Doctrine / Foi Catholique

Vendredi 9 octobre 2009

Le Synode sur la famille de 1980 a utilisé l’expression "loi de gradualité" que Jean-Paul II a reprise dans l’Exhortation Apostolique Familiaris Consortio : « Les époux, dans la sphère de leur vie morale, sont appelés à cheminer sans se lasser, soutenus par le désir sincère et agissant de mieux connaître les valeurs garanties et promues par la loi divine, avec la volonté de les incarner de façon droite et généreuse dans leurs choix concrets. Il ne peuvent pas toutefois considérer la loi comme un simple idéal à atteindre dans le futur, mais ils doivent la regarder comme un commandement du Christ Seigneur leur enjoignant de surmonter sérieusement les obstacles. C'est pourquoi ce qu'on appelle la "loi de gradualité" ou voie graduelle ne peut pas s'identifier à la "gradualité de la loi", comme s'il y avait, dans la loi divine, des degrés et des formes de préceptes différents selon les personnes et les situations diverses. Tous les époux sont appelés à la sainteté (= éviter le péché). (…) Il appartient à la pédagogie de l'Eglise de faire en sorte que, avant tout, les conjoints reconnaissent clairement la Doctrine d'Humanae Vitae comme norme pour l'exercice de la sexualité » (FC 34).

 

 

 

GENERALITE : Pour Jean-Paul II, la loi de gradualité suppose un cheminement, une montée. Le mot latin "gradus", d'où est tiré le mot "gradualité", évoque en effet les degrés d'une montée d'escalier. La loi de gradualité pourrait être symbolisée par la "voie étroite", la montée à entreprendre pour se libérer du péché et tendre vers la perfection. Les conditions d'une "droite loi de gradualité" selon Jean-Paul II sont : 1. « Le désir sincère et agissant de mieux connaître les valeurs garanties et promues par la Loi divine », donc : mettre tout en oeuvre pour connaître les vérités de l'ordre moral.  2. « Avoir la volonté de les incarner de façon droite et généreuse dans les choix concrets ». « On ne doit pas considérer la loi comme un simple idéal à atteindre dans le futur, mais comme un commandement du Christ Seigneur enjoignant de surmonter sérieusement les obstacles ». Jean-Paul II a rappelé que les époux sont appelés à la sainteté, exprimée dans l'Encyclique "Humanae vitae", norme pour l'exercice de la sexualité. Conclusion : La "loi de gradualité" est un chemin vers la sainteté. Le Saint-Père sait que ce chemin est difficile et qu'il passe par des étapes ou degrés, donc qu'il est graduel. Mais cette gradualité ne signifie pas "laxisme moral" ! Tout sujet doit s'efforcer de connaître les vérités morales et de les vivre en menant courageusement le combat spirituel. Pour le Magistère de l'Église, il n'y a pas de gradualité de la Loi, car la loi morale naturelle vaut pour tous, "semper et pro semper" = "toujours et pour toujours et de la même manière". Il n'y a pas, d'un côté, des hommes et des femmes appelés à la sainteté, puis, de l'autre, ceux qui doivent se contenter d'une vie médiocre ! Tous sont appelés à la sainteté. Mais il existe une loi de gradualité, c'est-à-dire un chemin de conversion. 

MAUVAISE INTERPRETATION : Pour certains moralistes, la loi de gradualité consisterait en une tension effective vers la norme et non pas forcément l'observation immédiate et matérielle du précepte qui est imposé. Pour ces théoriciens, la contraception deviendrait alors moralement acceptable dans ce cas (cf : FORMATION DOCTRINALE : Le Magistère de l'Eglise face au "moindre mal"). Cette interprétation de la loi de gradualité n’est pas en accord avec l’enseignement du Magistère. Jean-Paul II déclarait en 1988 : « Paul VI, en qualifiant l'acte contraceptif d'intrinsèquement illicite, a voulu enseigner que la norme morale est telle qu'elle n'admet aucune exception ». Avoir l’intention de vivre la loi d’Humanae Vitae dans l’avenir et vivre aujourd’hui en contradiction avec cette loi n’est pas répondre au Commandement du Seigneur !

L'AUTHENTIQUE LOI DE GRADUALITE : L'"Osservatore Romano" du 16 Février 1989 a publié un article donné avec l'autorité du Magistère en réponse à certaines incompréhensions. L'auteur de cet article a rappelé : « La contraception, en elle-même et par elle-même, est toujours un désordre moral, parce que, objectivement et de manière intrinsèque (indépendamment des intentions, motivations et situations subjectives), elle contredit le langage qui exprime naturellement la donation réciproque et totale des époux ». L'auteur a rappelé ensuite qu'il fallait distinguer entre désordre objectif et faute subjective. La situation subjective ne peut jamais changer en "ordre" ce qui est intrinsèquement un "désordre" mais peut diminuer la responsabilité. C'est dans cette ligne, écrit l'auteur, que s'est développé à juste titre, non seulement en théologie morale et pastorale mais aussi dans le domaine des interventions du Magistère, le discours sur la "loi de gradualité". L'article parle de l'évaluation de la responsabilité personnelle en faisant référence à la conscience du sujet. Il rappelle que les chrétiens sont tenus d’éclairer leur conscience et de la conformer à la Loi divine. Ils doivent demeurer fidèles au Magistère de l'Église, interprète autorisé de cette Loi à la lumière de l'Évangile. L'article s'adresse aux prêtres et aux théologiens qui ont la responsabilité d'aider les époux à se former une conscience qui juge selon la Vérité. Ils ne doivent pas créer d'obstacles à la conscience des époux vers la Vérité de leur Amour. Ainsi, pour cet article autorisé, la "loi de gradualité" se situe dans la distinction habituelle entre "désordre objectif" et "responsabilité personnelle". La "loi de gradualité" demande aux pasteurs et aux époux, patience, persévérance et confiance ! Paul VI disait : « Si le péché avait encore prise sur les époux, qu'ils ne se découragent pas, mais qu'ils recourent avec une humble persévérance à la Miséricorde de Dieu qui est accordée dans le Sacrement de Pénitence » (HV 25). L’Évangile révèle la Miséricorde infinie de Jésus, mais la Miséricorde ne peut pas contredire la Vérité. Jésus a dit à la femme adultère : « Va, désormais ne pèche plus ! » (Jean 8, 11).



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Vendredi 25 septembre 2009

Les catholiques qui entrent en politique doivent proposer à la conscience des citoyens le bien ou les biens à partager. C’est un principe qui vaut sous toutes les latitudes et dans tous les systèmes politiques. Jésus a déclaré qu’il fallait donner à César ce qui était à César, et à Dieu ce qui est à Dieu, pour séparer ("distinguer", NDLR) le pouvoir de la politique du pouvoir divin, en créant le domaine de la liberté de conscience. C’est cette liberté qui fait en sorte qu’il ne puisse pas y avoir de « neutralité » en politique. La politique, n’importe quel choix politique, n’est pas et ne peut jamais être neutre. Par exemple, les expériences de laboratoires, et surtout celles qui « manipulent » la vie à l’origine, ne sont déjà pas absolument neutres, parce qu’elles supposent une anthropologie, une conception déterminée de l’homme, et influent de manière importante, même sur la vie des individus. Ainsi, même les mesures législatives ne peuvent jamais être détachées de la réalité, sous peine d’être inutiles, réalité qui révèle une conception déterminée de la société et surtout de l’homme et de sa réalité.

 

Ce qui nous préoccupe réellement, c’est la réapparition, avec une ponctualité dramatique, dans les Parlements et dans les structures de gouvernement de nombreuses nations dans tous les Continents, de propositions qui tendent à « dénaturer par la loi » des institutions de droit naturel, comme la famille, ou à légitimer, en la dépénalisant, celle que les auteurs de la « conscience aseptique » voudraient faire « digérer », comme la « mort douce ». Il y a des « principes qui ne sont pas négociables » comme la famille, la vie et l’éducation, sur lesquels un catholique ne peut accepter un compromis, EN AUCUN CAS, ET POUR AUCUNE RAISON ; c’est pourquoi il ne peut être humilié par des attaques explicites contre ce qui est plus sacré, de la part de ceux qui désirent détruire l’ordre social actuel, pour réaliser des désirs qui, en réalité, sont des caprices, ou suivre des rêves qui sont des cauchemars. Il n’y a pas seulement la « révolution économique », il y a des révolutions plus dangereuses, rampantes et idéologiques, qui prétendent réintroduire des thèmes étrangers à la sensibilité commune, et qui révèlent une idée d’homme et d’humanité totalement idéologique et détachée de la réalité, ainsi que de la nature. Si la politique se perd dans ces méandres, que l’on se rappelle que ce n’est jamais la tâche de César d’établir qui est l’homme ! Les hommes de bonne volonté, croyants ou non, le savent bien : il y a des « principes que l’on ne peut négocier », et, lutter pour leur défense, est une raison suffisante pour donner une signification à une existence tout entière.



Lien : Note Doctrinale (2002) sur l'engagement et le comportement des catholiques dans la vie politique


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Mardi 7 juillet 2009

Cœur et raison : le cœur, comme centre de la personnalité humaine, et la raison comme condition indispensable de toute action authentiquement personnelle. Ce sont là les grandes coordonnées de la troisième Encyclique de Benoît XVI, « Caritas in Veritate ». C’est un texte qui entrera dans l’histoire par la portée « herméneutique » de la proposition offerte. En suivant ce que nous pourrions désormais appeler une des « lignes directrices » du Pontificat, l’herméneutique de la continuité, le Saint-Père propose une relecture attentive de « Populorum Progressio » du Serviteur de Dieu Paul VI :

 

 

