Actualités de l'Eglise

Lundi 9 novembre 2009

Le Vatican a annoncé aujourd’hui même (lundi 9 novembre 2009) la promulgation de la loi permettant la conversion des Anglicans qui rejettent les évolutions récentes de leur propre tradition, notamment la reconnaissance des ordinations de femmes ou bien encore celle de la dépravation morale de l'homosexualité. La Constitution Apostolique Anglicanorum coetibus (note complémentaire de la CDF) signée par Sa Sainteté le Pape Benoît XVI doit permettre de « répondre aux nombreuses requêtes parvenues au Saint-Siège par des groupes de prêtres et de fidèles anglicans dans diverses parties du monde ». Le Vatican a assuré que ce texte « ne signifie en aucun cas un changement dans la politique de l'Eglise pour ce qui regarde le célibat sacerdotal ». Ainsi le célibat des prêtres devra être respecté mais la conversion des Anglicans déjà mariés sera examinée « au cas par cas », précise le nouveau texte. La conversion des évêques anglicans mariés ne sera pas possible. Concrètement, les fidèles anglicans désirant entrer dans l'Eglise catholique devront « manifester cette volonté par écrit » et adhérer au « Catéchisme de l'Eglise catholique ». Toutefois, ils pourront conserver une liturgie « propre à la tradition anglicane ». Les anciens anglicans seront regroupés dans des « diocèses spécifiques » (ordinariat personnel du Pape), sur le modèle des diocèses aux armées, « institués après consultation des conférences épiscopales locales ». L'ordinaire, c'est-à-dire l'évêque, devra se rendre tous les cinq ans au Vatican pour une visite "ad limina Apostolorum". Chaque ordinariat « est juridiquement assimilé à un diocèse », précise la Constitution, rappelant que les ordinaires seront nommés par le Pape. Près de 500 000 anglicans se convertiront. Deo Gratias !





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Mardi 20 octobre 2009


L'Eglise catholique est prête à accueillir des anglicans déçus (depuis les graves dérives de ces dernières années), par la mise en place d'une structure canonique propre,
a annoncé mardi matin Son Eminence le Cardinal William Joseph Levada , préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, lors d'une conférence de presse au Vatican. Le Cardinal Levada a annoncé la publication prochaine d'une "Constitution Apostolique" signée par le Pape Benoît XVI pour répondre aux "nombreuses demandes effectuées auprès du Saint-Siège de groupes de religieux et de fidèles anglicans provenant de diverses parties du monde qui veulent entrer en pleine et visible communion" avec l'Eglise catholique. Tout ceci se fera par une structure canonique qui permettra de préserver par exemple leur propre tradition liturgique ou bien encore de prévoir et de "ré-ordonner" [RAPPEL : les ordinations anglicanes sont nulles, voir à ce titre la Bulle Apostolique Apostolicae Curae du Pape Léon XIII ; Ces invalidations sont pleinement et définitivement confirmées par la C.D.F. présidée par le Cardinal Joseph Ratzinger, le 29/06/1998] un ordinaire non-marié (prêtre ou évêque) venant de la tradition anglicane ; d'autres aspects canoniques et doctrinaux seront aussi précisés dans ce document. Les anglicans qui souhaitent revenir dans le giron de l'Eglise catholique romaine près de 500 ans après le schisme anglican, survenu en 1534, sont majoritairement regroupés dans la Traditional Anglican Communion (T.A.C.), a précisé l'agence d'information religieuse I.media. "Ils ont déclaré qu'ils partageaient la foi catholique commune telle qu'elle est exprimée dans le Catéchisme de l'Eglise Catholique et acceptent aussi le ministère pétrinien" a souligné le Cardinal Levada.

Ils s'opposent depuis de longues années aux évolutions ultra-libérales - surtout en matière doctrinale et morale - d'une partie de l'anglicanisme et dénoncent notamment l'ordination sacerdotale et la consécration de femmes ainsi que les bénédictions de mariages homosexuels. En 2007, l'évêque australien Mgr John Hepworth, à la tête de la Traditional Anglican Communion, avait demandé au Pape d'accorder aux fidèles déçus "la pleine communion ecclésiale et sacramentelle". Ils déclarent regrouper près de 500.000 fidèles. A suivre !


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Mardi 22 septembre 2009

Mgr Luigi Ventura, âgé de 64 ans, a été nommé ce mardi par Benoît XVI comme Nonce Apostolique. Il succède à Mgr Fortunato Baldelli, qui a représenté le Saint-Siège en France pendant dix ans, de septembre 1999 à juin 2009. Il a été nommé grand pénitencier, par le pape, avant l'été. Un communiqué de la nonciature apostolique en France précise que Mgr Ventura est né à Borgostallo, dans la province de Brescia, dans le Nord de l'Italie, en décembre 1944. Il a été ordonné prêtre en juin 1969. Titulaire d'un doctorat es Lettres, Mgr Ventura a suivi la formation de « l'école des nonces », l'Académie pontificale ecclésiastique de Rome, avant d'entrer au service de la diplomatie du Saint-Siège. Il a été successivement en poste dans les nonciatures apostoliques du Brésil, de Bolivie et de Grande-Bretagne, puis il a été rappelé à Rome, au service du « Conseil pour les Affaires publiques de l'Eglise », appelé aujourd'hui la Section de la Secrétairerie d'Etat pour les Relations du Saint-Siège avec les Etats. En mars 1995, il a été nommé par Jean-Paul II nonce en Côte d'Ivoire, au Burkina Faso et au Niger et élevé au rang d'archevêque. C'est le cardinal Angelo Sodano, alors Secrétaire d'Etat, qui a présidé son ordination épiscopale. En mars 1999 Mgr Ventura est devenu nonce au Chili, puis au Canada.


