Textes / Mystiques

Vendredi 23 janvier 2009

« A l'âge de treize ans et demi […], elle avait fait vœu de virginité perpétuelle en présence de Dieu et des saints anges, et elle n'avait rien de plus à cœur que de conserver toujours ce beau lys de pureté. Mais le Seigneur lui commanda de prendre l'état du mariage, sans lui découvrir encore qu'elle fut choisie pour être la Mère de Dieu. A cet ordre inattendu elle resta très affligée, mais elle suspendit son jugement, et croyant plus fermement qu'Abraham lui-même, elle espéra contre l'espérance, et se résigna à la divine volonté. Dieu dit en songe à Syméon de chercher un époux pour la fille de Joachim et de rassembler tous les prêtres et les docteurs pour leur exposer que cette enfant était orpheline et qu'elle n'avait aucune volonté de s'engager dans le mariage; mais que la coutume étant qu'aucune fille ne sortit du temple sans s'établir, il était convenable de lui trouver un mari. Le saint vieillard obéit aux ordres divins. Il exposa la chose aux prêtres, qui furent d'avis qu'il fallait prier le Seigneur de leur faire connaître quel était celui qu'il avait choisi pour son époux à cette enfant. Ils fixèrent donc un jour auquel tous les jeunes hommes de la famille de David, qui étaient présents à Jérusalem devaient se rassembler dans le temple; ils choisirent celui où Marie achevait, la quatorzième année de son âge. Syméon voulut alors donner connaissance à la sainte enfant de leur résolution et l'engager à recommander cette affaire au Seigneur. A cette nouvelle elle ressentit une si vive affliction qu'elle serai morte si Dieu ne l'eut fortifiée de sa divine vertu. Il lui donna cet avis neuf jours avant celui qui avait été fixé; en ce temps là, tandis que la Sainte Vierge redoublait ses prières afin que la divine volonté s'accomplit sur elle, le Seigneur lui apparut et lui dit : « Mon épouse et ma colombe, apaisez votre Cœur affligé; je suis attentif à vos désirs et à vos prières, le prêtre sera conduit par ma lumière; je vous donnerai un époux qui ne s'opposera pas à vos désirs, et je vous viendrai en aide avec ma grâce. Je chercherai un homme parfait et selon mon cœur et je le choisirai parmi mes serviteurs; mon pouvoir est infini et il sera toujours avec vous pour votre protection ». Ces paroles du Seigneur apaisèrent le cœur de la pure vierge et elle pria de nouveau le Très-Haut de lui conserver la pureté. Elle s'adressa aussi à ses anges qui la consolèrent par les raisons tirées de la puissance de Dieu et de son amour infini envers elle. Le jour fixé arriva, tous les jeunes hommes de la famille de David s'assemblèrent et Joseph originaire de Nazareth, mais alors habitant à Jérusalem se trouva avec eux. Il était âgé de trente-trois ans, était bien fait de corps, d'un visage agréable et d'une modestie et d'une grâce incomparable. Dès sa douzième année il avait fait vœu de chasteté. Il était parent au troisième degré de la Sainte Vierge. Les prêtres se mirent en prières afin de régler avec l'assistance divine ce qu'il fallait faire. Le Seigneur inspira à Syméon de faire prendre une baguette sèche à chaque prétendant et il leur dit que chacun demandât à Dieu de manifester sa divine volonté. Lorsqu'ils étaient tous en prière, on vit fleurir la baguette que tenait Saint Joseph et voler au-dessus de sa tête une blanche colombe entourée d'une splendeur admirable. En outre Saint Joseph entendit une voix qui lui dit intérieurement : « Joseph mon serviteur, Marie doit être votre épouse, recevez-la avec soin et respect, car elle est agréable à mes yeux, juste, très pure de corps et d'esprit et vous ferez ce qu'elle vous dira ». Sur la déclaration du ciel les prêtres donnèrent la Très Sainte Vierge pour épouse à Saint Joseph, comme choisi de Dieu. Marie baisa la main à Syméon et à Anne sa maîtresse et sortit du Temple avec son époux et quelques serviteurs du saint lieu et ils allèrent ensemble à Nazareth. Arrivés là, les saints époux visitèrent leurs parents et leurs amis ainsi qu'on la pratique dans ces sortes d'occasions et ils se retirèrent enfin à leur maison. Alors la Très Pure Vierge pria les anges de l'assister dans ce premier entretien qu'elle devait avoir seule à seule avec un homme. Ils furent tous présents en forme visible; ils donnèrent une grande force à ses paroles et enflammèrent de charité le cœur de Saint Joseph. Elle fit alors connaître à son époux le vœu de perpétuelle chasteté qu'elle avait fait, le suppliant de l'aider à l'accomplir; Saint Joseph lui découvrit de son côté celui qu'il avait fait à l'âge de douze ans. Le cœur des deux chastes époux fut rempli de consolation en voyant l'œuvre du Seigneur dans la conformité de leurs sentiments; ils renouvelèrent leurs vœux, promirent d'y être fidèles et de s'entraider pour leur perfection. Après ces promesses, ils partagèrent, l'héritage que Saint Joachim et Sainte Anne leur avait laissé, ils en offrirent une part au Temple, l'autre fut réservée pour les pauvres; ils gardèrent la troisième pour leur entretien. Saint Joseph avait appris dans sa jeunesse le métier de charpentier comme un emploi honnête, dans le dessein de gagner sa vie. Il demanda à la Sainte Vierge son épouse, s'il lui serait agréable qu'il exerçât ce métier. La Sainte Vierge y consentit, en l'avertissant que le Seigneur voulait qu'ils fussent pauvres et qu'ils secourussent les pauvres. Elle lui demanda la permission de distribuer des aumônes, ce que le saint époux lui accorda volontiers. Dieu pour augmenter dans Saint Joseph le respect et la vénération qu'il devait à son épouse, voulut qu'elle répandît dans son époux par sa vue et sa présence une crainte respectueuse qui ne peut s'exprimer en paroles. Ces effets résultaient d'une rayonnante splendeur de la divine lumière, unie à une majesté ineffable dont Saint Joseph était pénétré. Le saint mariage fut célébré le huit septembre, Marie ayant quatorze ans accomplis et Saint Joseph trente-trois ».

