alter christus« (...) Il faut à l'Eglise un traitement de fond : il lui faut guérir en revenant à ses racines car la maladie dont elle souffre est en fait une crise de la foi qui touche les fidèles.
Mais, diront certains, les communautés comptent pourtant de très nombreux laïcs engagés! Bien entendu. Mais cet engagement est-il la foi? De nombreuses enquêtes montrent que même le croyant régulier ne reçoit plus le Credo de l'Eglise dans son intégralité. Peut-être faut-il voir là l'un des grands malentendus de ces dernières décennies: "L'Eglise vit là où des fidèles s'activent pour elle", disent certains. Mais l'activisme, le bénévolat, la générosité... ne sont pas encore une expression de la foi.
La mise en oeuvre de la réforme liturgique voulue par Vatican II est très largement tombée dans ce piège de l'activisme. Au cours d'une messe, il faut toujours qu'il se passe quelque chose et qu'un maximum de personnes fasse quelque chose. La célébration se transforme alors en évènement, en action - au sens propre des mots - parce que sans arrêt quelque chose est dit, expliqué, montré... C'est vrai, jamais dans l'Eglise on a autant usé de la parole, des signes, des slogans de toutes sortes: "Un avenir pour l'Eglise", "Croire est beau", "Une Eglise en marche", "Un peuple qui témoigne"... Mais ces déclarations sont éphémères, sans lendemain. Que faut-il alors en penser ?
Le coeur de la liturgie est essentiellement contemplation. La liturgie veut bien nous donner à écouter, mais elle veut aussi se taire; elle veut bien nous donner à voir, mais elle veut aussi nous apprendre à adorer Celui qui demeure caché; elle veut bien nous donner à comprendre, mais elle doit nous apprendre aussi à nous incliner devant le mystère. Car c'est du silence seul que peut jaillir un véritable discours sur Dieu; c'est seulement de la reconnaissance de nos limites et de notre incapacité à tout comprendre que peut naître la foi. Seule l'image encore obscure du Tout-Autre peut nous protéger d'une dilution de l'image divine dans les représentations courantes du monde profane.
Ce langage de la contemplation a été préservé d'une façon incontestable dans l'ancienne messe où plus on avance dans la célébration de la liturgie, plus on s'immerge dans le silence. La langue latine elle-même - que l'Eglise a voulu conserver dans la liturgie actuelle - protège les mots d'une compréhension qui ne serait qu'apparente parce que trop immédiate. La dissimulation du calice sous un voile - toujours obligatoire dans la liturgie actuelle - la protection du vin sous une pale, les inclinaisons et les agenouillements du célébrant, son orientation vers Dieu - conservée dans la liturgie actuelle - puis son face-à-face avec les fidèles pour le Dominis vobiscum, pour l'Orate fratres ou la bénédiction, le soin mis à bien disposer les choses sur l'autel... tout cela et encore d'autres signes forment comme une iconostase qui cache et qui en même temps révèle et donc donne à mieux voir en faisant davantage attention.
Il faut du temps pour réapprendre ce langage de la contemplation qu'est le langage liturgique. C'est pourquoi il se trouvera sûrement des fidèles pour préférer l'ancienne forme de la liturgie; mais il ne faut pas s'attendre à un raz-de-marée lequel ne serait d'ailleurs qu'un nouveau symptôme de volonté d'un succès rapide conduisant vers de nouvelles formes d'activisme. (...) ».

 

D'après le Dr Andreas Wollbold, Prêtre du diocèse de Trèves (D) et professeur à l'Université de Munich (mars 2010)


La totalité de l'article paraîtra dans le Bulletin de l’Association "Pro Liturgia" (abonnement disponible ici)

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