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Mardi 7 juillet 2009

« Le Successeur de l'Apôtre Pierre a le devoir de veiller à l'unité de l'Eglise, en soutenant de manière opportune les vocations que la grâce a accordé aux uns et aux autres. Il est la référence visible permanente et le fondement de l'unité des pasteurs comme des fidèles. De tout temps la priorité de l'Eglise est de conduire vers Dieu les hommes, vers une rencontre qui doit être facilité par un témoignage de foi commun à tous les chrétiens. En fidélité à ce mandat, après l'ordination épiscopale conférée illicitement par Mgr Marcel Lefebvre à quatre prêtres le 30 juin 1988, Jean-Paul II institua le 2 juillet suivant la Commission Pontificale Ecclesia Dei. Cet organisme est depuis chargée de collaborer avec les évêques, la Curie Romaine et les milieux traditionalistes concernés afin de faciliter la pleine communion ecclésiale des prêtres et séminaristes, communautés religieuses ou religieux et religieuses individuels jusqu'alors liés à la Fraternité fondée par Mgr Lefebvre et désireux de rester unis au Pape dans l'Eglise catholique tout en conservant leurs traditions spirituelles et liturgiques comme convenu dans l'accord signé le 5 mai 1988 par le Cardinal Ratzinger et Mgr Lefebvre. C'est dans cette ligne et pour servir visiblement la communion universelle de l'Eglise, afin que tous ceux qui ont un vrai désir d'unité puissent la conserver ou la retrouver, que par le Motu Proprio Summorum Pontificum j'ai voulu actualiser, préciser et élargir l'usage du missel romain de 1962. Dans le même esprit et avec le même engagement à favoriser le dépassement des fractures et des divisions au sein de l'Eglise, en l'occurrence de guérir une blessure infectée du tissu ecclésial, j'ai levé l'excommunication qui frappait les évêques ordonnés illicitement par Mgr Lefebvre. J'ai ainsi voulu lever un obstacle à l'ouverture du dialogue et inviter les évêques de la Fraternité Saint-Pie X a reprendre le chemin de la pleine communion avec l'Eglise. Comme je l'ai expliqué dans ma lettre du 10 mars dernier à l'épiscopat catholique, la levée des excommunications constitue une mesure disciplinaire destinée à libérer les personnes du poids de cette grave sanction. Ceci étant, les questions doctrinales demeurent et, tant qu'elles ne seront pas résolues, la Fraternité Saint-Pie X ne jouira d'aucun statut canonique dans l'Eglise. Ses ministres exercent illégitimement leurs ministères. Les questions devant désormais être traitées avec la Fraternité étant essentiellement doctrinales, j'ai décidé, 20 ans après le Motu Proprio Ecclesia Dei et comme je m'étais réservé de le faire, de refondre la Commission Ecclesia Dei en la reliant étroitement à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. Elle se composera désormais d'un Président en la personne du Préfet de la Congrégation de la Doctrine de la Foi, assisté d'un Secrétaire et d'Officials. Secondé par le Secrétaire, le Président soumettra les cas et sujets éminemment doctrinaux à l'étude et au jugement des instances ordinaires de la Congrégation, avant d'en soumettre les résultats aux dispositions du Souverain Pontife. Par cette mesure, j'entends en particulier montrer ma paternelle sollicitude envers la Fraternité Saint-Pie X, dans la perspective de son retour à la pleine communion avec l'Eglise. J'invite vivement tous les fidèles à prier le Seigneur, par l'intercession de Marie, afin que Ut Unum Sint ».


 

 

Lien : Lettre Apostolique "Ecclesiae Unitatem" en forme de Motu Proprio en latin


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Mardi 7 juillet 2009



Encyclique "Caritas in Veritate"











SYNTHESE DE L’ENCYCLIQUE

"CARITAS IN VERITATE"

 

 

« L’Amour dans la Vérité, dont Jésus s’est fait le témoin », c’est « la force dynamique essentielle du vrai développement de chaque personne et de l’humanité tout entière » : Ainsi commence Caritas in Veritate, l’encyclique adressée au monde catholique et « à tous les hommes de bonne volonté ». Dans son Introduction, le Pape rappelle que « la charité est la voie maîtresse de la doctrine sociale de l’Eglise ». D’autre part, à cause du « risque de la comprendre de manière erronée, de l’exclure de la vie morale », elle est reliée à la Vérité. Avec cette mise en garde : « Un Christianisme de charité sans Vérité peut facilement être confondu avec un réservoir de bons sentiments, utiles pour la coexistence sociale, mais n’ayant qu’une incidence marginale » (§ 1-4).
Le développement a besoin de la Vérité. Sans celle-ci, nous dit le Pape, « l’agir social devient la proie d’intérêts privés et de logiques du pouvoir, qui ont pour effets d’entraîner la désagrégation de la société » (§ 5). Benoît XVI s’appesantit sur deux « critères d’orientation de l’action morale » découlant du principe de « l’Amour en Vérité » : la justice et le bien commun. Tout chrétien est appelé à aimer à travers une « voie institutionnelle » influant sur la vie de la cité (pólis), du vivre ensemble (§ 6-7). L’Eglise, répète-t-il, « n’a pas de solutions techniques à offrir » ; toutefois, elle a « une mission de Vérité à remplir » en vue d’une « société à la mesure de l’homme, de sa dignité et de sa vocation » (§ 8-9).

 

Le premier chapitre du document est consacré au Message de Populorum Progressio de Paul VI : «  Sans la perspective d’une vie éternelle - avertit le Pape - le progrès humain demeure en ce monde privé de souffle ». Sans Dieu, le développement devient négatif, « déshumanisé » (§ 10-12). Paul VI, peut-on lire, a souligné « l’importance déterminante de l’Evangile pour l’édification d’une société de liberté et de justice » (§ 13). Dans Humanae Vitae, Paul VI « montre les liens forts qui existent entre éthique de la vie et éthique sociale » (§ 14-15). Le Pape explique le concept de vocation dans Populorum Progressio. « Le développement est vocation » puisqu’il naît d’un appel transcendant ». Il souligne le fait qu’un tel développement est « intégral », car il doit « promouvoir tout homme et tout l’homme ». Et il ajoute : « La foi chrétienne se préoccupe du développement sans s’appuyer sur des privilèges ou sur des positions de pouvoir », « mais uniquement sur le Christ » (§ 16-18). Paul VI met en évidence le fait que « les causes du sous-développement ne sont pas d’abord d’ordre matériel ». Elles résident avant tout dans la volonté, la pensée et d’avantage « dans le manque de fraternité entre les hommes et entre les peuples ». « La société toujours plus globalisée nous rapproche, mais elle ne nous rend pas frères ». Il faut donc se mobiliser, afin que les processus économiques évoluent « vers des formes pleinement humaines » (§ 19-20).

 

