Si l’on considère comment la liturgie est mise en œuvre dans certains monastères, on peut répondre « oui » sans hésiter. Si l’on participe à une messe paroissiale, la réponse sera sûrement plus hésitante : autel inesthétique, vêtements liturgiques disgracieux, célébrant aux attitudes d’autant plus relâchées ou ostentatoires qu’elles ne correspondent pas à ce qui est demandé par la liturgie, chants réduits à quelques ritournelles sans intérêt... etc.
Pourtant la liturgie qui nous est transmise par l’Eglise possède en elle-même tout ce qui nous permet d’en faire une œuvre d’art apte à ouvrir les cœurs par l’émerveillement et la fascination qu’elle peut générer. 
Mais pour que la liturgie soit œuvre d’art, il faut que ceux qui sont chargés de la célébrer aient préalablement appris à respecter ses deux composantes essentielles : son rythme propre et son harmonie interne. Car il ne peut y avoir de liturgie qui soit œuvre d’art à la gloire de Dieu sans le rythme associé à l’harmonie. Pour certains, ce respect est quasi inné ; pour d’autres, il devra être appris, exercé.

 

 

 

Le rythme se rapporte à l’enchaînement logique des divers « épisodes » qui composent le rite liturgique : chant d’entrée, préparation pénitentielle, Kyrie, Gloria, oraison, première Lecture... etc. Chacun de ces « épisodes » doit être à la place, accompli comme il doit l’être, et doit inviter à passer en douceur à l’ « épisode » suivant. L’harmonie se rapporte à la qualité des rapports que les composantes de la liturgie entretiennent les unes avec les autres : « le lien profond entre la beauté et la liturgie doit nous rendre attentifs à toutes les expressions artistiques mises au service de la célébration. Un aspect important de l’art sacré est certainement l’architecture des églises, dans lesquelles doit ressortir l'unité entre les éléments constitutifs du chœur : autel, crucifix, tabernacle, ambon, siège. » (Cf. Benoît XVI, Exhortation Sacramentum caritatis, n°41.) La liturgie doit donc être réalisée avec un constant souci d’unité. Concrètement, ce souci conduira à refuser les « messes fourre-tout » (type « messes télévisées ») où chacun tient absolument à mettre « le truc » qu’il a préparé dans le souci de rendre la célébration plus « vivante » et plus « participative ». Ce souci conduira à rappeler à l’organiste que la messe n’est pas « son » concert, à rappeler aux choristes que la liturgie n’est faite pour se donner en spectacle, à rappeler au célébrant que son premier devoir est de se faire oublier - de se rendre transparent - pour laisser toute la place au Seigneur... Ce souci conduira à travailler la juste mesure des gestes, le bon placement des voix, la symétrie des mouvements des servants d’autel... La désinvolture et le misérabilisme doivent ici être autant évités que l’enflure à la Fellini ou le kitsch hollywoodien façon « Amour, gloire et beauté ». La liturgie doit être « harmonieusement rythmée » pour que l’âme du fidèle puisse s’ouvrir à la contemplation au cours d’un voyage sans heurts qui, suivant l’itinéraire défini par l’Eglise, va de l’introït du jour à l’ite missa est. Tout ce qui contribue à préserver cette unité liturgique est bénéfique ; tout ce qui contribue à la perturber - par l’insertion de commentaires, par le « pathos » ou par l’amplification de certains rites au détriment d’autres - est néfaste et même périlleux pour la foi ou l’équilibre psychologique de certains fidèles fragilisés par les épreuves de la vie.

 

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