En lisant ce qui se dit sur certains sites traditionalistes où s'expriment des inconditionnels de la forme "extraordinaire" du rite romain, on constate que beaucoup d'internautes font la même erreur que les évêques de France pour arriver cependant à des conclusions opposées. Cette erreur consiste à affirmer que les liturgies qui sont célébrées dans nos paroisses sont un fruit du concile Vatican II ; sont le résultat d'une bonne application de la réforme de la liturgie. Les conclusions qu'en tirent les traditionalistes et les évêques sont cependant opposées : pour les premiers, ces liturgies-là sont horribles, inacceptables (et ils ont tout à fait raison !) ; pour les seconds, elles sont un progrès, une façon de faire qu'il ne faut surtout pas changer, disait le Cardinal Ricard à ses prêtres au lendemain de la publication de Summorum pontificum.

 

 

Nous le savons (et les Souverains Pontifes, de Paul VI à Benoît XVI, dans des contextes très différents, l'ont tous dit, rappelé, crié presque) : les liturgies célébrées dans nos paroisses et même dans nos cathédrales, ne sont pas un fruit du Concile. Nous ne ferons pas ici la longue liste des documents magistériels où il est dit que les évêques doivent mettre un terme aux "abus" liturgiques qui blessent les fidèles et doivent impérativement veiller à ce que le missel romain (forme ordinaire) soit fidèlement suivi. Mais les traditionalistes, comme les évêques, ne citent jamais ces textes... D'où la question : de quoi parlent-ils lorsqu'ils parlent de liturgie ? Les traditionalistes et les évêques de France ont encore un autre point commun : ils se disent fidèles au pape (on voit même, sur certains sites internet "tradis" des pétitions visant à soutenir Benoît XVI); ils prient pour le pape et avec le pape, et ne manquent jamais une occasion de le citer... mais c'est toujours à une condition : que ce que dit le pape ne les engage pas à changer leur point de vue sur les questions liturgiques. Ainsi, quand les traditionalistes entendent Benoît XVI leur dire que la liturgie romaine peut être librement célébrée sous sa forme extraordinaire, ils applaudissent; quand ils entendent le même Benoît XVI leur rappeler qu'il ne saurait être question de refuser Vatican II, ils grognent... Même chose pour nos évêques : accepter le Concile, oui. Mais rectifier dans les diocèses ce qui se fait abusivement sous couvert du Concile, non. Sur un site internet, un inconditionnel de la forme extraordinaire de la liturgie écrit encore que « la liturgie actuelle, avec son côté "je sers le plus raffiné des Champagnes dans des verres en plastique" (...) correspondrait bien évidemment au Tiers-Etat, avec son côté vulgaire et son absence d'histoire (...) ». La liturgie actuelle aurait donc, selon cet internaute, un "côté vulgaire". Très franchement, sont-elles "vulgaires" les messes célébrées par Benoît XVI, par les moines de Solesmes, de Kergonan, de Saint-Joseph de Clairval, d'Heiligenkreuz ? Non. Or il s'agit bien là de la liturgie restaurée à la suite de Vatican, strictement célébrée selon le missel romain dit "de Paul VI" ! Peut-on dire qu'elle est "vulgaire" cette liturgie "conciliaire"... quand elle n'est pas célébrée par des prêtres qui veulent à tout prix la rendre "vulgaire" ? On répondra que les exemples donnés ici sont des exceptions. Non ! Ce ne sont pas des exceptions, mais des modèles : des modèles qui mériteraient d'être suivis partout, à commencer dans nos cathédrales où l'on ne peut pas dire (à quelques exceptions près) que les enseignements du Concile et du missel qui est issu soient respectés. D'autre part, en affirmant sans arrêt que le rite romain restauré à la suite de Vatican II est une "nouveauté", les "traditionalistes" donnent la preuve du peu de lumières qu'ils ont en matière de liturgie. Non seulement les Souverains Pontifes ont tous affirmé que "la réforme liturgique est strictement traditionnelle ad normam Sanctorum Patrum", mais en plus il suffit d'étudier les Ordines romani les plus anciens pour constater que la liturgie eucharistique du VIIIè siècle diffère très peu de la forme ordinaire de la liturgie romaine, laquelle, quand elle est respectée, diffère très peu de la forme extraordinaire - comme l'a fait remarquer le Cardinal Ratzinger lui-même -.

 

Pour sortir de l'imbroglio liturgique actuel, il serait donc nécessaire que les "traditionalistes" et les évêques de France se réunissent autour d'une même table et disent très précisément ce qu'ils entendent lorsqu'ils parlent de la "liturgie conciliaire". Si pour eux il s'agit de ce qui se fait dans la majorité des paroisses, alors nous devons leur dire qu'ils se trompent, qu'ils nous trompent, et qu'ils entretiennent un dialogue de sourds. Car pour nous, la liturgie voulue par le Concile n'est pas celle que l'on célèbre habituellement dans les paroisses : elle est plutôt celle qui est faite de dignité et de tenue, celle qui n'est pas concélébrée par des prêtres qui revêtent des chemises de nuit pour se presser maladroitement autour d'un autel réduit à une caisse, celle qui échappe au diktat des équipes liturgiques, celle dans laquelle tous les textes sont respectés (y compris ceux du Propre !), celle où le célébrant se fait oublier, celle où le chant grégorien tient la première place... Tout ce qui se fait aujourd'hui sans tenir compte de ces "principes" élémentaires ne représente pas la liturgie actuelle : ce n'est que de la mauvaise imitation, un "truc" sans intérêt dont il ne faut en aucun cas tenir compte sinon pour le critiquer et - comme l'a demandé Jean-Paul II - le refuser.

 

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