Au deuxième chapitre, le Pape traite du Développement humain aujourd’hui. La visée exclusive du profit, n’ayant pas « le bien commun pour but ultime, risque de détruire la richesse et d’engendrer la pauvreté ». Il en vient à citer des exemples de déviances du développement : activités financières « spéculatives », flux migratoires « souvent provoqués » et ensuite gérés de façon inappropriée, et « l’exploitation anarchique des ressources de la terre ». Devant de tels problèmes liés les uns aux autres, le Pape lance un appel à « une nouvelle synthèse humaniste ». Cette crise « nous oblige à reconsidérer notre itinéraire » (§ 21).
Le développement, nous dit le Pape, « est aujourd’hui multipolaire ». « La richesse mondiale croît en terme absolu, mais les inégalités augmentent », avec l’émergence de nouvelles formes de pauvreté. La corruption est présente dans tous les pays, riches ou pauvres ; trop souvent, les entreprises multinationales ne respectent pas les droits des travailleurs. D’ailleurs, « les aides internationales ont souvent été détournées de leur destination, en raison d’irresponsabilités », aussi bien des donateurs que des bénéficiaires. En même temps, dit le Pape, « il existe des formes excessives de protection des connaissances de la part des pays riches à travers l’utilisation trop stricte du droit à la propriété intellectuelle, particulièrement dans le domaine de la santé » (§ 22).
Depuis la fin des « blocs », Jean-Paul II avait demandé une « refonte globale du développement », mais cela  n’est « advenu que partiellement ». Il y a aujourd’hui une « évaluation nouvelle » du rôle des « pouvoirs publics de l’Etat », et on peut espérer un renforcement des « nouvelles formes de participation à la politique nationale et internationale ». Le Pape se tourne ensuite vers la recherche, de la part de pays riches, de lieux où délocaliser les productions à bas coût. « Ces processus ont entraîné l’affaiblissement des réseaux de protection sociale », avec « de graves menaces sur les droits des travailleurs ». A cela, on peut ajouter que « les coupes dans les dépenses sociales, souvent recommandées par les Institutions financières internationales, peuvent laisser les citoyens désarmés face aux risques nouveaux et anciens ». De toute manière, l’on peut constater que des « gouvernements, pour des raisons d’utilité économique, posent souvent des limites à la liberté syndicale ». Avec ce rappel aux gouvernants, à savoir que « l’homme, la personne, dans son intégrité, est le premier capital à sauvegarder et à valoriser » (§ 23-25).
 Sur un plan culturel, la possibilité d’interaction ouvre de nouvelles perspectives de dialogue, avec un double danger cependant. Le premier est celui de l’éclectisme culturel, où toutes les cultures sont considérées comme étant « substantiellement équivalentes ». Le danger opposé est celui du « nivellement culturel », de « l’uniformisation des comportements et des styles de vie » (§ 26). Le Pape se penche ensuite sur le scandale de la faim. Ce qui manque, c’est une « organisation des institutions économiques » en mesure de faire face à une telle urgence. Et de formuler le souhait de « nouvelles frontières » dans les techniques de production agricole et de réforme agraire dans les pays en voie de développement (§ 27). Benoît XVI en vient ensuite à souligner que le respect de la vie « ne peut en aucun cas être disjoint des questions relatives au développement des peuples. Il existe des endroits dans le monde où subsistent des pratiques de contrôle démographique allant « jusqu’à imposer l’avortement ». Dans des pays économiquement avancés, il y a « une mentalité antinataliste que l’on cherche souvent à transmettre à d’autres Etats comme si c’était là un progrès culturel ». En outre, l’on peut « soupçonner les aides au développement d’être parfois liées » à « certaines politiques sanitaires impliquant de fait l’obligation » d’un contrôle des naissances. Sont également préoccupantes les « législations qui admettent l’euthanasie ». « Quand une société s’oriente vers le refus et la suppression de la vie, elle finit par ne plus trouver les motivations et les énergies nécessaires pour œuvrer au service du vrai bien de l’homme » (§ 28). Il y a un autre aspect lié au développement : le droit à la liberté religieuse. Les violences « freinent le développement authentique », et cela « s’applique spécialement au terrorisme de nature fondamentaliste ». En même temps, la promotion de l’athéisme dans de nombreux Pays « s’oppose aux exigences du développement des peuples, en leur soustrayant l’accès aux ressources spirituelles et humaines » (§ 29). Le développement a besoin de l’interaction des divers niveaux de connaissance, mis en harmonie par l’amour (§ 30-31). Il est à espérer que les choix économiques continuent « à se donner comme objectif prioritaire l’accès au travail ou son maintien » pour tous. Benoît XVI nous met en garde contre l’économie « à court, voire très court terme », conduisant à « l’abaissement du niveau de protection des droits des travailleurs » pour donner « au pays une plus grande compétitivité internationale ». Pour cela, il nous exhorte à corriger les dysfonctionnements dans les modèles de développement, comme l’exige « l’état de santé écologique de la planète ». Il conclut avec la mondialisation : « Sans l’orientation de l’Amour dans la Vérité, cet élan planétaire risque de provoquer des dommages inconnus jusqu’alors ainsi que de nouvelles fractures ». Il est urgent de s’atteler à « une tâche inédite et créatrice » (§ 32-33).

 

Fraternité, Développement économique et Société civile, tel est le thème du 3ème chapitre de l’Encyclique, s’ouvrant avec une louange à l’expérience du don, souvent non reconnue « en raison d’une vision de l’existence purement productiviste et utilitariste ». La conviction de l’autonomie de l’économie des « influences de caractère moral » « a conduit l’homme à abuser de l’instrument économique y compris de façon destructrice ». Pour « être authentiquement humain », le développement doit inclure « le principe de gratuité » (§ 34). Ceci est particulièrement vrai en ce qui concerne le marché.
« Sans formes internes de solidarité et de confiance réciproque, le marché ne peut pleinement remplir sa fonction économique ». Le marché « ne peut pas compter seulement sur lui-même », il doit « puiser des énergies morales auprès d’autres sujets » et ne doit pas considérer les pauvres comme étant un « fardeau, mais comme une ressource ». Le marché ne doit pas devenir « le lieu de la domination du fort sur le faible ». La logique marchande doit « viser la recherche du bien commun, que la communauté politique d’abord doit aussi prendre en charge ». Le marché n’est pas négatif par nature. Aussi, c’est l’homme qui est interpellé, ainsi que sa « conscience morale et sa responsabilité ». La crise actuelle montre que « les principes traditionnels de l’éthique sociale, tels que la transparence, l’honnêteté et la responsabilité ne peuvent être négligées ou sous-évaluées ». En même temps, le Pape nous rappelle que l’économie n’élimine pas le rôle de l’Etat, et que l’on a besoin de « lois justes ». Reprenant Centesimus Annus, il dit la « nécessité d’un système impliquant trois sujets : le marché, l’Etat et la société civile », et lance un appel à la « civilisation de l’économie ». Nous avons besoin de « formes d’activité économique caractérisées par une part de gratuité et de communion ». Le marché et la politique a besoin de « personnes ouvertes au don réciproque » (§ 35-39).
La crise actuelle appelle de « profonds changements dans la façon de concevoir l’entreprise ». La gestion de l’entreprise « ne peut pas tenir compte des intérêts de ses seuls propriétaires », mais doit également se préoccuper de la communauté locale. Le Pape mentionne les managers qui, souvent, « ne répondent qu’aux indications des actionnaires », et nous invite à éviter un emploi « spéculatif » des ressources financières (§ 40-41). Le chapitre se termine avec une nouvelle évaluation du phénomène de la mondialisation, qui ne devrait pas se comprendre comme étant seulement un « processus socio-économique ». « Nous ne devons pas en être les victimes, mais les protagonistes, avançant avec bon sens, guidés par la charité et par la vérité ». La mondialisation devrait « favoriser une orientation culturelle personnaliste et communautaire, ouverte à la transcendance », capable d’en « corriger les dysfonctionnements ». Il y a « la possibilité d’une grande redistribution de la richesse au niveau planétaire », mais la diffusion du bien-être ne doit pas être freinée par des projets égoïstes, protectionnistes » (§ 42). 

 