 

Texte extrait de la Vie Divine de la Très Sainte Vierge Marie, par la Vénérable Maria d'Agreda


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Samedi 29 mars 2008

« Je vis la sainte Vierge peu après son mariage dans la maison de Joseph à Nazareth, où me conduisit mon guide. […] Marie baissa son voile sur son visage et joignit les mains. […] Je la vis prier longtemps ainsi avec ardeur, le visage tourné vers le ciel ; elle invoquait la rédemption, la venue du Roi promis au peuple d'Israël. […] Elle resta longtemps à genoux, ravie en extase ; puis elle pencha la tête sur sa poitrine. Alors, du plafond de la chambre, descendit à sa droite, en ligne un peu oblique, une telle masse de lumière que je fus obligée de me retourner vers la cour où était la porte ; je vis dans cette lumière un jeune homme resplendissant avec des cheveux blonds flottants, descendre devant elle à travers les airs : c'était l'ange Gabriel. Il lui parla, et je vis les paroles sortir de sa bouche comme des lettres de feu ; je les lus et je les entendis. […] Marie tourna le visage de son côté, comme obéissant à un ordre, souleva un peu son voile, et répondit. L'ange parla encore ; Marie releva tout à fait son voile, regarda l'ange, et prononça les paroles sacrées : « Voici la servante du Seigneur, qu'il me soit fait selon votre parole ». La Sainte Vierge était dans un ravissement profond ; la chambre était pleine de lumière, je ne vis plus la lueur de la lampe qui brûlait ; je ne vis plus le plafond de la chambre. Le ciel parut ouvert ; mes regards suivirent au-dessus de l'ange une voie lumineuse ; je vis à l'extrémité de ce fleuve de lumière une figure de la Sainte Trinité : c'était comme un triangle lumineux dont les rayons se pénétraient réciproquement. J'y reconnus ce que l'on ne peut qu'adorer, mais jamais exprimer, Dieu tout-puissant, le Père, le Fils et le Saint Esprit, et cependant un seul Dieu tout-puissant. Quand la Sainte Vierge eut dit : « Qu'il me soit fait selon votre parole », je vis une apparition ailée du Saint Esprit, qui cependant ne ressemblait pas entièrement à la représentation ordinaire sous forme de colombe. La tête avait quelque chose du visage humain ; la lumière se répandait des deux côtés comme des ailes. […] Je vis après cela l'ange disparaître ; la voie lumineuse dont il était sorti se retira : c'était comme si le ciel aspirait et faisait rentrer en lui ce fleuve de lumière. Pendant que je voyais toutes ces choses dans la chambre de Marie, j'eus une impression personnelle d'une nature singulière J'étais dans une angoisse continuelle, comme si l'on m'eût dressé des embûches, et je vis un horrible serpent ramper à travers la maison et les degrés jusqu'à la porte près de laquelle j'étais quand la lumière pénétra la Sainte Vierge ; le monstre était arrivé à la troisième marche. Ce serpent était à peu près de la longueur d'un enfant ; sa tête était large et plate ; il avait à la hauteur de la poitrine deux courtes pattes membraneuses, armées de griffes semblables à des ailes de chauve-souris, sur lesquelles il se traînait. Il était tacheté de diverses couleurs d'un aspect repoussant, et rappelait le serpent du Paradis, mais avec quelque chose de plus difforme et de plus horrible. Quand l'ange disparut de la chambre de la Sainte Vierge, il marcha sur la tête de ce monstre devant la porte, et j'entendis un cri si affreux que j'en frissonnais. Je vis ensuite paraître trois esprits qui frappèrent ce hideux reptile et le chassèrent hors de la maison. Après la disparition de l'ange, je vis la sainte Vierge dans un profond ravissement et toute recueillie en elle-même ; je vis qu'elle connaissait et adorait l'incarnation du Sauveur en elle, où il était comme un petit corps humain lumineux, complètement formé et pourvu de tous ses membres. […] Si Marie devint Sa Mère et s'il ne vint pas plus tôt, c'est qu'elle seule était, ce que jamais créature ne fut avant elle ni après elle, le pur vase de grâce que Dieu avait promis aux hommes, et dans lequel il devait se faire homme, pour payer les dettes de l'humanité au moyen des mérites surabondants de sa Passion. La Sainte Vierge était la fleur parfaitement pure de la race humaine, éclose dans la plénitude des temps. Tous les enfants de Dieu parmi les hommes, tous ceux qui, depuis le commencement, avaient travaillé à l'œuvre de la sanctification, ont contribué à sa venue. Elle était le seul or pur de la terre ; elle seule était la portion pure et sans tache de la chair et du sang de l'humanité tout entière, qui, préparée, épurée, recueillie, consacrée à travers toutes les générations de ses ancêtres, conduite, protégée et fortifiée sous le régime de la loi de Moise, se produisait enfin comme la plénitude de la grâce. Elle était prédestinée dans l'éternité, et elle a paru dans le temps comme Mère de l'Eternel ».

 

Extrait des révélations de la Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich (chapitre 39)


