On parle beaucoup ces derniers temps du schisme lefebvriste. Certes, ce schisme est un drame pour l’Eglise. Pour autant, il n’a pas une grande répercussion à l’échelon mondial. Il existe un autre risque de schisme. On en parle peu alors qu’il aurait, s’il se produisait, des conséquences nettement plus tragiques car il toucherait directement de nombreux diocèses et impliquerait de très nombreux fidèles en terre de « vieille chrétienté » :

 

 

Ce schisme-là est rampant depuis des années dans toutes les paroisses, ceux qui en seraient les principaux initiateurs étant les fidèles qui se sont sans cesse prévalu du Concile pour faire exactement le contraire de ce que le Concile demandait de faire et qui ont été nommés par les évêques et les curés pour contrôler et diriger les structures diocésaines et paroissiales. En France, ces fidèles ont désormais toute latitude pour torpiller l’Eglise de l’intérieur. Et ce avec d’autant plus de facilité qu’ils n’ont plus en face d’eux qu’un épiscopat terne et des communautés paroissiales composées de fidèles formatés (à coups de cantiques et de messes-bazars) pour accueillir tout ce qu’on leur fait passer pour « conciliaire » mais qui ne l’est pas. Ceux qui ont le pouvoir dans les diocèses et les « unités paroissiales » nouvellement créées n’invitent jamais les fidèles « de la base » à se révolter contre l’Eglise. Mais - c’est beaucoup plus pernicieux - ils organisent des sessions de formations où les « bons cathos » qui pratiquent encore seront invités à « s’interroger ». C’est-à-dire, en réalité, à faire une relecture orientée des enseignements pontificaux puis, ceci étant fait, à jeter le discrédit sur les rares évêques et prêtres mettant en application les enseignements du Pape et des conciles... y compris Vatican II. 

 

Cette révolte prend aujourd’hui un tour nouveau, comme le montrent les créations d’associations de fidèles - prêtres et laïcs - où l’on ne craint plus de revendiquer une Eglise « démocratique et accueillante », c’est-à-dire une Eglise composée d’un magma de communautés ectoplasmiques où chacun serait invité à célébrer une vague idée de Dieu et où les dogmes seraient remplacés par des opinions interchangeables. Au cours d’une récente interview, le Cardinal autrichien Christoph Schönborn a déclaré que le risque d’un tel schisme est désormais à nos portes. Il sera le résultat de la trahison des clercs longuement mûrie ajoutée au suivisme de fidèles qu'on aura préalablement égarés à coups de catéchèses vides et de liturgies infantilisantes.

commentaires

A Z 30/03/2014 19:31


Bonsoir et merci,


Tout d'abord, je vous remercie vivement d'avoir bien voulu de mon mesage et d'avoir bien voulu y répondre ; il n'est pas très facile, et il est peut-être même de plus en plus difficile, de
disposer d'espaces d'expression, pour préciser ou rappeler ce que j'ai essayé de formuler, en direction de votre site ; merci beaucoup. 


Ensuite, je précise ma position sur un point ; c'est probablement une question d'appréciation personnelle, mais vraiment il me semble qu'en termes de défense et de promotion de Dominus Iesus,
compte tenu de la banalisation et de la légitimation de la vision des choses que vous et moi dénonçons, ce qui a été fait "à temps", notamment par Jean-Paul II et par Benoît XVI, et que vous
rappelez à juste titre, n'a pas autant été fait "à contre-temps", ou, si vous préférez, aurait vraiment dû pouvoir être fait davantage "à contre-temps", y compris par Jean-Paul II et par Benoît
XVI.


Je le dis avec d'autant plus de respect filial que j'ai par ailleurs beaucoup d'estime pour ces deux Papes et pour leurs pontificats respectifs ; ils nous laissent un Magistère absolument
exceptionnel, sur un grand nombre de sujets.


Cela étant écrit, je ne dis pas qu'il est facile d'aller à contre-courant, notamment et surtout dans le domaine évoqué, y compris en s'opposant à bien des évêques et à bien des théologiens, même
quand on est un Souverain pontife.


