Poésies / Spiritualités

Mercredi 17 juin 2009

1. Heureux celui que la Vérité instruit directement, au-delà des images et des paroles oiseuses. Nos pensées et nos sentiments nous trompent souvent en nous masquant la Vérité. A quoi servent les discussions subtiles sur des choses cachées et obscures, que Dieu, au moment de notre Jugement, ne nous reprochera pas d’avoir ignorées ? C’est une grande folie de négliger ce qui est utile et nécessaire pour se consacrer à des problèmes inutiles et dangereux pour la foi. On pourrait dire : « nous avons des yeux et nous ne voyons pas ! » (Psaume 113, 5).

 

2. Que nous importe ce qu’on dit sur la nature des choses. Celui à qui parle le Verbe éternel est délivré de tout cela. Le Verbe unique éclaire tout et tout en Lui s’éclaire. « Il est le Principe, et c’est Lui qui parle en dedans de nous » (Jean 8, 25). Sans Lui, nulle intelligence ne peut exister, nul jugement ne peut être porté. Celui qui unifie sa vie et ramène tout à l’unité dans le Verbe unique ne connaîtra pas l’incertitude, et son cœur peut paisiblement demeurer en Dieu. Ô Vérité, qui êtes Dieu, faites que je sois un avec Vous dans un Amour éternel. Souvent, j’éprouve un grand ennui à force de lire ou d’entendre parler : en Vous seul résident tous mes désirs. Que tout se taise devant Vous ; que Votre seule Voix me parle.

 

3. Plus on se recueille en soi-même en se dégageant des choses extérieures, plus l’esprit s’ouvre et s’élève sans peine, parce qu’on reçoit d’en haut la lumière de l’intelligence. Une âme pure, simple et ferme n’est jamais distraite au milieu même de nombreuses occupations, parce qu’elle rapporte tout à la gloire de Dieu ; et parce qu’elle possède la tranquillité, elle ne se recherche en rien. Qu’est-ce que te trouble et te fatigue si ce n’est les élans désordonnés de ton cœur ? L’homme juste et pieux dispose intérieurement les actes qu’il doit exécuter. Il ne se laisse pas entraîner par une inclination mauvaise, mais il règle tout selon une raison droite. Qui soutient un plus rude combat que celui qui travaille à se vaincre ? C’est là pourtant ce qui devrait nous occuper le plus : devenir chaque jour plus forts et accomplir chaque jour quelques progrès vers le bien.

 

4. La perfection dans cette vie ne peut jamais être absolue et nous ne voyons qu’à travers une certaine obscurité. L’examen sévère de son âme mène plus sûrement à Dieu que les recherches de la science ; non qu’il faille blâmer la science, ni la connaissance des choses, car elle sont dans l’ordre voulue par Dieu ; mais on doit toujours préférer une bonne conscience et une vie vertueuse. Parce que certains ont un plus grand souci de s’instruire que de bien vivre, ils s’égarent souvent et ne retirent que peu de fruits de leur travail.

 

5. S’ils avaient autant d’ardeur pour extirper leurs vices et pour progresser dans la vertu qu’à soulever des questions, il y aurait moins de scandales dans le peuple, moins de relâchement dans les maisons religieuses. Au jour du Jugement, on ne nous demandera pas de rendre compte de ce que nous avons lu, mais de ce que nous avons fait ; ni si nous avons bien parlé, mais si nous avons bien vécu. Dis-moi, où sont maintenant ces hommes illustres que tu as connus de leur vivant et qui brillaient dans leur science ? D’autres occupent à présent leur place, et je doute qu’ils pensent à eux. Vivants, ils paraissaient être quelqu’un, et maintenant le silence est fait sur eux.

 

6. Oh ! Que la gloire du monde passe vite ! Si seulement la beauté de leur vie avait répondu à la profondeur de leur science, alors, ils n’auraient pas lu et étudié en vain. Combien d’hommes se perdent par l’oubli du service de Dieu ! Et parce qu’ils aiment mieux paraître grands que d’être humbles, « ils s’évanouissent dans leurs pensées » (Romains, 1, 21). Celui dont le cœur est charitable, celui-là est vraiment grand. Celui qui, pour gagner Jésus-Christ, « regarde comme fumier toutes les choses de la terre » (Philippiens 3, 8), celui-là est vraiment sage. Celui qui fait la volonté de Dieu et renonce à la sienne, celui-là possède la véritable science.

 

L’enseignement de la Vérité (L’Imitation de Jésus-Christ)


