La Liturgie du Vendredi Saintcomporte une prière universelle ponctuée de plusieurs oraisons. Chacune de ces prières est précédée d'une présentation de l'intention. Une des ces oraisons consiste en une prière pour les juifs dont la formulation a connu des modifications successives.
La plus ancienne de ces modifications remonte au VIIIe siècle. Il fut alors décidé de supprimer le temps de prière silencieuse à genoux précédant la récitation de l'oraison.
En 1955, l'agenouillement fut rétabli par Pie XII, à l'occasion de la réforme de la Liturgie de la Semaine Sainte. Cependant, le texte de la prière continuait à employer les expressions "pro perfidis judaeis" et "judaicam perfidiam". Il faut préciser que ces mots n'avaient pas en "latin d'église" le sens de "perfides" et de "perfidie"; ils signifiaient seulement que les juifs étaient "infidèles", c'est-à-dire qu'ils n'adhéraient pas à la foi chrétienne. Cependant, on ne pouvait pas toujours empêcher une interprétation malveillante et anti-juive de ces mots.

 

 

 

A la suite de Vatican II et de la restauration liturgique, la formule fut entièrement refondue. Elle a continué cependant à être employée par les fidèles attachés à la forme extraordinaire de la liturgie romaine puisqu'elle se trouve dans l'ancien missel dit "de Saint Pie V".
Benoît XVI a souhaité la modifier également dans la forme extraordinaire, ce qui n'a pas toujours été apprécié par certains fidèles qui voyaient là une nouvelle attaque contre la Liturgie à laquelle ils étaient attachés. Dans le livre d'entretiens qui paraît ces jours-ci, le Souverain Pontife explique ce qui l'a poussé à changer l'ancienne formule liturgique :
"Dès le premier jour de mes études théologiques, j'ai clairement perçu, en quelque sorte, la profonde unité entre l'Ancienne et la Nouvelle Alliance, entre les deux parties de notre Sainte Écriture. [...] Et puis, bien sûr, ce qui est arrivé sous le Troisième Reich nous a frappés en tant qu'Allemands et nous a encore plus incités à regarder le peuple d'Israël avec humilité, honte et amour. [...]
Il m'a aussi paru nécessaire d'apporter un changement dans l'ancienne liturgie. En effet, la formule était telle qu'elle blessait vraiment les juifs et elle n'exprimait sûrement pas de manière positive la grande, la profonde unité entre l'Ancien et le Nouveau Testament. Voilà pourquoi j'ai pensé qu'une modification de l'ancienne liturgie était nécessaire, en particulier en ce qui concerne notre rapport avec nos amis juifs. Je l'ai modifiée de telle sorte qu'elle contienne notre foi, à savoir que le Christ est le salut de tous. Qu'il n'existe pas deux voies de salut, que le Christ est donc aussi le Sauveur des juifs et pas seulement celui des païens. Mais aussi de telle sorte que l'on ne prie pas directement pour la conversion des juifs au sens missionnaire, mais pour que le Seigneur hâte l'heure historique où nous serons tous unis. C'est pourquoi les arguments utilisés contre moi de façon polémique par un certain nombre de théologiens sont hasardeux et ne rendent pas justice à ce qui a été fait."
Rappelons que l'Eglise est maîtresse de sa liturgie et que cette même Eglise parle par la voix du Successeur de Pierre. Il nous appartient de célébrer la liturgie qui nous est donnée et non la liturgie supposée nous plaire. C'est une question de foi.

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