Aider les prêtres qui célèbrent fidèlement la liturgie, c'est très bien, mais ça ne suffit pas. Car la liturgie, telle qu'elle apparaît dans la majorité des paroisses, est aujourd'hui dans un état de délabrement tel, qu'il faut dépasser les aides ponctuelles aux prêtres afin d'engager un vaste programme de restauration qui fasse barrage à l'entreprise de désacralisation et de désorganisation des célébrations mise en place par de nombreux fidèles - clercs laïcisés ou laïcs cléricalisés - sous couvert du Concile.
Les choses ne s'arrangeront pas tant que la liturgie demeurera en les mains de groupuscules et tant qu'elle ne sera célébrée comme elle doit l'être que dans quelques paroisses isolées, grâce à quelques prêtres exceptionnels.

 

 

sixtineorientemLa liturgie authentique, c'est-à-dire celle qui est célébrée conformément au missel romain, ne doit pas apparaître comme quelque chose d'occasionnel, comme quelque chose qui serait hors norme par rapport à ce qui se fait habituellement partout ailleurs. La vraie liturgie ne saurait en aucun cas devenir l'apanage d'un célébrant particulier, d'une paroisse particulière, d'une occasion particulière : les fidèles doivent pouvoir la trouver partout, dans toutes les églises. 
Mais en quoi pourrait consister un programme de restauration de la liturgie ?
Le point essentiel sur lequel il serait nécessaire d'insister en tout premier lieu, c'est le "théocentrisme". La liturgie est théocentrique, c'est-à-dire orientée vers Dieu et non vers le célébrant ou l'assistance. C'est indiscutable.
Par conséquent, il faudrait - et ce dans les plus brefs délais - éliminer de nos célébrations paroissiales tout ce qui distrait de cette orientation essentielle. Peut avant de mourir, Joseph Samson, Maître de choeur à la cathédrale de Dijon disait : « Si le choeur, quel qu'il soit, n'introduit pas à l'office plus de vie spirituelle, que le choeur se taise. Si le chant du choeur n'est pas pour les fidèles une nourriture, du pain... que le choeur sorte. Si le chant des fidèles n'apporte pas à l'office plus de vie spirituelle, que les fidèles se taisent. Tout chant dont la valeur expressive n'égale pas celle du silence est à proscrire ». (Conférence au Congrès International de Musique Sacrée à Versailles, 1957). Bien souvent, au cours des messes, on se prend à penser qu'il n'y aurait pas que le chant qui serait à proscrire, mais aussi les gesticulations, les minauderies ou les attitudes négligées de certains célébrants, les bavardages et les considérations inutiles... Il y a tant de choses qui devraient "sortir" - pour reprendre le propos de J. Samson - car elles n'ont pas leur place en liturgie !
Il faut donc commencer par exclure des célébrations - de toutes les célébrations sans la moindre exception - tout ce qui entrave le théocentrisme que doit manifester la liturgie, tout ce qui distrait le fidèle de l'Unique Essentiel. C'est ce que Benoît XVI a voulu nous faire comprendre lorsqu'il a dit aux moines cisterciens d'Heiligenkreuz (sept. 2007) : « Là où, quand on réfléchit à la liturgie, [là où] on se demande seulement comment la rendre attrayante, intéressante et belle, la partie est déjà perdue. Ou bien la liturgie est opus Dei, oeuvre de Dieu, avec Dieu comme sujet spécifique, ou bien elle n'est pas ». Dans la mesure où nos célébrations paroissiales sont plus souvent l'oeuvre de célébrants ou d'équipes liturgiques qui cherchent à rendre les choses attrayantes (ou à se rendre attrayants) qu'elle n'est l'oeuvre de Dieu, elles ne sont pas véritablement des liturgies. Elles ne sont plus des liturgies, mais des occupations pour fidèles désoeuvrés.
Il nous faut redécouvrir le théocentrisme de la liturgie : c'est capital. Lorsque nous aurons fait du théocentrisme la "marque de fabrique" de nos célébrations, alors pourront être progressivement remis à leur place d'autres éléments qui font corps avec le rite romain et contribuent à renforcer, à protéger et à exprimer sa finalité première : la célébration versus orientem, le chant grégorien, l'usage du latin, la beauté et la dignité... bref tout ce qui rend la liturgie stable et apte à signifier que par elle, telle qu'elle est reçue de l'Eglise, les fidèles louent le Dieu un et trine de façon vraie et juste.

 

Un second point sur lequel il serait nécessaire d'insister, c'est celui du droit des fidèles à pouvoir s'associer à la liturgie de l'Eglise et non d'être contraint d'accepter la liturgie du célébrant local ou de l'équipe qui est à sa solde : « Selon les possibilités de chacun, tous ont le devoir de prêter une attention particulière à ce que le très saint Sacrement de l'Eucharistie soit défendu contre tout manque de respect et toute déformation, et que tous les abus soient complètement corrigés. Ce devoir, de la plus grande importance, qui est confié à tous et à chacun des membres de l'Eglise, doit être accompli en excluant toute acception de personnes. L'Eglise reconnaît à tout catholique, qu'il soit prêtre, diacre ou fidèle laïc, le droit de se plaindre d'un abus liturgique, auprès de l'Evêque diocésain ou de l'Ordinaire compétent équiparé par le droit, ou encore auprès du Siège Apostolique en raison de la primauté du Pontife Romain » (Instruction Redemptionis Sacramentum, 25.3.2004). Le droit de se plaindre des abus est pleinement reconnu; donc, plutôt que de se lamenter en petits comités, il faut s'adresser à qui de droit en rappelant, si besoin, que s'il est nécessaire de faire preuve de charité à l'égard du célébrant qui ne respecte pas les règles de la célébration, il est aussi urgent de lui dire la vérité - par charité ! - si l'on ne veut pas que la liturgie ne se perde définitivement.

 

Pro Liturgia

commentaires

Jean-Vincent 17/03/2010 21:29


Dimanche dernier, 4° Dimanche de carême, notre prêtre (diocésain) chargé de la Sainte Liturgie était dans un état théocentrique tel, que lors de l'encensement de l'autel, certain auront entendu le
chant des Anges, qu'il chéri d'ailleurs. Les pages du missel romain se sont alors "tournés toutes seules" avant de s'arrêter sur la page consacrée à la prière aux Anges. Puis nous ne pouvions pas
douté de la présence de notre Seigneur, lors de l'Eucharistie. Il n'y a en effet aucune réflexion à avoir pour rendre la liturgie plus attrayante que cela. Une liturgie Opus Dei, tout
simplement.
Deo Gratias.

(En l'Eglise St Denis de Viry Chatillon).  


Admin 17/03/2010 23:31



Il me semble que c'est la forme extraordinaire qui est célébrée à l'église St Denis de Viry Chatillon par M. l'Abbé Chanut. A quand un théocentrisme selon la forme ordinaire ?



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