Les « traditionalistes » les plus opposés à Vatican II disent à qui veut l’entendre que le Concile doit être abandonné car il n’a rien amené de bon dans l’Eglise. Certes, si l’on regarde ce qui se passe en France, on pourrait être d’accord avec eux... mais à la condition d’admettre que la France a été le pays où les enseignements de Vatican II ont été les plus trahis, notamment en ce qui concerne la catéchèse et la liturgie qui ont trouvé dans les paroisses - grâce au silence des évêques - un terrain d’expériences inédites dans l’histoire de l’Eglise. En faisant de Vatican II l’origine de tous les maux qui atteignent aujourd’hui l’Eglise, on oublie un peu trop vite que tous les conciles, sans exception, ont été suivis de périodes tumultueuses plus ou moins longues. Au moment du concile de Constantinople, en 382, Grégoire de Naziance appelé par l’empereur à participer à une seconde session, n’avait-il pas déclaré : « Pour dire la vérité, je considère qu’on devrait fuir toute assemblée d’évêques, car je n’ai jamais vu aucun concile avoir une issue heureuse ni mettre fin aux maux. » Quant à Basile de Césarée, il avait parlé du « vacarme indistinct et confus », et de la « clameur ininterrompue qui remplissait toute l’Eglise » lors du même Concile (Cf. Benoît XVI, Discours à la Curie romaine, 22.12.2005). Même le concile de Trente avait été très critiqué, et la réforme liturgique qu’il a initiée et qui se fera sous l’autorité du pape S. Pie V ne sera appliquée dans les paroisses... qu’au XIXe siècle. Une réalité qu’oublient trop souvent les « traditionalistes ».

 

Tous les conciles ont donc été suivis d’une période plus ou moins longue de confusions plus ou moins graves. Et l'on ne voit pas comment Vatican II pourrait faire exception à cette règle. Mais faut-il pour autant se croiser les bras et attendre que la tempête se calme ? Sûrement pas ; car plus on attend, plus on laisse les erreurs s’enraciner profondément ; plus on tarde à agir, plus on fait passer les erreurs confortablement installées dans les esprits pour des vérités, ce qui est le meilleur moyen pour se fourvoyer définitivement et créer une mosaïque de chapelles où la foi qui s’enseigne et se célèbre ne sera plus celle de l’Eglise une, sainte, catholique et apostolique. Ce qui importe, dans le contexte actuel de cette confusion issue d’un savant mélange d’ignorance et de désobéissance, c’est de faire le bilan dans une vision large et distante, bilan qui subsiste malgré les manifestations inévitables de crise, mais bilan qui devra se faire par une analyse critique et sans complaisance des « facteurs négatifs incontestables très graves et dans une grande mesure inquiétants ». Il s’agit donc de reconnaître et de dénoncer les erreurs : non par pessimisme ou par simple goût de la critique, mais simplement pour éviter de tomber dans ce désespoir secret qui pousse bien des fidèles à abandonner la pratique dominicale dans un premier temps, à se détacher de l’Eglise dans un second temps. (Cf. Cardinal Joseph Ratzinger, Les principes de la théologie catholique, éd. Téqui, Paris.)

 

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