En effet, il déclare : « Le point de vue correct est donc celui de la Tradition de la foi des Apôtres, patrimoine ancien et nouveau hors duquel ‘Populorum Progressio’ serait un document privé de racines et les questions liées au développement se réduiraient uniquement à des données d’ordre sociologique » (n° 10). Et encore : « Le lien existant entre ‘Populorum Progressio’ et le Concile Vatican II ne représente pas une coupure entre le magistère social de Paul VI et celui des Papes qui l’avaient précédé, étant donné que le Concile est un approfondissement de ce magistère dans la continuité de la vie de l’Église. En ce sens, certaines subdivisions abstraites de la doctrine sociale de l’Église sont aujourd’hui proposées qui ne contribuent pas à clarifier les choses, car elles appliquent à l’enseignement social pontifical des catégories qui lui sont étrangères » (n° 12). Les catégories auxquelles se réfère le Saint-Père, c’est bien connu, sont celles de « tradition » et de « progrès », qui, opposées de manière illégitime, ne sont autre chose que la version « laïque » de l’herméneutique de la continuité et de la rupture ; la première, légitime ; la deuxième, porteuse d’équivoques graves et dangereuses, trop souvent appliquée au Concile Vatican II, et stigmatisée sans cesse par le Magistère Pontifical, depuis le discours historique du 22 décembre 2005 à la Curie Romaine. En effet, « Il n’y a pas deux typologies différentes de doctrine sociale, l’une préconciliaire et l’autre postconciliaire, mais un unique enseignement, cohérent et en même temps toujours nouveau. Il est juste de remarquer les caractéristiques propres à chaque encyclique, à l’enseignement de chaque Pontife, mais sans jamais perdre de vue la cohérence de l’ensemble du corpus doctrinal » (ibid. n° 12). Pour faire cela, toutefois, il est nécessaire d’être des hommes ! Il est nécessaire de ne pas vivre de « césures intérieurs », non résolues; il est nécessaire d’aimer, sincèrement et passionnément, la Vérité plus que soi-même, plus que son propre petit pouvoir, plus que sa propre opinion intellectualiste. En un mot, est nécessaire la « moralité de la connaissance » qui vient en premier, soit logiquement, soit expérimentalement, de la moralité même de l’action. Cœur et raison, Amour et Vérité, représentent les conditions mêmes de la possibilité d’une vie authentiquement humaine. Une vie qui, nécessairement, par sa propre exigence interne elle-même, demande d’être vécue dans la « continuité », qui n’est pas seulement une catégorie herméneutique, mais, en réalité, qui est une condition anthropologique : sans continuité, il n’y a pas d’histoire, il n’y a pas de culture et, en définitive, il n’y a pas l’homme. L'Eglise, comme lieu de la vie par excellence, ne peut jamais abandonner ces conditions morales et anthropologiques de la connaissance, certaine comme elle l’est du fait que le véritable progrès coïncide avec l’annonce du Christ Ressuscité ; annonce sans laquelle le monde n’a pas d’avenir et perd, en conséquence, toute force dynamique de développement.

 

Fides


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Vendredi 19 juin 2009
Le 18 juin 2009 est paru dans le journal "La Croix" (comme par un heureux hasard juste avant l'Année Sacerdotale que Benoît XVI vient d'ouvrir avec une magnifique lettre à lire absolument !) un sondage Sofres disant qu'une majorité de "catholiques" serait favorable à des femmes prêtres ou au mariage des prêtres. Or, vouloir que les femmes puissent être prêtres, ou vouloir que des prêtres puissent être mariés atteste d'une grave perte de la notion de sacerdoce chez des fidèles qui se disent catholiques. Nous ne savons plus, aujourd'hui, ce qu'est le ministère sacerdotal…
 
 
 
 
La prêtrise, contrairement à ce que croient de nombreux fidèles, n'est pas une "fonction" : elle est un "état" de vie librement accepté et assumé. Quand un homme se marie, il choisit librement un état de vie qui implique pour lui d'assumer les fonctions d'époux, de père, d'éducateur des enfants... etc. On ne choisit pas de devenir époux ou épouse comme on choisit d'être boulanger ou fraiseur... Il en est de même pour la prêtrise au sens catholique du terme : la prêtrise est d'abord un état de vie accepté et non une fonction qui donnerait des droits ou des privilèges. Or la prêtrise, en tant qu'état de vie, oblige à deux choses : une disponibilité totale dépassant le cadre d'une famille, et une vie identifiée à celle du Christ. Cette identité est telle, que le prêtre, à la Messe, dit bien : "ceci est MON Corps..." et non pas "ceci est le Corps du Christ". "MON" : le prêtre est ici totalement identifié à Celui dont il est le ministre. Certes, si l'on perd ceci de vue, alors le prêtre devient un homme comme les autres : il peut se marier, et le jour où il est fatigué ou malade, il pourra demander à sa femme d' "animer" la messe à sa place... S'il ne s'agit que d' "animer"... Mais selon l'enseignement reçu du Christ et transmis par l'Eglise fidèle à la Foi reçue des Apôtres, ce n'est pas du tout de cela qu'il s'agit : un homme ne choisit lui-même pas d'être prêtre. C'est l'Eglise, par le biais de l'évêque, qui le choisit et qui l'invite à dire un "oui" définitif à l'appel qu'il a un jour entendu. Ce "oui" répondu à l'invitation de l'évêque doit être une réponse libre et responsable qui nécessite une réflexion préalable et une grande maturité. C'est cette maturité qui fait que l'homme qui répond "oui, me voici" accepte de s'associer pleinement au ministère de Jésus. Ce n'est pas une association qui dure 35 heures ou qui ressemblerait à un Pacs - on vit ensemble mais sans qu'il soit question de fidélité -, mais c'est une alliance qui saisit toutes les composantes de la vie humaine : amour humain, affection et sexualité y compris. Toutes ces notions ont été perdues de vue à partir du moment où les prêtres se sont habillés comme tout le monde, ont voulu se fondre dans la masse, se sont mis à célébrer une Messe qui ressemblait de plus en plus à un simple happening, ont semblé de moins en moins occupés à prier, de moins en moins préoccupés par les choses essentielles de la foi, et de plus en plus accaparés par des réunions... généralement aussi épuisantes que stériles. Alors oui : si l'exercice du sacerdoce se limite à gérer le bien matériel des paroisses et à animer des réunions, ou à faire un vague travail de psychologue auprès des gens, une femme peut être prêtre : elle exercera la "fonction" aussi bien que n'importe quel homme... et peut-être même mieux. Mais le prêtre n'est pas un "fonctionnaire" paroissial ! Il n'est pas qu'un gentil organisateur de kermesses. Le prêtre est avant tout "en état permanent de représentance de Dieu". Il est le "représentant de Dieu sur terre", disait-on autrefois. Ce qui est exact mais a été perdu de vue dans nos sociétés matérialistes où la foi se dilue et où les connaissances religieuses se font de plus en plus vagues. Cette notion de l' "état sacerdotal" est tellement enracinée dans la foi chrétienne, tellement au cœur de l'enseignement même du Christ, que l'Eglise a toujours su qu'un prêtre, même mécréant, incroyant, voleur, libidineux... célèbre validement les sacrements dès lors qu'il a l'intention de faire ce que veut faire l'Eglise. C'est bien la preuve que le prêtre ne s'appartient plus : il est l' "instrument" par lequel Dieu agit au milieu des hommes. [...]

Si le Christ a voulu que son sacerdoce ministériel soit exercé par des hommes (cf : Lettre Apostolique "Ordinatio Sacerdotalis", Jean-Paul II), ce n'est pas à nous de faire en sorte qu'il soit exercé par des femmes. Non pas qu'une femme soit moins compétente qu'un homme, mais simplement parce que l'homme et la femme ont vocation à exercer des fonctions différentes qui ne doivent pas être confondues si elles veulent pouvoir s'enrichir par leur complémentarité. En instituant le sacerdoce, au cours de la dernière Cène, Jésus a expressément demandé que le Saint-Sacrifice de la Messe soit célébré par des hommes. Il ne revient ni à l'Eglise, ni à chacun d'entre nous, de trahir la volonté du Maître en falsifiant Son enseignement. C'est ainsi : dans le projet de Dieu pour l'humanité, l'homme et la femme n'ont pas une nature interchangeable, et le sacerdoce ministériel accompli au nom et à la place du Christ n'est pas réductible à l'exercice d'une charge de façon asexuée.
On répond que, pourtant, chez les protestants, les femmes peuvent être pasteurs et que les pasteurs peuvent se marier. Cet argument que l'on trouve souvent dans la bouche de fidèles catholiques, montre la méconnaissance qu'ils ont de leur propre religion. Dans le Protestantisme, la notion de sacerdoce ministériel - de prêtrise - n'existe plus. Le pasteur n'est pas un prêtre : il est un lecteur-prédicateur dont la compétence est affirmée par le port de la toge du théologien. Martin Luther avait d'ailleurs bien vu les choses. En bon théologien, il savait parfaitement quelle doit être la spécificité du sacerdoce ministériel. Mais comme il estimait cette spécificité trop exigeante - à tous les points de vue -, il a supprimé la notion de prêtrise. Du coup, il a été obligé de supprimer aussi certains sacrements : dans le protestantisme, il n'y a plus ni Eucharistie, ni Pénitence, ni Sacrement des Mourants... Ayant aboli le sacerdoce ministériel Martin Luther se devait, en toute logique, de supprimer la "messe papiste". Il l'a remplacée par la Cène, qui n'est pas, comme chez les catholiques, la réactualisation du Sacrifice du Calvaire, mais simplement une façon de faire mémoire d'un fait passé, de manière totalement symbolique. Alors que le prêtre catholique donne la communion en disant à chaque fidèle "le Corps du Christ", ce qui est une claire affirmation de la réalité eucharistique, le pasteur protestant donne le pain et le vin en ne disant rien, laissant chacun libre d'y voir le symbole qu'il veut. (On peut ici souligner que, de bricolages liturgiques en bricolages liturgiques, la réalité de l'Eucharistie est devenue moins affirmée chez les catholiques, ce qui fait que de plus en plus de fidèles qui vont à la Messe reçoivent aujourd'hui la communion à la façon des fidèles protestants, sans voir dans la Sainte Hostie autre chose qu'un symbole...).

En conclusion, on peut dire que s'il y a actuellement tant de confusions touchant à la notion de prêtrise (et aussi tant de réactions épidermiques dès qu'un évêque remet les choses à leur place concernant un curé vivant en concubinage), c'est parce que les bricolages liturgiques ont conduit les fidèles catholiques à penser que désormais, chacun pouvait se fabriquer une religion à la carte, celle qui nous arrange, avec un peu de ça et un peu de ci, en fonction des modes : des femmes-prêtres ? Pourquoi pas. Des prêtres concubins ? Pourquoi pas. Des prêtres homosexuels ? Bah, du moment qu'ils s'aiment... Or on ne construit pas la Foi Catholique en l'adaptant aux tendances du jour : les Evangiles n'ont pas été écrits après consultation de Madame Soleil, et le relativisme n'est pas le propre d'une religion cohérente capable de guider les hommes dans les difficultés de la vie.
 