Vous et moi sommes probablement sans illusions : la crise que nous subissons et traversons est encore plus grave que la crise moderniste des années 1983-1914 ; elle nécessite donc non seulement
toute un Magistère, toute une pédagogie, mais aussi des sanctions synonymes de savantage d'autorité et de discipline.


Le devoir, familial, m'appelle, mais dès que j'en aurai le temps, je m'efforcerai de vous adresser d'autres messages, uniquement dans les domaines qui relèvent de mes compétences toutes
relatives, notamment en théologie fondamentale.


D'ici là, je vous remercie encore une fois et vous souhaite une excellente continuation.


A Z

Admin 31/03/2014 21:13



Je suis peut-être moins pessimiste que vous sur "l'état" de notre Eglise car je pense que vous avez une vision trop "européano-centrée" de la crise. L'Histoire de l'Eglise a rencontré des
périodes beaucoup plus sombres et chaotiques que celles que nous vivons actuellement. Comprenez moi bien : je ne cherche absolument pas à relativiser les graves problèmes (et vous en avez la
preuve avec mes articles) mais depuis que je suis tombé sur ce texte de Bernanos, je suis profondèment convaincu que la souffrance et la recherche quotidienne de la
sainteté sont beaucoup plus efficaces que la révolte systématique (attention, je ne pense pas et n'affirme pas que cela vous concerne... et encore une fois, cela ne veut pas dire qu'il ne faille
pas "dire" les choses face aux multiples scandales... mais attention à ne pas sombrer dans le même piège de désespérance qu'un Luther ou qu'un Mgr Lefebvre).


 


Je comprends mieux votre position, mais outre Dominus Iesus, de nombreux documents doctrinaux sont tout de même venus plusieurs fois à "contre-temps". Certes, les sujets n'étaient peut-être pas
les mêmes (moins "christologiques"), mais en plein Mai 68 , Humanae Vitae est publiée (et à cette époque, il fallait du courage, croyez moi). Paul VI a subi un véritable martyre. Par la suite,
Jean-Paul II et Benoît XVI le subirons aussi ce martyre, via Persona Humana, Donum Vitae, Evangelium Vitae, Veritatis Splendor, etc. Je partagerais votre opinion mais seulement sur le "terrain"
des paroisses, pas du tout au niveau du Magistère en tant que tel. Le véritable drame, c'est que la plupart des évêques, des prêtres, et bien évidemment des laïcs, n'ont pas le courage et/ou la
volonté de relayer et de faire appliquer les directives romaines, qu'elle soient liturgiques, morales ou doctrinales. 


 


N'hésitez pas à intervenir ou à critiquer certains articles.


Les commentaires de "qualité" sont toujours intéressants.


Bien cordialement.



A Z 30/03/2014 14:37


Bonjour, 


Je réagis à votre texte intitulé "le risque d'un schisme progressiste".


1. Ce schisme n'est pas un mythe, mais une réalité ; il est avant tout philosophique et théologique, a donné naissance à la théologie et à la pastorale partisanes et promotrices du pluralisme
religieux, et s'est produit entre le milieu et la fin des années 1980, presque en même temps que le schisme intégriste, mais pas par les mêmes moyens, ni pour les mêmes raisons.


2. Dans le cadre de ce schisme, on considère en gros


- qu'il n'y a pas une différence de nature, mais seulement des différences de degré, entre la religion chrétienne et les autres religions ou traditions,  


- que toutes les religions ou traditions sont également légitimes, non seulement sous l'angle juridique, mais aussi sous l'angle religieux lui-même,


- qu'une expression telle que "le seul vrai Dieu : Père, Fils, Esprit" n'était valable que dans un contexte ecclésial historique particulier, est contre-produtive, car constitutive d'un manque
 de charité, envers les croyants non chrétiens, et est de toute façon dépassée, grâce aux avancées les plus récentes de la théologie.


3. On peut très bien respecter, en tout cas, en apparence, les fondamentaux dogmatiques et liturgiques inhérents au christianisme catholique, et, en même temps, souvent accepter, sinon toujours
approuver, les idées théologiques et les actions pastorales qui découlent de l'adhésion consensuelle et sympathique à ce schisme.


