« La majorité de nos paroisses est en déshérence, la messe ne retient plus le cœur ; en bien des lieux, elle endort, elle ennuie, elle déçoit, elle éloigne jusqu’à ceux qui ont la foi ; les baptêmes diminuent, les catéchismes se vident, la confession agonise, les vocations n’éclosent pas ou meurent en vol, et pour couronner le désastre qui monte, le prêtre n’est souvent plus qu’un pion ligoté au milieu de conseils pseudo-démocratiques, et quand ainsi il n’est plus contemplé dans sa nécessité et dans sa beauté surnaturelle, sur le terrain - le présent le crie déjà -, le Ciel ne descend plus sur la terre. La preuve en est que la masse des croyants non pratiquants s’en va grandissant patauger dans un état d’indifférence et de neutralité tranquille, tandis que les incroyants et agnostiques de tout poil pullulent et s’engendrent allègrement. Et n’allez pas, pour amoindrir le réel, dire que le nombre ne compte pas, que la qualité est première, et pour vous conforter dans cette vision chiche, sortir du chapeau les éternels signes d’espérance, petites lumières qui brillent dans l’obscurité du monde ! Qu’en effet, ici ou là, des paroisses soient vivantes, des communautés hissent la voile sous le vent de l’Esprit Saint, des associations chrétiennes travaillent avec zèle, des prêtres, des frères chrétiens, de nombreux jeunes, véritables hérauts de la foi, se donnent et œuvrent sans compter, mais c’est évident ! Et nous nous en réjouissons, mais ce ici ou là - que Dieu nous pardonne - est loin d’émailler l’Hexagone. En vérité, en vérité je nous le dis : la situation est gravissime. Mais qui s’en inquiète ? Et qui ne dort plus à la seule pensée de la multitude roulant à tombeau ouvert en direction d’un néant badigeonné d’immédiat sans couleur, sans contour, terne et réduit bien souvent à la recherche du gain ? Et qui voit encore les visages tristes sous l’inanité de la vie ? Au vrai, l’absurdité d’une existence sans finalité ne se règle pas en menue monnaie. (...) Est-il possible à un seul enfant de ne pas désirer ce que le Christ à promis : la vie sans fin, la mort en passage, et l’amour à ras bord de l’âme pour des éternités d’éternité ? Qu’on ne le croie, passe encore, mais qu’on s’en fiche sous la moue d’un sourire dégoûté, c’est aussi étrange, inattendu et maladif que l’envie de ne pas vivre, désormais aussi répandue que les pauvres allongés dans les rues. Au fond, rien d’étonnant. De fond, d’ailleurs, il n’y en a plus. »

 

(Père Michel-Marie Zanotti-Sorkine, interrogé par Jean Sévillia dans le « Figaro-Magazine » des 12-13 octobre 2012)

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