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Samedi 10 janvier 2009

« Presque chaque Solennité de la Saint Eglise me donne une plus profonde connaissance de Dieu et une grâce particulière. C’est pourquoi je me prépare à chaque fête en étroite union à l’esprit de l’Eglise. Quelle joie d’être une fidèle enfant de l’Eglise. Oh ! Comme j’aime la Sainte Eglise et tous ceux qui en font partie ; je les considère comme des membres vivants du Christ, qui est leur tête. Je brûle d’amour avec ceux qui aiment, je souffre avec ceux qui souffrent, la douleur me consume à la vue des âmes froides et ingrates. Alors je tâche d’avoir un tel amour de Dieu, qu’il puisse réparer pour ceux qui ne L’aiment pas, qui n’ont pour leur Sauveur qu’une noire ingratitude. O mon Dieu, je suis consciente de ma mission dans la Sainte Eglise. Mon incessant effort doit être la prière pour obtenir la Miséricorde pour le monde. Je m’unis étroitement à Jésus et je me tiens devant Lui, comme une offrande suppliante pour le monde. Dieu ne me refusera rien si je le supplie par la voix de son Fils. Mon offrande n’est rien en elle-même. Mais lorsque je l’unis au Sacrifice de Jésus-Christ, elle devient toute puissante et elle peut fléchir la Colère Divine. Dieu nous aime dans Son Fils. La douloureuse Passion du Fils de Dieu est ce qui ne cesse de tempérer la colère de Dieu. O mon Dieu, comme je désire que les âmes sachent que Vous les avez crées à cause de Votre Amour inconcevable ! O mon Créateur et mon Seigneur, je sens que j’écarterai le voile du Ciel, pour que la terre ne doute pas de Votre bonté. Faites de moi, Jésus, une offrande agréable et pure devant la Face du Père. Jésus, transformez-moi en Vous, car Vous pouvez tout, et rendez-moi à Votre Père Eternel. Je désire devenir une hostie expiatoire devant Vous et devant les hommes. Je désire que le parfum de mon offrande ne soit connu que de Vous. O Dieu Eternel, un feu inextinguible brûle en moi,  implorant Votre miséricorde : je sais et je comprends que c’est mon devoir ici bas et pour l’éternité. Vous m’avez vous-même fait parler de cette grande miséricorde et de Votre bonté. Un jour j’ai compris combien déplaît à Dieu une action, qui peut paraître très louable mais qui n’est pas inspirée par une intention pure. Ces actions portent Dieu à punir, plutôt qu’à récompenser. Qu’il y en ai le moins possible. Et même, dans la vie religieuse, il ne devrait pas y en avoir du tout. J’accepte la joie ou la souffrance, la louange  ou l’humiliation, dans la même disposition d’esprit. Je sais que lus unes et les autres sont passagères. Que m’importe ce que l’on dit de moi ? Il y a déjà longtemps que j’ai renoncé à tout ce qui touche à ma personne. Mon nom est « hostie », c’est-à-dire offrande, pas en paroles, mais en action : par l’anéantissement de mon moi-même, en me rendant pareille à Vous sur la Croix, ô Bon Jésus, mon Maître ! Jésus, lorsque Vous venez à moi dans la Sainte Communion, Vous qui avez daigné demeurer avec le Père et le Saint-Esprit dans le ciel de mon âme, je tâche de Vous tenir compagnie pendant  toute la journée. Je ne Vous laisse pas seul un seul instant. Bien que je sois dans la société des hommes, mon cœur est toujours avec le Vôtre. Quand je m’endors, je Vous offre chaque battement de mon cœur, quand je me réveille, je me plonge en Vous sans prononcer de paroles. Quand je me réveille, j’adore un moment la Sainte Trinité et je remercie Dieu de daigner m’accorder encore un jour, qu’encore une fois, je puisse revivre en mon âme le mystère de l’Incarnation de Son Fils ; qu’une fois de plus, Sa douloureuse Passion se déroule devant mes yeux. Je m’efforce alors de faire passer Jésus par moi aux autres âmes. Je vais partout avec Jésus, Sa présence m’accompagne partout. Je tâche de garder le silence dans les souffrances de l’âme ou du corps, car mon esprit est rempli de la force, qui découle de la Passion de Jésus. J’ai constamment  devant les yeux Sa Face douloureuse, outragée et défigurée, Son Cœur Divin transpercé par nos péchés et particulièrement par l’ingratitude des âmes choisies ».

 

« O mon Jésus, Vérité éternelle, je n’ai peur de rien, d’aucune difficulté, d’aucune souffrance. Je ne redoute qu’une seule chose ;  c’est de Vous offenser. Mon Jésus, je préférerais ne pas exister que de Vous attrister, Jésus, Vous savez que mon amour ne connais personne que Vous, en qui mon âme s’est noyée ». […] « Vérité éternelle, aidez-moi et éclairez-moi sur les chemins de la vie et faites qu’en moi s’accomplisse Votre Volonté ».

 