4. On ne peut résister soi-même, et exhorter les autres à résister, face à ce schisme, qu'en précisant ou en rappelant que la reconnaissance de la liberté religieuse n'a de sens


- que s'il y a mise en avant et valeur de la nécessaire articulation entre l'autonomie de la personne humaine et l'autorité de la parole divine,


- que si elle est équilibrée par la reconnaissance de la vérité OBJECTIVE en matière religieuse,


- que si elle est identique à la reconnaissance de la liberté RESPONSABLE en matière religieuse,


- que si elle est clairement distinguée de, donc opposée à, la LICENCE en matière religieuse. 


4. Cette articulation entre autonomie de la personne humaine et autorité de la parole divine, cet équilibre entre liberté subjective et vérité objective en matière religieuse, cette identité
entre liberté religieuse et liberté responsable en matière religieuse, cette opposition entre liberté religieuse et licence en matière religieuse, de nombreux théologiens, de nombreux évêques, ne
veulent plus en parler, ni en entendre parler, notamment et surtout à la suite de ce schisme progressiste, qui est un schisme interne à l'Eglise catholique elle-même.


5. Faites donc connaître et comprendre, sur votre site et autour de vous, le document Dominus Iesus, que même Jean-Paul II et le (futur) Pape Benoît XVI n'ont pas osé faire connaître et
comprendre à temps et à contre-temps, entre 2000 et 2012, et vous contribuerez ainsi à combattre et à faire combattre ce schisme progressiste, allié objectif de l'introduction du relativisme en
matière religieuse au sein même de l'Eglise catholique, sous couvert, d'inspiration quasiment fidéiste, de respect de toutes les sensibilités religieuses, sapientielles ou spirituelles.


6. Croyez-moi, la résistance active face à la disctature du relativisme en matière morale qui sévit dans le monde, aussi difficile soit-elle, sera toujours moins difficile que la résistance face
à l'hégémonie du relativisme en matière religieuse qui sévit au sein même de l'Eglise, notamment et surtout depuis ce schisme progressiste, qui date de 25 à 30 ans.   


Entre autres ouvrages fondateurs de ce schisme progressiste et qui ont été publiés autour du milieu des années 1980, on peut citer "Le christianisme et les religions du monde" de Hans KUNG, mais
je vous renvoie également aux ouvrages plus récents du jésuite Jacques DUPUIS et du dominicain Claude GEFFRE.


Bonne continuation.


A Z

Admin 30/03/2014 16:32



Merci pour votre commentaire intéressant. Je le partage globalement.


 


Par contre, affirmer que Jean-Paul II et Benoît XVI n'aient pas osé faire connaître et/ou comprendre Dominus
Iesus est à mon avis gravement diffamatoire. Qu'est-ce qui vous permet d'affirmer une telle contre-vérité ? C'est à la demande de Jean-Paul II lui-même que le Cardinal
Ratzinger a rédigé Dominus Iesus, preuve que Jean-Paul II avait vraiment dans son coeur la publication de cette déclaration doctrinale.


 


Après la publication de Dominus Iesus, Jean-Paul II soutiendra pleinement ce texte malgré les critiques virulente des théologiens relativistes. Toujours à cause des critiques, le
Cardinal Ratzinger donnera plusieurs conférences et explications de ce texte dans divers lieux. Il y a peu de temps, un livre vient même de sortir (je ne l'ai pas encore lu mais un passage
concernant Dominus Iesus est paru sur ce site) avec des précisions du Pape émérite Benoît XVI qui confirme que Jean-Paul II approuvait et défendait pleinement ce texte. 


 


De plus, les multiples condamnations de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi de Küng et de Dupuis sont aussi une preuve supplémentaire que Ratzinger et Jean-Paul II ont osé combattre les
interprétations hérétiques de la doctrine catholique. Que ce texte ne soit pas défendu pas certains évêques et prêtres contaminés par le relativisme, nous sommes d'accord. Mais accuser Jean-Paul
II et Benoît XVi de ne pas l'avoir défendu est selon moi, à preuve du contraire, gravement erroné. 


 


Pour finir, il y a énormément de liens et d'articles publiés sur ce blog pour défendre Dominus Iesus.


Je pense par exemple au discours intégral du Cardinal Amato paru en 2008 : VOIR CE LIEN.



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