http://img.over-blog.com/262x320/0/21/41/34/liturgie/pretreeucharistie.pngDans les façons actuelles de célébrer l’Eucharistie, autrement dit de traiter la Liturgie de l’Église soit en la respectant soit en cherchant à l’adapter, se retrouve finalement le problème de l’objectif et du subjectif. Quand je dis : « Je crois en Dieu », j’ai deux façons de comprendre la formule. Si je suis catholique, je mets l’accent sur « Dieu » qui est l’objet de ma foi. Si je suis protestant, je mets l’accent sur « je crois » qui est le sujet qui affirme sa foi. Au cours des messes paroissiales actuelles, cette opposition réapparaît. Le catholique soutient qu’il y a mystère, qu’il y a sacrement (c’est-à-dire « signe » d’une réalité qui ne dépend pas de lui), que le Christ est présent ex opere operato, c’est-à-dire par le fait que l’action liturgique a été correctement accomplie au nom de l’Église. Le protestant soutiendra que le Christ est présent ex opere operantis, c’est-à-dire grâce à la conviction et la piété des fidèles qui participent à la réalisation de la célébration. Du côté catholique, l’essentiel est l’objet de la célébration et le sujet passe au second plan; du côté protestant, c’est le sujet qui a toute l’importance ; c’est par lui que l’objet à du sens. Du côte catholique, l’objet ne dépend pas du sujet : même s’il n’y a personne dans une église, dans le tabernacle demeure le Seigneur ; Il n’a pas besoin que quelqu’un soit présent et croit en Lui pour être là : sa Présence est « réelle » et indépendante du point de vue du fidèle. Rien de tel dans le protestantisme où la présence Seigneur n’est, finalement, qu’une création de l’imaginaire collectif stimulé par la foi de chacun des membres d’une assemblée. Pourtant, au chapitre VI de l’Evangile selon S. Jean, il est bien écrit : « Ma chair est vraiment nourriture. Mon sang est vraiment breuvage. » L’Evangéliste ne laisse entendre que le pain et le vin ne sont la chair et le sang du Christ que pour ceux qui veulent bien y croire. Le Christ nous enseigne donc que l’Eucharistie est donc bien une réalité objective.

 

 

De nos jours, principalement à cause de la généralisation des messes célébrées « face au peuple » et de la disparition du latin, on voit des prêtres qui, à l’autel, s’obligent à afficher des airs visant à montrer qu’ils sont convaincus de ce qu’ils font ; certains disent les oraisons de la Liturgie en insistant sur certains mots qui leur semblent plus importants que d'autres; d’autres disent la prière eucharistique en balayant du regard les membres de l’assemblée comme pour chercher leur assentiment ou montrer à tous qu'ils sont convaincus de bien tenir leur rôle. Ces gestes et ces attitudes qui procèdent d’une absence de neutralité et s’ajoutent à des cantiques populaires qui ne mettent l’accent que sur « le peuple » - c’est-à-dire, dans l’esprit des fidèles, sur la communauté rassemblée - ainsi qu'à la réception de la communion debout et dans les mains, tendent à faire croire que la Liturgie de l’Église n’a de valeur, de sens et d’efficacité que si le célébrant, à l’autel, se montre convaincu de ce qu’il fait et que si l’assemblée, dans la nef (ou parfois même autour de l’autel !), cautionne le « jeu » emphatique du célébrant, accepte ses manières affectées par lesquelles il tâche de mettre en relief l’authenticité de ses sentiments censés garantir la présence du Christ. On est alors dans une vision protestante de l’Eucharistie : comme au temps de la réforme luthérienne, les éléments de la Liturgie sont globalement conservés, mais ils sont été revêtus d’un sens nouveau qui n’est plus conforme à la doctrine, à la foi catholique sur l’Eucharistie. Faire croire que le sens de la Liturgie puisse venir d'une survalorisation des acteurs de la célébration est l'erreur la plus grave qui a cours dans nos paroisses. Que faire alors ?

 

 

D’abord veiller à ce que, dans les célébrations, n’apparaissent jamais les composantes affectives ou émotionnelles de ceux qui sont chargés de la mettre la Liturgie en œuvre. Comment ? En évitant les cantiques dont les mélodies sont doucereuses et dont les paroles ne jouent que sur la corde des sentiments ; en exigeant des célébrants qu’ils portent les vêtements liturgiques prescrits qui permettent d’estomper les aspérités physiques et psychologiques d’une nature humaine qui n’a pas à s’exprimer dans un acte et un moment où ne doit avoir d’importance que la nature divine du Seigneur présent ; en veillant à ce que les rites soient fidèlement accomplis d’une façon aussi digne que neutre ; en rétablissant, dès qu’on peut le faire, l’usage du chant grégorien et de la célébration versus orientem. Si l’on veut que la Messe demeure ou redevienne ce "sursum corda" capable d’introduire les fidèles dans la foi objective et non dans de simples sentiments religieux subjectifs, alors il faut veiller à ce que ceux qui participent à l’Eucharistie ne soient plus livrés à l’arbitraire des célébrants, à leurs manies, à leurs idées et parfois même à leurs propres blessures; il faut veiller à ce que toute célébration liturgique soit enveloppée du silence qui permet de s’ouvrir à l'action de Dieu ; il faut veiller à donner la plus grande importance à la participation intérieure ; il faut veiller à évacuer du sanctuaire tout ce qui, par la théâtralisation des célébrations ou l’ajout d’éléments étrangers à la liturgie (banderoles, panneaux, dessins d’enfants… etc.), conduit à l'auto-célébration des assemblées et à une survalorisation du célébrant.

 

 

Les fidèles qui se rendent à l’église ont envie d’avoir un cœur à cœur avec le Christ réellement, objectivement présent ; ils ne se déplacent pas pour voir un célébrant qui donne un tour subjectif à la foi en parasitant la Liturgie avec d’interminables interventions sans intérêt. En Liturgie, la subjectivité ne peut exister que dans la réponse personnelle que chaque fidèle est en droit de donner à l’objectivité de la célébration de la foi.

 

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