On savait depuis longtemps que la liturgie n'a jamais été la préoccupation première des évêques de France. Les preuves de leur désintérêt pour ce qu'il y a pourtant de plus important aux yeux de l'Eglise s'ajoutent les unes aux autres.
Avant le Concile, apprendre la liturgie se limitait généralement à apprendre à reproduire correctement des rites sans toujours chercher à en comprendre le sens, l'histoire, la portée.
Après le Concile, il ne fut même plus question d'apprendre ce minimum : la liturgie devait être un chantier permanent et devenir l'objet d'innovations permanentes, surprenantes. "Il faut casser les vieilles habitudes", répétaient les clercs à l'avant-garde du mouvement iconoclaste.

 

 

 

Dans les années 1980, la liturgie a donc cessé d'exister dans l'ensemble des séminaires de France : elle n'a plus été ni enseignée ni célébrée. 
Lorsque des séminaristes se plaignaient à leurs supérieurs de cette situation, on leur expliquait qu'il fallait imaginer des nouvelles façons de célébrer les messes : plus vivantes, plus spontanées, plus incongrues... Et si ces séminaristes persistaient à vouloir montrer un goût trop prononcé pour la liturgie de l'Eglise, ils étaient tout simplement... mis à la porte. Avec la bénédiction de leurs évêques respectifs qui ne voyaient pas l'intérêt d'ordonner des jeunes gens passionnés par les rites au lieu d'être exaltés par le social et la politique... de gauche.
Ne sont donc restés dans les séminaires et n'ont été ordonnés par la suite que des jeunes gens totalement ignorants en matière de liturgie, totalement incapables de comprendre la nécessité de respecter la prière officielle de l'Eglise. Comme l'enseignait alors un éminent professeur de la faculté de théologie de Strasbourg : le missel ne doit être utilisé que par les prêtres en mal d'imagination pour fabriquer des célébrations innovantes... Et pour inviter à innover, on diffusa à grande échelle les "revues d'animation liturgique" où il était proposé de déplacer les autels, de s'asseoir par terre, de remplacer les prières officielles par des textes d'auteurs dans le vent...
La situation était devenue telle dans les séminaires diocésains - la question liturgique venant d'ailleurs s'ajouter à bien d'autres aberrations - que des séminaristes s'employèrent à faire un mémoire qu'il firent directement parvenir au Cardinal Ratzinger que le pape Jean-Paul II venait de nommer à la tête de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. Ultérieurement, la parution de plusieurs ouvrages signés du Cardinal et dans lesquels était abordée la question de la crise liturgique contemporaine, prouva que le message transmis avait été reçu 5 sur 5 et fut d'un grand réconfort autant pour ces séminaristes que pour des prêtres qui tâchaient de respecter le missel malgré les pressions qu'ils avaient à subir. 
Mais, comme on sait, les ouvrages signés du Cardinal Ratzinger ne furent pas du goût des évêques français qui cautionnaient ouvertement la dévastation de la liturgie, soit en gardant le silence devant les aberrations liturgiques qui leur étaient signalées, soit en donnant eux-mêmes le mauvais exemple.
Les choses étaient-elles autrement ailleurs ? L'enseignement de la liturgie était-il mieux assuré hors de nos frontières ? Pas sûr. Même à Rome, au cours des années 1985-90, la liturgie disparaissait des cours dispensés aux futurs prêtres dans les universités. Un prêtre ayant fait ses études de théologie durant ces années-là donne le témoignage suivant :
 « En première année universitaire, on nous apprenait simplement que la décadence de la liturgie avait commencé avec Grégoire-le-Grand et qu'on était (enfin!) sortis du tunnel avec Vatican II. Ce cours était dispensé par un bénédictin sicilien. En deuxième année, un jésuite portugais enseignait que la liturgie est avant tout une catéchèse. Les choses devait en rester là ». 
Plus tard, à Paris, durant les "années Lustiger", il n'y eut plus aucun cours de liturgie au séminaire. Aujourd'hui, il n'y en a pas davantage dans ce qu'il reste des séminaires français. Il n'y a pas non plus de cours de chant, ni de cours de latin. Le grégorien n'est pas enseigné et les principes donnés dans l'Exhortation Sacramentum Caritatis sont tout simplement ignorés...
Quant aux liturgies célébrées dans les paroisses de France, elles sont généralement tellement froides et laides que quelques fidèles (laïcs + clercs mal formés) croient judicieux de combler le vide avec du kitsch. On obtient alors des rassemblements dominicaux de gens plus ou moins égarés qui en arrivent à s'autocélébrer au milieu du bruit, de l'agitation, du verbiage, des gadgets... 
Nos évêques - qui ne bernent plus personne lorsqu'ils se disent attachés au Concile - cautionnent, hélas, de genre de comédies.

 

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