caliceAu moment où notre Pape Benoît XVI annonce l’ouverture d’une « Année de la Foi » à l’occasion, l’an prochain, du 50e anniversaire de Vatican II, est-il encore nécessaire de rappeler que la situation de la liturgie « source et sommet de la vie de l’Eglise » (Cf. Sacrosanctum Concilium) est devenue bien plus que dramatique dans les diocèses de France ? Nous le savons tous : il suffit d’assister à une Messe dans une paroisse pour constater à quel point les pratiquants sont privés de célébrations de qualités, fidèles au Missel romain, qui soient un vrai « reflet de la liturgie céleste » (Cf. Const. Sacrosanctum Concilium) ; à quel point ils sont privés de beauté, sont privés de cette distinction qui élève l’âme et porte à la contemplation ; sont privés de la mise en œuvre harmonieuse des rites reçus de l’Eglise et qui seuls expriment et communiquent la vraie foi catholique. Plus exactement, les seuls qui ne constatent pas cette réalité sont les experts en pastorale liturgique et les pasteurs de nos diocèses. Responsables - par leurs actions ou par leurs silences - du désastre liturgique, ils refusent obstinément de le reconnaître ; ils nient l’évidence - bien que ne pouvant pas fermer les yeux devant leurs églises vides - et s’accrochent désespérément à leurs pouvoirs comme pour ne pas avoir à répondre des conséquences de leurs initiatives désastreuses devant l’Eglise et peut-être aussi devant eux-mêmes. Combien de fidèles ne ressentent-ils pas aujourd’hui un profond malaise souvent doublé d’un réel agacement, en assistant à toutes ces célébrations paroissiales dont on veut camoufler l’insignifiance à l’aide de commentaires boursouflés, de cantiques ronflants, de mises en scènes ampoulés, de comportements affectés ? Combien de fidèles constatent, mais sans toujours avoir les mots pour le dire, que les liturgies qu’on célèbre en se couvrant abusivement de l’autorité du Concile, sont devenues incapables de leur donner cette riche nourriture spirituelle que l’Eglise entend généreusement dispenser à ses enfants ?

 

N’est-ce pas là une des causes essentielles de l’effondrement de la pratique dominicale et de la chute des vocations sacerdotales et religieuses en France ? Car comment, en effet, des célébrations eucharistiques qui donnent si souvent l’impression d’avoir perdu leur sens et leur vraie raison d’être pourraient-elles être attirantes et capables de produire un désir de donner sa vie pour le Seigneur ? Et combien de fidèles se désespèrent ou se révoltent, ouvertement ou en secret, en constatant que d’une Messe à l’autre on leur demande de jouer des rôles qui ne les concernent pas, de participer à des actions pour lesquelles ils ne se sont pas déplacés, d’accepter d’entendre des chants et des commentaires qui irritent plus qu’ils ne pacifient ? Il faut cependant savoir que l’effondrement de la liturgie n’est pas toujours le fait des « simples » curés de paroisses. Eux sont souvent, comme tous les fidèles, des victimes des « schémas pastoraux » qui ont été voulus et imposés depuis la fin du dernier Concile par des clercs qui se sont autoproclamés « experts » en pastorale liturgique. Comme tous les fidèles, ils ont été pris en otages par des hiérarchies cooptées parmi les militants d’une « Eglise virtuelle » et qui se sont mises en place aussi bien dans les organes de décision que dans des groupes informels pour constituer de véritables « magistères parallèles ». Il est faux de croire que tout les prêtres sont opposés à la vraie liturgie de l’Eglise et ne veulent la célébrer que moyennant des transformations, des adaptations, des retouches... Beaucoup aimeraient respecter le Missel donné par l’Eglise, mais ils ne le peuvent pas ou ne le peuvent plus. Ils ne le peuvent pas parce qu’on les oblige à se plier à des ordres venus d’en-haut et qui correspondent à des orientations pastorales diocésaines soumises à des modes passagères ; ils ne le peuvent plus parce que de réformes en réformes, de sessions de recyclage en session de recyclage, de réunions en réunions... ils ont fini par oublier ce qu’est la liturgie eucharistique et comment elle doit être mise en œuvre.

 

Il faut bien comprendre que la liturgie ne pourra être sauvée et rétablie que si les fidèles s’appuient sur les prêtres qui sont ouvertement du côté du Magistère, qui écoutent le Pape et s’appliquent à suivre son exemple. Compter sur les structures diocésaines pour remettre de l’ordre dans la liturgie ne sert à rien : ceux qui les dirigent ont assez prouvé qu’ils étaient farouchement opposés à la mise en œuvre du Missel romain restauré à la suite du dernier Concile. Et même si certains d’entre eux étaient prêts à reconnaître leurs erreurs, à faire amande honorable, à manifester des intentions louables, ils ne seraient plus capables intellectuellement et spirituellement de mettre en œuvre une nouvelle pastorale aboutissant à ce que toujours et partout la liturgie de l’Eglise soit respectée, dignement célébrée dans des environnements marqués par le sacré. Pour que la liturgie retrouve sa forme, sa dignité, sa beauté, sa capacité d’élever les âmes, il faut faire appel aux prêtres capables de concevoir une pastorale radicalement opposée à celle qui a prévalu jusqu’à présent, et qui soit prêts à proposer un plan de redressement drastique touchant à la formation théologique, pastorale, artistique et catéchétique.

 

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