Quels sont les évêques de France et les curés de paroisses qui savent célébrer la forme « ordinaire » du rite romain ? Ils sont nombreux à savoir la déformer, la falsifier, la trahir... mais à savoir la célébrer dignement et fidèlement, ils ne sont pas légions. Cette forme « ordinaire », existe bien... mais uniquement dans certains monastères ou dans quelques paroisses où un prêtre courageux ose refuser les excentricités qu’aimerait imposer l’équipe liturgique locale ou le vicaire épiscopal. En dehors de ces cas, très peu de clercs connaissent la forme « ordinaire » du rite romain et savent la célébrer. Pourtant, c’est bien cette « forme » que le pape Benoît XVI a qualifiée de « normale » (cf. Lettre aux évêques accompagnant le Motu proprio « Summorum Pontificum »), laissant clairement entendre que tous les fidèles devraient pouvoir la trouver dans toutes leurs paroisses. Pourquoi nos évêques et nos curés ne connaissent-ils pas cette « forme » ? Réponse : tout simplement parce qu’on ne la leur a jamais apprise. 

 

 

 

 

priestDu temps où les prêtres d’aujourd’hui étaient dans les séminaires diocésains, la forme « ordinaire » de la liturgie romaine était purement et simplement interdite et il était obligatoire de ne pas suivre le missel romain. Les directeurs de séminaires et les professeurs de théologie obligeaient ceux qui se préparaient à la prêtrise à imaginer jour après jour de nouvelles façons de célébrer la liturgie : tout était permis, du moment que ce n’était pas dans le missel romain... Le séminariste qui aurait eu l’idée de demander à un célébrant de respecter le missel était certain de ne jamais être ordonné prêtre : son amour de la liturgie de l’Eglise était le signe qu’il ferait incontestablement un très mauvais prêtre. Car pour pouvoir être diacre, puis prêtre - et éventuellement évêque par la suite - il fallait se montrer apte à proposer les liturgies les plus excentriques. Au demeurant, le séminariste jugé un peu trop « classique » sur le plan liturgique était envoyé en stage dans la paroisse réputée la plus « progressiste » du diocèse. Là, un curé en col roulé l’obligeait à participer aux célébrations eucharistiques les plus « déjantées » qui soient. Pour le séminariste, c’était (pour dire les choses de façon triviale) « marche ou crève », la seconde solution étant celle qu’espérait le supérieur du séminaire. La plupart de ceux qui sont actuellement nos prêtres, nos évêques, nos vicaires épiscopaux, nos responsables diocésains de la liturgie... n’ont donc jamais bénéficié de la moindre formation liturgique. Ils ne peuvent donc pas célébrer la forme « ordinaire » du rite romain : non seulement ils ne la connaissent pas mais, en plus, il est pour eux logique que cette forme ne doive pas être célébrée et ne puisse pas être célébrée telle qu’elle est donnée dans le missel, telle qu’elle est transmise par l’Eglise. Les fidèles laïcs ont donc actuellement affaire à des prêtres auxquels on a appris à ne concevoir la forme « ordinaire » que trafiquée, adaptée, désacralisée... C’est ainsi qu’ils ont appris à la célébrer ; c’est ainsi qu’ils imaginent qu’elle doit être pour se révéler « pastoralement efficace ». C’est aussi pour cela que très souvent, dans les paroisses, les discussions sur la liturgie entre le fidèle laïc qui y connaît quelque chose et le curé qui n’y connaît rien tournent rapidement au vinaigre. Même chose pour ce qui concerne les discussions avec le « père-évêque ».

 

La liturgie romaine restaurée à la suite de Vatican II n’a donc d’existence que dans l’imagination de nos prêtres, de nos évêques : ces derniers sont persuadés qu’ils la célèbrent alors qu’en réalité ils ne célèbrent que son image déformée et ne savent donner aux fidèles qu’une mauvaise caricature. Dès lors, quand ces mêmes prêtres autorisent que soit célébrée la forme « extraordinaire » du rite romain, c’est le plus souvent pour confiner dans des chapelles les fidèles trop attachés à la liturgie et pour ainsi se libérer de l’obligation de corriger les abus qu’eux-mêmes introduisent dans la forme « ordinaire ». Ne nous y trompons pas : leur générosité à l’égard des fidèles attachés au missel du Bx Jean XXIII procède le plus souvent d’intérêts qui n’ont rien à voir avec le respect de la liturgie et encore moins avec la « réforme de la réforme » voulue par Benoît XVI. Nous sommes bien, en France, dans une situation de totale confusion : des prêtres (pas tous, heureusement !) qui n’y connaissent rien en liturgie célèbrent la forme « extraordinaire » du rite romain en employant, par la force des choses, le latin et le grégorien qu’on leur a appris à haïr du temps où ils étaient au séminaire, et ils continuent dans le même temps à massacrer la forme « ordinaire » comme on leur a appris à le faire. Ils versent ainsi dans une totale incohérence liturgique qu’ils entretiennent et qui ne semble pas les déranger outre mesure : messe « de S. Pie V » au maître-autel à 9 heures, et messe « de l’équipe liturgique » sur une table à 10.30 heures ; chasuble « en boîte à violon » et calice en or à 9 heures et « aube Prénatal » et vaisselle en terre cuite à 10.30 heures... Où est la crédibilité du célébrant dans tout ça ?

 

Il semble désormais admis, dans le monde ecclésiastique français qui n’a aucune formation liturgique et apparemment très peu le sens de la dignité, que si la forme « extraordinaire » doit être célébrée en respectant le missel du Bx. Jean XXIII, la forme « ordinaire », elle, doit obligatoirement se pratiquer de la manière la plus diverse qui soit, en y introduisant des habitudes, des fantaisies et des formules qui n’ont jamais été voulue par le Concile et qui ne sont pas dans le missel romain actuel. On fait donc les choses totalement de travers et la forme « extraordinaire », au lieu d’aider au redressement de la forme « ordinaire », comme le souhaite Benoît XVI, se transforme en alibi employé par une majorité de célébrants pour faire perdurer les excentricités qu’on voit dans la quasi totalité des messes actuelles : « Oh ! Mais je suis encore très capable de célébrer la messe tridentine de mon enfance », clamait dans une sacristie un vicaire épiscopal qui, à l’occasion de Confirmations, se préparait à célébrer une messe avec des croûtons de pain dans une corbeille en osier. Voilà qui en dit long ! L’absence de formation liturgique du clergé français continue à faire dériver les célébrations dominicales aux antipodes des objectifs poursuivis par le Concile et par le Motu proprio « Summorum pontificum » de Benoît XVI. Lequel de nos évêques aura le courage de redresser la barre ? Peut-être Mgr Aillet qui, très conscient du problème, a déclaré en 2009 : « Il faut que nous soyons très attentifs à la formation liturgique et qu'elle nous permette de nous approprier l’esprit de la liturgie. De ce fait les futurs prêtres doivent bénéficier d’une formation très attentive et qui inclut dans le cursus lui-même la liturgie comme une discipline prioritaire. Et cela pour la simple raison qu'elle doit être « la source et le sommet de la vie de l'Eglise ». Il s'agit de former à une vie liturgique qui soit donnée au sein même du séminaire. (...) Il n'a pas été fait assez de la liturgie le lieu d'une expérience de la foi. C'est une expérience concrète du Mystère de la foi. C'est ce vaste champ qui s'ouvre devant nous. »

 

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