Sainte Faustine Kowalska - Petit Journal - 480-486 ; 560 ; 614


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Vendredi 26 décembre 2008

« J'étais vraiment insupportable par ma trop grande sensibilité... je pleurais comme une Madeleine et lorsque je commençais à me consoler..., je pleurais d'avoir pleuré... Il fallut que le Bon Dieu fasse un petit miracle pour me faire grandir en un moment et ce miracle il le fit au jour inoubliable de Noël, en cette nuit lumineuse qui éclaire les délices de la Trinité Sainte, Jésus le doux petit  Enfant d'une heure, changea la nuit de mon âme en torrents de lumière... en cette nuit où Il se fit faible et souffrant pour mon amour, Il me rendit forte et courageuse, Il me revêtit de ses armes et depuis cette nuit bénie, je ne fus vaincue en aucun combat, mais au contraire je marchai de victoires en victoires et commençais pour ainsi dire, 'une course de géant !...' Ce fut le 25 décembre 1886 que je reçus la grâce de sortir de l'enfance, en un mot la grâce de ma complète conversion. Nous revenions de la messe de minuit où j'avais eu le bonheur de recevoir le Dieu fort et puissant. En arrivant aux Buissonnets je me réjouissais d'aller prendre mes souliers dans la cheminée, cet antique usage nous avait causé tant de joie pendant notre enfance que Céline voulait continuer à me traiter comme un bébé puisque j'étais la plus petite de la famille... Papa aimait à voir mon bonheur, à entendre mes cris de joie en tirant chaque surprise des souliers enchantés, et la gaîté de mon Roi chéri augmentait beaucoup mon bonheur, mais Jésus voulant me montrer que je devais me défaire des défauts de l'enfance m'en retira aussi les innocentes joies, il permit que Papa fatigué de la messe de minuit éprouvât de l'ennui en voyant mes souliers dans la cheminée et qu'il dît ces paroles qui me percèrent le cœur : 'Enfin, heureusement que c'est la dernière année !...' Je montais alors l'escalier pour aller défaire mon chapeau, Céline connaissant ma sensibilité et voyant des larmes briller dans mes yeux eut aussi bien envie d'en verser, car elle m'aimait beaucoup et comprenait mon chagrin : 'Ô Thérèse ! me dit-elle, ne descends pas, cela te ferait trop de peine de regarder tout de suite dans tes souliers. Mais Thérèse n'était plus la même, Jésus avait changé son cœur ! Refoulant mes larmes, je descendis rapidement l'escalier et comprimant les battements de mon cœur, je pris mes souliers et les posant devant Papa, je tirai joyeusement tous les objets, ayant l'air heureuse comme une reine. Papa riait, il était aussi redevenu joyeux et Céline croyait rêver !... la petite Thérèse avait retrouvé la force d'âme qu'elle avait perdue à 4 ans et demi et c'était pour toujours... En cette nuit de lumière commença la troisième période de ma vie, la plus belle de toutes, la plus remplie des grâces du Ciel... En un instant l'ouvrage que je n'avais pu faire en 10 ans, Jésus le fit se contentant de ma bonne volonté qui jamais ne me fit défaut. Je sentis en un mot la charité entrer dans mon cœur, le besoin de m'oublier pour faire plaisir et depuis lors je fus heureuse !... ».

 

Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus et de la Sainte Face (manuscrit A Folio Recto-Verso)


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Mardi 30 septembre 2008
Glorieux Gardien de mon âme,
Toi qui brilles dans le beau Ciel
Comme une douce et pure flamme
Près du trône de l'Eternel,
Tu descends pour moi sur la terre
Et m'éclairant de ta splendeur,
Bel Ange, tu deviens mon Frère,
Mon Ami, mon Consolateur !…
 
Connaissant ma grande faiblesse,
Tu me diriges par la main,
Et je te vois avec tendresse
Ôter la pierre du chemin.
Toujours ta douce voix m'invite
À ne regarder que les Cieux,
Plus tu me vois humble et petite,
Et plus ton front est radieux.
 
O toi ! Qui traverses l'espace
Plus promptement que les éclairs,
Je t'en supplie, vole à ma place
Auprès de ceux qui me sont chers.
De ton aile sèche leurs larmes,
Chante combien Jésus est bon,
Chante que souffrir a des charmes,
Et tout bas, murmure mon nom…
 
Je veux pendant ma courte vie
Sauver mes frères les pécheurs,
Ô Bel Ange de la Patrie,
Donne-moi tes saintes ardeurs.
Je n'ai rien que mes sacrifices
Et mon austère pauvreté,
Avec tes célestes délices
Offre-les à la Trinité.
 
A toi le Royaume et la Gloire,
Les Richesses du Roi des rois.
A moi l'humble Hostie du ciboire,
À moi le trésor de la Croix.
Avec la Croix, avec l'Hostie,
Avec ton céleste secours,
J’attends en paix de l'autre vie
Les joies qui dureront toujours.

Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus - Février 1897

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Lundi 1 septembre 2008

 


« Vous le savez, ma Mère, j’ai toujours désiré d’être une sainte, mais, hélas ! j’ai toujours constaté, lorsque je me suis comparée aux saints, qu’il y a entre eux et moi la même différence qu’il existe entre une montagne dont le sommet se perd dans les cieux et le grain de sable obscur foulé sous les pieds des passants ; au lieu de me décourager, je me suis dit : Le Bon Dieu ne saurait inspirer des désirs irréalisables je puis donc malgré ma petitesse aspirer à la sainteté ; me grandir, c’est impossible, je dois me supporter telle que je suis avec toutes mes imperfections ; mais je veux chercher le moyen d’aller au Ciel par une petite voie bien droite, bien courte, une petite voie toute nouvelle. Nous sommes dans un siècle d’inventions, maintenant ce n’est plus la peine de gravir les marches d’un escalier, chez les riches un ascenseur le remplace avantageusement. Moi je voudrais aussi trouver un ascenseur pour m’élever jusqu’à Jésus, car je suis trop petite pour monter le rude escalier de la perfection. Alors j’ai recherché dans les livres saints l’indication de l’ascenseur, objet de mon désir et j’ai lu ces mots sortis de la bouche de la Sagesse Eternelle : «  Si quelqu’un est tout petit qu’il vienne à moi »  (Proverbes IX 4). Alors je suis venue, devinant que j’avais trouvé ce que je cherchais et voulant savoir, ô mon Dieu ! ce que vous feriez au tout petit qui répondrait à votre appel, j’ai continué mes recherches et voici ce que j’ai trouvé : « Comme une mère caresse son enfant, ainsi je vous consolerai, je vous porterai sur mon sein et je vous bercerai sur mes genoux ! » (Isaïe LXVI 13). Je désire accomplir parfaitement votre volonté et arriver au degré de gloire que vous m’avez préparé dans votre royaume, en un mot, je désire être sainte, mais je sens mon impuissance et je vous demande, ô mon Dieu ! d’être vous-même ma sainteté » (Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus).