Au 4ème chapitre, l’Encyclique traite du développement des peuples, droits et devoirs, environnement. On peut remarquer la « revendication du droit au superflu » dans les sociétés opulentes, alors que manquent la nourriture et l’eau potable dans certaines régions sous-développées. « Les droits individuels, détachés du cadre des devoirs qui leur confère un sens plénier, s’affolent ». Les droits et les devoirs sont en lien avec un contexte éthique. Cependant, si « les droits de l’homme ne trouvent leur fondement que dans les délibérations d’une assemblée de citoyens », ils peuvent alors « être modifiés à tout moment ». Les gouvernements et les institutions internationales ne doivent pas oublier « l’objectivité et l’ « indisponibilité » des droits » (§43). A ce sujet, l’on peut noter les « problématiques liées à la croissance démographique ». C’est une erreur de « considérer l’augmentation de la population comme la cause première du sous-développement ». Le Pape affirme que la sexualité ne saurait se « réduire à un pur fait hédoniste et ludique ». L’on ne peut réguler la sexualité par des « politiques de planification forcée des naissances ». Et d’ajouter que « l’ouverture moralement responsable à la vie est une richesse sociale et économique ». « Les Etats sont appelés à mettre en œuvre des politiques qui promeuvent le caractère central et l’intégrité de la famille » (§ 44).
« Pour fonctionner correctement, l’économie a besoin de l’éthique ; non pas d’une éthique quelconque, mais d’une éthique amie de la personne ». La même centralité de la personne humaine devrait être le principe moteur dans les « interventions en faveur du développement » de la coopération internationale, et dans lesquelles les bénéficiaires devraient toujours être impliqués. « Les Organismes internationaux devraient s’interroger sur l’efficacité réelle de leurs structures bureaucratiques », « souvent trop coûteuses ». Le Pape remarque que, trop souvent, « les pauvres servent de prétexte pour faire subsister des organisations bureaucratiques coûteuses ». D’où son appel à une « pleine transparence » concernant les fonds reçus (§ 45-47). Les derniers paragraphes de ce chapitre concernent l’environnement. Pour le croyant, la nature est un don de Dieu, à utiliser de manière responsable. C’est dans ce contexte qu’il faut penser le problème de l’énergie. « L’accaparement des ressources » par certains Etats et groupes de pouvoir constitue « un grave obstacle au développement des pays pauvres ». Il faut donc que la communauté internationale trouve « les voies institutionnelles pour réglementer l’exploitation des ressources non renouvelables ». « Les sociétés technologiquement avancées peuvent et doivent diminuer leur propre consommation énergétique », tout en cherchant à « faire progresser la recherche d’énergies alternatives ». Ce qui est requis est « un véritable changement de mentalité », nous amenant « à adopter de nouveaux styles de vie ». Un style qui, jusqu’à présent, dans le monde, « est porté à l’hédonisme et au consumérisme ». L’enjeu décisif est ainsi la « tenue morale de la société dans son ensemble ». Le Pape nous avertit : « Si le droit à la vie et à la mort naturelle n’est pas respecté », « la conscience commune finit par perdre le concept d’écologie humaine et, avec lui, celui d’écologie environnementale » (§ 48-52).

 

La Collaboration de la famille humaine est au cœur du 5ème chapitre, dans lequel Benoît XVI montre que « le développement des peuples dépend surtout de la reconnaissance du fait que nous formons une seule famille ». D’autre part, on peut lire que la religion chrétienne peut contribuer au développement « seulement si Dieu a aussi sa place dans la sphère publique ». Par « la négation du droit de professer publiquement sa religion », la politique devient « opprimante et agressive ». Le Pape nous avertit : « Dans le laïcisme et dans le fondamentalisme, la possibilité d’un dialogue fécond » entre la raison et la foi religieuse s’évanouit. Une rupture qui a « un prix très lourd au regard du développement de l’humanité » (§ 53-56). Le Pape en vient alors au principe de subsidiarité, qui offre une aide à la personne humaine « à travers l’autonomie des corps intermédiaires ». La subsidiarité « est l’antidote le plus efficace contre toute forme d’assistance paternaliste », particulièrement apte à gouverner la mondialisation et à l’orienter vers un véritable développement humain. Les aides internationales « peuvent parfois maintenir un peuple dans un état de dépendance » ; il faut donc que tous les sujets de la société civile y soient impliqués, et pas seulement les gouvernants. « Trop souvent, les aides n’ont servi qu’à créer des marchés marginaux pour les produits de ces pays » (§ 57-58). Le Pape en appelle aux nations économiquement plus avancées de consacrer « un pourcentage plus important » de leur PIB, en respectant les engagements pris. Il se fait l’avocat d’un meilleur accès à l’éducation, et de faire davantage en vue d’une « formation complète de la personne », car le relativisme appauvrit. Un exemple vient du phénomène pervers du tourisme dit sexuel. « Il est douloureux de constater que cela se produit souvent avec l’aval des gouvernements locaux, avec le silence de ceux d’où proviennent les touristes et avec la complicité de nombreux opérateurs de ce secteur » (§ 59-61). Le Pape se penche ensuite sur le phénomène des migrations, caractéristique de notre époque. « Aucun pays ne peut penser être en mesure de faire face seul aux problèmes migratoires de notre temps ». Tout migrant est « une personne humaine » qui « possède des droits fondamentaux inaliénables » et qui doivent « être respectés par tous et en toute circonstance ». Le Pape demande à ce que les travailleurs étrangers ne soient pas considérés comme une marchandise, et montre « le lien étroit existant entre pauvreté et chômage ». Il plaide en faveur d’un emploi décent pour tous, et invite les autorités autres que celles en politique à se mobiliser en faveur des travailleurs dans les pays où les droits sociaux sont violés (§ 62-64). La finance, « après le mauvais usage qui en a été fait et qui a eu des conséquences néfastes sur l’économie réelle », doit redevenir « un instrument visant à une meilleure production de richesses et au développement ». « Les opérateurs financiers doivent redécouvrir le fondement véritablement éthique de leur activité ». En outre, le Pape lance un appel en faveur d’une « réglementation de ce secteur » afin de « protéger les sujets les plus faibles » (§ 65-66). Le dernier paragraphe du chapitre concerne « l’urgence de la réforme de l’Onu comme celle de l’architecture économique et financière internationale ». Il est « urgent que soit mise en place une véritable Autorité politique mondiale », qui cherche à « se conformer de manière cohérente aux principes de subsidiarité et de solidarité ». Une autorité jouissant d’un « pouvoir effectif ». Le Pape conclut avec un appel à instituer « un degré supérieur d’organisation à l’échelle internationale » pour la gouvernance de la mondialisation (§ 67).

 

Le 6ème et dernier chapitre est centré sur le développement des peuples et la technique. Le Pape nous met en garde contre la « prétention prométhéenne » qui voudrait nous faire croire que l’humanité a le pouvoir de « se recréer en s’appuyant sur les prodiges de la technologie ». La technologie ne saurait jouir d’une « liberté absolue ». « Le processus de mondialisation pourrait substituer la technologie aux idéologies » (§ 68-72). Liés au développement technologique sont les « moyens de communication sociale », appelés à promouvoir « la dignité des personnes et des peuples » (§ 73). Un domaine primordial et crucial de « l’affrontement culturel entre la technique considérée comme un absolu et la responsabilité morale de l’homme est aujourd’hui celui de la bioéthique ». Le Pape ajoute : « La raison sans la foi est destinée à se perdre dans l’illusion de sa toute-puissance ». La question sociale est devenue une « question anthropologique ». La recherche sur les embryons, la possibilité du clonage « sont promues dans la culture contemporaine », qui « croit avoir dissipé tous les mystères ». Le Pape dit sa crainte devant « une planification eugénique systématique des naissances » (§ 74-75). Il ajoute : « Le développement doit comprendre une croissance spirituelle, et pas seulement matérielle ». Et de conclure, en nous exhortant à avoir un « cœur nouveau » afin de « dépasser la vision matérialiste des événements humains » (§ 76-77).

 

Dans sa conclusion, le Pape souligne que le développement « a besoin de chrétiens qui ont les mains tendues vers Dieu dans un geste de prière » ; il a besoin « d’amour et de pardon, de renoncement à soi-même, d’accueil du prochain, de justice et de paix » (§78-79).







