Alors que le concile Vatican II - dont nous fêtons le 50e anniversaire - enseignait que « la liturgie est le sommet vers lequel tend l’action de l’Eglise, et en même temps la source d’où découle toute sa vertu » (Const. SL, n°10), alors que le Cardinal Ratzinger se disait « convaincu que la crise de l’Eglise que nous vivons aujourd’hui repose largement sur la désintégration de la liturgie », on constate aujourd’hui que les fidèles catholiques qui pratiquent encore ne connaissent plus rien à la liturgie et sont largement indifférents à la manière dont elle est célébrée. Dans les années qui ont immédiatement suivi Vatican II, on a encouragé et systématisé une façon de traiter la liturgie qui n’avait jamais été envisagée par les pères conciliaires. On a partout et très rapidement célébré la messe « face au peuple » sur des édicules qui permettaient de noyer la liturgie dans les lubies et les minauderies des célébrants ; on a interdit le latin et à peine toléré - dans les meilleurs des cas - quelques pièces grégoriennes ; on a encouragé la désacralisation, la désinvolture, l’approximation, l’improvisation, le bavardage, le bruit ; on a dissimulé les tabernacles, supprimé les tables de communion et les agenouilloirs ; on a transformé les sanctuaires en halls d’accueil au décor minimaliste... Tout ceci a été fait partout, selon des modalités variables, sous la gouvernance d’évêques restés silencieux et de vicaires épiscopaux devenus démolisseurs. Gare au curé qui ne suivait pas le mouvement : il était nommé à un poste où l’on n’entendrait plus parler de lui. Gare au maître de chœur et aux choristes qui ne suivaient pas le mouvement : ils étaient poussés vers la porte de sortie et l'accès à la tribune leur était interdit. Gare aux fidèles qui refusaient cette désacralisation en se réclamant de la « lettre » de Vatican II : ils étaient accusés d’être « rétrogrades » avant d’être soupçonnés d’être « intégristes » et montrés du doigt. Gare au candidat au sacerdoce qui s’opposait aux Directeurs de séminaires qui enseignaient la démolition de la liturgie, ou qui préférait prier à l’abbaye de Solesmes plutôt que militer au sein de la cellule locale d’ACO : il lui était « vivement conseillé » de quitter les lieux au motif qu’il n’avait pas la vocation et que son caractère rebelle ne lui permettrait pas, en tant que prêtre, de « s’intégrer dans la pastorale d’ensemble du diocèse ».

 

Résultat : nous avons aujourd’hui, dans les paroisses, des liturgies qui souffrent d’une désacralisation et d’une approximation généralisée et qui sont célébrées devant des assistances indifférentes par des prêtres n’ayant eu aucune formation solide. (Signalons ici que nous connaissons personnellement trois évêques qui n’ont eu pour toute formation liturgique, en 7 années de séminaire, que le survol de la « Présentation Générale du Missel Romain » la semaine précédant leur ordination sacerdotale...). L’ignorance de ce qu’est fondamentalement la liturgie étant aujourd’hui la chose la mieux partagée dans l’Eglise en France, la situation décrite plus haut à conduit à ce que les fidèles pratiquants se sont mis à accepter ou à tolérer n’importe quel type de célébration... du moment qu’il ne s’agit pas d’une messe célébrée dans le strict respect du Missel romain actuel. Curieusement, les seuls endroits où les fidèles trouvent « normal » que la liturgie soit respectée et éventuellement « intéressant » qu’elle soit célébrée en latin et grégorien, ce sont les monastères... et Saint-Pierre de Rome. Mais lorsqu’on interroge ces mêmes fidèles, on s’aperçoit que pour eux, cette manière « normale » de célébrer n’est qu’optionnelle, liée à des lieux spécifiques ou à des circonstances particulières, mais ne devrait jamais devenir habituelle dans leurs paroisses respectives. Autrement dit : chanter le « Credo » en latin est « normal » à Rome au cours d’une messe célébrée par Benoît XVI, comme il est « normal », dans une paroisse, de remplacer ce même « Credo » par « Je crois en Dieu qui chante et qui fait danser la vie »...

 

La liturgie, dans les paroisses de France - pour ne parler que d’elles - est donc bien dans un état de « désintégration » avancée, pour reprendre l’expression du Cardinal Ratzinger. Mais si l’on poursuit le raisonnement de celui qui était alors à la tête de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, alors il faut dire qu’en acceptant de participer sans s’indigner aux célébrations actuelles hors-normes, on fait en sorte que l’Eglise soit maintenue dans un état permanent de crise.

 

Pro Liturgia

commentaires

Agnès LOZIER 08/02/2015 16:16


Un guide liturgique vient de paraître chez Librim Concept, pour aider les fidèles et les prêtres à retrouver le sens du sacré et la dignité de la liturgie : L'art de célébrer, écrit par
Denis Crouan.


Visible sur www.librim.fr


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