Pro Liturgia

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Samedi 13 juin 2009

Les valeurs objectives de la loi naturelle continuent à être la base d'une éthique universelle, conclut un document publié récemment par la Commission théologique internationale. L'Osservatore Romano a publié un article du professeur dominicain français Serge-Thomas Bonino, de la Commission Théologique Internationale, qui présente ce document. Dans ce texte, la prestigieuse Commission souligne la nécessité d'un consensus sur des valeurs éthiques objectives et universelles qui devraient être encouragées pour éviter les hauts et les bas de l'opinion publique et la manipulation des gouvernements. « Ces valeurs peuvent, par exemple, assurer aux droits de l'homme une base plus solide que le fragile positivisme juridique », explique le père Bonino. « Ceux-ci doivent se fonder sur ce qui définit l'être humain comme humain, et donc sur la nature humaine qui se réalise concrètement en chaque personne, quelle que soit sa race, sa culture ou sa religion », ajoute-t-il. 

 

 

Le document de la C.T.I. suggère que la loi naturelle comme base de l'éthique continue à être valable, dans une culture qui élève l'individu comme référent ultime qui crée ses propres valeurs et agit en marge de normes éthiques objectives, servant une idéologie peu préoccupée par la dignité humaine. La Commission Théologique Internationale veut contribuer de cette manière au débat sur la recherche de l'éthique universelle et combattre la séparation croissante entre l'ordre éthique d'un côté et l'ordre économique, social, juridique et politique de l'autre. Ces derniers secteurs de l'activité humaine cherchent à se développer sans références normatives à un bien moral, objectif et universel, constate le document. La Commission signale deux alternatives à l'époque actuelle : ou la mondialisation avance « plus ou moins régulée par un cadre juridique purement positif, incapable d'endiguer à long terme l'arbitrage et le droit du plus fort. Ou bien les hommes prennent en main le processus pour l'orienter en fonction de finalités proprement humaines ». Les experts rappellent en ce sens que la doctrine de la loi naturelle affirme justement que « les personnes et les communautés humaines sont capables, à la lumière de la raison, de reconnaître les orientations fondamentales d'un agir moral conforme à la nature même du sujet humain et de l'exprimer de manière normative sous forme de préceptes et de commandements ». « De tels préceptes fondamentaux, objectifs et universels sont appelés à fonder et à inspirer l'ensemble des déterminations morales, juridiques et politiques qui régulent la vie des hommes et des sociétés », ajoute cette doctrine. La doctrine de la loi naturelle comme fondement de l'ordre éthique et politique est développée dans le Catéchisme de l'Eglise catholique (1954-1960) et dans l'Encyclique Veritatis Splendor (40-53). Le pape Benoît XVI a aussi présenté la loi naturelle comme une réponse au relativisme éthique et l'a défendue comme garantie inaliénable de la personne. Le nouveau document de la Commission Théologique Internationale s'inspire de la doctrine élaborée par Saint Thomas d'Aquin, et incorpore aussi des éléments nouveaux. « Pour proposer la loi naturelle dans le contexte actuel, il faut en effet la libérer des présentations caricaturales qui l'ont rendue incompréhensible pour beaucoup de nos contemporains, et mettre à profit les récents éléments innovants de la théologie morale catholique », avertit le père Bonino. Le document rappelle qu'il existe déjà un patrimoine éthique commun, comme le témoignent les nombreuses convergences entre les traditions culturelles et les religions du monde. Il s'oppose aussi à une vision rationaliste de la loi naturelle, même s'il défend sa dimension rationnelle, et indique que « l'appel intérieur à suivre le bien comme tel est l'expérience fondatrice de toute la morale ». « Le sujet moral se met à l'écoute de son être profond et, au moyen de la raison, il fait émerger les exigences morales qui indiquent les inclinations ontologiques qui structurent sa nature », explique le second chapitre du document. Le chapitre suivant traite des bases théoriques de la loi naturelle et de leurs justifications rationnelles comme fondement ultime de l'éthique, liée à la métaphysique de la création. Dans le dernier chapitre, la Commission souligne le « changement profond de perspective dans la présentation de la loi naturelle » offerte par Jésus-Christ. « A la lumière de la foi, le chrétien reconnaît en Jésus Christ le Logos Eternel qui préside à la création et qui, s'étant incarné, s'est présenté aux hommes comme la Loi vivante, le critère d'une vie humaine conforme à la loi naturelle », explique le théologien. « La loi naturelle n'est donc pas abolie, mais est portée à son accomplissement par la loi nouvelle de la charité », a-t-il conclu.


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Mardi 2 juin 2009

« Avant le XIIIe siècle, étant donné que la distinction entre l’ordre naturel et l’ordre surnaturel n’était pas clairement élaborée, la loi naturelle était généralement assimilée à la morale chrétienne. Ainsi le décret de Gratien, qui fournit la norme canonique de base au XIIe siècle, commence ainsi : « La loi naturelle est ce qui est contenu dans la Loi et l’Evangile ». Il identifie ensuite le contenu de la loi naturelle avec la règle d’or et précise que les lois divines correspondent à la nature. Les Pères de l’Eglise ont donc eu recours à la loi naturelle ainsi qu’à l’Ecriture sainte pour fonder le comportement moral des chrétiens, mais le Magistère de l’Eglise, dans un premier temps, eut peu à intervenir pour trancher des disputes sur le contenu de la loi morale. Lorsque le Magistère de l’Eglise fut amené non seulement à résoudre des discussions morales particulières mais aussi à justifier sa position face à un monde sécularisé, il fit plus explicitement appel à la notion de loi naturelle. C’est au XIXe siècle, spécialement sous le pontificat de Léon XIII, que le recours à la loi naturelle s’impose dans les actes du Magistère. La présentation la plus explicite se trouve dans l’encyclique Libertas praestantissimum (1888). Léon XIII se réfère à la loi naturelle pour identifier la source de l’autorité civile et en fixer les limites. Il rappelle avec force qu’il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes quand les autorités civiles commandent ou reconnaissent quelque chose qui est contraire à la loi divine ou à la loi naturelle. Mais il recourt aussi à la loi naturelle pour protéger la propriété privée contre le socialisme ou encore pour défendre le droit des travailleurs à se procurer par leur travail ce qui est nécessaire à l’entretien de leur vie. Dans cette même ligne, Jean XXIII se réfère à la loi naturelle pour fonder les droits et devoirs de l’homme (encyclique Pacem in terris [1963]). Avec Pie XI (encyclique Casti Connubii [1930]) et Paul VI (encyclique Humanae Vitae [1968]), la loi naturelle se révèle un critère décisif dans les questions relatives à la morale conjugale. Certes, la loi naturelle est de droit accessible à la raison humaine commune aux croyants et aux incroyants et l’Eglise n’en a pas l’exclusivité, mais, comme la Révélation assume les exigences de la loi naturelle, le Magistère de l’Eglise en est constitué le garant et l’interprète. Le Catéchisme de l’Eglise catholique (1992) et l’encyclique Veritatis Splendor (1993) accordent ainsi une place déterminante à la loi naturelle dans l’exposé de la morale chrétienne.

 

Aujourd’hui, l’Eglise catholique invoque la loi naturelle dans quatre contextes principaux. En premier lieu, face à la montée d’une culture qui limite la rationalité aux sciences dures et abandonne au relativisme la vie morale, elle insiste sur la capacité naturelle qu’ont les hommes à saisir par leur raison « le message éthique contenu dans l’être » et à connaître dans leurs grandes lignes les normes fondamentales d’un agir juste conforme à leur nature et à leur dignité. La loi naturelle répond ainsi à l’exigence de fonder en raison les droits de l’homme et elle rend possible un dialogue interculturel et interreligieux capable de favoriser la paix  universelle et d’éviter le « choc des civilisations ». En deuxième lieu, face à l’individualisme relativiste qui considère que chaque individu est source de ses propres valeurs et que la société résulte d’un pur contrat passé entre des individus qui choisissent d’en constituer par eux-mêmes toutes les normes, elle rappelle le caractère non-conventionnel mais naturel et objectif des normes fondamentales qui régissent la vie sociale et politique. En particulier, la forme démocratique de gouvernement est intrinsèquement liée à des valeurs éthiques stables qui ont leur source dans les exigences de la loi naturelle et qui ne dépendent donc pas des fluctuations du consensus d’une majorité arithmétique. En troisième lieu, face à un laïcisme agressif qui veut exclure les croyants du débat public, l’Eglise fait valoir que les interventions des chrétiens dans la vie publique, sur des sujets qui touchent la loi naturelle (défense des droits des opprimés, justice dans les relations internationales, défense de la vie et de la famille, liberté religieuse et liberté d’éducation…), ne sont pas de soi de nature confessionnelle mais relèvent du souci que chaque citoyen doit avoir pour le bien commun de la société. En quatrième lieu, face aux menaces d’abus de pouvoir, voire de totalitarisme, que recèle le positivisme juridique et que véhiculent certaines idéologies, l’Eglise rappelle que les lois civiles n’obligent pas en conscience lorsqu’elles sont en contradiction avec la loi naturelle et elle prône la reconnaissance du droit à l’objection de conscience ainsi que le devoir de désobéissance au nom de l’obéissance à une loi plus haute. La référence à la loi naturelle, loin d’engendrer le conformisme, garantit la liberté personnelle et plaide en faveur des délaissés et de ceux qu’oppriment des structures sociales oublieuses du bien commun ».