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Jeudi 20 mars 2008

« Je vis la Sainte Vierge en extase continuelle pendant la flagellation de notre divin Rédempteur ; elle vit et souffrit intérieurement avec un amour et une douleur indicibles tout ce que souffrait son fils. Souvent de faibles gémissements sortaient de sa bouche ; ses yeux étaient rouges de larmes. Elle était voilée et étendue dans les bras de Marie d'Héli, sa sœur aînée, qui était déjà vieille et ressemblait beaucoup à Anne, leur Mère. Marie de Cléophas, fille de Marie d'Héli était aussi la et se tenait presque toujours au bras de sa mère. Les saintes amies de Marie et de Jésus étaient voilées, tremblantes de douleur et d'inquiétude, serrées autour de la Sainte Vierge, et poussant de faibles gémissements comme si elles eussent attendu leur propre sentence de mort. Marie avait une longue robe blanche et par-dessus un grand manteau de laine blanche avec un voile d'un blanc approchant du jaune. Madeleine était bouleversée et terrassé par la douleur, ses cheveux étaient épars sous son voile. Lorsque Jésus, après la Flagellation, tomba au pied de la colonne, je vis Claudia Procle, la femme de Pilate, envoyer à la Mère de Dieu de grandes pièces de toile. Je ne sais si elle croyait que Jésus serait délivré et que cette toile serait nécessaire à sa mère pour panser ses blessures, ou si la païenne compatissante savait l'usage auquel la Sainte Vierge emploierait son présent. Marie, revenue à elle, vit son fils tout déchiré conduit par les archers : il essuya ses yeux pleins de sang pour regarder sa mère. Elle étendit les mains vers lui et suivit des yeux la trace sanglante de ses pieds. Je vis bientôt Marie et Madeleine, comme le peuple se portait d'un autre côté, s'approcher de la place où Jésus avait été flagellé : cachées par les autres saintes femmes et par quelques personnes bien intentionnées qui les entouraient elles se prosternèrent à terre près de la colonne, et essuyèrent partout le sang sacré de Jésus avec les linges qu'avait envoyés Claudia Procle. Jean n'était pas en ce moment près des saintes femmes, qui étaient à peu près au nombre de vingt. Le fils de Siméon, celui de Véronique, celui d'Obed, Aram et Themni, neveu d'Arimathie, étaient occupés dans le Temple, pleins de tristesse et d'angoisse. Il était environ neuf heures du matin lorsque finit la flagellation ».

 
Extrait des révélations de la Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich (chapitre 23)

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Jeudi 31 janvier 2008

1er février : «  Comme on approchait du jour où la Sainte Vierge devait présenter son premier-né au temple et le racheter suivant les prescriptions de la loi, tout fut préparé pour que la Sainte Famille pût d'abord aller au temple, puis retourner à Nazareth. […] L'offrande de la Sainte Vierge pour le temple était dans une corbeille suspendue aux flancs de l'âne. Cette corbeille avait trois compartiments, dont deux étaient recouverts et contenaient des fruits. Le troisième formait une cage à jour où l'on voyait deux colombes. […] La Sainte Vierge était toujours en prière et paraissait se préparer pour la cérémonie qui allait avoir lieu. […] Le soir, vers sept heures, j'eus une vision relative au vieux Syméon. […] J'y vis le vieux Siméon agenouillé et ravi en extase pendant sa prière. Un ange lui apparut et l'avertit de remarquer le lendemain matin l'Enfant qui serait présenté le premier, parce que cet Enfant était le Messie, après lequel il avait si longtemps soupiré. Il ajouta qu'il mourrait peu de temps après l'avoir vu. C'était un merveilleux spectacle ; la cellule était brillante de clarté, et le saint vieillard était rayonnant de joie. Je le vis ensuite revenir dans sa demeure et raconter, tout joyeux, à sa femme, ce qui lui avait été annoncé. Quand sa femme fut allée se reposer, je le vis de nouveau se mettre en prière. […] Je vis aussi la prophétesse Anne prier dans sa cellule du temple, et avoir une vision touchant la Présentation de l'Enfant-Jésus.

 
 
 
2 février : Ce matin, avant le jour, je vis la Sainte Famille, accompagnée de ses hôtes, quitter son auberge avec les corbeilles où étaient les offrandes, et se rendre au temple de Jérusalem. Ils entrèrent d'abord dans une cour entourée de mur attenante au temple. Pendant que Saint Joseph et son hôte plaçaient l'âne sous un hangar, la Sainte Vierge fut accueillie très amicalement par une femme âgée, qui la conduisit plus loin par un passage couvert. Elles avaient une lanterne, car il faisait encore sombre. […] La Sainte Vierge fut conduite par la femme qui lui servait de guide jusqu'au vestibule du temple où la Présentation devait avoir lieu. […] Syméon s'approcha alors de la Sainte Vierge, qui tenait dans ses bras l'Enfant-Jésus enveloppé dans une étoffe bleue de ciel et la conduisit par la grille à la table des offrandes, où elle plaça l'enfant dans le berceau. A partir de ce moment, je vis le temple rempli d'une lumière dont rien ne peut rendre l'éclat. Je vis que Dieu y était, et au-dessus de l'Enfant, je vis les cieux ouverts jusqu'au trône de la Très Sainte Trinité. Syméon reconduisit ensuite la Sainte Vierge au lieu où se tenaient les femmes derrière un grillage. Marie portait un vêtement couleur bleu de ciel et un voile blanc ; elle était enveloppée dans un long manteau d'une couleur tirant sur le jaune. Syméon alla ensuite à l'autel fixe, sur lequel étaient placés les vêtements sacerdotaux. Lui et trois autres prêtres s'habillèrent pour la cérémonie. […] Syméon […] placé derrière l'autel, prit l'Enfant-Jésus, l'éleva en l'air en le présentant vers différents côtés du temple et pria longtemps. Il donna ensuite l'enfant […] sur les bras de Marie, et lut des prières dans un rouleau placé près de lui sur un pupitre. […]
 
Quand cette cérémonie fut finie, Syméon vint à l'endroit où se trouvait Marie, reçut d'elle l'Enfant-Jésus, qu'il prit dans ses bras, et, plein d'un joyeux enthousiasme, parla de lui longtemps, et en termes très expressifs. Il remercia Dieu d'avoir accompli sa promesse, et dit, entre autres choses : « C'est maintenant Seigneur, que vous renvoyez votre serviteur en paix selon votre parole ; car mes yeux ont vu votre salut que vous avez préparé devant la face de tous les peuples la lumière qui doit éclairer les nations et glorifier votre peuple d'Israël ». […] Joseph s'était rapproché après la Présentation ; ainsi que Marie, il écouta avec respect les paroles inspirées de Syméon, qui les bénit tous deux, et dit à Marie : « Voici que celui-ci est placé pour la chute et pour la résurrection de plusieurs dans Israël, et comme un signe de contradiction ; un glaive traversera ton âme, afin que ce qu'il y a dans beaucoup de cœurs soit révélé ». Quand le discours de Syméon fut fini, la prophétesse Anne fut aussi inspirée, parla longtemps de l'Enfant-Jésus, et appela sa Mère bienheureuse. […] Marie brillait comme une rose céleste. […] Je vis ensuite la Sainte Vierge, tenant l'enfant dans ses bras, reconduite par Anne et Noémi à la cour où elles l'avaient prise et où elles se firent réciproquement leurs adieux. Joseph y était déjà avec les deux hôtes ; il avait amené l'Ane sur lequel Marie monta avec l'Enfant, et ils partirent aussitôt du temple, traversant Jérusalem en allant dans la direction de Nazareth.
 
