panneau-70.jpegQue se passe-t-il aujourd'hui dans les paroisses ? Une équipe paroissiale, constituée de personnes dont la compétence est inversement proportionnelle à la bonne volonté, a pris le pouvoir et gère intégralement la vie paroissiale. Catéchisme, agenda du prêtre, relations avec l’extérieur, accueil des personnes, préparation au mariage ou au baptême, célébration des funérailles, préparation des messes, service de l’autel et lectures... Tout passe par des laïcs. Dans certaines paroisses, le prêtre est désormais comme un invité, toléré parce qu’on ne peut le remplacer comme « distributeur de sacrements », sacrements qui deviennent d’ailleurs moins importants que l’ « autocélébration » des laïcs en responsabilité. Cette situation est dramatique, parce que le prêtre passe au second plan et que les paroisses sont devenues le champ d’investissement de personnes sans aucune légitimité. Qu’on pense aux funérailles : la plupart de nos concitoyens, même parmi ceux qui ont cessé toute pratique religieuse, font un dernier passage par l’église à l’heure de la mort. La célébration des funérailles n’est pas, en soi, un sacrement. Ce qui constitue le sacrement, c’est la célébration du sacrifice eucharistique offert pour le défunt. La cérémonie des funérailles est normalement l’occasion de prier pour le défunt, mais aussi et surtout de rappeler qu’à l’heure de la mort, chacun d’entre nous est confronté à la vision intégrale de sa propre existence, au jugement par lui-même de sa vie et de l’amour qu’il a donné aux autres. Une telle célébration est donc le moment au cours duquel l’Eglise rappelle la notion des fins dernières, la responsabilité de l’homme pécheur et la miséricorde divine. C’est le rôle du prêtre que de rappeler ces vérités. Or, face à la pénurie de prêtres, des laïcs - souvent encouragés et nommés par les évêques - ont commencé à « animer » la célébration des obsèques. La plupart en ont fait une sorte de « show » ouvert à toutes les lubies des familles, une sorte de célébration de la vie du défunt accompagnée de textes profanes, de chansons contemporaines, d’allusions sinon païennes, au moins non chrétiennes, de déclarations douteuses... le tout dans une ambiance oscillant entre le spectacle télévisé et la mièvrerie larmoyante. Le plus grave est que ces laïcs accomplissent à présent des gestes qui prêtent à confusion avec le rôle du prêtre : encensements, absoute, utilisation d’ornements fantaisistes, communion. Plus grave encore : les prêtres ont été peu à peu exclus de ces célébrations, au point qu’il leur est nécessaire parfois de négocier pour célébrer eux-mêmes les funérailles... quand la règle imposée dans le diocèse ne leur interdit pas purement et simplement de célébrer. Dans certains diocèses, en effet, on est allé jusqu’à interdire officiellement la célébration des obsèques par un prêtre, y compris pour celles d’un confrère ! Ne marche-t-on pas sur la tête ? Autre exemple : celui des synodes diocésains qui se multiplient ces dernières années. Il s’agit de réunir les « laïcs engagés » pour les faire réfléchir aux orientations du diocèse et leur faire prendre des décisions que l’évêque avalisera ensuite.


http://img.over-blog.com/227x180/0/21/41/34/2009/vieillesse.jpgQuelle est la légitimité de tels rassemblements qui laissent penser à ceux qui y participent que l’Eglise est une démocratie dont les lois sont votées par la base ? C’est ainsi que des synodes sont réunis à seule fin de faire voter par le « peuple de Dieu » ce que l’évêque à d’ores et déjà décidé de promulguer, par exemple le fait de confier des paroisses à des laïcs. A l’occasion de ces rassemblements, dont les « délégués » sont soigneusement sélectionnés parmi les plus activistes des fidèles, des revendications éculées ressortent régulièrement : mariage des prêtres ou ordinations d’hommes mariés, assouplissement de la discipline sacramentelle à l’égard des divorcés-remariés, institution de ministères laïcs dotés de larges responsabilités, etc. Et l’organisation paroissiale en est profondément remaniée pour imposer aux curés une structure artificielle et laïcisée dont les décisions devront avoir force de loi dans la paroisse. Ce qui est notable dans cet envahissement par les laïcs de la vie ecclésiale, c’est l’âge avancé de ceux-ci. Pour la plupart il s’agit de gens retraités, voire très âgés, qui s’accrochent désespérément à une interprétation datant d’une quarantaine d’années des textes conciliaires, dont ils n’ont jamais lu une ligne, au nom de « l’esprit du Concile ». Pas un jeune prêtre, pas un jeune laïc, pas un responsable de mouvement d’évangélisation. Mais uniquement des personnes à la tête d’ectoplasmes tels que l’Action Catholique Ouvrière (ACO) ou la Jeunesse Ouvrière Chrétienne (JOC). C'est-à-dire le passé, les représentants d’une époque heureusement révolue. Que ces gens ne représentent plus qu’eux-mêmes est une évidence. Mais il n’empêche que leur omniprésence au sein de structures diocésaines lourdement inutiles provoque une dépense de temps et d’énergie qui serait sans doute mieux employée à évangéliser, à susciter des vocations religieuses, à visiter les malades, à enseigner la doctrine de l’Eglise.

 

Pendant ce temps, l’Eglise aura perdu des années d’apostolat utile et des centaines de milliers de ces fidèles qui s’en vont sur la pointe des pieds, comme le reconnaissent ces contestataires d’un âge avancé, non parce que l’Eglise refuse de céder aux sirènes relativistes, mais bien parce qu’elle n’est pas assez présente pour élever les âmes et combler le vide d’existences abruties par le matérialisme ambiant. Il faut y penser. L’athéisme pratique de nos contemporains prend aussi sa source dans cette usurpation de fonctions.

commentaires

antoine 12/02/2016 12:08

Auriez-vous des idées pour lutter contre ces mamis et papis kt kermesse (ce terme est magnifiquement bien trouvé)?

Revenu à la foi catholique il y a 4 ans vers la confirmation, je peux témoigner que les laïcs sont un véritable repoussoir à l'Eglise. Ils racontent n'importe quoi, quand on propose son aide ou implication dans la vie paroissiale, on est jeté directement.
Quand on jeûne vraiment pour mercredi des cendres, elles te sortent un sous-entendu que ce n'est pas un vrai jeûne, que le leur est un vrai, que ça doit venir du coeur, sans blague! Quand je parle du jeûne pour Carême, tous ces papis me sortent les mêmes fadaises sur ne pas prendre de chocolat, TOUS, on dirait des robots! Et ceux qui te disent ça sont limite obèses, t'as envie de leur dire, qu'un vrai jeûne te ferait pas de mal.

Et leur choix de chants, au secours! j'étais dans l'équipe liturgique, pas moyen d'avoir un chant en latin, c'est des robots... la SSVP de la paroisse répond ni au téléphone ni aux mails...

Zero évangélisation, et plutôt une Pu***n de brocante annuelle, c'est ça l'animation, ça c'est important!

Sérieusement, que faire dans ces cas-là? écrire à l'évêque, au prêtre?

Admin 12/02/2016 14:15

Conformément au Code de Droit Canonique N°212§ 2, n'hésitez pas à faire part de vos "besoins spirituels" et de "vos souhaits" à votre prêtre ou bien à l'évêque du lieu.

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