 


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Mardi 22 juillet 2008

« Quel bonheur de souffrir pour Celui qui nous aime à la folie et de passer pour folles aux yeux du monde. On juge les autres d’après soi-même, et comme le monde est insensé, il pense naturellement que c’est nous qui sommes insensées !... Mais après tout, nous ne sommes pas les premières, le seul crime qui fut reproché à Jésus par Hérode fut celui d’être fou et je pense comme lui !... Oui, c’était de la folie de chercher les pauvres petits cœurs des mortels pour en faire ses trônes, Lui le Roi de Gloire qui est assis sur les chérubins... Lui dont la présence ne peut remplir les cieux... Il était fou notre Bien-Aimé de venir sur la terre chercher des pécheurs pour en faire ses amis, ses intimes, ses semblables, Lui qui était parfaitement heureux avec les deux adorables Personnes de la Trinité...

 

« Nous ne sommes pas non plus des fainéantes, des prodigues. Jésus nous a défendues dans la personne de Madeleine. Il était à table, Marthe servait, Lazare mangeait avec Lui et les disciples. Pour Marie, elle ne pensait pas à prendre de nourriture mais à faire plaisir à Celui qu’elle aimait, aussi prit-elle un vase rempli d’un parfum de grand prix et le répandit sur la tête de Jésus en cassant le vase, alors toute la maison fut embaumée de la liqueur mais les Apôtres murmurèrent contre Madeleine... C’est bien comme pour nous, les chrétiens les plus fervents, les prêtres trouvent que nous sommes exagérées, que nous devrions servir avec Marthe au lieu de consacrer à Jésus les vases de nos vies avec les parfums qui y sont renfermés... Et cependant, qu’importe que nos vases soient brisés puisque Jésus est consolé et que malgré lui le monde est obligé de sentir les parfums qui s’en exhalent et qui servent à purifier l’air empoisonné qu’il ne cesse de respirer. »

 

Lettre de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus à sa sœur Céline, le 19 août 1894


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Vendredi 4 juillet 2008

« Quand Marie vint au monde, elle nous apporte les prémices de notre salut, et ce fut alors une grande fête, mais plus pour les anges qui, entourant son berceau, la vénéraient déjà comme leur Reine, que pour les hommes qui dans l'ensemble ignorèrent alors l'évènement. Dieu seul d'ailleurs connaissait complètement ce chef-d'oeuvre de sa création qu'était Marie. Admirons la simplicité, la discrétion des voies de Dieu et la petitesse de la plus grande des pures créatures, modèle achevé d'enfance spirituelle. Saint Augustin dit quelque part, en parlant du mystère de Noël : "Nous avons le Christ Enfant, grandissons avec lui". Toute notre croissance vient du Christ, et la grâce de Noël, la grâce du tout petit Enfant de Bethléem agit puissamment dans les âmes fidèles. Remarquons toutefois que le Christ fut parfait dès l'instant de l'Incarnation, et que la grâce qu'il avait en lui en perfection dès cet instant, n'a pu augmenter au cours de sa carrière terrestre. Chez Marie au contraire, la plus proche de nous, la grâce n'a cessé d'augmenter tout au long de sa vie sur la terre. Disons donc aujourd'hui : "Nous avons Marie Enfant, grandissons avec Elle". comme Elle et par Elle aussi.

 

Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus, qui fit profession religieuse un 8 Septembre, avait bien compris ce mystère de la Nativité de Notre-Dame, et c'est pourquoi elle écrivait dans son autobiographie : "Quelle belle fête que la Nativité de Marie pour devenir l'épouse de Jésus ! C'était la petite Sainte Vierge d'un jour qui présentait sa petite fleur au petit Jésus... Ce jour-là tout était petit, excepté les grâces et la paix que j'ai reçues, excepté la joie paisible que j'ai ressentie le soir, en regardant les étoiles scintiller au firmament, en pensant que bientôt le beau Ciel s'ouvrirait à mes yeux ravis et que je pourris m'unir à mon Epoux au sein d'une allégresse éternelle". C'était le 8 Sepembre 1890. »

 

T.R.P. Dom Roy Fontgombault


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Jeudi 29 mai 2008
Quand le Dieu des armées te donnant la victoire
Tu chassas l'étranger et fis sacrer le roi
Jeanne, ton nom devint célèbre dans l'histoire
Nos plus grands conquérants pâlirent devant toi
 
Mais ce n'était encore qu'une gloire éphémère
Il fallait à ton nom l'auréole des Saints
Aussi le Bien-Aimé t'offrit sa coupe amère
Et tu fus comme Lui rejetée des humains.
 
Au fond d'un noir cachot, chargée de lourdes chaînes
Le cruel étranger t'abreuva de douleurs
Pas un de tes amis ne prit part à tes peines
Pas un ne s'avança pour essuyer tes pleurs.
 
Jeanne, tu m'apparais plus brillante et plus belle
Qu'au sacre de ton roi, dans ta sombre prison.
Ce céleste reflet de la gloire éternelle
Qui donc te l'apporta ? Ce fut la trahison.
 
Ah ! si le Dieu d'amour en la vallée des larmes
N'était venu chercher la trahison, la mort
La souffrance pour nous aurait été sans charmes
Maintenant nous l'aimons, elle est notre trésor.

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Jeudi 29 mai 2008
Oh ! Souviens-toi, Jeanne, de ta patrie,
De tes vallons tout émaillés de fleurs.
Rappelle-toi la riante prairie
Que tu quittas pour essuyer mes pleurs.
O Jeanne, souviens-toi que tu sauvas la France.
Comme un ange des cieux tu guéris ma souffrance,
Ecoute dans la nuit
La France qui gémit :
Rappelle-toi !
 
