L’activiste, celui qui veut tout construire par lui-même, est l’opposé de l’étonné. Il restreint le domaine de sa raison propre et perd ainsi de vue le Mystère. Plus on étend en liturgie le domaine des choses que l’on décide et réalise par soi-même, plus on s’y sent à l’étroit. La vraie dimension de la liturgie, son véritable sens ne viennent pas de ce que nous y réalisons nous-mêmes, mais de ce que le culte divin est agencé selon la pensée de l’Eglise qui est proposée à tous. La dimension de la liturgie ne tient pas à ce qui vient de notre volonté et de notre inventivité, mais de ce qui est plus grand que notre cœur : de l’inimaginable et de l’indicible qui s’avancent vers nous. La « réforme liturgique » mise en œuvre par Vatican II et qui était nécessaire n’a jamais consisté à remodeler indéfiniment, à volonté, « notre » liturgie et à l’inventer dimanche après dimanche, mais à démonter nos propre échafaudages - nos habitudes « paraliturgiques » - afin de laisser place, dans les célébrations, à la Lumière très pure qui vient d’En-Haut et qui est la source de toute véritable liberté. La participation à la liturgie ne se fait pas par empilement d’activités, mais par élimination de tout ce qui est secondaire et qui entrave le cheminement conduisant à l’essentiel. Toute célébration liturgique a besoin, pour être accomplie, de règles, de structures, de rites. Tout cela est indispensable ; mais jusqu’à un certain point seulement. Car en vieillissant, en se sclérosant, ces règles, ces structures, ces rites risquent de passer pour primordiaux et de détourner les cœurs de l’essentiel.

 

On a dit plus haut que l’activiste était à l’opposé de l’étonné. Quel est le sens d’une telle opposition ? L’activiste - celui qui pense ne pouvoir se réaliser pleinement que dans l’action - place ses propres activités au-dessus de tout. Ce faisant, il limite son horizon au domaine du « faisable » et ne se complait que dans une liturgie qui doit devenir l’objet de sa propre action. A proprement parler, l’activiste ne voit que des objets ; il n’est plus en mesure de percevoir que qui est plus grand que lui puisqu’une telle perception le contraindrait à mettre une limite à ses activités. L’activiste se construit une prison dans laquelle il s’enferme pour pouvoir protester très fort contre... son enfermement. Bien des activistes nous construisent ainsi des liturgies paroissiales au cours desquelles on fait beaucoup de choses - processions, rondes, collages, coloriages, chants interminables... - mais au sein desquelles l’atmosphère devient vite étouffante, irrespirable. L’étonné, au contraire, proteste contre cet enfermement qui lui interdit toute ouverture sur l’horizon de l’Eternel et de l’Infini : seule une liturgie débouchant sur l’Illimité sera assez vaste pour le cœur de l’étonné. Et cette liturgie-là est celle que nous transmet l’Eglise, laquelle interdit qu’on puisse la remplacer par les insipides succédanés pastoraux imaginés par des activistes.

 

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