Il est un point sur lequel tout le monde peut tomber d’accord : telle qu’elle est actuellement mise en œuvre dans les paroisses, la liturgie est devenue une activité où l’arbitraire a remplacé la norme. La question est à présent de savoir s’il faut continuer dans cette voie où le discrétionnaire se taille la part belle pour défigurer les célébrations ou s’il faut s’employer à corriger tout ce qui pousse la liturgie à dériver loin, parfois même très loin, de ce que le Concile a voulu. Il n’est aucun fidèle catholique - du moins peut-on l’espérer - qui souhaite la désagrégation de la liturgie. Tout fidèle souhaite que la liturgie soit correctement célébrée. Le problème actuel vient de ce que plus personne n’est d’accord sur le sens de l’adverbe « correctement ».

 

 

 

Pour simplifier, on peut dire que pour certains, une liturgie est « correctement célébrée » lorsqu’elle plaît à l’assistance ; pour d’autres, c’est quand elle est strictement célébrée selon les rubriques du missel romain qu’elle est « correcte ». On voit donc qu’il y a deux façons pour ainsi dire antinomiques de considérer la liturgie : elles ont un impact direct sur les messes paroissiales et sur la façon dont les fidèles perçoivent la célébration de l’Eucharistie. Ces deux façons sont d’ailleurs assez souvent sources de conflits entre les acteurs des liturgies paroissiales : prêtres, choristes, maîtres de chœurs, équipes liturgiques… et « simples fidèles » qui prennent place dans la nef. Comment, dans ces conditions, faire retrouver le cap à une liturgie qu’on a trop longtemps laissé dériver jusqu’à la faire sortir de la forme que veut lui donner l’Eglise ? Comment faire pour réhabituer les fidèles à accepter cette forme « normale » ? Il est un enseignement de Vatican II qui tient en une phrase et qui, s’il était (enfin) pris en considération et appliqué par l’ensemble des clercs, pourrait devenir la ligne directrice d’une nouvelle pastorale liturgique : « Dans les célébrations liturgiques, chacun, ministre ou fidèle, en s’acquittant de sa fonction, fera seulement et totalement ce qui lui revient en vertu de la nature de la chose et des normes liturgiques. » (Constitution Sacrosanctum Concilium, n.28) « Chacun fera seulement… » Il s’agit de vouloir faire que ce qu’on a à faire et de ne surtout pas vouloir se mêler du reste. « … fera totalement… » Il s’agit de savoir à l’avance ce qu’on a à faire et de le faire intégralement et correctement dès lors qu’on a à sa disposition tout ce qu’il faut pour ce faire. L’improvisation, l’impréparation et la désinvolture sont à bannir avec la plus grande fermeté. « … en vertu de la nature de la chose… » Il s’agit d’admettre que la liturgie est faite d’éléments établis et de signes clairement posés qui, du fait de leur objectivité et de leur complétude sont vecteurs d’un sens objectif qui ne saurait coexister avec des bizarreries ou des singularités. « … des normes liturgiques... » Il s’agit d’admettre que la liturgie obéit à des règles et à des usages donnés par l’Eglise pour garantir que la célébration est bien l’illustration de ce qui constitue la foi catholique et non un reflet des vues subjectives d’un groupe de fidèles ou du célébrant.

 

L’application de cet article 28 de la Constitution conciliaire sur la liturgie pourrait permettre de redonner à la liturgie sa dignité et son unité, ce qui serait un premier pas vers la « réforme de la réforme » souhaitée par de très nombreux fidèles et qui n’est, si l’on suit bien Benoît XVI, ni dans la persistance de l’anarchie actuelle ni dans le retour à la liturgie « tridentine ».

 

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