux ou leurs prédécesseurs ont voulu faire passer pour des applications concrètes de Vatican II n'étaient en réalité que le fruit de divagations qui n'avaient aucun rapport avec les enseignements du Concile.
Il faudra bien qu'ils reconnaissent que les façons de célébrer la liturgie qui se sont imposées dans 99% des paroisses de ce pays n'ont qu'une relation très vague - dans la mesure où il en subsiste une - avec le Missel romain.
Il faudra bien qu'ils reconnaissent qu'une très grande (très grande !) partie de la crise que traverse aujourd'hui l'Eglise en France leur est imputable : ils ont encouragés les expériences liturgiques hasardeuses alors que Paul VI déjà demandait expressément d'y mettre fin; ils ont refusé d'ordonner prêtres tous les jeunes gens qui affirmaient leur attachement aux enseignements conciliaires; ils ont favorisé le chamboulement systématique - quand ce n'était pas la dévastation - de la quasi totalité des sanctuaires; ils ont placardisé ou même sanctionné les prêtres qui suivaient fidèlement le Missel romain et maintenaient l'usage du latin; ils ont remercié les organistes et les choristes qui refusaient de prêter leur concours à l'exécution de chants qui, pour être officiellement approuvés n'en étaient pas moins limités au plan musical et théologique ... etc.


 

Sur le site Internet de la Conférence des Evêques de France (CEF), on lit que "la réforme liturgique a provoqué, notamment en France, des tensions entre les fidèles adoptant cette réforme et une petite minorité qui a souhaité rester attachée à l'ancien rite (...)".
Continuer à diffuser de tels propos sur un site officiel de l'Eglise ne relève-t-il pas d'une volonté marquée de désinformer ou de carrément berner les fidèles ?
Car chacun sait bien que les tensions ne sont pas nées en premier lieu entre ceux qui avaient adopté la réforme liturgique conciliaire et ceux qui la refusaient, mais entre ceux qui avaient accepté la réforme et ceux qui s'en réclamaient non pour l'appliquer mais pour transformer la liturgie en un chantier permanent dont les décombres n'ont toujours pas été évacués. La liturgie restaurée à la suite de Vatican II ne fut pas seulement refusée par les "traditionalistes" : elle fut refusée par les clercs les plus en vue dans nos diocèses. Ces clercs-là l'ont refusée avec plus de violence que les "traditionalistes" qui eux, l'auraient acceptée si on s'était employés à la leur présenter telle qu'elle devait être.
Faire porter le chapeau à ceux qui ont refusé Vatican II relève d'une vision des choses que le pape Benoît XVI ne saurait faire sienne. Il dit tout autre chose dans la Lettre qu'il a personnellement adressée aux évêques eux-mêmes : "(...) La fracture [s'est produite] avant tout parce qu'en de nombreux endroits on ne célébrait pas fidèlement selon les prescriptions du nouveau Missel; au contraire, celui-ci finissait par être interprété comme une autorisation, voire même une obligation de créativité; cette créativité a souvent porté à des déformations de la Liturgie à la limite du supportable."


 

Tant que nos pasteurs actuels ne seront pas décidés à retrousser les manches et à prendre pelles et brouettes pour sortir de nos églises paroissiales les gravats qui restent des vieux chantiers de démolition de la liturgie, et tant qu'ils ne se voudront pas reconstruire les célébrations eucharistiques à partir des plans tracés par Benoît XVI... il est certain que le malaise persistera et que la crise durera.

 

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