Dans la Constitution conciliaire « Sacrosanctum Concilium », on lit que « la liturgie est le sommet vers lequel tend l’action de l’Eglise, et en même temps la source d’où découle toute sa vertu » (cf. n°10). Pour le fidèle attentif, cette affirmation est pour le moins curieuse. Curieuse, parce qu’on se serait attendu, en toute logique, à ce que l’Eglise affirme que c’est l’Eucharistie qui est « sommet et source » de l’action de l’Eglise. Eh bien non : elle affirme que c’est la Liturgie, pas l’Eucharistie... Comme si la Liturgie avait davantage de valeur et de force que l’Eucharistie ! Pour trouver l’explication de ce qui, à première vue, pourrait passer pour une « erreur » théologique, il faut aller quelques lignes plus loin dans le texte conciliaire : « la liturgie elle-même pousse les fidèles rassasiés des mystères de la Pâque à n’avoir plus qu’un seul cœur dans la piété ; elle prie pour qu’ils gardent dans leur vie ce qu’ils ont saisi par la foi (...). C’est donc de la liturgie, et principalement de l’Eucharistie, comme d’une source, que la grâce découle en nous et qu’on obtient avec le maximum d’efficacité cette sanctification des hommes, et cette glorification de Dieu dans le Christ, que recherchent, comme leur fin, toutes les autres œuvres de l’Eglise. »

 

 

 

Ainsi donc, la liturgie « pousse les fidèles » vers une unité de foi et « prie » pour eux. Mais n’y a-t-il pas ici une nouvelle curiosité ? Que veut dire l’Eglise lorsqu’elle affirme que « la liturgie prie pour les fidèles » ? N’est pas le célébrant qui prie ? L’assemblée qui prie ? L’Eglise nous montre ici un autre aspect de la prière : elle nous dit très clairement que c’est la liturgie qui prie. La liturgie en tant qu’acte de l’Eglise. Par la liturgie, c’est toute l’Eglise « supra-temporelle » et « supra-spaciale » qui prie. La liturgie n’est donc pas la somme des prières des membres d’une assemblée : elle est un acte qui, enraciné dans l’Eucharistie, dépasse les capacités de l’assemblée locale et c’est à ce titre qu’elle « pousse les fidèles », les « entraîne », les « stimule »... les prépare à accueillir - plus qu’à simplement « comprendre » - ce qu’elle célèbre. Pour autant, la puissance de la liturgie de l’Eglise n’opère pas de façon automatique. Le Concile explique que pour que la liturgie soit efficace, « il est nécessaire que les fidèles y accèdent avec les dispositions d’une âme droite, qu’ils harmonisent leur âme avec leur voix, et qu’ils coopèrent à la grâce d’en haut pour ne pas recevoir celle-ci en vain. » Autrement dit, la grâce de Dieu est donnée à tous, mais elle ne produit des fruits que grâce à une coopération de celle ou de celui qui la reçoit. Cette coopération est-elle possible lorsque la liturgie mal célébrée devient un obstacle au lieu d’être une aide ? Lorsque le célébrant pense avoir plus d’importance que la liturgie qu’il célèbre ? Lorsque l’ajout systématique, dans une Messe, de pratiques qui ne sont pas prévues par l’Eglise finit par « encrasser » la célébration et par obscurcir la liturgie elle-même ? La réponse est clairement « non ». Et « c’est pourquoi - dit encore la Constitution sur la Liturgie - les pasteurs doivent être attentifs à ce que dans l’action liturgique, non seulement on observe les lois d’une célébration valide et licite, mais aussi à ce que les fidèles participent à celle-ci de façon consciente, effective (actuosa) et fructueuse. » La liturgie est donc « sommet et source de la vie de l’Eglise » parce qu’elle seule dispose les âmes et les cœurs à bien recevoir ce que produisent les sacrements qu’elle célèbre. Elle stimule le fidèle à se mettre en état de grâce : en la recevant telle que l’Eglise nous la donne, elle nous permet de franchir une étape sur le chemin conduisant vers le désir d’une vie sacramentelle plus intense. N’est-il pas réjouissant de savoir que la liturgie de l’Eglise est tellement adaptée à la petitesse de l’homme que même le pécheur qui ne peut pas communier à une messe peut, par contre, se situer au sommet et à la source de la vie de l’Eglise, c’est-à-dire là où il pourra puiser tant qu’il voudra les forces qui lui permettront de reprendre le chemin conduisant au Père ?

 

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