Extrait des révélations de la Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich (chapitre 70)

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Mardi 1 janvier 2008
Circoncision du Christ :
« La Sainte Vierge était attristée et inquiète. Elle avait apprêté elle-même les linges destinés à recevoir le sang et à bander la plaie. […] Elle se tenait voilée au fond de la grotte, avec l'Enfant-Jésus sur les bras, le donna à la servante avec les linges. Saint Joseph le reçut des mains de la servante, et le donna à la garde qui était venue avec les prêtres. Celle-ci plaça l'enfant recouvert d'un voile sur la couverture de la pierre octogone. […] Saint Joseph se pencha par-dessus les épaules du prêtre et tint l'enfant par le haut du corps. Deux prêtres s'agenouillèrent à droite et à gauche, tenant chacun un de ses petits pieds : celui qui devait accomplir la cérémonie s'agenouilla devant lui. L'incision se fit. […] Le garde prit alors l'enfant, et, après avoir bandé la plaie, elle lui remit ses langes. Cette fois, on emmaillota aussi ses bras qui étaient libres auparavant, et on roula autour de sa tête le voile dont on l'avait couverte ».
 
 
Le Nom de Jésus :
« L'ange avait dit à Joseph que l'enfant devait s'appeler Jésus. Mais le prêtre d'abord n'agréa pas ce nom, et il se mit en prières à cette occasion. Je vis alors un ange lui apparaître et lui montrer le Nom de Jésus sur un écriteau pareil à celui qui surmonta la croix sur le Calvaire. Je ne sais pas si en effet cet ange fut vu par lui ou par un autre prêtre, mais je le vis tout ému écrire ce nom sur un parchemin, comme poussé par une impulsion d'en haut. L'Enfant-Jésus pleura beaucoup après la cérémonie de la circoncision. Je vis Saint Joseph le reprendre et le mettre dans les bras de la Sainte Vierge qui était restée au fond de la grotte avec deux femmes. Elle le prit en pleurant, se retira dans le coin où était la crèche, s'assit couverte de son voile, et apaisa l'enfant en lui donnant le sein. Saint Joseph lui remit aussi les linges teints de sang. On pria de nouveau et on chanta des cantiques. […] Dans la nuit suivante, je vis l'enfant souvent privé de sommeil par la douleur qu'il ressentit : il pleurait beaucoup. Marie et Joseph le prirent tour à tour sur leurs bras et le portèrent autour de la grotte en essayant de le calmer ».
 
Extrait des révélations de la Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich (chapitre 57)

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Vendredi 21 décembre 2007

« Je vis la lumière qui environnait la Sainte Vierge devenir de plus en plus éclatante. La lueur de la lampe allumée par Joseph n'était plus visible. Marie, sa large robe sans ceinture étalée autour d'elle, était à genoux sur sa couche, le visage tourné vers l'orient. Quand vint l'heure de minuit, elle fut ravie en extase. Je la vis élevée de terre à une certaine hauteur. Elle avait les mains croisées sur la poitrine. La splendeur allait croissant autour d'elle ; tout semblait ressentir une émotion joyeuse, même les êtres inanimés. Le roc qui formait le sol et les parvis de la grotte étaient comme vivants dans la lumière. Mais bientôt je ne vis plus la voûte ; une voie lumineuse, dont l'éclat augmentait sans cesse, allait de Marie jusqu'au plus haut des cieux. Il y avait là un mouvement merveilleux de gloires célestes, qui, s'approchant de plus en plus, se montrèrent distinctement sous la forme de chœurs angéliques. La Sainte Vierge, élevée de terre dans son extase, priait et abaissait ses regards sur son Dieu dont elle était devenue ta mère, et qui, faible enfant nouveau-né, était couché sur la terre devant elle. Je vis notre Sauveur comme un petit enfant lumineux, dont l'éclat éclipsait toute la splendeur environnante, couché sur le tapis devant les genoux de la Sainte Vierge. Il me semblait qu'il était tout petit et grandissait sous mes yeux ; mais tout cela n'était que le rayonnement d'une lumière tellement éblouissante que je ne puis dire comment j'ai pu la voir. La Sainte Vierge resta encore quelque temps dans son extase. Puis, je la vis mettre un linge sur l'enfant, mais elle ne le toucha pas et ne le prit pas encore dans ses bras. Après un certain intervalle, je vis l'Enfant-Jésus se mouvoir et je l'entendis pleurer ; ce fut alors que Marie sembla reprendre l'usage de ses sens. Elle prit l'enfant, l'enveloppa dans le linge dont elle l'avait recouvert et le tint dans ses bras contre sa poitrine. Elle s'assit ensuite, s'enveloppa tout entière avec l'enfant dans son voile, et je crois qu'elle l'allaita. Je vis alors autour d'elle des anges, sous forme humaine, se prosterner devant le nouveau-né et l'adorer. Il s'était bien écoulé une heure depuis la naissance de l'enfant, lorsque Marie appela Saint Joseph, qui priait encore la face contre terre. S'étant approché, il se prosterna plein de joie, d'humilité et de ferveur. Ce ne fut que lorsque Marie l'eut engagé à presser contre son cœur le don sacré du Très-Haut, qu'il se leva, reçut l'Enfant-Jésus dans ses bras et remercia Dieu avec des larmes de joie. Alors la Sainte Vierge emmaillota l'Enfant-Jésus. Marie n'avait que quatre langes avec elle. Je vis ensuite Marie et Joseph s'asseoir par terre l'un près de l'autre. Ils ne disaient rien et semblaient tous deux absorbés dans la contemplation. Devant Marie, emmailloté ainsi qu'un enfant ordinaire, était couché Jésus nouveau né, beau et brillant comme un éclair. « Ah ! Me disais-je, ce lieu contient le salut du monde entier, et personne ne s'en doute ». Ils placèrent ensuite l'enfant dans la crèche. Ils l'avaient remplie de roseaux et de jolies plantes sur lesquels était étendue une couverture ; elle était au-dessus de l'auge creusée dans le roc, à droite de l'entrée de la grotte, qui s'élargissait là dans la direction du midi. Quand ils eurent mis l'enfant dans la crèche, tous deux se tiennent à côté de lui versant des larmes de joie et chantant des cantiques de louange. Joseph arrangea alors le lit de repos et le siège de la Sainte Vierge à côté de la crèche. Je la vis avant et après la naissance de Jésus habillée d'un vêtement blanc qui l'enveloppait tout entière Je la vis là pendant les premiers jours, assise, agenouillée, debout ou même couchée sur le côté et dormant, mais jamais malade ni fatiguée.