 

Extrait de la CTI


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Mercredi 27 mai 2009

« Nous professons avec fidélité et dévotion que le Saint-Esprit procède éternellement du Père et du Fils, non pas comme deux principes, mais comme d'un seul principe, non pas par deux spirations, mais par une seule et unique spiration. C'est ce que la sainte Eglise romaine, mère et maîtresse de tous les fidèles, a jusqu'à maintenant professé, prêché et enseigné ; c'est ce qu'elle tient fermement, prêche, professe et enseigne ; c'est là l'immuable et véritable doctrine des Pères et des Docteurs orthodoxes, aussi bien latins que grecs. Mais parce que certains, en raison d'une ignorance de la Vérité irréfutable sont tombés dans diverses erreurs, nous-mêmes désireux de fermer la route à des erreurs de ce genre, avec l'approbation du saint concile, nous condamnons et réprouvons tous ceux qui oseraient nier que le Saint-Esprit procède éternellement du Père et du Fils, ou qui même, dans une audace téméraire, iraient jusqu'à affirmer que le Saint-Esprit procède du Père et du Fils comme de deux principes et non comme d'un seul »

(Denzinger N°850 - Constitution sur la Trinité Souveraine, le 18 mai 1274 - 2ème Concile de Lyon)

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Lundi 11 mai 2009

NDLR : Nombreuses sont les moqueries et les oppositions, même au sein de l'Eglise, face à la Très Sainte Virginité de Marie. Rappelons-le donc une fois pour toute : un catholique niant la Virginité Perpétuelle d'esprit, d'âme et de corps (même après l'enfantement = virginité "in partu") de la Vierge Marie se trouve dans l'erreur. On ne peut pas se dire "catholique" s'il y a négation de la Virginité Perpétuelle de Marie, ce n'est pas possible. C'est même un véritable blasphème contre la Mère de Dieu que de ne pas croire en Sa pureté et en son entière consécration perpétuelle à Celui qui est le Verbe Incarné de Dieu, Notre Seigneur Jésus-Christ. Avec douceur et fermeté, n’ayez donc pas peur de réaffirmer autour de vous - et même à certains prêtres racontant parfois n'importe quoi sur cette doctrine pourtant capitale - cette Vérité Fondamentale de la Sainte Foi Catholique. Par une Audience Générale du 28 août 1996, Sa Sainteté le Pape Jean-Paul II nous réaffirme ce qu’il faut croire pour rester dans la pleine Vérité de la Sainte Doctrine Catholique :

 
 

 
 
 
1. L'Eglise a toujours manifesté Sa Foi dans la virginité permanente de Marie. Les textes les plus anciens, lorsqu'ils se réfèrent à la Conception de Jésus, la nomment tout simplement "Vierge", laissant toutefois entendre qu'ils considéraient cette qualité comme un fait permanent, se rapportant à son existence tout entière. Les chrétiens des premiers siècles exprimèrent cette conviction de Foi à travers le terme grec "aeiparthenos" - "toujours vierge" - créé pour qualifier de façon unique et efficace la personne de Marie, et exprimer en une seule parole la Foi de l’Église dans Sa virginité permanente. Nous le trouvons employé dans le second Symbole de Foi de Saint Epiphane, en 374, en relation avec l'Incarnation : le Fils de Dieu "s'est incarné c'est-à-dire a été engendré parfaitement de Sainte Marie, LA TOUJOURS VIERGE, par le Saint-Esprit" (Ancoratus, 119, 5 ; DS 44). L'expression "toujours Vierge" est utilisée à nouveau par le IIe Concile de Constantinople (553), qui affirme : "LE VERBE DE DIEU, s'étant incarné dans la Sainte et Glorieuse Mère de Dieu et toujours Vierge Marie est né d'elle" (DS 422). Cette doctrine est confirmée par deux autres Conciles œcuméniques, le Concile de Latran IV (1215) (DS 801) et le IIe Concile de Lyon (1274) (DS 852), ainsi que par le texte de la définition du Dogme de l'Assomption (1950) (DS 3903), où la virginité permanente de Marie est comptée au nombre des raisons de son élévation, corps et âme, à la gloire céleste.
 
2. D'une manière synthétique, la Tradition de l'Église a présenté Marie comme "Vierge avant la naissance, au cours de la naissance, après la naissance", affirmant, à travers l'indication de ces trois moments, qu'Elle n'a jamais cessé d'être vierge. De ces trois affirmations, celle de la virginité "avant la naissance" est, sans aucun doute, la plus importante car elle fait référence à la conception de Jésus et touche directement au mystère même de l'Incarnation. Dès le début, elle est constamment présente dans la foi de l'Eglise. La virginité "au cours de la naissance" et "après la naissance", bien qu'elle soit implicitement contenue dans le titre de vierge, qui était déjà attribué à Marie à l'aube de l'Église, devint l'objet d'un approfondissement doctrinal lorsque certains commencèrent explicitement à la mettre en doute. Le Pape Hormisdas précise que "le Fils de Dieu est devenu Fils de l'homme, né dans le temps à la façon d'un homme, ouvrant le sein de sa mère à sa naissance (cf. Lc 2, 23) et, par la puissance de Dieu, n'ôtant pas la virginité de sa mère" (DS 368). La doctrine est confirmée par le Concile Vatican II ou l'on affirme que le Fils premier-né de Marie a eu pour effet "non la perte mais la consécration de son intégrité virginale" (Lumen Gentium N°57). Quant à la virginité après la naissance, il faut tout d'abord remarquer qu'il n'y a pas de raison de penser que la volonté de rester vierge, manifestée par Marie au moment de l'Annonciation (Luc 1, 34), ait changé par la suite. En outre, le sens immédiat des paroles : "Femme, voici ton fils", "Voici ta mère" (Jean 19,26), que Jésus adresse de la Croix à Marie et au disciple préféré laisse supposer une situation qui exclut la présence d'autres enfants nés de Marie. Les détracteurs de la virginité après la naissance ont pensé avoir trouvé un argument probant dans le terme "premier-né", attribué à Jésus dans l'Évangile (Luc 2,7) comme si cette expression laissait supposer que Marie ait engendré d'autres enfants après Jésus. Mais la parole "premier-né" signifie littéralement "enfant qui n'est pas précédé par un autre" et en soi, fait abstraction de l’existence d'autres enfants. En outre, l'évangéliste souligne cette caractéristique de l'Enfant, car la naissance du premier-né était accompagnée de plusieurs célébrations importantes propres à la loi judaïque, indépendamment du fait que la mère ait eu d'autres enfants. Chaque fils unique était donc l'objet de ces obligations, car il était le " premier-né " (cf. Luc 2, 23).
 
3. Selon certain, la virginité de Marie après la naissance serait niés par les textes évangéliques qui rappellent l'existence de quatre "frères de Jésus" : Jacques, Joseph, Simon et Juda (Mt 13, 55-56 ; Mc 6, 3) et de plusieurs sœurs. Il faut rappeler que en hébreu comme en araméen, il n'existe pas de mot particulier pour exprimer la parole "cousin", et que les termes "frère" et "sœur" avaient une signification très large, qui comprenaient plusieurs degrés de parenté. En réalité, le terme "frère de Jésus" indique "les fils" d'une Marie disciple du Christ (cf Matthieu 27,56), qui est désignée de façon significative comme "l'autre Marie" (Matthieu 28,1). Il s'agit de proches parents de Jésus, selon une expression parfois utilisées dans l'Ancien Testament (CCC, n.500). La Très Sainte Vierge est donc la "toujours vierge". Cette prérogative est la conséquence de la Maternité Divine, qui l'a totalement consacrée à la Mission Rédemptrice du Christ.





Lien : La Virginité Perpétuelle de Marie (Catéchisme de l'Eglise Catholique N°496-501)







PRINCIPAUX ET BREFS RAPPELS DOCTRINAUX

SUR LA VIRGINITE PERPETUELLE

 

   

1. « Si quelqu'un ne confesse pas, selon les saints Pères, en un sens propre et véritable, Mère de Dieu la sainte, toujours vierge et immaculée Marie, puisque c'est en un sens propre et véritable Dieu Verbe lui-même, engendré de Dieu le Père avant tous les siècles, qu'elle a, dans les derniers temps, conçu du Saint-Esprit sans semence et enfanté sans corruption, sa virginité demeurant inaltérable aussi après l'enfantement, qu'il soit condamné ». (CF : DenziNger N°503 - Profession de Foi du Synode de Latran, le 31 octobre 649).

 

2. « De même en effet que la Vierge a gardé avant la conception la pudeur de la virginité, de même après la naissance elle n'a connu aucune atteinte à son intégrité ; car elle a conçu vierge, elle a enfanté vierge, et après la naissance elle a conservé la pudeur de l'incorruption sans qu'elle lui soit enlevée ». (CF : DenziNger N°571 - Profession de Foi du 16ème Concile de Tolède, le 2 mai 693).

 

3. « Lorsque nous scrutons, en recherchant avec une considération, les marques insurpassables des mérites grâce auxquels la reine des cieux, la glorieuse Marie Mère de Dieu portée dans les hauteurs du ciel, resplendit parmi les astres comme l'étoile du matin..., nous jugeons qu'il est digne, ou plutôt qu'il est un devoir, d'inviter tous les fidèles du Christ pour le pardon et la rémission de leurs péchés, à rendre grâces et louanges au Dieu tout-puissant pour l'admirable conception de la Vierge immaculée. Sa providence considérant de toute éternité l'humilité de cette Vierge, voulant réconcilier avec son Créateur la nature humaine assujettie à la mort par la chute du premier homme, en a fait la demeure de son Fils unique en la préparant par le Saint-Esprit ; d'elle il a pu prendre la chair de notre condition mortelle pour racheter son peuple, cependant qu'elle demeurait vierge après son enfantement ». (CF : DenziNger N°1400 - Constitution "Cum praeexcelsa" de Sa Sainteté le pape Sixte IV - 27 février 1477).

 

4. « Mais si la conception du Sauveur est au-dessus de toutes les lois de la nature, sa naissance ne l’est pas moins ; elle est divine. Et ce qui est absolument prodigieux, ce qui dépasse toute pensée et toute parole, c’est qu’il est né de sa Mère qui est demeurée toujours Vierge. De même que plus tard Il sortit de son tombeau, sans briser le sceau qui Le tenait fermé, de même qu’il entra, les portes fermées, dans la maison où étaient ses disciples, de mêmE Encore - pour prendre nos comparaisons dans les phénomènes ordinaires - que les rayons du soleil traversent le verre sans le briser ni l’endommager, ainsi, mais d’une manière beaucoup plus merveilleuse, Jésus-Christ naquit de sa Mère qui conserva le privilège de la Virginité. nous avonS Donc bien raison d’honorer Marie à la fois comme Mère et comme Vierge ». (CF : CATECHISME DU SAINT CONCILE DE TRENTE)


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Dimanche 3 mai 2009

Dire à l’autorité tout ce que nous pensons, et faire tout ce que veut l’autorité. C’est là le secret de l’unité catholique des Evêques avec le Pape, à laquelle aucune des formes où s’exprime la collégialité ne peut déroger. Et moins encore celle de la Conférence Episcopale. La parole vient du verbe « conferre » qui veut dire « apporter ensemble ». Cela suppose donc un organisme fait d’une tête et de membres où chacun a sa part à remplir, dans la pleine conscience de la responsabilité différente de chacun : la responsabilité personnelle des Evêques est particulière, et ne peut pas même être comparée à la responsabilité personnelle du Pape, qui est universelle. Personne n’est surpris qu’un bras ait son mouvement, et que, en même temps, il soit articulé avec le reste du corps ; pourquoi donc être surpris qu’un Evêque seul exerce sa propre autorité légitime, et, en même temps, soit relié avec celle du Pape ?



