De temps en temps, on ne sait pas exactement pourquoi, il vient à l’idée d’un évêque de France de célébrer une messe selon la forme « extraordinaire » de la liturgie romaine. Et les fidèles attachés à cette forme - qui ne représentent qu’une très faible proportion des pratiquants, si l’on en croit Benoît XVI - de bondir de joie. On les comprend. Mais dans le même temps, il ne vient à l’idée d’aucun évêque de célébrer la messe selon la forme « ordinaire » et d’exiger des curés de paroisses qu’ils la célèbrent fidèlement. C’est un fait : la liturgie de l’Eglise n’est respectée que sous sa forme « extraordinaire ». Dès qu’il s’agit de la célébrer sous sa forme « ordinaire », c’est l’imagination et la fantaisie des célébrants qui prennent le dessus pour faire de la messe quelque chose qui s’apparente plus ou moins à la liturgie restaurée à la suite de Vatican II mais qui ne l’est jamais véritablement. La lettre que Benoît XVI a envoyée à chaque évêque pour expliquer les raisons du Motu proprio Summorum Pontificum contient des lignes éclairantes que les évêques qui acceptent de célébrer la forme « extraordinaire » s'appliquent généralement à oublier : « Beaucoup de personnes qui acceptaient clairement le caractère contraignant du Concile Vatican II, et qui étaient fidèles au Pape et aux Evêques, désiraient cependant retrouver également la forme de la sainte Liturgie qui leur était chère ; cela s’est produit avant tout parce qu’en de nombreux endroits on ne célébrait pas fidèlement selon les prescriptions du nouveau Missel ; au contraire, celui-ci finissait par être interprété comme une autorisation, voire même une obligation de créativité ; (...) Et j’ai constaté combien les déformations arbitraires de la Liturgie ont profondément blessé des personnes qui étaient totalement enracinées dans la foi de l’Eglise. (...) Dans la célébration de la Messe selon le Missel de Paul VI, pourra être manifestée de façon plus forte que cela ne l’a été souvent fait jusqu’à présent, cette sacralité qui attire de nombreuses personnes vers le rite ancien. La meilleure garantie pour que le Missel de Paul VI puisse unir les communautés paroissiales et être aimé de leur part est de célébrer avec beaucoup de révérence et en conformité avec les prescriptions ; c’est ce qui rend visible la richesse spirituelle et la profondeur théologique de ce Missel. (...) »

 

Ainsi donc, ceux qui célèbrent la forme « extraordinaire » sans chercher à corriger les erreurs régulièrement introduites dans la forme « ordinaire » détournent le Motu proprio Summorum Pontificum de ses véritables intentions et contrecarrent les efforts pastoraux du Souverain Pontife pour faire découvrir aux fidèles « la richesse spirituelle et la profondeur théologique du Missel de Paul VI ». Chez ces évêques-là, célébrer la forme « ordinaire » s’apparente à une stratégie d’évitement dont les psychologues disent qu’elle consiste à adopter des comportements de défense (célébrer selon la forme « extraordinaire ») pour ne pas se trouver confronté à une situation redoutée (devoir mettre un terme à la pagaille liturgique). Autrement dit, la célébration occasionnelle d’une une messe selon la forme « extraordinaire » devient pour nombre de pasteurs diocésains un moyen d’échapper aux vrais problèmes : « Ouf, j'ai bien fait de respecter la liturgie pour les « tradis » ; si je l’avais respectée pour ceux qui se disent « conciliaires », il aurait pu m'arriver des problèmes… » On comprend qu’avec de tels comportements, la « réforme de la réforme » de la liturgie n’est pas prête de se faire en France. La désertification des églises a encore de beaux jours devant elle. Et Benoît XVI sait qu'il ne peut rien attendre d'un épiscopat à la fois si frileux et si peu formé en liturgie.

 

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