Liens : Caritas in Veritate, dans la continuité, par l'Abbé Nicola Bux et l'Abbé Salvatore Vitiello« L’enseignement social de l’Eglise n’est pas une troisième voie », par Mgr Follo + Audience générale du 8 juillet 2009  : L´Amour dans la Vérité + La question sociale est une question anthropologique + Caritas in Veritate, une Encyclique durable, par Jean-Yves Naudet + Caritas in Veritate : primauté de la morale, par le Frère Edouard Divry, OP + Unis comme des frères dans la charité, par Jacques Bichot + Caritas in Veritate : le social, le global, et la doctrine, par Antonio GaspariLe cardinal Vingt-Trois présente l’encyclique « Caritas in Veritate » + Promouvoir une « approche éthique » du développement, par Mgr Tomasi + N°75 de l'Encyclique Caritas in VeritateLe cardinal Barbarin commente l’encyclique « Caritas in Veritate » + « Le pape mériterait un ’Nobel’ en économie », affirme un banquier italien + Caritas in veritate : Le secret du renouveau de l’homme et de la société + Caritas in Veritate : l’Eglise inspire mais ne fait pas de politique + Caritas in Veritate : Ni socialiste, ni capitaliste, mais fraternelle et chrétienne + Caritas in veritate, ou « du bon usage de la liberté » + Une encyclique « sur le développement humain intégral », clefs de lecture + Caritas in veritate : Le développement des peuples et la technique + Populorum progressio  : le progrès « a besoin de Dieu »  + « Le développement humain aujourd’hui » et l’impératif du bien commun + Encyclique : « Fraternité, développement économique et société civile » + « La collaboration de la famille humaine », et la responsabilité de chacun + Encyclique : Développement des peuples, droits et devoirs, environnement + Caritas in veritate : La Librairie éditrice du Vatican détient les droits d’auteur + « Caritas in Veritate et théorie du genre », par Mgr Tony Anatrella + « Caritas in Veritate et théorie du genre », par Mgr Anatrella (2) + « Caritas in Veritate et théorie du genre », par Mgr Anatrella (3) + Réflexion du card. Bertone sur l’encyclique « Caritas in veritate » + Réflexion du card. Bertone sur l’encyclique sociale « Caritas in veritate » (2) + Réflexion du card. Bertone sur l’encyclique sociale «Caritas in veritate» (3) + « Sur les causes lointaines de la crise financière », par le card. Bertone (4)


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Mardi 30 juin 2009

Le lundi 29 juin, Solennité des Saints Apôtres Pierre et Paul, le Pape Benoît XVI a présidé la Messe solennelle concélébrée avec 34 Archevêques Métropolitains, auxquels il a remis le Pallium. Comme c’est la coutume, une Délégation du Patriarcat Œcuménique de Constantinople assistait à la cérémonie. Dans l’homélie, le Saint-Père, à partir de la Collecte de la Messe, s’est demandé si nous suivions l’enseignement des grands Apôtres : « Durant l’Année de Saint Paul, qui s’est terminée hier, nous avons cherché à écouter d’une manière nouvelle, lui, le ‘Maître des Nations’, et d’apprendre ainsi à nouveau, l’alphabet de la foi. Nous avons cherché à reconnaître le Christ avec Paul, et par l’intermédiaire de Paul, et de trouver ainsi la voie pour la juste vie chrétienne ». A propos de la première Lettre de Saint Pierre, le Saint-Père a déclaré : « Son centre est la figure du Christ, qui est présenté comme Celui qui souffre et qui aime, comme le Crucifié et le Ressuscité… La Lettre est ensuite une introduction aux Sacrements chrétiens fondamentaux du Baptême et de l’Eucharistie, et un discours adressé aux prêtres, dans lequel Pierre se nomme ‘co-presbytre’ comme eux… Il comprend le ministère sacerdotal totalement à partir du Christ », et il appelle le Christ avec une parole qui veut dire en grec Evêque, parole qui contient dans sa racine le verbe « voir ». « Le Christ est ‘l’Evêque des âmes’, nous dit Pierre. Cela veut dire : Il nous voit dans la perspective de Dieu. En regardant à partir de Dieu, on a une vision d’ensemble, on voit les dangers mais aussi les espérances et les possibilités. Dans la perspective de Dieu, on voit l’essence, on voit l’homme intérieur. Si le Christ est l’Evêque des Ames, l’objectif est d’éviter que l’âme, dans l’homme, s’appauvrisse, l’objectif est de faire en sorte que l’homme ne perde pas son essence, la capacité pour la Vérité et pour l’Amour… Etre évêque, être prêtre, veut dire, dans cette perspective : prendre la position du Christ. Penser, voir, et agir à partir de sa position élevée. A partir de Lui, être à la disposition des hommes, afin qu’ils trouvent la vie ». La parole « évêque » a insisté encore le Saint-Père, s’approche beaucoup de la parole « pasteur », au point que les deux concepts sont interchangeables. « C’est la tâche du pasteur de paître et de garder le troupeau et de la conduire aux vrais pâturages. Paître le troupeau veut dire veiller à ce que les brebis trouvent la nourriture juste, soient rassasiées de leur faim et désaltérées de leur soif. En dehors de cette métaphore, cela veut dire : la Parole de Dieu est la nourriture dont l’homme a besoin. Rendre toujours de nouveau présente la Parole de Dieu, et donner ainsi une nourriture aux hommes, est la tâche du Pasteur droit ». Puis, se référant toujours au discours de Pierre aux presbytres, le Saint-Père a déclaré : « Il ne suffit pas de parler. Les Pasteurs doivent se faire des ‘modèles du troupeau’ ». Puis, toujours à propos de cette Lettre saint Pierre, le Souverain Pontife a rappelé l’exhortation : « Traitez saintement dans vos cœurs le Seigneur Christ, toujours prêts à le défendre contre quiconque vous demande raison de l’espérance qui est en vous » (3, 15). Puis, il a expliqué : « La foi chrétienne est une espérance. Ouvrez la voie à l’avenir. C’est une espérance qui possède la raison ; une espérance dont nous pouvons et dont nous devons exposer la raison. La foi provient de la Raison éternelle qui est entrée dans notre monde, et qui nous a montré le vrai Dieu… Cela fait partie de nos devoirs comme Pasteurs, de pénétrer la foi avec la pensée, pour être en mesure de montrer la raison de notre espérance dans le débat de notre temps. Toutefois, penser, seulement, ne suffit pas… Au-delà de la pensée et du parler, nous avons besoin de l’expérience de la foi, du rapport vital avec Jésus-Christ. La foi ne doit pas rester une théorie, elle doit être vie ». Enfin, le Saint-Père a insisté sur l’affirmation initiale de la Lettre de Pierre, où il dit que le but de notre foi est le salut des âmes (cf. 1, 19), et a déclaré à ce sujet : « Sans la guérison des âmes, sans la guérison de l’homme, de l’intérieur, il ne peut y avoir de salut pour l’humanité. La vraie maladie des âmes, Saint Pierre l’appelle ignorance, c’est-à-dire comme une non connaissance de Dieu. Celui qui ne connaît pas Dieu, celui qui ne le cherche pas au moins sincèrement, reste en dehors de la vraie Vérité… C’est l’obéissance à la Vérité qui rend l’âme pure. Et c’est vivre avec le mensonge qui la souille. L’obéissance à la Vérité commence avec les petites choses du quotidien, qui peuvent souvent être pénibles et douloureuses. Cette obéissance s’étend ensuite jusqu’à l’obéissance sans réserves face à la Vérité même qu’est le Christ ».