Rappelle-toi tes brillantes victoires,
Les jours bénis de Reims et d'Orléans;
Rappelle-toi que tu couvris de gloire,
Au nom de Dieu, le royaume des Francs.
Maintenant, loin de toi, je souffre et je soupire.
Viens encor me sauver, Jeanne, douce martyre !
Daigne briser mes fers... Des maux que j'ai soufferts,
Oh ! Souviens-toi !
 
Je viens à toi, les bras chargés de chaînes,
Le front voilé, les yeux baignés de pleurs
Je ne suis plus grande parmi les reines,
Et mes enfants m'abreuvent de douleurs !
Dieu n'est plus rien pour eux ! Ils délaissent leur Mère !
O Jeanne, prends pitié de ma tristesse amère !
Reviens, « fille au grand cœur ». Ange libérateur,
J'espère en toi !
 
Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus - Février 1894

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Dimanche 25 mai 2008
Chaque année, le jour de la Fête-Dieu, l'Eglise invite prêtres et fidèles à faire une procession solennelle pour sanctifier et bénir, par la Présence Réelle de Jésus-Christ, les rues, les maisons de nos villes et de nos villages...
 
 
 

« Quelle joie de semer des fleurs sous les pas du bon Dieu ! 
Mais avant de les y laisser tomber, je les lançais le plus haut que je pouvais 
et je n'étais jamais aussi heureuse qu'en voyant mes roses effeuillées toucher l'Ostensoir sacré » 
(Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus et de la Sainte Face, Docteur de l'Eglise)

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Lundi 24 mars 2008

« L'épouse du Roi est terrible comme une armée rangée en bataille; elle est semblable à un chœur de musique dans un camp d'armée. » Cantique des cantiques VI, 3; VII, 1. « Revêtez-vous des armes de Dieu, afin que vous puissiez résister aux embûches de l'ennemi.» Ephésiens VI, 11…

 
 
 
 
Du Tout-Puissant j'ai revêtu les armes,
Sa main divine a daigné me parer ;
Rien désormais ne me cause d'alarmes,
De son amour qui peut me séparer ?
A ses côtés, m'élançant dans l'arène,
Je ne craindrai ni le fer ni le feu
Mes ennemis sauront que je suis reine,
Que je suis l'épouse d'un Dieu.
 
O mon Jésus ! je garderai l’armure
Que je revêts sous tes yeux adorés ;
Jusqu'au soir de l'exil, ma plus belle parure
Sera mes vœux sacrés.
 
O Pauvreté, mon premier sacrifice,
Jusqu'à la mort tu me suivras partout ;
Car, je le sais, pour courir dans la lice,
L'athlète doit se détacher de tout.
Goûtez, mondains, le remords et la peine,
Ces fruits amers de votre vanité ;
Joyeusement, moi je cueille en l'arène
Les palmes de la Pauvreté.
 
Jésus a dit : « C'est par la violence
Que l'on ravit le royaume des cieux. »
Eh bien ! la Pauvreté me servira de lance,
De casque glorieux.
 
La Chasteté me rend la sœur des Anges,
De ces esprits purs et victorieux.
J'espère un jour voler en leurs phalanges ;
Mais, dans l'exil, je dois lutter comme eux.
Je dois lutter, sans repos et sans trêve,
Pour mon Epoux, le Seigneur des seigneurs.
La Chasteté, c'est le céleste glaive
Qui peut lui conquérir des cœurs.
 
La Chasteté, c'est mon arme invincible ;
Mes ennemis, par elle, sont vaincus ;
Par elle je deviens, ô bonheur indicible !
L'épouse de Jésus.
 
L'Ange orgueilleux, au sein de la lumière,
S'est écrié : « Je n'obéirai pas !... »
Moi, je m'écrie en la nuit de la terre
Je veux toujours obéir ici-bas.
Je sens en moi naître une sainte audace,
De tout l'enfer je brave la fureur.
L'Obéissance est ma forte cuirasse
Et le bouclier de mon cœur.
 
O Dieu vainqueur ! je ne veux d'autres gloires
Que de soumettre en tout ma volonté ;
Puisque l'obéissant redira ses victoires
Toute l'éternité !
 
Si du guerrier j'ai les armes puissantes,
Si je l'imite et lutte vaillamment,
Comme la vierge aux grâces ravissantes,
Je veux aussi chanter en combattant.
Tu fais vibrer de ta lyre les cordes,
Et cette lyre, ô Jésus, c'est mon cœur !
Alors je puis de tes miséricordes
Chanter la force et la douceur.
 
En souriant je brave la mitraille,
Et dans tes bras, ô mon Epoux divin,
En chantant je mourrai sur le champ de bataille,
Les armes à la main !
 
Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus - 25 mars 1897

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Mercredi 5 mars 2008

Dans le chapitre IV de l'"Histoire d'une âme", la petite Thérèse écrit : « Je priai aussi Saint Joseph de veiller sur moi ; depuis mon enfance, ma dévotion pour lui se confondait avec mon amour pour la Très Sainte Vierge. Chaque jour, je récitais la prière : "Ô Saint Joseph, père et protecteur des vierges, gardien fidèle, à qui Dieu confia Jésus, l’Innocence même, et Marie la Vierge des vierges, je vous en supplie et vous en conjure, par Jésus et Marie, ce double dépôt qui vous fut si cher, faites que préservé de toute souillure, pur d’esprit et de cœur, et chaste de corps, je serve constamment Jésus et Marie, dans une pureté parfaite. Amen". II me semblait donc être bien protégée et tout à fait à l'abri du danger ». Le Cantique ci-dessous a été composé en 1896, à la demande de Sœur Marie de l'Incarnation.