 
Extrait des révélations de la Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich (chapitre 53)

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Dimanche 25 novembre 2007

« Tu es Roi pour l'éternité, ô mon Dieu; et Ton Royaume n'est pas un Royaume d'emprunt. Lorsque l'on dit au Credo que « Ton Royaume n'aura pas de fin », il est rare que mon cœur n'en éprouve pas une joie toute particulière. Je te loue, Seigneur, je te bénis à jamais ! Enfin, Ton Royaume durera éternellement ! Ne tolère pas, mon Maître, qu'en T'adressant la parole on se croie permis de ne le faire que des lèvres... Il est clair qu'on n'aborde pas un prince avec le même laisser-aller qu'un paysan ou de pauvres femmes comme nous, qu'il est toujours permis de traiter sans façon. Dans ma simplicité, je ne sais pas parler à ce divin Roi, mais son humilité est si grande qu'Il ne manque pas de m'écouter et me permet d'approcher de Lui. Ses gardes non plus ne me repoussent pas, car les anges qui l'entourent connaissent les goûts de leur Roi : ils n'ignorent pas que cette simplicité d'un petit berger bien humble, qui en dirait davantage - le Roi voit bien - s'il en savait davantage, lui est plus agréable que tous les raisonnements choisis des plus sages et des plus savants, quand l'humilité leur manque. Mais si notre Roi est bon, ce n'est pas une raison pour que nous soyons discourtois. Et ne serait-ce que pour le dédommager de l'infection que lui apporte l'approche d'une personne telle que moi, il est juste que nous nous efforcions de bien connaître sa noblesse et sa grandeur. En vérité, il suffit de L'approcher pour en être instruit... Si, en approchant de Lui, mes filles, vous réfléchissez, vous vous demandez à qui vous allez parler, ou à qui vous parlez déjà, mille vies comme les nôtres ne suffiront pas pour concevoir les égards que mérite un tel Seigneur, Celui devant qui les anges tremblent, qui commande à tout, qui peut tout, et pour qui vouloir c'est faire ».


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Lundi 19 novembre 2007
« Aujourd'hui, de bon matin, Joachim alla au temple avec Zacharie et les autres hommes. Plus tard, Marie y fut conduite aussi par sa mère avec un cortège solennel. […] Lorsque le cortège arriva, je vis plusieurs serviteurs du temple occupés à ouvrir, avec de grands efforts, une porte très grande et très lourde, brillante comme de l'or, et sur laquelle étaient sculptés des têtes, des grappes de raisin et des bouquets d'épis. C'était la porte dorée. Le cortège passa par cette porte Il fallait monter cinquante marches pour y arriver. [...] On voulut conduire Marie par la main, mais elle s'y refusa. Elle monta les degrés rapidement et sans trébucher, pleine d'un joyeux enthousiasme. Tout le monde était vivement ému. […]
 
Après le sacrifice, [...] Marie s'agenouilla sur les marches. Joachim et Anne étendirent leurs mains sur sa tête. Le prêtre lui coupa quelques cheveux qui furent brûlés sur un brasier. Les parents prononcèrent quelques paroles par lesquelles ils offraient leur enfant, et que les deux lévites écrivirent. Pendant ce temps, les jeunes filles chantaient le psaume quarante-quatre (= 45) : Eructavit cor meum vertum bonum, et les prêtres le psaume quarante-neuf (= 50) : Deus deorum Dominus locutus est, et les jeunes garçons jouaient de leurs instruments. […]
 
Je vis alors deux prêtres prendre Marie par la main et la conduire par plusieurs marches à une place élevée du mur qui séparait le vestibule du sanctuaire d'avec ce dernier lieu. Ils placèrent l'enfant dans une espèce de niche située au milieu de ce mur et elle pouvait voir dans le temple, où se tenaient rangés en ordre plusieurs hommes qui me parurent consacrés au temple. Deux prêtres étaient à ses côtés ; il y en avait sur les marches quelques autres qui récitaient à haute voix des prières écrites sur des rouleaux. De l'autre côté du mur, un vieux prince des prêtres se tenait debout près d'un autel, à un endroit assez élevé pour qu'on pût le voir à moitié. Je le vis présenter de l'encens dont la fumée se répandit autour de Marie. Pendant cette cérémonie, je vis autour de la Sainte Vierge un tableau symbolique qui bientôt remplit le temple et l'obscurcit, pour ainsi dire. Je vis une gloire lumineuse sous le coeur de Marie, et je connus qu'elle renfermait la promesse, la très sainte bénédiction de Dieu. Je vis cette gloire se montrer comme entourée de l'arche de Noé, de façon que la tête de la Sainte Vierge s'élevait au-dessus de l'arche. Je vis ensuite cette arche de Noé prendre la forme de l'Arche d'alliance, et celle-ci à son tour comme renfermée dans le temple. Puis je vis ces formes disparaître, et le calice de la sainte cène se montrer hors de la gloire devant la poitrine de Marie, et au-dessus de lui, devant la bouche de la Vierge, un pain marqué d'une croix. A ses côtés brillaient des rayons à l'extrémité desquels se montraient, exprimés par des figures, plusieurs symboles mystiques de la Sainte Vierge, comme, par exemple, tous les noms des litanies que l'Église lui adresse. De ses deux épaules partaient, en se croisant, deux branches d'olivier et de cyprès, ou de cèdre et de cyprès au-dessus d'un beau palmier, avec un petit bouquet de feuilles que je vis apparaître derrière elle. Dans les intervalles de ces branches, je vis tous les instruments de la Passion de Jésus-Christ. Le Saint Esprit sous une forme ailée qui semblait se rapprocher plus de la forme humaine que de celle de la colombe, planait sur le tableau, au-dessus duquel je vis le ciel ouvert, et le centre de la Jérusalem céleste, la cité de Dieu avec tous ses palais, ses jardins et les places des saints futurs : tout cela était plein d'anges, de même que la gloire qui maintenant entourait la Sainte Vierge était remplie de têtes d'anges.
 
