« Les raisons qui mènent à la désobéissance aux normes de la liturgie sont multiples. Parmi elles, retenons une méconnaissance de l’histoire et de la signification théologique du rite, l’obsession de la nouveauté, la défiance dans la capacité de parler à l’homme par l’intermédiaire de signes et surtout le manque de confiance dans l’efficacité du sacrement qui reçoit de Dieu le pouvoir de faire ce qu’il signifie. Nombre d’observateurs considèrent que les abus trouvent leur source dans les imperfections du missel romain lui-même, amplifiées par la position du prêtre qui est tourné vers le peuple du début à la fin de la messe, par les traductions déficientes des textes liturgiques et la conviction que l’usage de la langue courante suffit à rendre la messe plus facilement compréhensible. La transgression, l’inobservance et les fréquents changements des normes liturgiques se succèdent en raison de la méconnaissance et des caprices personnels dans l’interprétation des normes liturgiques. Ces violations sont justifiées par des « raisons pastorales », un terme passe-partout qui recouvre tous les abus et désarçonne les fidèles. Il n’est, bien souvent, plus question de savoir ce que sont les rubriques mais comment elles devraient être interprétées. Des mouvements et des groupes introduisent de nouvelles pratiques afin de « rénover » la liturgie. Bien souvent, celles-ci se limitent aux divertissements et au spectacle et empêchent le recueillement dans l’écoute du mystère et l’action de grâce. Un certain nombre d’évêques considèrent que le comportement des dicastères du Saint-Siège est ambigu puisqu’il affirme d’un côté des normes universelles mais permet de l’autre à un certain nombre de mouvements de célébrer d’une manière différente. Les fidèles regrettent les très larges différences qui peuvent exister dans un même diocèse entre une église et une autre. Ils se demandent si le rite romain, avec ses caractéristiques propres, existe encore. (...) La crise de l’après-Concile a tellement enraciné les abus, qu’un certain nombre en est venu à croire qu’ils font partie de la réforme voulue par le Concile. (...) Les plaies qui affectent la liturgie semblent toujours plus graves : inflation incontrôlées des commentaires qui deviennent des micro-homélies ; réduction à la portion congrue de la liturgie eucharistique ; diffusion du personnalisme liturgique et manipulation des rites par les célébrants ; substitution des rites et des textes liturgiques, en particulier des lectures bibliques, afin de « personnaliser » la liturgie et de la rendre plus « signifiante » ; ministres extraordinaires de la communion qui deviennent ordinaires et remplacent le célébrant dans à peu près toutes ses fonctions ; communion en self-service des laïcs ; prédications qui posent des choix politiques au point de déconcerter les fidèles ; récitation partielle ou même totale de la prières eucharistique par les fidèles ; missionnaires européens qui, au nom de l’inculturation, imposent des usages européens dans les pays de mission ou au contraire des usages missionnaires en Europe ; usage arbitraire des vêtements liturgiques : chasuble sans étole, étole sans chasuble, étole sur la chasuble, étole sous la chasuble, étole sur et sous la chasuble, célébration sans chasuble et sans étole, etc. Les évêques ne devraient pas tolérer de tels abus. (...) » 

 

Cf. Mgr Nicola Bux, La foi au risque des liturgies, éd. Artège, 2011

Mgr Bux est Consulteur de la Congrégation pour le Culte divin,

Professeur de liturgie à l’Institut de théologie de Bari, Consulteur

au Bureau des célébrations liturgiques du Souverain Pontife

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