Si l’on comprenait cela, on ne s’étonnerait pas du fait que la primauté de l’Evêque de Rome requiert elle aussi l’exercice personnel de l’autorité. Certains voudraient en revanche que le Pape ne fasse rien sans avoir réuni auparavant tel ou tel organisme. Mais, lui aussi est un Evêque, avec un pouvoir ordinaire, avec cette différence que, parmi les membres du corps, il a une fonction « capitale », parce qu’elle correspond à la tête, et ne peut donc s’intéresser seulement de soi mais de tout le corps, afin que la communion soit organique. La « communio » de l’Eglise n’est pas vague ou spirituelle, mais hiérarchique et catholique. Si le Concile a déclaré que le Pape et l’Evêque étaient le principe visible et le fondement respectivement de l’unité universelle et de l’unité particulière, cela veut dire que les Conférences Episcopales vivent uniquement de cet apport, et ne peuvent se substituer en aucune manière à la Primauté de l’Evêque de Rome, ni à l’autorité de chaque Evêque, étant donné que eux seuls sont d’institution divine, c’est-à-dire, voulus par Jésus-Christ. Les institutions super-épiscopales, comme le Patriarcat et les Sièges Métropolitains, et les Conférences Episcopales elles-mêmes, sont de droit ecclésiastique positif et, en conséquence, ne sont jamais supérieures à l’autorité épiscopale ordinaire ; très utiles pour exercer la dimension collégiale du gouvernement épiscopal, même si elles sont limitées par plusieurs fonctions, elles restent auxiliaires, et en respect subordonné à la fonction épiscopale dans l’Eglise, parce que le Collège Episcopal est indivisible (Jean Paul II, « Pastores gregis », 63). Le Motu Proprio « Apostolos suos » rappelle aussi QU'ELLES N'ONT PAS DE PREROGATIVES DOCTRINALES, mais servent à coordonner le travail apostolique dans une région. Mais alors, si un Evêque, un prêtre, un théologien, ne peut être en désaccord avec le Magistère du Pape, presque comme si ce dernier était un docteur privé, à plus forte raison une Conférence Episcopale ou son représentant. Jean Paul II rappelle dans l’Encyclique « Veritatis Splendor » (6 août 1993) : « Le dissentiment, fait de contestations délibérées et de polémiques, exprimé en utilisant les moyens de communication sociale, est contraire à la communion ecclésiale et à la droite compréhension de la constitution hiérarchique du Peuple de Dieu. On ne peut reconnaître dans l'opposition à l'enseignement des pasteurs une expression légitime de la liberté chrétienne ni de la diversité des dons de l'Esprit. Dans ce cas, les pasteurs ont le devoir d'agir conformément à leur mission apostolique, en exigeant que soit toujours respecté le droit des fidèles à recevoir la doctrine catholique dans sa pureté et son intégrité : « N'oubliant jamais qu'il est lui aussi membre du peuple de Dieu, le théologien doit le respecter et s'attacher à lui dispenser un enseignement qui n'altère en rien la Doctrine de la Foi » (n.113). Comme cela est d’ailleurs déclaré dans le Motu Proprio « Ad tuendam fidem » qui ordonna d’ajouter au Code de Droit Canon plusieurs paragraphes relatifs à l’obligation de croire, d’adhérer et obéir aux Vérités de la Foi et de la morale proclamées par le Magistère du Pape et des Evêques unis à Lui, en précisant que c’est un élément décisif pour la certitude de la Foi de chaque croyant - un lien visible - ; et proposé de nouveau lors de l’audience générale du 10 mars 1993 sur « La mission doctrinale du Successeur de Pierre », et aussi dans le Discours aux Cardinaux le 21 décembre 1999 sur « l’assistance divine dans le Magistère du Successeur de Pierre », en pleine continuité avec la Foi des siècles, et sans aucune possibilité de lectures « opposées », entre un Pontificat et une autre. Les fidèles se scandalisent quand ils constatent la dissension des Conférences Episcopales et de certains de leurs membres, avec le Siège apostolique – presque un phénomène de néo-gallicanisme – parce que l’obéissance au Pasteur Suprême visible est le propre de la Foi catholique authentique.

 

Fides


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Vendredi 17 avril 2009

Un « fil rouge » relie l’homélie de la Veillée Pascale du Saint-Père, à sa célèbre méditation du Chemin de Croix en 2005, à celle du 22 février 2006 sur le carriérisme, et du mois d’avril suivant sur ceux qui « s’introduisent dans le bercail » et, récemment, à l’homélie de la Messe Chrismale où il déclare que « Le fait de s’unir au Christ suppose le renoncement. Cela comporte que nous ne voulions pas imposer notre propre voie et notre propre volonté ; que nous ne désirions pas devenir tel ou tel autre, mais que nous nous abandonnions à Lui partout, et quelle que soit la manière dont il veut se servir de nous ». Toutefois, il avait déjà exposé cette pensée dans son livre « Introduction au Christianisme » : « Les vrais croyants ne donnent jamais un poids excessif à la lutte pour la réorganisation des formes ecclésiales. Ils vivent de ce que l’Eglise est toujours. Et si l’on veut savoir ce qu’est réellement l’Eglise, il faut aller auprès d’eux. L’Eglise, en effet, n’est pas, qui plus est là où elle s’organise, se dirige, mais au contraire est présente chez ceux qui croient avec simplicité, en recevant en elle le don de la foi qui devient pour eux source de vie […] Cela ne veut pas dire qu’il faut laisser tout comme cela est, et le supporter comme il est. Le fait de supporter peut être aussi un processus hautement actif…’ (ed. Queriniana-Vaticana, 2005, à propos de l’article sur l’Esprit et l’Eglise, en particulier pages 333-337). La foi catholique a besoin d’un pluralisme théologique sain et serein : toute opinion a droit de cité dans l’Eglise, à condition qu’elle puisse présenter des raisons théologiques pertinentes. Pour arriver à cela, il est nécessaire de savoir distinguer entre ce que les chrétiens doivent croire, c’est-à-dire la doctrine proposée avec autorité par le Magistère ecclésiastique comme étant une Vérité divinement révélée (la doctrine sûre, certaine et pure dont parle saint Paul à Timothée), et ce qu’ils croient, c’est-à-dire une opinion qu’ils se sont faite, ou bien l’adhésion à l’opinion d’un théologien. Le pouvoir d’enseigner la Vérité, le Christ l’a donnée seulement à son Eglise. Le Pape mène à sa juste maturation la véritable application du Concile Vatican II, en continuité avec la Tradition, et cela ne se produit qu’en communiquant la doctrine sûre : « Sine doctrina – disait déjà Caton - vita est quasi mortis imago ». Saint Paul parle de doctrine sûre, saine et pure (cf. Tite 1,7-11; 2,1-8) : à notre avis la doctrine est « sûre » si elle est fondée sur Jésus-Christ et sur la Primauté de Pierre ; elle est « saine » si elle est exempte de pensées fallacieuses ; et elle est « pure » si elle est exempte des altérations frauduleuses mondaines. C’est pourquoi Joseph Ratzinger, rappelait alors que l’Eglise ne pouvait changer la foi et en même temps demander aux croyants de lui rester fidèles. Elle est intimement obligée à s’en tenir à la Parole de Dieu, et à la tradition. Cela explique ses gestes. Cela veut dire, comme certains l’ont noté, que le Concile Vatican II n’a créé et n’a nié aucun dogme, et qu’il ne les a pas interprétés d’une manière différente de celle de Tradition. L’indéfectibilité de l’Eglise est précisément ceci : être assistée par l’Esprit-Saint à tel point de ne pas vouloir et de ne pas pouvoir renier la foi transmise par les Apôtres. Ce qu’on appelle la « fracture de l’après-Concile » a été produite par une certaine théologie qui a voulu interpréter de manière arbitraire le Concile, en parlant d’un soi-disant ‘esprit’, différent certes de l’Esprit Saint qui, jusqu’alors, avait guidé l’Eglise (cf. Benoît XVI, Discours à la curie romaine, 22 décembre 2005). C’est ainsi que l’on a commencé à parler de « théologie préconciliaire » à supprimer et à éliminer pour toujours, en y substituant les représentants de la « théologie conciliaire ». Mais, la vraie théologie ne prétend pas être porteuse d’une vérité absolue que tous doivent accepter comme de foi ; une opinion, ou une école théologique ne peut s’imposer comme étant l’unique manière de vivre la foi, et ne peut « excommunier » les autres écoles et els autres opinions. La véritable théologie est seulement une tentative d’interprétation de la doctrine de la foi, toujours fondée sur le dogme, sans mettre avant la Parole de Dieu une opinion humaine. La véritable théologie ne prétend pas éliminer le dogme (en lui enlevant des parties, c’est-à-dire en faisant une sélection entre les « articles de foi »), ni le dépasser (en lui ajoutant de nouveaux « articles de foi »). Et ainsi, la crise actuelle de la foi chez le peuple chrétien est née de l’erreur très grave qui consiste à confondre la théologie avec le Magistère, et le Magistère avec la théologie. Les théologiens sont considérés, ou se considèrent, comme étant plus importants que les Evêques et que le Pape, presque comme les interprètes légitimes de Vatican II, qu’ils auraient « devancé » et puis « inspiré ». La vérité de la foi catholique n’est pas seulement par le Magistère du Pape, et des Evêques unis réellement à Lui.

 

Fides


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Mercredi 18 mars 2009

I) GENERALITES SUR LE MOINDRE MAL

Un "moindre mal" est un mal moindre par rapport à un mal plus grand, mais il demeure toujours un mal ! Dévaliser une banque est un mal que I'on n'aura jamais moralement le droit d’accomplir. Voler et tuer le banquier est un mal plus grave. Voler sans tuer serait donc faire un moindre mal par rapport au second mal, mais cette action demeure un mal, un acte intrinsèquement désordonné que le 7ème commandement de Dieu proscrit absolument. II y a aussi, en face d’un agresseur, la possibilité de tolérer un moindre mal pour éviter un mal plus grave. II est enseigné en morale que I'on peut, par exemple, "aider" un voleur à voler pour éviter d’être tué par lui. Une femme peut tolérer d’être violée plutôt que d’être tuée ou de se suicider.
 


