Que signifie pour moi la Fête-Dieu ? Quand je repense à la Fête-Dieu, (...) je vois paraître devant mes yeux le temps où le printemps incline vers l'été ; le soleil est haut dans le ciel, dans les prairies et dans les champs la moisson mûrit. Les fêtes de l'Église font revivre le mystère du Christ, mais parce que Jésus-Christ était plongé dans la foi d'Israël, ces fêtes tiennent d'Israël de s'accorder aussi au rythme de l'année, le rythme des semailles et de la moisson. Comment pourrait-il en être autrement avec une liturgie dont le cœur est constitué par le signe du pain, ce fruit de la terre et du ciel ? Ce fruit, le pain, peut désormais porter Celui en qui le ciel et la terre, Dieu et l'homme sont devenus un. Ainsi, l'accord des fêtes de l'Église avec les saisons n'a rien d'extérieur. 

Demandons-nous maintenant quel est le rythme interne de l'année liturgique et quelle place y tient la Fête-Dieu. On constate d'abord qu'elle est issue du mystère pascal et de celui de la Pentecôte : elle a pour conditions la Résurrection et l'envoi de l'Esprit. Mais elle succède immédiatement à la fête de la Trinité où apparaît pour la première fois le lien entre Pâques et la Pentecôte. C'est seulement parce que Dieu est lui-même dialogue éternel d'amour qu'il peut parler et qu'on peut lui parler. C'est seulement parce qu'il est lui-même relation qu'on peut entrer en relation avec lui ; c'est seulement parce qu'il est amour qu'il peut aimer et être aimé. C'est seulement parce qu'il est trinitaire qu'il peut devenir grain de blé mort et pain de la vie éternelle. Ainsi la Fête-Dieu est en définitive une confession de Dieu et une confession de l'amour, une confession de ce que Dieu est amour. Tout ce qu'on dit et fait à la Fête-Dieu n'est en réalité qu'une seule et même variation sur ce thème, c'est-à-dire sur ce qu'est l'amour et sur ce qu'il fait. S. Thomas d'Aquin l'a exprimé dans un de ses chants de la Fête-Dieu par la belle formule : nec sumptus consumitur – l'amour ne se consume pas, mais il donne, et en se donnant il reçoit. Il ne s'use pas en donnant, mais il se renouvelle. Parce que la Fête-Dieu est confession de l'amour, le mystère de la transsubstantiation se trouve à bon droit placé au centre de ce jour. L'amour est transformant. La Fête-Dieu nous dit : oui, l'amour existe, et parce qu'il existe, la transformation est possible, et voilà pourquoi nous pouvons espérer. Et l'espérance nous donne la force de vivre, de supporter le monde. Peut-être était-il bon que nous ayons eu des doutes quant au sens de la célébration de la Fête-Dieu. Ainsi avons-nous redécouvert cette fête dont nous avons aujourd'hui plus que jamais besoin (La célébration de la foi,Téqui, pp. 129-130).

 

Le sens de la Fête-Dieu : une méditation du Cardinal Ratzinger

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