 

Au terme de l’homélie, le Pape Benoît XVI s’est adressé aux Archevêques Métropolitains, en déclarant : « Le Pallium rappelle les agneaux et les brebis du Christ, que le Seigneur Ressuscité a confiés à Pierre avec pour tâche de les paître. Il rappelle le troupeau du Christ, que vous, chers Frères, vous devez paître en communion avec Pierre. Il nous rappelle le Christ lui-même qui, comme Bon Pasteur, a pris sur ses épaules la brebis perdue, l’humanité ramenée ensuite dans sa demeure. Il nous rappelle le fait que Lui, le Pasteur Suprême, a voulu se faire Lui-même Agneau, pour se charger dans tout son être du destin de nous tous, pour nous amener à nous guérir de l’intérieur ».


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Vendredi 19 juin 2009

Benoît XVI a reçu ce matin S.B. Ignace Youssef III Younan, le nouveau Patriarche syro-catholique d'Antioche, accompagné de membres de son Synode : La Providence divine, a dit le Pape à ses hôtes, « nous a constitués ministres du Christ et Pasteurs de son unique troupeau. C'est le Christ en personne qui a établi l'Apôtre Pierre comme le rocher sur lequel repose l'édifice spirituel de l'Eglise, demandant à ses disciples de d'avancer unis sous sa conduite puis sous celle de ses successeurs. Au cours de votre histoire plus que millénaire, la communion avec l'Evêque de Rome est toujours allée de pair avec la fidélité à la tradition spirituelle de l'orient chrétien, et toutes deux forment les aspects complémentaires d'un unique patrimoine de foi que professe votre Eglise ». Puis il a rappelé la racine eucharistique de la communion ecclésiale qu'il a accordé au Patriarche après son élection synodale : « De façon très opportune, vous avez voulu montrer, par un signe public, le lien qui vous unit à l'Evêque de Rome et à l'Eglise universelle, au cours de l'Eucharistie célébrée hier en la Basilique Sainte Marie-Majeure. C'est en effet l'Eucharistie qui fonde nos diverses traditions dans l'unité de Esprit, faisant d'elles une richesse pour le peuple de Dieu tout entier. Que la célébration de l'Eucharistie, source et sommet de la vie ecclésiale, vous maintienne ancrés dans la tradition syriaque, qui maintient la langue même du Seigneur et, en même temps, ouvre devant vous l'horizon de l'universalité ecclésiale ! L'Eucharistie est le Pain de Vie qui nourrit vos communautés et les fait toutes grandir dans l'unité et dans la charité. Sachez donc puiser dans l'Eucharistie, sacrement de l'unité et de la communion, la force de dépasser les difficultés que votre Eglise a connues ces dernières années, afin de retrouver les chemins du pardon, de la réconciliation et de la communion ».

 

En conclusion, le Saint-Père a dit sa satisfaction de la pleine reprise du fonctionnement du Synode de l'Eglise syro-catholique : « J'encourage tout effort en vue de favoriser l'unité, la compréhension et le pardon, que vous devrez toujours considérer comme des devoirs prioritaires pour l'édification de l'Eglise de Dieu. Je prie constamment, en outre, pour la paix au Proche-Orient, en particulier pour les chrétiens qui vivent en Irak, dont je présente chaque jour au Seigneur les souffrances ».


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Mardi 16 juin 2009

L'annonce que la Congrégation pour la Doctrine de la Foi supervisera désormais les discussions avec la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X est imminente, affirme son supérieur général.
Mgr Bernard Fellay a révélé à ZENIT que la Congrégation l'avait informé de la publication imminente, d'ici le 20 juin, d'une déclaration de Benoît XVI sous forme de "motu proprio" (de sa propre initiative), sur la nouvelle structure de Ecclesia Dei.

L'évêque a confirmé avoir rencontré, le 5 juin dernier, le Cardinal William Levada, préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. Au cours d'une visite qu'il a effectuée ce lundi à Toronto, le supérieur général a expliqué que la Commission Pontificale Ecclesia Dei, mise en place précisément pour superviser le processus de « guérison » de la fracture qui s'est créée entre la Fraternité et l'Eglise, continuera à être une entité distincte au sein du dicastère de l'Eglise pour les questions doctrinales.

Mgr Fellay a précisé qu'il est probable que le responsable exécutif d'Ecclesia Dei soit un membre de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. « De cette façon, elle sera unie étroitement avec la Congrégation », a-t-il ajouté.


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Mardi 28 avril 2009

Le pape Benoît XVI est venu aujourd'hui dans la région de L'Aquila, dans les Abruzzes, frappée le 6 avril par un séisme. La secousse avait fait près de 300 morts et endommagé plus de 10'000 bâtiments : « Ma pauvre présence parmi vous se veut un signe de ce que le Seigneur crucifié et ressuscité ne vous oublie pas et ne vous abandonne pas. Il n'est pas sourd à l'appel de qui a tout perdu, sa maison, son travail et son épargne, et parfois même des êtres chers ».

 





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Mercredi 22 avril 2009

Envoyé par le Pape à Aoste pour célébrer le 900ème anniversaire de la mort de Saint Anselme, le cardinal Biffi a fait une lectio sur l'inséparabilité entre la foi et la raison. 
Il a tonné contre les « prophètes du néant » et a défendu Benoît XVI après les attaques intra et extra ecclésiales des dernières semaines : c'est au Pape que revient toujours le dernier mot pour les questions d'Église, celles liées à la foi, parce que c'est lui qui est toujours « le point naturel de référence, l'ultime jugement incontestable dans le discours pastoral » :

 

 

Le Cardinal Giacomo Biffi parle à nouveau, après des années de silence. Et il défend de toutes ses forces le pape Benoît XVI, attaqué à plusieurs reprises par « beaucoup de prophètes du néant ».