II) LE MOINDRE MAL ET LA CONTRACEPTION DANS LA PENSEE DU MAGISTERE
Le Pape Paul VI, dans l'Encyclique "Humanae Vitae", au numéro 14, a explicitement abordé la question du moindre mal : "En vérité, s’il est parfois licite de tolérer un moindre mal moral afin d’éviter un mal plus grand ou de promouvoir un bien plus grand, il n'est pas permis, même pour de très graves raisons, de faire la mal afin qu'il en résulte un bien (cf. Rm 3, 8), c'est-à-dire de prendre comme objet d'un acte positif de la volonté ce qui est intrinsèquement un désordre et par conséquent une chose indigne de la personne humaine, même avec I'intention de sauvegarder ou de promouvoir des biens individuels, familiaux ou sociaux". Le contexte de I'Encyclique montre clairement la pensée de Paul VI : les époux ne peuvent pas librement choisir le soi-disant moindre mal que serait la contraception. Des époux, par contre, peuvent tolérer les désordres de leur conjoint, tout en leur manifestant, cependant, qu'ils ne les approuvent pas et n'y collaborent que par contrainte morale. Jean-Paul II a repris I'enseignement de Paul VI et a montré qu’il était absolu. Le Saint-Père sait bien, cependant qu'existe la casuistique, c'est-à-dire qu'il peut toujours exister des cas de conscience, particuliers, extraordinaires, qui ont besoin d’être jugés non pas pour créer une jurisprudence générale, mais simplement pour aider à discerner ce qu'il faut moralement ou faire ou tolérer dans ce cas exceptionnel. Dans le numéro 80 de "Veritatis Splendor", Jean-Paul II a rappelé la doctrine morale de I'Eglise selon laquelle existaient des actes intrinsèquement mauvais que I'on n'avait jamais le droit d’accomplir librement. Les actes intrinsèquement mauvais sont ceux qui sont interdits par les commandements de Dieu formulés négativement. Ces commandements obligent toujours et pour toujours. Sur cette question de la contraception, Jean-Paul II avait été très explicite pour le 20ème anniversaire d’"Humanae Vitae", en 1988. Pour lui, la loi promulguée par Paul VI ne souffrait aucune exception. C'était clair, c'est pourquoi malheureusement beaucoup de théologiens moralistes ont protesté.
 


III) CONSEQUENCES POUR L’AME SPIRITUELLE DU CHOIX ECLAIRE D’UN ACTE INTRINSEQUEMENT MAUVAIS, MEME S’IL POURRAIT ETRE DIT MOINDRE MAL
Le Pape Jean-Paul II, dans l’Encyclique "Veritatis Splendor" a voulu faire comprendre, tout de suite après avoir parlé des actes intrinsèquement mauvais, quelles étaient les graves conséquences, pour l’âme, du choix volontaire de tels actes intrinsèquement désordonnés : "En montrant l’existence d’actes intrinsèquement mauvais, l’Eglise reprend la doctrine de l’Ecriture Sainte. L’Apôtre Paul l’affirme catégoriquement : "Ne vous y trompez pas ! Ni impudiques, ni idolâtres, ni adultères, ni dépravés, ni gens de mœurs infâmes, ni voleurs, ni cupides, pas plus qu’ivrognes, insulteurs ou rapaces, n’hériteront du Royaume de Dieu" (1 Co 6, 9-10)." Il a tiré cette conclusion : "De ce fait, les circonstances ou les intentions ne pourront jamais transformer un acte intrinsèquement malhonnête de par son objet en un acte "subjectivement" honnête ou défendable comme choix" (VS 81).
 


IV) L’ETAT ET LE MOINDRE MAL
Le Magistère s’est encore prononcé sur le moindre mal dans l’instruction "Donum Vitae", en 1987. Un Etat n’a pas le droit de faire un moindre mal, en votant des lois contraires à la Loi naturelle par exemple. Il ne peut que tolérer ce qu’il ne peut interdire.


 
V) LE MOINDRE MAL DANS LA PREVENTION DU SIDA
Abordons la difficile question morale tant controversée actuellement : le préservatif en vue de la prévention du sida. Tous les moralistes qui connaissent "Humanae Vitae" et les enseignements de Jean-Paul II savent que le Magistère s’est prononcé sur le caractère intrinsèquement mauvais du préservatif en tant que contraceptif. Peut-on tolérer son emploi pour éviter la contagion du sida ? Le Magistère a été clair pour la loi générale : le préservatif ne peut pas être considéré comme moyen de prévention du Sida. Tous les moralistes devraient être d’accord pour dire que l’enseignement du Magistère est explicite pour dire que le préservatif ne peut pas être admis comme moyen de prévention du sida. Jean-Paul II a été clair en plusieurs occasions. On a bien compris qu’il considérait que l’on ne pouvait jamais considérer qu’il était moral d’utiliser le préservatif, puisque certains l’ont accusé d’être assassin, parce qu’en refusant l’usage du préservatif il serait responsable de l’expansion du sida du fait que les personnes ne se "protègeraient" pas. Rome a été très explicite lors de la Conférence du Caire et de Pékin pour dire que le Saint-Siège ne saurait en aucun cas approuver la contraception ou l’usage de préservatifs comme mesure de planification familiale ou dans les programmes de prévention du H.I.V/Sida (Réserves et déclaration d’interprétation du Saint-Siège n°5).
 
 

VI) Le Magistère A été clair pour dire que le préservatif en tant que "moindre mal" ne pourra jamais être admis moralement
Le préservatif pourrait être, même en demeurant un moyen intrinsèquement désordonné et donc un mal grave, un moindre mal pour celui qui ne voudrait absolument pas suivre les règles morales et qui poserait de toutes manières un acte sexuel désordonné si - et uniquement si - il était fiable. Or les scientifiques compétents sont obligés de constater qu'il ne l’est pas. Voici ce que disait Monseigneur Sgreccia, après la présentation du texte de Rome sur l’éducation sexuelle des enfants : "Mais qui donc publie les résultats les plus récents des recherches scientifiques internationales sur le préservatif et le sida dont les plus optimistes concluent à un taux d’échec de 16% et les plus pessimistes à un taux de d’échec de 30%" (Famille Chrétienne 942, 1-2-1996). L’important texte du Conseil Pontifical pour la Famille, du 8 décembre 1995 dit explicitement au numéro 139 : "Les parents doivent refuser la promotion de ce soi-disant "sexe sûr" ou "sexe plus sûr", qui vient d’une politique dangereuse et immorale, basée sur l’illusion que le préservatif donne une protection adéquate contre le sida". Rome n’a pas écrit cela à la légère mais après consultation des spécialistes en la matière. Le préservatif est donc, pour le Magistère ordinaire actuel, une imparfaite protection parce qu’il n’est pas fiable. Le professeur Lestradet, dans la Conférence aux moniteurs Billings à Antony, en avril 1995, avait affirmé catégoriquement qu’il n’y avait qu’un seul moyen totalement efficace pour un sidéen de ne pas transmettre le sida : la continence absolue. La Tradition morale et spirituelle de l’Eglise demande d’être "tutioriste" = c’est-à-dire de choisir le parti le plus sûr dans tous les cas graves. Or, ici nous nous trouvons dans un cas grave, puisqu’il s’agit de conséquence catastrophique et particulièrement grave : la transmission du virus mortel. Il faut donc absolument être "tutioriste". Il n’est absolument pas moral de poser un acte qui risque de transmettre la mort, même s’il n’y a que 16% de risques de la transmettre. S’il n’y avait qu’1% de risque de la transmettre, la morale nous exigerait de ne pas transmettre la mort. L’opinion morale : "Tu ne dois pas tuer", donc tu dois prendre un préservatif si tu as décidé de faire un acte immoral, ne vaut pas pour ce cas puisque le préservatif, de fait, transmettra la mort dans certains cas ! La prudence morale nous interdit, en tant que conseiller spirituel, de conseiller à un sidéen de poser un acte sexuel avec préservatif. Nous ne pouvons pas lui conseiller de faire un mal intrinsèquement désordonné du point de vue de la morale sexuelle et du point de vue du 5ème commandement. En outre que dirons-nous aux parents du jeune qui aurait été contaminé par le sida à la suite de notre conseil ?
 
 

VII) Quels conseils devons-nous donner ?
Nous sommes tenus de rappeler les commandements de Dieu et l’interprétation authentique qu’en donne l’Eglise. Les commandements formulés négativement ne peuvent pas être transgressés, si l’on veut demeurer dans la Grâce de Dieu et faire son salut. Un sidéen qui voudrait poser un acte homosexuel gravement désordonné est tenu, en conscience, d’obéir à 2 commandements qui l’obligent absolument : le 5ème : "Tu ne commettras pas de meurtre" et le 6ème : "Tu ne commettras pas d’adultère". L’Eglise déclare que l’acte homosexualité est gravement désordonné et que tout acte sexuel en dehors du cadre du mariage est intrinsèquement mauvais. Nous devons dire également que le salut éternel de celui qui choisit délibérément un acte gravement désordonné est compromis s’il ne se convertit pas. Nous pourrions rappeler que la petite Jacinthe a dit que c’était le péché d’impureté qui entraînait le plus d’âmes en enfer. Jacinthe n’avait que 7 ans lorsque le Sainte Vierge lui est apparue en 1917 à Fatima. Elle ne savait pas ce que signifiait le mot impureté. Nous pouvons enfin essayer de demander à celui qui vient nous rencontrer de regarder, contempler Jésus dans sa flagellation. Sainte Thérèse d’Avila s’est définitivement convertie en contemplant ainsi Jésus. Notre interlocuteur pourra comprendre, lui-aussi, combien Jésus nous a aimés pour accepter de souffrir tout ce qu’Il a souffert à la Passion et particulièrement dans sa flagellation. Il comprendra aussi qu’Il est aimé personnellement, tel qu’il est, par Jésus et que, s’il prie et d’ouvre à sa grâce, il pourra vivre selon ses commandements. Il est possible pour tous de vivre la chasteté. Le texte de Rome le dit clairement au numéro 19. Cela est conforme à la Tradition de l’Eglise comme le rappelait Pie XII dans un discours à des sages-femmes (DC n°1109 du 2-12-1951) : pour les cas graves où toute maternité est absolument à proscrire, une seule voie restait ouverte : "l’abstention de toute activité complète de la faculté naturelle" (38). Le Saint-Père était conscient de l’objection : une telle abstention est impossible et nul n’est tenu à l’impossible ! Dieu n’oblige pas à l’impossible. Mais Dieu oblige les époux à la continence si leur union ne peut s’accommoder selon les règles de la nature. Donc, en ce cas, la continence est possible. Nous avons comme confirmation de ce raisonnement la doctrine du Concile de Trente : "Dieu ne commande pas de choses impossibles, mais en commandant, il exhorte, et à faire ce que tu peux et à demander ce que tu ne peux pas, et il t’aide afin que tu puisses le faire"" (10).
 