[…] Lorsque je vis tout cela, toutes les magnificences et les beautés du temple, ainsi que les murs élégamment ornés qui étaient derrière la Sainte Vierge, me parurent ternes et noircis : le temple lui-même sembla bientôt disparaître ; Marie et la gloire qui l'entourait remplissaient tout. Pendant que toutes ces visions passaient sous mes yeux, je ne vis plus la Sainte Vierge sous la forme d'une enfant ; elle m'apparut grande et planant en l'air, et je voyais pourtant les prêtres, le sacrifice de l'encens et tout le reste à travers cette image : on eût dit que le prêtre était placé derrière elle, annonçait l'avenir et invitait le peuple à remercier Dieu et à le prier, parce que de cette enfant il devait sortir quelque chose de grand. Tous ceux qui étaient présents au temple, quoiqu'ils ne vissent pas ce que je voyais, étaient graves, recueillis et profondément émus. Le tableau s'évanouit par degrés, ainsi que je l'avais vu apparaître. A la fin, je ne vis plus que la gloire sous le coeur de Marie, et la bénédiction de la promesse qui brillait au dedans ; puis cette vision aussi disparut, et je vis de nouveau la Sainte enfant avec sa parure, seule entre deux prêtres ». […]
 
Extrait des révélations de la Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich (chapitre 31)

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Mardi 11 septembre 2007

« J'ai vu aujourd'hui une grande fête dans la maison de Sainte Anne. Tout avait été déplacé et rangé à part dans la partie antérieure de la maison, Les cloisons en clayonnage, qui formaient des chambres séparées, avaient été enlevées, et on avait ainsi disposé une grande table. Tout autour de cette salle, je vis une longue table basse, couverte de vaisselle pour le repas. Au milieu de la salle, on avait dressé une espèce de table d'autel recouverte d'une étoffe rouge et blanche, sur laquelle était un petit berceau rouge et blanc, avec une couverture bleu de ciel. Près de l'autel était un pupitre recouvert, sur lequel étaient des rouleaux en parchemin contenant des prières. Devant l'autel se tenaient cinq prêtres de Nazareth en habits de cérémonie. Joachim était près d'eux. […] Les prêtres se placèrent devant l'autel près des rouleaux, et récitèrent des prières à haute voix. Joachim donna l'enfant au principal d'entre eux, qui l'éleva en l'air en priant, comme pour l'offrir à Dieu, et la plaça dans son berceau sur l'autel. […] Il avait aussi le Nom de Marie sur un parchemin qu'il plaça sur la poitrine de l'enfant. On chanta ensuite des psaumes, puis vint le repas ».

 
Extrait des révélations de la Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich (chapitre 23)

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Jeudi 6 septembre 2007
« Au moment où la petite Marie se trouva dans les bras de Sainte Anne, je la vis dans le ciel présentée devant la Très Sainte Trinité, et saluée avec une joie indicible par toutes les armées célestes. […] Je vis la naissance de Marie annoncée aux Patriarches dans les limbes, au moment même où elle eut lieu ; je les vis tous, particulièrement Adam et Eve, pénétrés d'une joie inexprimable, à cause de l'accomplissement de la promesse faite dans le Paradis. […] Je vis spécialement dans la contrée de Nazareth et dans le reste de la terre promise plusieurs possédés agités par des convulsions violentes. Ils se précipitaient ça et là avec de grandes clameurs, et les démons criaient par leur bouche : « il faut partir, il faut partir ». A Jérusalem, je vis le pieux prêtre Syméon, qui habitait près du temple, effrayé à l'heure de la naissance de Marie par les cris affreux que poussaient des fous et des possédés enfermés en grand nombre dans un édifice contigu à la montagne du temple, et sur lequel Syméon, qui demeurait dans le voisinage, avait un certain droit de surveillance. Je le vis à minuit se rendre sur la place devant la maison des possédés ; un homme qui habitait près de là lui demanda la cause de ces cris qui troublaient le sommeil de tout le monde. Un possédé cria avec plus de force, demandant à sortir. Syméon lui ouvrit la porte ; le possédé se précipita dehors, et Satan cria par sa bouche : « il faut partir, nous devons partir, il est né une Vierge. Il y a sur la terre tant d'anges qui nous tourmentent nous devons partir, et nous ne pourrons plus posséder un seul homme ! ».
 
Extrait des révélations de la Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich (chapitre 22)

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Jeudi 6 septembre 2007

Par les visions d’Anne-Catherine Emmerich, la Vierge Marie est intimement liée à la lumière du buisson ardent. Que de signification ! Par sa Virginité Perpétuelle (= buisson ardent qui ne se consume pas), la Vierge Marie ne sera jamais "consumée" par le péché ! Elle est l'Immaculée Conception protégée par Dieu. Moïse fut envoyé par Dieu pour libérer son peuple ! Aujourd'hui, la Vierge Marie a été créée spécialement par Dieu pour donner naissance au Libérateur Suprême : Notre Seigneur Jésus-Christ, le Verbe incréé !

