C’était il y a 50 ans. Le concile Vatican II n’était pas encore achevé qu’on entendait nos évêques de France annoncer que nous allions assister à un grand réveil de la foi grâce à une liturgie renouvelée (Cf. Lettre pastorale de l’épiscopat français, 14 janvier 1964). Une dizaine d’années plus tard, la liturgie commençait à se fissurer sous les coups de boutoirs de « spécialistes de la pastorale » et la foi ne se réveillait pas. Des bonimenteurs sont alors remontés sur les estrades pour redire au bon peuple des paroisses qu’il devait absolument faire confiance à ceux qui avaient été chargés l’élaborer une pastorale permettant la mise en œuvre de la Constitution « Sacrosanctum Concilium ». Durant les années conciliaires, ils avaient chanté et fait chanter « Vers toi, Terre promise » ; près d’un demi-siècle plus tard, ils faisaient encore chanter « Peuple qui marchait dans la longue nuit » et aussi « Peuple de Dieu, marche joyeux »... Tout un programme ! Ne fallait-il pas persuader le « peuple » de « marcher joyeux » dans la « longue nuit » ?

 

 

 

 

modernismeCinquante ans après Vatican II, on continue à nous annoncer un renouveau de l’Eglise en France grâce à la mise en œuvre de liturgies festives qui ne sauraient manquer de soulever l’enthousiasme des fidèles. C’est toujours la même chanson. Ce que nos pasteurs ne voient pas et ne veulent pas comprendre c’est que ces liturgies qu’ils prétendent « conciliaires » - alors qu’elles ne le sont pas - ne suscitent l’enthousiasme que de leurs courtisans désormais groupés dans des « équipes », cependant que les fidèles, oubliés de leurs pasteurs, continuent à patauger dans les marécages de célébrations dominicales généralement plus bourbeuses les unes que les autres. Nostalgie ? Rancœur de la part de ceux qui désertent les églises ? Inquiétude, plutôt. Inquiétude lorsqu’ils constatent que le renouveau liturgique voulu par le Concile a été partout transformé en un grand saccage qui ne permet plus la célébration de la foi reçue des Apôtres. Alors il devient légitime de poser cette question : quand donc nos pasteurs comprendront-ils qu’ils n’aiguillonneront la foi des fidèles qu’en leur communiquant la vérité dont la liturgie héritée de l’Eglise est porteuse, et non en lui exposant des mirages ?

 

 

En France, l’Eglise, par la faute du clergé post-conciliaire, est ankylosée par une crise profonde dont les symptômes les plus marquants sont la chute des vocations, le regroupement des « paroisses en secteurs paroissiaux », la baisse de la pratique dominicale, la création d’ « équipes d’animation pastorale » réunissant des laïcs choisis en raison de leur défaut de sens ecclésial, la question du mouvement lefebvriste. Il n’est donc pas interdit de penser, en voyant cette situation, que des diocèses entiers, des paroisses entières seront de plus en plus confrontés à des tensions difficiles à apaiser, à des situations dont il deviendra impossible de s’extraire sans dommages. Dans un tel contexte, nos évêques ne pourront plus se contenter de diriger les diocèses en flattant des groupes où se retrouvent des baptisés donnant d’avantage de crédit aux opinions de tel leader - qu’il soit plutôt « progressiste » ou plutôt « traditionaliste » - qu’aux enseignements de l’Eglise. Les membres de notre épiscopat en ont-ils conscience ? Sont-ils préparés intellectuellement et spirituellement à reprendre le contrôle de la situation ? Ils le disent ; ils le prétendent. Mais quand on voit les décisions qu’ils prennent et les discours qu’ils tiennent, on en vient rapidement à douter de leurs capacités à changer les choses. Car pour maîtriser la situation, les belles déclarations, les bons mots, les sourires charmeurs, les célébrations dites « festives » et les « synodes diocésains » ne suffisent plus : celui qui accepte d’être à la tête d’un diocèse doit maintenant passer aux actes.

 

 

Depuis Vatican II, les fidèles ont ouvert les yeux : ils ont compris que les promesses à elles seules n’ont jamais réglé quoi que ce soit ; ils ont compris que les jeux de rôles et les simulacres consistant à célébrer correctement la forme « extraordinaire » de la liturgie et à massacrer la forme « ordinaire », à être en costume-cravate dans son diocèse et en soutane devant le Pape, ne tiennent plus. Les fidèles l’ont d’ailleurs fait comprendre : alors qu’ils n’assistent plus aux messes paroissiales se voulant racoleuses, ils étaient venus en nombre à la messe priante et silencieuse célébrée par Benoît XVI à Paris. Les vrais fidèles, ceux à propos desquels certains évêques osent dire qu’ils pratiquent une religion passéiste, sont désormais partagés entre scepticisme et espoir. Mais leur espoir diminue à mesure qu’ils voient que rien ne change dans leurs paroisses, dans leurs diocèses. Certes, un évêque nouvellement nommé peut corriger le tir et renouveler les bases de la pastorale. Mais à la condition qu’il ne se contente pas de jouer sur le registre de la séduction ; à la condition aussi qu’il se mette rapidement au travail et obtienne des résultats.

 

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