D’après certains, le « Motu proprio » du Pape Benoît XVI « Summorum Pontificum » risquerait de créer un « problème », parce que l’ecclésiologie présente dans l’ancien Missel serait « incompatible » avec celle qui est née du Concile Vatican II. Essayons d’étudier le bien fondé de ces thèses, en nous servant du Canon Romain, la Prière Eucharistique qui se trouve aussi dans le nouveau Missel. Le prêtre s’y adresse avant tout au Père et présente l’offrande « pour la Sainte Eglise Catholique », afin qu’elle soit réunie dans l’unité - comme on le dit aussi dans la « Didaché » - et pour qu’Il la guide par l’intermédiaire du Pape, de l’Evêque, de la communauté dans laquelle on célèbre l’Eucharistie, et « de tous ceux qui conservent la foi catholique transmise par les Apôtres ». Ce sont là les célèbres diptyques qui prouvent l’existence de la communion dans l’Eglise. Dans le même temps, on rappelle au Père ceux qui sont présents à la célébration et ceux qui l’offrent : « Nous t’offrons pour eux et ils t’offrent pour eux-mêmes », c’est-à-dire le sacerdoce ordonné et le sacerdoce commun. En second lieu, on déclare que la Messe est célébrée en communion avec Marie et avec les Saints, l’Eglise céleste, en demandant leur intercession. En troisième lieu, on demande à Dieu : « la puissance de Ta bénédiction », pour que les dons soient consacrés : l’expression se réfère au Saint-Esprit.

 

D’après les études, le Canon Romain, dans son noyau, serait antérieur à la définition du Concile de Constantinople. D’ailleurs, une autre Prière Eucharistique ancienne également, l’anaphore copte de Sérapion, contient une épiclèse au Verbe. Retournons au Canon Romain : après la Consécration, on fait mémoire au Père de son Fils et de son Mystère pascal, en offrant son Corps et son Sang comme sacrifice agréable, préfiguré par celui d’Abel, d’Abraham et de Melchisédech ; on demande que l’offrande, de l’autel de la terre, arrive sur l’autel du Ciel. Puis vient l’intercession pour les défunts, l’Eglise qui se purifie, et la prière pour l’Eglise terrestre et qui célèbre en ce lieu. La grande prière se termine par la glorification trinitaire et par l’Amen des fidèles. De cette prière, qui dose avec sagesse la foi personnelle et la foi communautaire, se dégage une ecclésiologie trinitaire, c’est-à-dire de communion qui descend du Ciel, avec les traits de l’unité et de la sainteté de la catholicité et de l’apostolicité. La prière fait, à un moment, mémoire de Jésus-Christ et de son mystère, et en attend la venue dans l’aujourd’hui liturgique et au jugement final. Une prière essentielle d’adoration.

 

A présent, la crise qui a touché la liturgie est due au fait que, au centre, bien souvent, il n’y a plus Dieu, ni l’adoration de Dieu, mais les hommes, la communauté ; ainsi, comme le déclarait J.B. Metz : « La crise de Dieu est bloquée au plan ecclésiologique ». Providentiellement, le Concile Vatican II a approuvé comme premier Document la Constitution sur la Liturgie, parce que « Au début il y a l’adoration, et donc Dieu [...] L’Eglise dérive de l’adoration, de la mission de glorifier Dieu » (J. Ratzinger, l’Ecclesiologia della Costituzione ‘Lumen Gentium’, in : La communione nelle Chiesa, Cinisello, B. 2004, p. 132). C’est là l’ecclésiologie du Concile qui, au-delà des accentuations historiques, est la même depuis deux millénaires dans l’Eglise Catholique. La crise de la liturgie commence quand elle n’est pas conçue et vécue comme adoration de la Trinité en Jésus-Christ, et comme célébration de toute l’Eglise Catholique et non d’une communauté particulière, dont les Evêques et les prêtres sont les ministres, c’est-à-dire des serviteurs et non pas des patrons. Les lamentations incessantes de certains liturgistes sur le manque de réalisation de la réforme et les expédients pour la rendre attrayante, indiquent que l’on a perdu l’esprit de la liturgie, en la réduisant à une auto célébration de la communauté particulière. Combien d’exemples de relativisme liturgique (faussement caché sous le nom de créativité) sont chaque jour sous les yeux de tous : l’Eucharistie est la première à avoir fait les frais d’une idée d’Eglise non catholique. A quelle ecclésiologie se réfèrent ceux qui veulent prétendent affirmer l’incompatibilité du Missel du Bienheureux Jean XXIII avec la situation ecclésiale actuelle ? Craindre deux ecclésiologies différentes est une erreur grave : cela veut dire considérer le Concile Vatican II comme moment de rupture avec la tradition catholique, comme l’a indiqué le Pape Benoît XVI dans son discours pour les 40° anniversaire de la clôture du Concile Vatican II. Le Missel Romain de Saint Pie V et du Bienheureux Jean XXIII, héritier des antiques Sacramentaires et des Missels médiévaux, tout comme le Missel de Paul VI, est l’expression de l’unique « lex credendi et orandi » qui donne la primauté au rapport de l’Eglise et de chaque fidèle avec Dieu. C’est la seule et unique ecclésiologie qui puisse se dire catholique.

 

Fides

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