 
 
 
= Joseph, votre admirable vie
Se passa dans l'humilité ;
Mais, de Jésus et de Marie,
Vous contempliez la beauté !
 
Joseph, ô tendre Père,
Protégez le Carmel !
Que vos enfants, sur cette terre,
Goûtent déjà la paix du ciel.
 
Le Fils de Dieu, dans son enfance,
Plus d'une fois, avec bonheur,
Soumis à votre obéissance,
S'est reposé sur votre cœur !
 
Comme vous, dans la solitude,
Nous servons Marie et Jésus ;
Leur plaire est notre seule étude ;
Nous ne désirons rien de plus.
 
Sainte Thérèse, notre Mère,
En vous se confiait toujours ;
Elle assure que sa prière,
Vous l'exauciez d'un prompt secours.
 
Quand l'épreuve sera finie,
Nous en avons le doux espoir
Près de la divine Marie,
Saint Joseph, nous irons vous voir.
 
Bénissez, tendre Père,
Notre petit Carmel ;
Après l'exil de cette terre
Réunissez-nous dans le ciel.

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Lundi 25 février 2008

Durant l’adoration du Saint-Sacrement, Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus a composé spontanément quinze strophes de « Vivre d’Amour », le « Roi de ses cantiques » estimait sa sœur Céline…

 
 
 
Au soir d'Amour, parlant sans parabole
Jésus disait : "Si quelqu'un veut m'aimer
"Toute sa vie, qu'il garde ma Parole
"Mon Père et moi viendront le visiter.
"Et de son cœur faisant notre demeure
"Venant à lui, nous l'aimeront toujours !...
"Rempli de paix, nous voulons qu'il demeure
"En notre Amour !"
 
Vivre d'Amour, c'est te garder Toi-Même
Verbe incrée, Parole de mon Dieu,
Ah ! tu le sais, Divin Jésus, je t'aime
L'Esprit d'Amour m'embrase de son feu
C'est en t'aimant que j'attire le Père
Mon faible cœur le garde sans retour.
O Trinité ! vous êtes Prisonnière
De mon Amour !...
 
Vivre d'Amour, c'est vivre de ta vie,
Roi glorieux, délice des élus.
Tu vis pour moi, caché dans une hostie
Je veux pour toi me cacher, ô Jésus !
A des amants, il faut la solitude
Un cœur à cœur qui dure nuit et jour
Ton seul regard fait ma béatitude
Je vis d'Amour !...
 
Vivre d'Amour, ce n'est pas sur la terre
Fixer sa tente au sommet du Thabor.
Avec Jésus, c'est gravir le Calvaire
C'est regarder la Croix comme un trésor !...
Au Ciel je dois vivre de jouissance
Alors l'épreuve aura fui pour toujours
Mais exilée, je veux dans la souffrance
Vivre d'amour.
 
Vivre d'Amour, c'est donner sans mesure
Sans réclamer de salaire ici-bas
Ah ! sans compter je donne étant bien sûre
Que lorsqu'on aime, on ne calcule pas !...
Au Cœur Divin, débordant de tendresse
J'ai tout donné...légèrement je cours
Je n'ai plus rien que ma seule richesse
Vivre d'Amour.
 
Vivre d'Amour c'est bannir toute crainte
Tout souvenir des fautes du passé.
De mes péchés, je ne vois nulle empreinte,
En un instant l'amour a tout brulé...
Flamme divine, ô très douce Fournaise !
En ton foyer je fixe mon séjour
C'est en tes feux que je chante à mon aise :
"Je vis d'Amour !..."
 
Vivre d'Amour, c'est naviguer sans cesse
Semant la paix, la joie dans tous les cœurs
Pilote Aimé, la Charité me presse
Car je te vois dans les âmes mes sœurs
La Charité voilà ma seule étoile
A sa clarté je vogue sans détour
J'ai ma devise écrite sur ma voile :
"Vivre d'Amour."
 
Vivre d'Amour, lorsque Jésus sommeille
C'est le repos sur les flots orageux
Oh ! ne crains pas, Seigneur, que je t'éveille
J'attends en paix le rivage des cieux...
La Foi bientôt déchirera son voile
Mon Espérance est de te voir un jour
La Charité enfle et pousse ma voile
Je vis d'Amour !...
 
Vivre d'Amour, c'est, ô mon Divin Maître
Te supplier de répandre tes Feux
En l'âme sainte et sacrée de ton Prêtre
Qu'il soit plus pur qu'un séraphin des cieux !...
Ah ! glorifie ton Eglise Immortelle
A mes soupirs, Jésus ne sois pas sourd
Moi son enfant, je m'immole pour elle
Je vis d'Amour.
 
Vivre d'Amour, c'est essuyer ta Face
C'est obtenir, des pécheurs le pardon
O Dieu d'Amour ! qu'ils rentrent dans ta grâce
Et qu'à jamais, ils bénissent ton Nom...
Jusqu'à mon cœur retentit le blasphème
Pour l'effacer, je veux chanter toujours :
"Ton Nom Sacré, je l'adore et je l'Aime
Je vis d'Amour !..."
 
Vivre d'Amour, c'est imiter Marie,
Baignant de pleurs, de parfums précieux,
Tes pieds divins, qu'elle baise ravie
Les essuyant avec ses longs cheveux...
Puis se levant, elle brise le vase
Ton Doux Visage elle embaume à son tour.
Moi, le parfum dont j'embaume ta Face
C'est mon Amour !...
 
