Dans les diocèses de France se vit un catholicisme qui est souvent très loin d'être "romain", c'est-à-dire manifestation de l'existence d'un lien étroit qui unit chaque communauté locale au Siège apostolique. De plus en plus apparaît une "Eglise de France" qui tend à faire perdre de vue que l' "Eglise en France" ne peut être que l' "Eglise de Rome". L' "Eglise de France" se singularise dans sa manière originale de traiter la liturgie romaine et par sa façon particulière d'habiller son clergé. L' "Eglise de France" vit de moins en moins au rythme de l' "Eglise de Rome". Elle préfère vivoter à son rythme grâce à des compromis permanents : compromis avec l'Eglise romaine d'abord, mais aussi compromis entre des vrais "catholiques romains" qui attendent en vain de pouvoir participer à la vraie "liturgie romaine" et des vrais "catholiques non-romains" qui s'emploient à adapter la liturgie romaine aux spécificités de cette mosaïque de communautés locales qui composent l' "Eglise de France".

 

 

 

 

Quand ils vont au Vatican, les "catholiques non-romains" de France acceptent de participer à la "liturgie romaine" que célèbre le pape : ils sont ouverts et tolérants et les messes qu'ils voient à Saint-Pierre font en quelque sorte partie du "folklore" local, un peu comme les Gardes suisses. Mais dès qu'ils sont de retour chez eux, dans leurs paroisses françaises, ces "catholiques non-romains" reprennent leurs vieilles habitudes "hexagonales" : le latin, le grégorien, les soutanes, les chasubles, l'encens... retrouvent illico presto les placards de sacristies d'où ils ne ressortiront qu'à l'occasion d'un voyage du pape dans notre pays ou d'une visite ad limina de nos évêques. En-dehors de ces rares occasions de faire "acte de romanité", le catholicisme "à la française" doit s'employer à ne regarder que de loin ce qui vient de la Ville éternelle. Même ce que dit le pape - cet évêque dont le diocèse est nettement plus petit en surface que le plus petit des diocèses de France - doit être tenu pour un simple avis qui ne saurait engager l' "Eglise de France".Une bonne partie des catholiques français s'est déconnectée de Rome à force d'avoir suivi, écouté et imité des pasteurs et des théologiens qui se sont employés à présenter Vatican II comme un concile obligeant à rompre avec une Eglise devant être considérée comme définitivement dépassée. C'est ce qui fait que depuis des années, rien de ce qu'enseigne Rome ne trouve d'écho dans les paroisses de France, à quelques exceptions près. Dans les meilleurs des cas, le dimanche, certaines messes prennent quelques "allures romaines"... mais ne respectent toujours pas les règles de la liturgie romaine. C'est une façon de donner le change. Dans telle paroisse, par exemple, le célébrant a réintroduit l'usage d'une clochette au moment de l'Elévation... mais il continue à changer quelques mots par-ci par-là dans la Prière eucharistique. Dans telle autre paroisse, on a réintroduit du grégorien... mais le prêtre ne revêt pas de chasuble et c'est une dame qui, sans réelle raison, aide le célébrant à distribuer la communion. Chacun fait un peu ce qu'il veut, mais personne fait exactement ce que l' "Eglise catholique romaine" demande de faire. C'est ça, le catholicisme "à la française" : c'est une manière de pratiquer l'adaptation permanente en liturgie, en catéchèse, en doctrine... afin que jamais rien ne puisse clairement apparaître comme ça doit être. On est un peu dans la situation d'un Alsacien qui dirait à ami un Italien : "Elles sont vraiment excellentes, tes pizzas... mais je les trouverais plus à mon goût si tu acceptais de remplacer les anchois par de la saucisse de Strasbourg."

 

Ainsi sont les "catholiques non-romains" de l' "Eglise de France". Ils constituent une Eglise constituée de micro-communautés disparates que les évêques s'emploient à conserver dans une unité de façade. Et pour que ce semblant d'unité puisse continuer à faire illusion sans déranger trop de monde, il est nécessaire de surmultiplier, dans les paroisses et les diocèses, les bureaux, équipes, commissions... qui en arrivent souvent à distraire les fidèles de l'essentiel. Le "catholique romain", lui, cherche à dépasser les structures de l'Eglise locale, de la communauté locale : il tourne son regard vers Rome parce que c'est là qu'est Pierre et que c'est par Pierre que l'Eglise acquiert sont caractère authentiquement "catholique", c'est-à-dire "universel". Certes, lorsque nous récitons le Credo, nous disons que nous croyons à l' "Eglise une, sainte, catholique et apostolique" et nous n'ajoutons pas "romaine". Mais c'est justement parce l'Eglise ne peut être une, sainte, catholique et apostolique que dans la mesure où elle est romaine, c'est-à-dire enracinée dans ce lieu où Pierre et ses successeurs ont reçu le titre d'évêque qui faisait de chacun d'eux un dépositaire de l'autorité reçue du Christ et le garant de l'unité. Les fidèles de l' "Eglise de France" ne pourront mériter le titre de "catholiques" que lorsqu'ils auront (re)pris conscience qu'ils aussi "romains", c'est-à-dire attachés affectivement au Souverain Pontife et capables de prouver cet attachement en abandonnant leur particularismes qui entravent la croissance ou le retour de la vraie foi.

 

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