 
 
 
« Anne s'agenouilla devant la niche. [...] Je vis alors une lumière surnaturelle remplir la chambre, se mouvoir et se condenser autour d'Anne. Les autres femmes tombèrent la face contre terre comme évanouies. La lumière prit tout autour d'Anne la forme qu'avait le buisson ardent de Moïse sur l'Horeb, en sorte que je ne la vis plus. La flamme rayonnait vers l'intérieur, et je vis tout d'un coup Anne recevoir dans ses bras la petite Marie toute resplendissante, l'envelopper dans son manteau, la presser sur son sein. Alors j'entendis l'enfant pleurer. Elle emmaillota l'enfant jusque sous les bras, laissant la poitrine, la tête et les bras découverts. L'apparition du buisson ardent s'était évanouie. Je vis alors la chambre se remplir de nouveau de lumières, et j'entendis plusieurs anges qui chantaient gloria et alléluia. J'entendais tout ce qu'ils disaient. Ils annonçaient que l'enfant devait recevoir, le vingtième jour, le Nom de Marie. »
 
Extrait des révélations de la Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich (chapitre 21)

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Lundi 19 mars 2007

« Jésus recouvert du manteau rouge, la couronne d'épines sur la tête, le sceptre de roseau entre ses mains garrottées, fut reconduit dans le palais de Pilate. Il était méconnaissable à cause du sang qui remplissait ses yeux, sa bouche et sa barbe. Son corps n'était qu'une plaie ; il ressemblait à un linge trempé dans du sang. Il marchait courbé et chancelant ; le manteau était si court qu'il lui fallait se plier en deux pour cacher sa nudité : car lors du couronnement d'épines, ils lui avaient de nouveau arraché tous ses vêtements. […] Lorsque Jésus eut été traîné péniblement au haut de l'escalier, Pilate s'avança sur la terrasse et on sonna de la trompette pour annoncer que le gouverneur voulait parler : il s'adressa aux Princes des Prêtres et à tous les assistants, et leur dit : « Je le fais amener encore une fois devant vous, afin que vous sachiez que je ne le trouve coupable d'aucun crime ». Jésus fut alors conduit prés de Pilate par les archers, de sorte que tout le peuple rassemblé sur le forum pouvait le voir. C'était un spectacle terrible et déchirant, accueilli d'abord par une horreur muette, que cette apparition du Fils de Dieu tout sanglant sous sa couronne d'épines, abaissant ses yeux éteints sur les flots du peuple, pendant que Pilate le montrait du doigt et criait aux Juifs « Voilà l'homme ». Pendant que Jésus, le corps déchiré, couvert de son manteau de dérision, baissant sa tête inondée de sang et transpercée par les épines, tenant le sceptre de roseau dans ses mains garrottées, courbé en deux pour cacher sa nudité, navré de douleur et de tristesse et pourtant ne respirant qu'amour et mansuétude, était exposé comme un fantôme sanglant, devant le palais de Pilate, en face des prêtres et du peuple qui poussaient des cris de fureur, des troupes d'étrangers court vêtus, hommes et femmes, traversaient le forum pour descendre à la piscine des Brebis, afin de prendre part à l'ablution des agneaux de Pâque, dont les bêlements plaintifs se mêlaient sans cesse aux clameurs sanguinaires de la multitude, comme s'ils eussent voulu rendre témoignage en faveur de la vérité qui se taisait. Cependant le véritable Agneau pascal de Dieu, le mystère révélé, mais inconnu de ce saint jour, accomplissait les prophéties et se courbait en silence sur le billot où il devait être immolé. Les Princes des Prêtres et leurs adhérents furent saisis de rage à l'aspect de Jésus, et ils crièrent : « Qu'on le fasse mourir ! qu'on le crucifie ! - N'en avez-vous pas assez ? » dit Pilate. « Il a été traité de manière à ne plus avoir le désir d'être Roi ». Mais ces forcenés criaient toujours plus fort, et tout le peuple faisait entendre ces terribles paroles : « Qu'on le fasse mourir ! qu'on le crucifie ! ». Pilate fit encore sonner de la trompette, et dit : « Alors prenez-le et crucifiez-le, car je ne le trouve coupable d'aucun  crime ». Ici, quelques-uns des prêtres s'écrièrent : « Nous avons une loi selon laquelle il doit mourir, car il s'est dit le Fils de Dieu ! ». Sur quoi Pilate répondit : « Si vous avez des lois d'après lesquelles celui-ci doit mourir, je ne me soucie point d'être Juif ». Toutefois cette parole « il s'est dit le Fils de Dieu », réveilla les craintes superstitieuses de Pilate : il fit conduire Jésus ailleurs, alla à lui et lui demanda d'où il était. Mais Jésus ne répondit pas, et Pilate lui dit : « Tu ne me réponds pas ! Ne sais-tu pas que j'ai le pouvoir de te faire crucifier et celui de te remettre en liberté ? ». Et Jésus répondit : « Tu n'aurais aucun pouvoir sur moi s'il ne t'avait été donné d'en haut : c'est pourquoi celui qui m'a livré à toi a commis un plus grand péché ». Claudia Procle, que les hésitations de son mari inquiétaient, lui envoya de nouveau son gage pour lui rappeler sa promesse, mais celui-ci lui fit faire une réponse vague et superstitieuse dont le sens était qu'il s'en rapportait à ses dieux. Les ennemis du Sauveur apprirent les démarches de Claudia en sa faveur, et ils firent répandre parmi le peuple que les partisans de Jésus avaient séduit la femme de Pilate ; que, s'il était mis en liberté, il s'unirait aux Romains et que tous les Juifs seraient exterminés. Pilate dans son irrésolution était comme un homme ivre, sa raison ne savait plus où se prendre. Il dit encore une fois aux ennemis de Jésus qu'il ne trouvait en lui rien de criminel, et comme ceux-ci demandèrent sa mort avec plus de violence que jamais, Pilate, troublé, jeté dans l'indécision, tant par la contusion de ses propres pensées que par les songes de sa femme et les graves paroles de Jésus, voulut obtenir du Sauveur une réponse qui le tirât de ce pénible état ; il revint vers lui dans le prétoire et resta seul avec lui. « Serait-ce donc là un Dieu ? », se dit-il à lui-même en regardant Jésus sanglant et défiguré ; puis tout à coup il l'adjura de lui dire s'il était Dieu, s'il était ce roi promis aux Juifs, jusqu'où s'étendait son empire et de quel ordre était sa divinité lui promettant de lui rendre la liberté, s'il lui disait tout cela. Je ne puis répéter que le sens de la réponse que lui fit Jésus. Le Sauveur lui parla avec une sévérité effrayante ; il lui fit voir en quoi consistait sa royauté et son empire, il lui montra ce que c'était que la Vérité, car il lui dit la Vérité. Il lui dévoila tout ce que lui, Pilate, avait commis de crimes secrets, lui prédit le sort qui l'attendait, l'exil, la misère et une fin terrible, puis il lui annonça que le Fils de l'homme viendrait un jour prononcer sur lui un juste jugement. Pilate à moitié effrayé, à moitié irrité des paroles de Jésus, revint sur la terrasse et dit encore qu'il voulait délivrer Jésus : alors on lui cria : « Si tu le délivres, tu n'es pas l'ami de César, car celui qui veut se faire roi est l'ennemi de César ». D'autres disaient qu'ils l'accuseraient devant l'empereur d'avoir troublé leur fête ; qu'il fallait en finir parce qu'ils étaient obligés d'être à dix heures au Temple. Le cri : « Qu'il soit crucifié ! », se faisait entendre de tous les côtes, il retentissait jusque sur les toits plats du forum ou beaucoup de gens étaient montés. Pilate vit que ses efforts auprès de ces furieux étaient inutiles. Le tumulte et les cris avaient quelque chose d'effrayant, et la masse entière du peuple était dans un tel état d'agitation qu'une insurrection était à craindre. Pilate se fit apporter de l'eau ; un de ses serviteurs la lui versa sur les mains devant le peuple, et il cria au haut de la terrasse : « Je suis innocent du sang de ce juste, ce sera à vous à en répondre ». Alors s'éleva un cri horriblement unanime de tout le peuple parmi lequel se trouvaient des gens de toutes les parties de la Palestine : « Que son sang soit sur nous et sur nos enfants ».