"Vivre d'Amour, quelle étrange folie !"
Me dit le monde, "Ah cessez de chanter,
"Ne perdez pas vos parfums, votre vie,
"Utilement, sachez les employer !..."
T'aimer, Jésus, quelle perte féconde !...
Tous mes parfums sont à toi sans retour,
Je veux chanter en sortant de ce monde :
"Je meurs d'Amour !"
 
Mourir d'Amour, c'est un bien doux martyre
Et c'est celui que je voudrais souffrir.
O Chérubins ! accordez votre lyre,
Car je le sens, mon exil va finir !...
Flamme d'Amour, consume-moi sans trêve
Vie d'un instant, ton fardeau m'est bien lourd !
Divin Jésus, réalise mon rêve :
Mourir d'Amour !...
 
Mourir d'Amour, voilà mon espérance
Quand je verrai se briser mes liens
Mon Dieu sera ma Grande Récompense
Je ne veux point posséder d'autres biens.
De son Amour je veux être embrasée
Je veux Le voir, m'unir à Lui toujours
Voilà mon Ciel...voilà ma destinée :
Vivre d'Amour !!!...
 
Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, Docteur de l’Eglise - 26 février 1895


 

 

  


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Vendredi 4 janvier 2008

« Comment réaliser les désirs de ma pauvre petite âme ? Ah ! Malgré ma petitesse, je voudrais éclairer les âmes comme les Prophètes, les Docteurs, j'ai la vocation d'être Apôtre... je voudrais parcourir la terre, prêcher ton Nom et planter sur le sol infidèle ta Croix glorieuse, mais, ô mon Bien-Aimé, une seule mission ne me suffirait pas, je voudrais en même temps annoncer l'Evangile dans les cinq parties du monde et jusque dans les îles les plus reculées... (Isaïe 66, 19) Je voudrais être missionnaire non seulement pendant quelques années, mais je voudrais l'avoir été depuis la création du monde et l'être jusqu'à la consommation des siècles... Mais je voudrais par-dessus tout, ô mon Bien-Aimé Sauveur, je voudrais verser mon sang pour toi jusqu'à la dernière goutte... Le Martyre, voilà le rêve de ma jeunesse, ce rêve il a grandi avec moi sous les cloîtres du Carmel... Mais là encore, je sens que mon rêve est une folie, car je ne saurais me borner à désirer un genre de martyre... Pour me satisfaire, il me les faudrait tous... Comme toi, mon époux Adoré, je voudrais être flagellée et crucifiée... Je voudrais mourir dépouillée comme Saint Barthélémy... Comme Saint Jean, je voudrais être plongée dans l'huile bouillante, je voudrais subir tous les supplices infligés aux martyrs... Avec Sainte Agnès et Sainte Cécile, je voudrais présenter mon cou au glaive et comme Jeanne d'Arc, ma soeur chérie, je voudrais sur le bûcher murmurer ton nom, ô JÉSUS... En songeant aux tourments qui seront le partage des chrétiens au temps de l'Antéchrist, je sens mon cœur tressaillir et je voudrais que ces tourments me soient réservés... (NHA 917) Jésus, Jésus, si je voulais écrire tous mes désirs, il me faudrait emprunter ton livre de vie, (NHA 918) (Ap 20,12) là sont rapportées les actions de tous les Saints et ces actions, je voudrais les avoir accomplies pour toi... O mon Jésus ! à toutes mes folies que vas-tu répondre ?...

[...] A l'oraison, mes désirs me faisant souffrir un véritable martyre, j'ouvris les épîtres de Saint Paul afin de chercher quelque réponse. Les chapitres XII et XIII de la première épître aux Corinthiens me tombèrent sous les yeux... J'y lus, dans le premier, que tous ne peuvent être apôtres, prophètes, docteurs, etc... que l'Eglise est composée de différents membres et que l'œil ne saurait être en même temps la main... (NHA 919) (1Co 12, 21 12,29) La réponse était claire mais ne comblait pas mes désirs, elle ne me donnait pas la paix... [...] Sans me décourager je continuai ma lecture et cette phrase me soulagea : « Recherchez avec ardeur les DONS les PLUS PARFAITS, mais je vais encore vous montrer une voie plus excellente ». (Jn 20,11-18) (NHA 921) Et l'Apôtre explique comment tous les dons les plus PARFAITS ne sont rien sans l'AMOUR... Que la Charité est la VOIE EXCELLENTE qui conduit sûrement à Dieu. Enfin j'avais trouvé le repos... Considérant le corps mystique de l'Eglise, je ne m'étais reconnue dans aucun des membres décrits par Saint Paul, ou plutôt je voulais me reconnaître en tous... La Charité me donna la clef de ma vocation. Je compris que si l'Eglise avait un corps, composé de différents membres, (1 Co 13, 1-3) le plus nécessaire, le plus noble de tous ne lui manquait pas, je compris que l'Église avait un Cœur, et que ce Cœur était BRULANT d'AMOUR. Je compris que l'Amour seul faisait agir les membres de l'Eglise, que si l'Amour venait à s'éteindre, les Apôtres n'annonceraient plus l'Evangile, les Martyrs refuseraient de verser leur sang... Je compris que l'AMOUR RENFERMAIT TOUTES LES VOCATIONS, QUE L'AMOUR ETAIT TOUT, QU'IL EMBRASSAIT TOUS LES TEMPS ET TOUS LES LIEUX ... EN UN MOT, QU'IL EST ETERNEL ! ... Alors, dans l'excès de ma joie délirante, je me suis écriée : O Jésus, mon Amour... ma vocation, enfin je l'ai trouvée, MA VOCATION, C'EST L'AMOUR !... Oui j'ai trouvé ma place dans l'Eglise et cette place, ô mon Dieu, c'est vous qui me l'avez donnée... dans le Cœur de l'Eglise, ma Mère, je serai l'AMOUR... ainsi je serai tout... ainsi mon rêve sera réalisé !... (1Co 13,1-4) Pourquoi parler d'une joie délirante ? non, cette expression n'est pas juste, c'est plutôt la paix calme et sereine du navigateur apercevant le phare qui doit le conduire au port... O Phare lumineux de l'amour, je sais comment arriver jusqu'à toi, j'ai trouvé le secret de m'approprier ta flamme. Je ne suis qu'une enfant, impuissante et faible, cependant c'est ma faiblesse même qui me donne l'audace de m'offrir en Victime à ton Amour, ô Jésus ! Autrefois les hosties pures et sans taches étaient seules agréées par le Dieu Fort et Puissant. Pour satisfaire la justice Divine, il fallait des victimes parfaites, mais à la loi de crainte a succédé la loi d'Amour, et l'Amour m'a choisie pour holocauste, moi, faible et imparfaite créature... (Ps 24,8) (Lv 22,18-25) Ce choix n'est-il pas digne de l'Amour ? Oui, pour que l'Amour soit pleinement satisfait, il faut qu'il s'abaisse, qu'il s'abaisse jusqu'au néant et qu'il transforme en feu ce néant...

