Ratzinger4.jpg« En 1978, au grand ennui de plus d'un liturgiste, j'ai déclaré qu'il n'y avait rien d'obligatoire à réciter le Canon en entier à haute voix. Après mûres réflexions, je maintiens ce point de vue et reprends cette thèse, dans l'espoir que, vingt ans après, elle sera peut-être mieux comprise. Entretemps les liturgistes allemands, dans leur préoccupation à réformer le Missel romain, ont explicitement admis que le Canon, point culminant de la Messe, était en crise. La réforme liturgique a tenté dans un premier temps d'y remédier en inventant constamment de nouvelles prières eucharistiques - avec pour seul résultat de s'enfoncer toujours plus avant dans la banalité. La multiplication des mots n'ajoute rien, c'est devenu par trop évident. Les liturgistes proposent maintenant toutes sortes de remèdes, avec sans doute des éléments dignes d'être pris en considération. Mais, pour autant que j'en puisse juger, ces liturgistes sont toujours réfractaires à la possibilité que le silence lui aussi, que précisément le silence, puisse souder la communauté devant Dieu. Ce n'est certes pas un hasard si très tôt déjà, à Jérusalem, certaines parties du Canon étaient priées en silence, et qu'en Occident la récitation silencieuse du Canon, en partie couverte par le chant méditatif, soit devenue la norme. C'est se rendre la tâche par trop facile que de balayer tout cela comme le résultat de malentendus.

 

Il n'est pas vrai qu'il faille réciter à haute voix l'intégralité de la Prière eucharistique pour obtenir la participation de tous à cet acte central de la messe. 
Voilà ce que je proposais à l'époque : tout d'abord une formation liturgique appropriée, qui permette aux fidèles de comprendre la signification essentielle et l'orientation fondamentale du canon de la messe. Ensuite, le prêtre pourrait prononcer à haute voix les premiers mots des diverses prières, comme point de repère pour l'assemblée, de sorte que chacun puisse s'unir à la récitation silencieuse de la Prière eucharistique, et qu'ainsi la prière liturgique nourrisse la prière personnelle et qu'à son tour la prière personnelle se fonde dans la prière de l'Église. Quiconque a fait l'expérience d'une communauté unie dans la prière silencieuse du Canon sait ce que représente un silence véritable. Là, le silence est à la fois un cri puissant, pénétrant, lancé vers Dieu, et une communion de prière remplie de l'Esprit. Prier ainsi le Canon est un acte commun des fidèles et du prêtre, qui reste cependant étroitement dépendant du ministère du prêtre à l'autel. Saisis par le Christ, guidés par l'Esprit Saint, dans cette prière commune devant le Père, tous sont unis dans le véritable sacrifice -l'amour qui réconcilie et unit Dieu et le monde ». 



 

Cardinal Joseph Ratzinger - L'esprit de la Liturgie, pp. 169-170

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