 

Conclusion
Le mal du préservatif en tant que moindre mal ne peut pas être moralement admis :
- puisque les études scientifiques récentes montrent qu’il n’est pas fiable,
- car le Magistère ordinaire enseigne qu’il est possible à tout homme de vivre la chasteté.

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Dimanche 1 mars 2009

Il y a soixante-dix ans, le Cardinal Eugenio Pacelli était élu Pape et prenait le nom de Pie XII. Personne alors ne pouvait concevoir que le collège des Cardinaux et le Collège Episcopale ne doivent être « tous unanimes dans le langage, selon les paroles de l’Apôtre, pour qu’il n’y ait pas de divisions entre vous, mais que vous soyez en parfaite union de pensée et d’intentions » (1 Corinthiens 1, 11). Jean XXIII lui aussi, dans son discours d’ouverture du Concile, pouvait parler « d’adhésion nouvelle ; sereine et tranquille à tout l’enseignement de l’Eglise, dans son intégrité et dans sa précision, tout comme elle brille encore dans les actes conciliaires, de Trente à Vatican I ». Pourrait-on imaginer en effet que l’Eglise, Corps Mystique du Christ, s’exprimât de manière incohérente ? Pourrait-on concevoir l’ecclésiologie de communion, en oubliant ce que le Concile a déclaré sur la Primauté (cf. Lumen Gentium 13, 22 e 23) ? Alors il faut que tous, dans l’Eglise, Evêques, prêtres et fidèles, réfléchissent sur les paroles humbles et bien fondées de notre Saint-Père le Pape Benoît XVI prononcées au Grand Séminaire de Rome et à l’occasion de l’Angélus du 22 février, et fassent cesser les polémiques qui « naissent là où la foi dégénère en intellectualisme, et où l’humilité est remplacée par l’arrogance d’être meilleurs que l’autre. C’est là une caricature de l’Eglise qui devrait former un seul cœur et une seule âme ». Ces paroles manifestent l’exercice de la Primauté dans la patience, et à cette Primauté doit correspondre la docilité humble de tous les catholiques. Le Saint-Père sait que la Primauté a une ‘structure martyrologique’, parce que « la Parole de Dieu n’est pas enchaînée » (2 Timothée 2, 9), et cela vaut pour chaque Pape.

 

La Primauté Pétrinienne existe et œuvre, parce que la communion ecclésiale ne peut être destructrice, au contraire, le Credo la déclare ‘Catholique’. Il convient d’aller, à ce sujet, à tout ce qu’il a écrit, en tant que théologien dans « Introduzione al Cristianesimo » (Introduction au Christianisme) : « Une idée fondamentale est documentaire, dès le début, comme déterminante ; par cette parole on se réfère à l’unité de lieu : c’est seulement la communauté unie à l’Evêque qui est ‘Eglise Catholique’, et non pas les groupes partiels qui, pour n’importe quelle raison, s’en sont détachés. En deuxième lieu, est rappelée ici l’unité des Eglises locales entre elles, qui ne peuvent se fermer sur elles-mêmes, mais ne peuvent rester Eglise qu’en se maintenant ouvertes l’une vers l’autre, formant une unique Eglise […]. Dans l’adjectif ‘catholique’ s’expriment la structure épiscopale de l’Eglise, et la nécessité de l’unité de tous les Evêques entre eux […] » ((ed. Queriniana-Vaticana, 2005, p 335). Après avoir observé que cela n’était pas l’élément premier, il déclare, comme un rappel : « Les éléments fondamentaux de l’Eglise apparaissent plutôt être le pardon, la conversion, la pénitence, la Communion Eucharistique, et à partir de cette dernière, la pluralité et l’unité : pluralité des Eglises locales, qui restent toutefois Eglise uniquement par leur insertion dans l’organisme de l’unique Eglise […]. La constitution épiscopale apparaît sur le fond comme un moyen de cette unité […]. Un autre stade, toujours dans l’ordre des moyens, sera constitué ensuite pas le service de l’Evêque de Rome. Une chose est claire : l’Eglise ne doit pas être pensée en partant de son organisation, mais c’est l’organisation qui doit être comprise en partant de l’Eglise. Toutefois, il est clair dans le même temps que, pour l’Eglise visible, l’unité visible est quelque chose de plus que la simple ‘organisation’ […]. C’est seulement en tant que ‘catholique, c’est-à-dire visiblement Une malgré sa multiplicité, qu’elle correspond à tout ce requiert le Symbole. Dans le monde déchiré et divisé, l’Eglise doit être un signe et un instrument d’unité ; elle doit dépasser les barrières, et réunir les Nations, les races et les classes. Jusqu’à quel point, y compris dans cette tâche, a-t-elle manqué à son devoir, nous le savons assez bien […]. Malgré tout… au lieu de nous limiter à dénigrer le passé, nous devrions surtout nous montrer prêts à accueillir l’appel du présent, en cherchant à ne pas nous limiter à confesser la catholicité du Credo, mais de la réaliser dans la vie de notre monde déchiré » (Ibid. p 336-337).

 

Fides


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Vendredi 23 janvier 2009

Dans de nombreuses Lettres Pastorales, on ne cite plus le Pape comme étant le point de référence de l’authenticité et le garant de la catholicité de l’enseignement épiscopal, mais, le Cardinal, ou le théologien, ou le laïc, même non croyant, ou le moine de renom du moment, en les considérant comme des interprètes autorisés de l’enseignement officiel de l’Eglise. En outre, on donne parfois l’impression que l’on pense que l’une de leurs déclarations, même si elle diffère de la Vérité Catholique, a un poids égal à celui d’une intervention pontificale. On procède de même dans le domaine œcuménique et interreligieux, en considérant que la voix d’un rabbin ou d’un imam puisse exprimer la pensée de tout le peuple juif, ou de tout le monde musulman, alors qu’ils n’ont pas une « hiérarchie », mais seulement des spécialistes ou docteurs « privés », n’étant ni prêtres ni « Evêques » :

 

 


Que s’est-il passé ? En oubliant que "Lumen Gentium" a réaffirmé que l’Eglise était le Peuple de Dieu, ordonné hiérarchiquement, on se livre à une soustraction et à une sourde opposition au Magistère de l’Eglise, constitué par le lien inséparable et nécessaire entre l’Evêque d’une Eglise particulière et le Pasteur Suprême de l’Eglise Universelle. Comme si on pouvait concevoir une « responsabilité locale » non en dépendance étroite et en étroite relation théologique, et donc juridique, avec le Pasteur Suprême. Les historiens considèrent que tout cela a commencé en 1968, avec la contestation de l’Encyclique "Humanae Vitae" de Paul VI. Même si, grâce aux moyens de communication de masse, quelques bribes - sans queue ni tête - de la parole du Pape arrivent à domicile, les fidèles communs ont, toutefois, le droit de la recevoir dans son entier de la part des Pasteurs des Eglises particulières, et des prêtres et des laïcs, leurs collaborateurs. Depuis les Apôtres, ce qui a fait « fonctionner » l’Eglise, a été l’assiduité à l’enseignement, une des conditions pour devenir un seul cœur et une seule âme. C’est la « Traditio » ou transmission de la foi qui se réalise de manière massive dans la catéchèse et dans la liturgie, en particulier dans les homélies. Sans Tradition de la foi, il n’y a pas de réception de la part des fidèles. Le paradoxe auquel on en est arrivé, c’est que l’on parle beaucoup de réception des documents œcuméniques, mais que, dans le même temps on met le « silencieux », ou pire encore, on censure le Magistère Pétrinien. Il est toujours bon de se rappeler que le magistère de l’Evêque n’est authentique que s’il est en communion effective (et affective) avec celui du Pape. Cinq ans après le Concile, le 8 décembre 1970, le Pape Paul VI mit en garde contre « une tendance à reconstruire, en partant des données psychologiques et sociologiques, un Christianisme étranger à la Tradition ininterrompue qui le relie à la foi des Apôtres, et à mettre en relief une vie chrétienne privée d’éléments religieux ». Un tel phénomène produit des divisions et des oppositions dans l’Eglise. Les catholiques ont-ils été peut-être contaminés par l’autocéphalie orthodoxe, ou par le libre arbitre protestant ? S’est-on mis à croire qu’il existait, comme en politique un duumvirat ou un triumvirat entre Rome, Constantinople et Moscou ? Mais cela n’a rien à faire avec les principes catholiques de l’œcuménisme, énoncés par le Concile Vatican II. Que l’on doive attaquer l’Eglise à partir du monde est physiologique, mais que cela doive venir de l’intérieur est préoccupant. Cela conditionne en effet, au moins du point de vue humain, l’efficacité de l’évangélisation. Il n’est pas rare que les fidèles quand ils entendent prêcher un prêtre ou un Evêque, d’une manière différente de celle du Pape, souffrent de la confusion que cela engendre, et demandent l’uniformité de l’enseignement ! C’est une opposition, et parfois un mépris pour l’Eglise actuelle au nom de l’Eglise future, une herméneutique qui marche toujours avec un Pape de retard : ils exaltent aujourd’hui Jean-Paul II, ceux qui l’ont catalogué de réactionnaire et de conservateur quand il était en vie. La désobéissance est un péché à confesser, par le fait aussi qu’il finit par entraîner chez les fidèles l’indifférence envers le Magistère, sans oublier la confusion et la désorientation. Seul le Magistère vivant du Pape et des Evêques en communion avec Lui - nous soulignons « en communion avec Lui » - constitue l’orientation sûre de la barque de l’Eglise même à notre époque, afin d’aider à former le jugement de foi et de morale, pour choisir le bien, et refuser le mal, à la lumière de la Vérité du Christ. Il a confié à Pierre « mes brebis », c’est-à-dire toutes. C’est là l’herméneutique catholique.