Je veux souffrir par amour et même jouir par amour, ainsi je jetterai des fleurs devant ton trône ; je n'en rencontrerai pas une sans l'effeuiller pour toi... puis en jetant mes fleurs, je chanterai, (pourrait-on pleurer en faisant une aussi joyeuse action ?) je chanterai, même lorsqu'il me faudra cueillir mes fleurs au milieu des épines et mon chant sera d'autant plus mélodieux que les épines seront longues et piquantes. Jésus, à quoi te serviront mes fleurs et mes chants ?... Ah ! je le sais bien, cette pluie embaumée, ces pétales fragiles et sans aucune valeur, ces chants d'amour du plus petit des cœurs te charmeront, oui, ces riens te feront plaisir, ils feront sourire l'Eglise Triomphante, elle recueillera mes fleurs effeuillées par amour et les faisant passer par tes Divines Mains, ô Jésus, cette Eglise du Ciel, voulant jouer avec son petit enfant, jettera, elle aussi, ces fleurs ayant acquis par ton attouchement divin une valeur infinie, elle les jettera sur l'Eglise Souffrante afin d'en éteindre les flammes, elle les jettera sur l'Eglise Combattante afin de lui faire remporter la victoire !... O mon Jésus ! je t'aime, j'aime l'Eglise ma Mère, je me souviens que : « Le plus petit mouvement de PUR AMOUR lui est plus utile que toutes les autres œuvres réunies ensemble » (NHA 926) mais le PUR AMOUR est-il bien dans mon cœur... Mes immenses désirs ne sont-ils pas un rêve, une folie ?... Ah ! s'il en est ainsi, Jésus, éclaire-moi, tu le sais, je cherche la Vérité... si mes désirs sont téméraires, fais-les disparaître car ces désirs sont pour moi le plus grand des martyres... Cependant je le sais, ô Jésus, après avoir aspiré vers les régions les plus élevées de l'Amour, s'il me faut ne pas les atteindre un jour j'aurai goûté plus de douceur dans mon martyre, dans ma folie, que je n'en goûterai au sein des joies de la patrie, à moins que par un miracle tu ne m'enlèves le souvenir de mes espérances terrestres. Alors laisse-moi jouir pendant mon exil des délices de l'amour... Laisse-moi savourer les douces amertumes de mon martyre... ».

 
Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus - « La Vocation de l'Amour » - Manuscrit B Folio 3 Recto et Verso - Manuscrit B Folio 4 Verso

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Jeudi 22 novembre 2007

Il neige.

Le grand monde est mort sans doute. C’est décembre.

Mais qu’il fait bon, mon Dieu, dans la petite chambre !

La cheminée emplie de charbons rougeoyants

Colore le plafond d’un reflet somnolent,

Et l’on n’entend que l’eau qui bout à petit bruit.

Là-haut sur l’étagère, au-dessus des deux lits,

Sous son globe de verre, couronne en tête,

L’une des mains tenant le monde, l’autre prête

À couvrir ces petits qui se confient à elle,

Tout aimable dans sa grande robe solennelle

Et magnifique sous cet énorme chapeau jaune,

L’Enfant Jésus de Prague règne et trône.

Il est tout seul devant le foyer qui l’éclaire

Comme l’hostie cachée au fond du sanctuaire,

L’Enfant-Dieu jusqu’au jour garde ses petits frères.

Inentendue comme le souffle qui s’exhale,

L’existence éternelle emplit la chambre, égale

À toutes ces pauvres choses innocentes et naïves !

Quand il est avec nous, nul mal ne nous arrive.

On peut dormir, Jésus, notre frère, est ici.

Il est à nous, et toutes ces bonnes choses aussi :

La poupée merveilleuse, et le cheval de bois,

Et le mouton sont là, dans ce coin tous les trois.

Et nous dormons, mais toutes ces bonnes choses sont à nous !

Les rideaux sont tirés... Là-bas, on ne sait où,

Dans la neige et la nuit sonne une espèce d’heure.

L’enfant dans son lit chaud comprend avec bonheur

Qu’il dort et que quelqu’un qui l’aime bien est là,

S’agite un peu, murmure vaguement, sort le bras,

Essaye de se réveiller et ne peut pas.


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