Un fidèle explique pourquoi il est attaché à la forme "extraordinaire" du rite romain. Selon lui, cette forme serait un repère solide en ce qu'elle demeure invariable, alors que la forme "ordinaire" - celle issue de Vatican II - est célébrée avec autant de variations qu'il y a de prêtres. Voici une affirmation erronée - une de plus, devrait-on dire - concernant la forme "ordinaire". Contrairement à ce que l'on croit souvent, la forme "ordinaire" de la liturgie romaine ne permet aucune des variations que l'on constate d'une paroisse à l'autre, d'un célébrant à l'autre. Car cette forme est aussi très clairement définie par le Missel dit "de Paul VI" qui rappelle même au passage que tout célébrant « doit être attentifs aux normes données dans la Présentation générale du Missel romain ainsi qu'à la pratique reçue du rite romain, plutôt qu'à ses goûts personnels et à son propre jugement ». (Présentation générale, n°42). Voilà donc qui devrait obligé les prêtres - évêques en tête - se réclamant du Concile à mettre un terme définitif aux variations qui caractérisent leurs façons de célébrer la liturgie. S'il existe quelques possibilités d'adaptations, ce qui est normal vu la grande diversité des situations dans lesquelles cette forme "ordinaire" du rite romain doit être mise en oeuvre, cela n'autorise en aucun cas à modifier les rites et les textes de la liturgie. Il faut le dire clairement et sans cesse le répéter aux célébrants et aux équipes liturgiques. Ainsi, les variations que l'on constate aujourd'hui - et qu'on déplore - dans la célébrations de la forme "ordinaire" du rite romain ne sont pas le fait de la restauration liturgique voulue par Vatican II, mais uniquement le fait de célébrants qui, ignorant la promesse qu'ils ont faite au moment de leur ordination sacerdotale, ne servent plus l'Eglise dans l'obéissance et la fidélité.

 

On imagine généralement que ceux qui ne respectent pas la forme "ordinaire" de la liturgie sont des enragés de la désobéissance, des fanatiques de la rébellion, des spécialistes de la dissidence... Peut-être certains le sont-ils effectivement; mais de loin pas tous ! D'où cette question : d'où vient l'irrespect quasi-généralisé de la liturgie ? Cet irrespect est essentiellement le fait de fidèles - clercs ou laïcs - persuadés que ce qu'ils font est tout à fait "normal" (1). Pour ces gens, il est peu à peu devenu comme logique de normaliser l'inimaginable. En quelque sorte, il faut oser faire des choses stupéfiantes en liturgie. Ces choses prendront peu à peu l'apparence de la "normalité" dès lors qu'elles seront accomplies dans le contexte d'un système pastoral qui donne l'apparence d'être cohérent (2). Alors, en liturgie - comme en d'autres domaines soumis à cette logique - ce qui est laid, inhabituel, choquant... devient la routine et finit par être accepté. L'anormal devient banal et c'est paradoxalement quand la liturgie est respectée qu'elle paraît "anormale" et que le prêtre qui la célébre passe pour un original ou un dissident incapable de se conformer à ce qui se fait (de travers) partout ailleurs. Nous en sommes là... et ça risque de durer!

 

 

(1) Il existe un domaine qui n'a aucun rapport avec la liturgie mais qui permet de comprendre la question du remplacement du "normal" par l' "anormal". C'est celui du nazisme.

Hannah Arendt montre que durant la Seconde Guerre Mondiale, la dénonciation et le massacre des Juifs ne furent pas que l'oeuvre de malades et de fanatiques, mais aussi

de gens "ordinaires" qui, après avoir été déresponsabilisés par le système nazi exposé avec une désarmante logique dans Mein Kampf, ont participé à la Shoah avec le sentiment

que ce qu'ils faisaient était "normal". Ce phénomène est aussi expliqué par Edward S. Herman. Selon lui, les choses les plus épouvantables finissent par être

considérées comme légitimes si elles sont accomplies dans un contexte donnant l'impression d'être logique. En liturgie, par exemple, il est "logique" de vouloir la participation des fidèles;

donc, il devient "légitime", aux yeux de certains, de supprimer le latin et le grégorien que pourtant l'Eglise a demandé de conserver. Ici, la "logique de participation" défendue par certains acteurs

de la pastorale ne prend pas en compte certains paramètres liturgiques, théologiques et sociologiques qui seraient en faveur du latin et du grégorien.


(2) Dans les années 1970-80 circulait dans les séminaires diocésains et les paroisses un slogan qui disait :

"Il faut multiplier les innovations en liturgie: quand elles seront généralisées, à Rome on sera bien obligé de les accepter."

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