 

Fides


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Mardi 16 décembre 2008

Le grand mystère de la sainte nuit de Noël, la contemplation du Verbe Divin fait chair dans la crèche, la douce joie et la paix aimante qui habitent le cœur de tous ceux qui s’approche de Jésus-Christ : tout cela doit nous faire désirer savoir comment s’est réalisée l’Incarnation du Fils de Dieu en Sa Deuxième Personne Divine, et savoir qui est réellement cet enfant si fragile et si grand qui s’offre à notre adoration, à notre amour et à notre imitation…

 

 

 

C’est ainsi que la Révélation Divine nous apprend que Jésus-Christ est une seule personne, une Personne Divine, la seconde personne de la Très Sainte Trinité, et qu’Il possède deux natures : la nature divine, éternellement, consubstantiellement avec le Père et le Saint-Esprit, et la nature humaine, assumée par la Personne Divine du Verbe et unie à la nature divine, dans l’acte même de sa création. Cette nature humaine a été créée par Dieu lorsqu’il a uni un corps virginalement formé du Sang Très Pur de la Très Sainte Vierge Marie, et une âme spécialement produite pour donner vie à ce corps. La nature humaine de Jésus-Christ est exactement semblable à la nôtre (corps et âme, intelligence et volonté, sensibilité etc.) mais comme cette nature ne s’achève pas en elle-même, comme elle ne forme pas un être autonome, Jésus-Christ n’est pas une personne humaine (+). La nature est achevée dans son Unique Personne Divine. Elle est donc la nature humaine d’une Personne Divine. Cette nature humaine est immaculée, sans la moindre ombre de trace de péché. Elle est cependant dans l’état consécutif au péché originel, sujette aux conséquences communes du péché originel que sont la mort et la souffrance. Étant unies dans la Personne Divine du Verbe (union hypostatique), les deux natures de Notre-Seigneur Jésus-Christ, tout en demeurant strictement intègres et distinctes et infiniment distantes, sont indissociables. Quand Notre-Seigneur Jésus-Christ s’offrit en toute volonté, et de manière sanglante sur la Croix, sa mort sera réelle : son corps et son âme se sépareront totalement, mais chacun d’eux, à part de l’autre, demeurera uni à la nature divine.

 

La Sainte Vierge Marie est Mère d’un Fils qui est un seul être et qui est Dieu : elle est Mère de Dieu. La maternité s’achève à la Personne, et la Personne de Notre-Seigneur est Divine. Jésus-Christ ne tient pas sa nature divine de la Sainte Vierge Marie, mais Notre-Dame est Mère de cet être qui est Dieu (tout comme nous ne tenons pas notre âme de nos parents, puisque l’âme est directement créée par Dieu, et pourtant ils sont père et mère de nous tout entiers). La foi est exprimée depuis les origines de l’Église d’une façon très simple et parfaitement exacte, que nous devons, à l’exemple de la Sainte Vierge Marie, conserver et méditer dans notre cœur : Jésus-Christ est l'Unique Vrai Dieu, l'Unique Vrai Homme, et la Sainte Vierge Marie est vraiment Mère de Dieu. Qu’ils soient bénis à jamais !

 

 

*** En rigueur de terme, l'union hypostatique du Verbe commence à l'Incarnation,
c'est-à-dire au "fiat" de la Très Sainte Vierge Marie lors de l'Annonciation





RAPPEL DOCTRINAL CONCERNANT

L’UNION HYPOSTATIQUE DU VERBE INCARNE

 


« Suivant donc les saints pères, nous enseignons tous unanimement que nous confessons un seul et même Fils, notre Seigneur Jésus Christ, le même parfait en divinité, et le même parfait en humanité, le même vraiment Dieu et vraiment homme composé d'une âme raisonnable et d'un corps, consubstantiel au Père selon la divinité et le même consubstantiel à nous selon l'humanité, en tout semblable à nous sauf le péché (voir
He 4,15), avant les siècles engendré du Père selon la divinité, et aux derniers jours le même engendré pour nous et notre salut de la Vierge Marie, Mère de Dieu selon l'humanité, un seul et même Christ, Fils, Seigneur, l'unique engendré, reconnu en deux natures, sans confusion, sans changement, sans division et sans séparation, la différence des natures n'étant nullement supprimée à cause de l'union, la propriété de l'une et l'autre nature étant bien plutôt gardée et concourant à une seule personne et une seule hypostase, un Christ ne se fractionnant ni se divisant en deux personnes, mais un seul et même Fils, unique engendré, Dieu Verbe, Seigneur Jésus Christ, selon que depuis longtemps les prophètes l'ont enseigné de lui, que Jésus Christ lui-même nous l'a enseigné, et que le Symbole des pères nous l'a transmis. Tout ceci ayant donc été formulé par nous avec la plus scrupuleuse exactitude et diligence, le saint concile œcuménique a défini qu'il n'était permis à personne de professer, de rédiger ou de composer une autre confession de foi, ni de penser ou d'enseigner autrement ». (CF : DENZINGER N°301-302-303 - Profession de Foi du IVème Concile œcuménique de Chalcédoine - 22 octobre 451)


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Samedi 13 décembre 2008

« Dignitas Personae », l’Instruction publiée vendredi 12 décembre sur plusieurs questions de bioéthique par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi - et qui met à jour « Donum Vitae » -, exprime un grand « oui » à la vie humaine, depuis la conception jusqu’à la mort naturelle. La première partie rappelle des aspects anthropologiques, théologiques et éthiques, les deuxième et troisième parties concernent la procréation et les problèmes qui ressortent de l’évolution des possibilités scientifiques…

 


 Mgr Rino Fisichella - Mgr Luis Ladaria Ferrer - Fr. Federico Lombardi - Mgr Elio Sgreccia - Prof. Maria Luisa Di Pietro



Pour la procréation, on exclut les techniques de fécondation artificielle hétérologue et homologue, qui substituent l’acte conjugal ; sont considérées comme licites « les interventions qui visent à enlever les obstacles qui s’opposent à la fertilité naturelle », s’ils se présentent comme des thérapies ; on souhaite que soient encouragées par des mesures législatives, la procédure de l’adoption, les recherches et investissements consacrés à la prévention de la stérilité. Pour la fécondation « in vitro » et l’élimination volontaire des embryons, le texte souligne d’une part le grand nombre d’embryons sacrifiés (supérieur à 80%), d’autre part, la technique du transfert multiple des embryons. Technique qui a pour but d’assurer, autant que possible, l’implantation d’au moins un embryon, par un nombre d’embryons supérieur à l’enfant désiré, en prévoyant que plusieurs seront perdus, et que l’on évite une grossesse multiple : un traitement instrumental des embryons. L’Instruction considère comme éthiquement inacceptable « la dissociation de la procréation, du contexte intégralement personnel de l’acte conjugal », et définit « intrinsèquement illicite » l’ICSI, la technique la plus en usage dans l’optique de la plus grande efficacité. La cryoconservation - la congélation d’embryons en prévision d’un second cycle de traitement -, est déclarée « incompatible avec le respect dû aux embryons humains ». A propos des ces embryons considérés comme « orphelins », l’Instruction déclare inacceptables les propositions « d’utiliser ces embryons pour la recherche, ou de les destiner à des usages thérapeutiques » ; parce qu’elles traitent les embryons comme du « matériel biologique », et comportent leur destruction ; de les décongeler et, « sans les raviver, de les utiliser pour la recherche comme s’ils étaient des cadavres normaux » ; de s’en servir pour la « thérapie de l’infertilité » des couples infertiles. De même, la proposition « d’adoption prénatale » de ces embryons, présente des problèmes de caractère éthique. La congélation d’ovocytes est « moralement inacceptable », proposition avancée pour éviter les graves problèmes éthiques posés par la conservation des embryons humains. La réduction embryonnaire est appelée « avortement sélectif intentionnel », qui entend réduire le nombre des embryons ou de foetus présents dans le sein maternel par leur suppression directe. C’est une « pratique abortive précoce » le diagnostic de pré-implantation - forme de diagnostic prénatal liée aux techniques de fécondation artificielle - « finalisée à une sélection qualitative avec la destruction d’embryons, qui s’ensuit ». L’Instruction fait rentrer l’usage des moyens d’interception (techniques qui interceptent l’embryon avant l’implantation dans l’utérus maternel) et de contra-gestation (en provoquant l’élimination de l’embryon à peine implanté), dans le « péché d’avortement ».

A propos des « Nouvelles propositions thérapeutiques qui comportent la manipulation de l’embryon ou du patrimoine génétique humain », on considère comme licites les interventions faites par les techniques d’ingénierie génétique sur les cellules somatiques (tissus et organes du corps) avec une finalité strictement thérapeutique : on affirme en revanche que, dans le cas de thérapie génétique apportée aux cellules souches, dans l’état actuel des recherches « il n’est pas admissible moralement d’agir de manière à ce que les dégâts potentiels qui en découlent se répandent dans la descendance ». Sur l’hypothèse de finalités applicatives de l’ingénierie génétique, différentes des finalités thérapeutiques, pour manipuler, en l’améliorant et en la renforçant, la dotation génétique des individus, le Document déclare que « dans la tentative de créer un type nouveau d’homme, on discerne une dimension idéologique, selon laquelle l’homme prétend se substituer au Créateur ». Le clonage est jugé comme étant intrinsèquement illicite, parce qu’il entend « donner origine à un nouvel être humain, sans lien avec l’acte de donation réciproque entre deux époux, et sans lien aucun avec la sexualité ». Sur le clonage reproductif - celui qui veut déterminer arbitrairement les caractéristiques génétiques d’une autre personne - le Document déclare qu’il représente « une offense grave à la dignité de la personne, et à l’égalité fondamentale entre les hommes ». Le clonage thérapeutique est considéré comme étant plus grave encore (car il veut créer des embryons avec l’intention de les détruire, même si c’est avec l’intention de soigner les malades), parce qu’il est « incompatible avec la dignité humaine ».

 

Le Document (intégralité) encourage le soutien apporté à la recherche concernant l’utilisation de cellules souches adultes, et il faut considérer comme licite l’utilisation des cellules souches qui dérivent du cordon ombilical au moment de l’accouchement, et des tissus de fétus morts de mort naturelle. Ce que l’on appelle le « clonage hybride » représente « une offense à la dignité de l’être humain, à cause du mélange d’éléments humains et animaux ; capables de perturber l’identité spécifique de l’homme : c’est ce qui se passe quand on utilise des ovocytes animaux pour la reprogrammation de noyaux de cellules somatiques humaines. L’expérimentation sur les embryons est considérée comme une source de désordre moral, et le rappel est fort pour les chercheurs à ne pas utiliser « du matériel biologique » d’origine illicite, produit en dehors de leur centre de recherche, ou que l’on trouve dans le commerce.

 



Liens :
Synthèse vaticane concernant l’InstructionPour que la science soit vraiment au service de la vie + Les embryons congelés ? Pas d’issue morale déplore le Vatican + Derrière chaque non de l’Eglise, un grand oui à la vie + Vaccins illicites, congélations d’ovocytes : quelques réponses pratiques + L’embryon humain à la dignité de la personne + Rome défend l’Homme, par Pierre-Olivier Aduin + Dignitas Personae : « Des balises pour éclairer les consciences », par T. Derville


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