« Déjà de mon temps, en 1965, à Saint Sulpice, il n'y avait aucune formation liturgique (la seule formation valable était la formation biblique avec le Père Trinquet). Et il en était ainsi dans la majorité des séminaires. (...) 
La situation n'est pas plus brillante à présent. J'ai eu l'occasion de m'en rendre compte en paroisse. Les jeunes prêtres néophytes ne savent rien. Tout fraîchement ordonnés, ils ont encore la foi de l'Eglise, du moins ce qu'on leur a enseigné au séminaire. Dans le domaine de la liturgie, de la célébration de la Messe et de l'administration des Sacrements, ils s'efforcent, de bonne foi, d'exprimer ces embryons de foi qu'on leur a enseignés au Séminaire. Chacun célèbre donc la Messe selon sa propre sensibilité spirituelle, selon sa propre créativité, en s'efforçant par des gestes qui leur sont propres, d'exprimer le Mystère qu'ils célèbrent et qui reste souvent un Mystère purement et simplement. On verra par exemple le prêtre élever l'Hostie et le Calice pendant plusieurs minutes, et rester à genoux plusieurs minutes après avoir reposé Hostie et Calice sur l'autel. C'est leur sentiment, leur sentimentalisme qui règle leur célébration, et non plus les règles liturgiques. Mais ils le font de bonne foi.
Ils célèbrent aussi la Sainte Messe et les Sacrements en suivant la "mode" des "anciens", curés ou confrères plus âgés, pour ne pas "détonner" et être considérés comme "retardataires, préconciliaires". Il faut faire ce que leur Curé leur impose : célébrer la Messe du dimanche en 40 minutes, homélie et Communion comprise, pas de Canon romain. En suivant aussi leurs choix, leurs options personnelles, en célébrant la Messe avec aube et étole simplement, ce qui est pourtant interdit.
Car ils ne connaissent pas la signification des ornements requis pour la liturgie. Il en est de même pour la célébration des autres Sacrements. Ils n'ont certainement pas lu, ou entendu, les paroles du Pape Benoît XVI, lors de la Messe Chrismale de 2007. Ils revêtent les ornements à la sacristie, devenue un "hall de gare", en bavardant, sans penser à ce qu'ils font. Ils montent à l'autel et baisent l'autel machinalement sans se rendre compte de l'importance du geste qu'ils accomplissent. Souvent, ils "baisent" l'autel qui n'est qu'une simple table, du bois...
Prenons l'exemple concret d'un mariage. Tout le monde est habillé pour la fête, en robe, costume et cravate. L'épouse, vêtue de long, accompagnée de son père, entre au son de l'orgue et parmi les fleurs, etc. Et puis, quand tout le monde est là, entre le prêtre. Il sonne la cloche et arrive tout seul, parfois avec son aube courte et sale. Ne montre-t-il pas ainsi de la désinvolture pour cette liturgie? N'avons-nous pas perdu le sens de la dignité de la célébration ?
Que voit-on à présent, ou plutôt, qu'entend-on ? Un brouhaha : des enfants de choeur qui ne se rendent pas compte de ce qu'est le service de l'Autel; des laïcs qui envahissent la sacristie pour parler avec l'un ou avec l'autre, ou avec le célébrant; le célébrant qui, tout en leur répondant, s'habille machinalement, rapidement, comme s'il revêtait une salopette de mécanicien. Quand il n'arrive pas au dernier moment, ce qui l'amène à se vêtir avec plus de hâte encore. Sans parler des prêtres qui arrivent à la dernière minute, "pour concélébrer", en civil bien sûr, en sueur ! Puis le prêtre, les bras ballants, entre dans l'église, salue les fidèles comme le fait un chef d'Etat, monte à l'autel avec désinvolture, sans même penser que c'est l'Autel du Seigneur, l'Autel du Sacrifice, le Tombeau de Jésus-Christ, qu'il représente le Christ en personne. Il baise l'autel en hâte et se dirige, toujours les bras ballants, vers son siège pour commencer le Saint Sacrifice de la Messe.
Le Saint des Saints, Le Sanctuaire, où seuls pénétraient le Grand-Prêtre car c'était là que siégeait Dieu sur les chérubins ! Le Sanctuaire, le "choeur" comme on l'appelait alors, où seuls pénétraient le prêtre et les ministres de l'autel et les servants, est devenu un "lieu public". Nous sommes en pleine désacralisation. Et cela commence par les Ministres ordonnés, par leur attitude désinvolte, par leur manière de célébrer, par les fantaisies liturgiques fruit de leur "créativité", et par bien d'autres choses encore qu'il serait trop long d'énumérer ».

 

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