On se demande souvent pourquoi nos évêques gardent le silence face à des abus liturgiques criants. Comment se fait-il que des évêques puissent se montrer très chatouilleux dès qu'il s'agit du respect dû à leur personne alors qu'ils demeurent indolents quand on leur signale que des prêtres, par leur façon de traiter la liturgie, manquent de respect au Christ-Eucharistie ? Ces deux questions peuvent se résumer en une seule : qu'est ce qui pousse nos évêques à se taire alors qu'il devraient parler ? La réponse a été donnée par le Cardinal Daniélou qui a parlé d'une « terreur intellectuelle et pastorale qui s'est abattue sur l'Eglise de France ». (1) Se pourrait-il que dans nos diocèses on ne soit jamais sorti de cette terreur... si tant est qu'on ait eu un jour envie d'en sortir ? Le Cardinal Garonne également s'était élevé avec beaucoup de lucidité contre « les groupes de pression qui se sont accaparés les postes-clés de l'Eglise et même paralysent les chefs religieux en s'infiltrant dans leurs états-majors ». (2) 

 

 

 

Les exemples de cette infiltration que les marxistes appellent « entrisme » ne manquent pas : le Cardinal Ratzinger y a fait allusion, tout comme Mgr Gaidon. Et notre Association Pro Liturgia se fait régulièrement l'écho de l'impuissance de certains évêques face aux clérocrates diocésains confortablement installés aux postes de commandes. On vient de nous donner une preuve de cette neutralisation des évêques par les groupes de pression. Lorsque Mgr Marcus a quitté le diocèse de Nantes suite à sa nomination à l'archevêché de Toulouse, il a écrit une lettre à M. Maurice Tillie, fondateur-directeur du Choeur Grégorien de Nantes. Dans cette lettre, Mgr Marcus regrettait de ne pas avoir pu respecter la promesse qu'il avait faite: à savoir favoriser, dans le diocèse, la célébration d'une ou de plusieurs messes grégoriennes respectant strictement l'Ordo de la forme ordinaire de la liturgie (Ce qui sous-entendait d'ailleurs que dans le diocèse de Nantes, l'Ordo n'était pas respecté... Mais passons.) Cette simple lettre d'un évêque sur le départ, n'est-ce pas l'aveu que « nos évêques sont pris en otages par des commissions », comme le dénonçait, il y a plus de trente ans, Mgr Rodhain, fondateur du Secours Catholique ? Reste à savoir ce qui pousse certains évêques à nommer à la tête des commissions diocésaines des responsables qui finiront par prendre tous les pouvoirs, y compris ceux de l'évêque lui-même ? Qu'est-ce qui pousse tel évêque à nommer à la tête de la commission diocésaine de liturgie un prêtre réputé pour ses idées avant-gardistes et très peu romaines ? Les évêques seraient-ils si faibles qu'ils n'ont plus aucun moyen d'évincer les promoteurs du sabotage de la liturgie ? Si tel était le cas, cela pourrait expliquer pourquoi tant d'évêques préfèrent s'acharner contre pompiers plus que contre incendiaires. Il est plus facile, en effet, de mettre en cause ceux qui critiquent les célébrations paroissiales défigurées que de reprendre ceux qui, partout où ils passent, anéantissent la liturgie par leurs innovations illicites.Rappelons à ce sujet ce que nous répondait un archevêque auquel nous demandions que soit respectée la liturgie : « Vouloir que la liturgie soit célébrée comme le demande l'Eglise irait contre ce qui se fait habituellement dans nos paroisses ». Ite missa est!

 

 

 (1) Cardinal Daniélou in Fidélité et Ouverture, bulletin des intellectuels catholiques, fondé par Gérard Soulages.
(2) Cardinal Garronne, France Catholique-Ecclesia, n°1573 du 4.2.1977.

commentaires

Widget Vatican.va

Liens (1)

 

 

 

 

 

 

logofc

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 








Dossiers / Synthèses

 


 

http://img.over-blog.com/600x408/0/21/41/34/2010/hippycatholicism-copie-1.jpg

 


 

 


 

 


 

Actualité du livre

 

 

 


 

 

 

 

 

 


 

 

 

Admin / Twitter

oiseau-twitter2.gif

 

 

Depuis janvier 2006,
site administré par de
jeunes laïcs catholiques.
 
 
CONTACT
 

 


 

 
coolpape.jpg