 
Extrait des révélations de la Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich (chapitre 27)

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Lundi 22 janvier 2007

« La Sainte Vierge ayant quatorze ans et devant bientôt sortir du temple pour se marier, avec sept autres jeunes filles, je vis Sainte Anne venir la visiter. Joachim ne vivait plus. Quand on annonça à Marie qu'elle devait quitter le temple et se marier, je la vis, profondément émue, déclarer au prêtre qu'elle ne désirait pas quitter le temple, qu'elle s'était consacrée à Dieu seul et n'avait pas de goût pour le mariage ; mais on lui répondit qu'elle devait prendre un époux. Je la vis ensuite dans son oratoire prier Dieu avec ferveur. Je me souviens aussi qu'étant très altérée, elle descendit avec sa petite cruche pour puiser de l'eau à une fontaine ou à un réservoir, et que là, sans apparition visible, elle entendit une voix qui la consola et la fortifia, tout en lui faisant connaître qu'elle devait consentir à se marier. […] Je vis ensuite qu'on envoyait des messagers de tous les cotés dans le pays, et qu'on convoquait au temple tous les hommes de la race de David qui n'étaient pas mariés. Lorsque plusieurs d'entre eux se furent rassemblés dans le temple, en habits de fête, on leur présenta la Sainte Vierge ; et je vis parmi eux un jeune homme très pieux de la contrée de Bethléem. Ce jeune homme avait demandé à Dieu avec une grande ferveur l'accomplissement de la promesse, et je vis dans son cœur un grand désir de devenir l'époux de Marie. Quant à celle-ci, elle revint dans sa cellule et versa de saintes larmes, ne pouvant pas s'imaginer qu'elle ne dût pas rester vierge. Je vis alors le grand prêtre, obéissant à une impulsion intérieure qu'il avait reçue, présenter des branches à chacun des assistants, et leur enjoindre de marquer chacun une branche de leur nom et de la tenir à la main pendant la prière et le sacrifice. Quand ils eurent fait ce qui leur avait été dit, on leur reprit les branches, qui furent mises sur un autel devant le Saint des saints, et il leur fut annoncé que celui d'entre eux dont la branche fleurirait était désigné par le Seigneur pour devenir l'époux de Marie de Nazareth. Pendant que les branches étaient devant le Saint des saints, on continua le sacrifice et la prière. […] Aucun d'entre eux n'était désigné par Dieu comme devant être le fiancé de cette vierge. […] Je vis ensuite les prêtres du temple chercher de nouveau dans les registres des familles s'il n'existait pas quelque descendant de David qu'on eût oublié. Comme ils y trouvèrent l'indication de six frères de Bethléem, dont l'un était inconnu et absent depuis longtemps, ils s'enquirent du séjour de Joseph et le découvrirent à peu de distance de Samarie, dans un lieu situé près d'une petite rivière, où il habitait au bord de l'eau, travaillant pour un maître charpentier. Sur l'ordre du grand prêtre, Joseph vint à Jérusalem et se présenta au temple. On lui fit, à lui aussi, tenir une branche à la main pendant qu'on priait et qu'on offrait un sacrifice. Comme il se disposait à la poser sur l'autel devant le Saint des saints, il en sortit une fleur blanche semblable à un lys, et je vis une apparition lumineuse descendre sur lui : c'était comme s'il eût reçu le Saint Esprit. On connut donc que Joseph était l'homme désigné par Dieu pour être le fiancé de la Sainte Vierge, et les prêtres le présentèrent à Marie en présence de sa mère. Marie, résignée à la volonté de Dieu, l'accepta humblement pour son fiancé, car elle savait que tout est possible Dieu, qui avait reçu son vœu de n'appartenir qu'à lui. »

 
Extrait des révélations de la Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich (chapitre 35)

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