hippycatholicism« Tout prit feu en quelques heures en ce printemps qui invitait déjà aux vacances. La révolte des étudiants grondait en Allemagne et aux Etats-Unis et les échos de leurs revendications agitaient les esprits à Strasbourg et Nanterre. Bientôt le Paris de la Sorbonne se mit de la partie, sous les bannières réunies de Marx et Mao dont le petit livre rouge faisait fureur depuis quelques mois. Le mois de mai s'embrasait et la fièvre contestataire gagnait tout le pays, très spécialement dans le monde des étudiants et collégiens. Je ne m'étends pas sur des événements qui ont défrayé la chronique et qui appartiennent à la mythologie de la France révolutionnaire. La province ne fut pas en reste : les facultés se transformèrent en forums politiques ivres de discours utopiques et de rêves éveillés. Les adultes paniqués à l'idée de manquer le train de la modernité, se ruèrent à ces assemblées pour y faire acte de repentance au souvenir de leurs positions réactionnaires en matière de morale et de politique. Je fus étonné de constater combien il est difficile de résister à des courants idéologiques d'une telle ampleur; combien aussi il semble héroïque de tenir la barre à contre-courant de flots impétueux qui emportent tout sur leur passage. Pêle-mêle les flots vont charriant idées, images et cris : le tout sur fond de sciences humaines et de slogans libertaires. "Les maîtres du soupçon" occupent le terrain et leurs ouvrages font la une des titres à la mode. Marx, Freud et Nietzsche : trinité devant laquelle chacun s'incline avec la dévotion des néophytes. Ces trois-là régneront longtemps dans les esprits et deviendront point de passage obligé, sinon uniques, pour les étudiants soucieux d'initiation philosophique... Y compris dans les séminaires ! »

 

(…)

 

« Je demeure fasciné et apeuré par ce qui se déroule et qui nous parvient par le canal des médias. J'entends les discours hallucinés des "révolutionnaires en peau de lapin" qui pérorent dans la cour de la Sorbonne sous le portrait géant des dieux de l'heure. Je constate la fragilité du clergé prêt à épouser des causes généreuses mais minées de l'intérieur par des courants issus de l'athéisme, voire du nihilisme. Je rejette de toute mon âme cette propagande qui impose la figure christique de Che Guevara et précipite toute une jeunesse dans une prétendue "liberté sexuelle" qui nous coûtera cher. (...) J'ai eu souvent l'occasion de citer un petit livre rédigé à la hâte mais qui a le mérite d'expliquer très bien comment "casser la baraque". Ce manifeste du parfait maoïste ecclésial (c'est ainsi que je l'ai intitulé) indique la recette à suivre : appliquer l'onde de choc destructive sur l'axe sacramentel de l'Eglise, très spécialement sur le sacrement de l'ordre et, pour cela, contester vigoureusement le célibat sacerdotal. La recette sera appliquée avec soin ! (...) Et déjà s'amorçait le départ de ceux qui quittaient "le bateau ivre". La presse accueillait leur témoignage; la télévision leur ouvrait ses studios. Le peuple des fidèles écarquillait les yeux, et en silence, vivait la honte et le scandale de ce raz de marée inattendu. On n'a pas assez mesuré le redoutable impact de ces attitudes dites "prophétiques" sur le peuple de Dieu. Une des causes importantes de la crise des vocations dont nous ne sommes pas sortis, près de quarante ans plus tard ».

 

Extrait d’ « un Evêque français entre crise et renouveau de l'Eglise »,

par Mgr Maurice Gaidon - Editions de l'Emmanuel - Année 2007

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