Il le fait en s'appuyant sur l'archevêque de Canterbury Saint Anselme, le jour où l'Eglise rappelle sa mort survenue en 1109. 
En qualité d'envoyé spécial du Pontife, Mgr Biffi a présidé aujourd'hui dans la cathédrale d'Aoste la messe à l'occasion de la célébration du 900ème anniversaire de la mort de Saint Anselme.
Depuis 2004, quand il a quitté pour raison de limite d'âge le siège archiépiscopal de Bologne, le Cardinal n'a plus exposé ses réflexions en public, à part quelques publications et la prédication des exercices spirituels 2007 du pape (pour le Carême). Aujourd'hui, il décoche des attaques implicites, mais dures, à ceux qui, y compris à l'intérieur de l'Eglise, n'ont pas épargné les critiques contre les récentes positions de Benoît XVI. 
« Ne perdez jamais de vue la fonction de base, et irremplaçable du Siège de Pierre » a dit Mgr Biffi, rappelant la parole de Saint Anselme durant son apostolat en Angleterre. Saint Anselme est resté « seul » comme apparemment semble rester seul, aussi, devant certaines positions de quelques évêques, le pape actuel.
« Anselme - explique le Cardinal dans son homélie - sait qu'à Pierre et à ses successeurs (et pas à d'autres) Jésus a dit : « Confirme tes frères » ; il sait qu'à Pierre et à ses successeurs (et pas aux divers opinionistes de la sainte doctrine, tout savants et géniaux qu'ils soient) Jésus a promis : « Tout ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu dénoueras sur la terre sera dénoué dans les cieux » ; il sait qu'à Pierre et à ses successeurs (et pas à un quelconque collège ecclésiastique ou culturel) Jésus a donné le devoir de faire paître son troupeau tout entier. « Nous non plus, nous ne devons jamais l'oublier : le Siège Apostolique est toujours le point de référence naturel, le jugement ultime pour chaque problème qui concerne la Vérité révélée, la discipline ecclésiale, l'adresse pastorale à choisir ». Le message de l'archevêque de Canterbury est encore actuel, « en ces temps si souvent amenés à écouter, depuis les chaires les plus variées, la voix assurée de tant de prophètes du néant et les discours des laudateurs satisfaits d'un destin humain sans plausibilité, sans signification, sans espérance ». L'ex-évêque de Bologne prend aussi en ligne de mire ceux qui « jugent foi et raison » comme « deux formes de connaissance incompatibles entre elles et entièrement alternatives ».
« Dans la culture d'aujourd'hui, conditionnée et dominée par un subjectivisme absolu s'affirme aussi une vision pessimiste de la connaissance humaine naturelle. L'homme (beaucoup le pensent) n'est en mesure d'atteindre aucune Vérité, qui ne soit provisoire et intrinsèquement relative. Lorsqu'il s'agit des questions qui comptent - sur nos origines, sur les fins ultimes de l'homme, sur une quelconque raison persuasive à notre existence - les certitudes d'aujourd'hui sont tournées en dérision et même culpabilisées. Les questions les plus sérieuses, lorsqu'elles ne sont pas censurées par les diverses idéologies dominantes, ne sont permises que comme précédent et impulsion à la prolifération des doutes ».


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Mardi 14 avril 2009

 

·         L'avion papal atterrira à Amman (Jordanie) vendredi 8 à 14h30 locales. Une heure plus tard le Saint-Père visitera le centre Regina Pacis, puis se rendra au palais royal pour rencontrer le roi Abdullah II.

 

·         Le 9 mai au matin, il se rendra au Mont Nébo (+) (lieu où Moïse est décédé après avoir entrevu la terre promise), visitera l'antique basilique puis bénira la première pierre de l'Université de Madaba (Patriarcat latin de Jérusalem). Le Pape visitera ensuite le Musée hachémite et la mosquée Al-Hussein Bin-Talal de Amman, où il rencontrera les chefs religieux musulmans, le corps diplomatique et les recteurs d'universités jordaniennes. De là il se rendra à la cathédrale melkite pour des vêpres avec les prêtres, religieux, séminaristes et consacrés.

 

·         Dimanche 10, le Saint-Père célébrera la messe sur le stade de la capitale et récitera le Regina Coeli. Puis il se rendra à Béthanie sur le Jourdain, lieu du Baptême de Notre Seigneur, où il posera la première pierre d'une église latine et d'une église melkite.

 

·         Le lendemain, après une messe privée à la nonciature d'Amman, Benoît XVI prendra l'avion pour Tel Aviv (Israël) où il devra arriver à 11h00 locales. Dans l'après-midi, il gagnera Jérusalem pour une visite au chef de l'état, M.Shimon Peres, et ensuite le mémorial Yad Vashem, où il rencontrera les organisations engagées dans le dialogue inter-religieux.

 

·         Mardi 12 mai, le Pape se rendra sur l'esplanade des mosquées et visitera la Coupole du Rocher avec le Grand Mufti de Jérusalem. Il gagnera ensuite le Mur occidental, et rencontrera au centre Hechal Shlomo les deux Grands Rabbins d'Israël. A midi, il récitera le Regina Coeli avec les évêques de Terre Sainte dans la salle du Cénacle, puis visitera la co-cathédrale latine de Jérusalem. Dans l'après-midi, il célébrera une messe dans la vallée de Josaphat.

 

·         Le lendemain matin, Benoît XVI gagnera Béthléem où il prononcera un discours au palais du gouverneur avant de célébrer la messe à 10h00 sur la place de la Crèche. Ensuite il déjeunera  avec les évêques locaux et les franciscains du lieu. A 15h30, le Saint-Père visitera en privé la Grotte de la Nativité (+) avant d'aller à l'hôpital pour enfants. A 16h45, il gagnera le camp de réfugiés d'Aida où il prononcera un discours, puis retournera au palais pour un entretien avec le Président de l'Autorité nationale palestinienne, M.Abou Mazen. Avant de se retirer, il prononcera un autre discours.

 

·         Jeudi 14 mai à 10h00, Benoît XVI célébrera la messe à Nazareth, au Mont du Précipice, avant de déjeuner au couvent franciscain avec les évêques locaux et la communauté religieuse. En milieu d'après-midi, il rencontrera le Premier Ministre d'Israël, puis s'adressera au sanctuaire de l'Annonciation les chefs religieux de Galilée. De retour à la Grotte, il y célébrera à 17h30 les vêpres avec l'épiscopat, le clergé, les ordres religieux et les agents pastoraux de la région.

 

·         Le 15 mai, après sa messe privée au siège de la délégation apostolique de Jérusalem, le Pape participera à une rencontre oecuménique au Patriarcat gréco-orthodoxe de Jérusalem. Puis, il se rendra au Saint-Sépulcre et à l'église patriarcale arménienne de Saint Jacques. De là Benoît XVI gagnera l'aéroport de Tel Aviv d'où l'avion papal décollera à 14h00 locales pour rentrer à Rome Ciampino à 16h50.


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Vendredi 3 avril 2009

Le soir du 1° avril, vers 20h30 environ, est décédé le Cardinal Umberto Betti, âgé de 87 ans, à l’Infirmerie de la maison provinciale des OFM, où il était résident. Comme l’écrit Fr. Valentino Benedetto Ghiglia, OFM, Secrétaire provincial, le Cardinal Betti fut « un remarquable théologien d’une très haute envergure intellectuelle, qui a offert ses services et ses compétences à l’Église, comme enseignant dans les Athénées romaines, mais aussi comme Consulteur de la Commission théologique avant et pendant le Concile, des Congrégations romaines et enfin en dernier comme Recteur de l’Université Pontificale du Latran. Sa Sainteté le Pape Benoît XVI, voulant reconnaître la sagesse théologique et l’admirable service rendu à la communauté des croyants, l’avait créé Cardinal de la Sainte Église Romaine, durant le Consistoire ordinaire publique du 24 novembre 2007 ». Les obsèques du Cardinal Umberto Betti, présidées par le Cardinal Giovanni Battista Re, seront célébrées le vendredi 3 avril, à 16h, en l’église cathédrale de Fiesole. Une seconde liturgie de congé sera célébrée samedi 4 avril, à 11h, en la basilique du Sanctuaire de la Verna, dans le cimetière duquel le Cardinal Betti sera inhumé, selon son désir. Le Cardinal Umberto Betti, de l’ordre franciscain des frères mineurs (OFM), était né à Pieve Santo Stefano, diocèse d’Arezzo-Cortona-Sansepolcro (Italie), le 7 mars 1922. Il fit sa profession perpétuelle dans l’ordre le 31 décembre 1943 et fut ordonné prêtre le 6 avril 1946. Après avoir passé son doctorat en théologie auprès de l’Athénée pontificale Antoniano il a été professeur de théologie dogmatique et éducateur dans les Études théologiques de Sienne et de Fiesole. En 1964, il fut nommé professeur à l’Athénée pontificale Antoniano. En 1961, il fut nommé consulteur de la Commission théologique préparatoire du Concile Vatican II. Nommé expert conciliaire en 1963, il a collaboré activement à l’élaboration des constitutions dogmatiques Lumen Gentium et Dei Verbum. Il a été successivement consulteur de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, consulteur de la Secrétairerie d’État, et consulteur à la Congrégation pour les évêques. De 1991 à 1995, il a reçu la charge de recteur de l’Université Pontificale du Latran. Il est l’auteur de nombreuses publications et l’on se souvient de lui pour ses activités de recherches et ses études, pour la profondeur de sa pensée, pour son dévouement à l’Église, en particulier pour sa contribution donnée dans la réflexion conciliaire.


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Lundi 23 mars 2009


« Soyez témoins de la sainte Vérité

qui rend les hommes et les femmes libres ! »


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Mardi 17 mars 2009

A l’occasion du 150° anniversaire de la mort du Saint Curé d’Ars, Jean-Marie Vianney, le Pape Benoît XVI a annoncé, ce lundi 16 mars, lors de l’audience accordée à la Plénière de la Congrégation pour le Clergé, que, du 19 juin 2009 au 19 juin 2010, se tiendra une « Année Sacerdotale », qui aura le thème suivant : « Fidélité du Christ, fidélité du Prêtre ». Le Saint-Père ouvrira cette Année en présidant les Vêpres, le 19 juin prochain, Solennité du Sacré-Cœur de Jésus et Journée de Sanctification Sacerdotale, en présence des reliques du Curé d’Ars apportées par l’Evêque de Belley-Ars ; il clôturera cette Année le 19 juin 2010, en prenant part à une « Rencontre Mondiale Sacerdotale » Place Saint-Pierre à Rome. Durant cette Année Jubilaire, le Saint-Père proclamera Saint Jean-Marie Vianney « Patron de tous les prêtres du monde ». On publiera aussi à cette occasion le « Directoire pour les Confesseurs et Directeurs Spirituels », ainsi qu’un recueil de textes du Souverain Pontife sur les thèmes essentiels de la mission sacerdotale à l’époque actuelle. La Congrégation pour le Clergé, en accord avec les Ordinaires diocésains et les Supérieurs des Instituts Religieux, s’occupera de promouvoir et de coordonner les différences initiatives spirituelles et pastorales qui seront organisées, pour faire comprendre toujours plus l’importance du rôle et de la mission du prêtre dans l’Eglise et dans la société actuelle, mais aussi la nécessité de renforcer la formation permanente des prêtres, en la reliant à celle des séminaristes.


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Jeudi 12 mars 2009

LETTRE DE SA SAINTETÉ BENOÎT XVI

AUX ÉVÊQUES DE L’ÉGLISE CATHOLIQUE

au sujet de la levée de l’excommunication

des quatre Évêques consacrés par Mgr Lefebvre

 

 

 

 

Chers Confrères dans le ministère épiscopal !

 

La levée de l’excommunication des quatre Évêques, consacrés en 1988 par Mgr Lefebvre sans mandat du Saint-Siège, a suscité, pour de multiples raisons, au sein et en dehors de l’Église catholique une discussion d’une véhémence telle qu’on n’en avait plus connue depuis très longtemps. Cet événement, survenu à l’improviste et difficile à situer positivement dans les questions et dans les tâches de l’Église d’aujourd’hui, a laissé perplexes de nombreux Évêques. Même si beaucoup d’Évêques et de fidèles étaient disposés, à priori, à considérer positivement la disposition du Pape à la réconciliation, néanmoins la question de l’opportunité d’un tel geste face aux vraies urgences d’une vie de foi à notre époque s’y opposait. Inversement, certains groupes accusaient ouvertement le Pape de vouloir revenir en arrière, au temps d’avant le Concile : d’où le déchaînement d’un flot de protestations, dont l’amertume révélait des blessures remontant au-delà de l’instant présent. C’est pourquoi je suis amené, chers Confrères, à vous fournir quelques éclaircissements, qui doivent aider à comprendre les intentions qui m’ont guidé moi-même ainsi que les organes compétents du Saint-Siège à faire ce pas. J’espère contribuer ainsi à la paix dans l’Église.

 

Le fait que le cas Williamson se soit superposé à la levée de l’excommunication a été pour moi un incident fâcheux imprévisible. Le geste discret de miséricorde envers quatre Évêques, ordonnés validement mais non légitimement, est apparu tout à coup comme totalement différent : comme le démenti de la réconciliation entre chrétiens et juifs, et donc comme la révocation de ce que le Concile avait clarifié en cette matière pour le cheminement de l’Église. Une invitation à la réconciliation avec un groupe ecclésial impliqué dans un processus de séparation se transforma ainsi en son contraire : un apparent retour en arrière par rapport à tous les pas de réconciliation entre chrétiens et juifs faits à partir du Concile – pas dont le partage et la promotion avaient été dès le début un objectif de mon travail théologique personnel. Que cette superposition de deux processus opposés soit advenue et qu’elle ait troublé un moment la paix entre chrétiens et juifs ainsi que la paix à l’intérieur de l’Église, est une chose que je ne peux que déplorer profondément. Il m’a été dit que suivre avec attention les informations auxquelles on peut accéder par internet aurait permis d’avoir rapidement connaissance du problème. J’en tire la leçon qu’à l’avenir au Saint-Siège nous devrons prêter davantage attention à cette source d’informations. J’ai été peiné du fait que même des catholiques, qui au fond auraient pu mieux savoir ce qu’il en était, aient pensé devoir m’offenser avec une hostilité prête à se manifester. C’est justement pour cela que je remercie d’autant plus les amis juifs qui ont aidé à dissiper rapidement le malentendu et à rétablir l’atmosphère d’amitié et de confiance, qui – comme du temps du Pape Jean-Paul II – comme aussi durant toute la période de mon pontificat a existé et, grâce à Dieu, continue à exister.

 

Une autre erreur, qui m’attriste sincèrement, réside dans le fait que la portée et les limites de la mesure du 21 janvier 2009 n’ont pas été commentées de façon suffisamment claire au moment de sa publication. L’excommunication touche des personnes, non des institutions. Une ordination épiscopale sans le mandat pontifical signifie le danger d’un schisme, parce qu’elle remet en question l’unité du collège épiscopal avec le Pape. C’est pourquoi l’Église doit réagir par la punition la plus dure, l’excommunication, dans le but d’appeler les personnes punies de cette façon au repentir et au retour à l’unité. Vingt ans après les ordinations, cet objectif n’a malheureusement pas encore été atteint. La levée de l’excommunication vise le même but auquel sert la punition : inviter encore une fois les quatre Évêques au retour. Ce geste était possible une fois que les intéressés avaient exprimé leur reconnaissance de principe du Pape et de son autorité de Pasteur, bien qu’avec des réserves en matière d’obéissance à son autorité doctrinale et à celle du Concile. Je reviens par là à la distinction entre personne et institution. La levée de l’excommunication était une mesure dans le domaine de la discipline ecclésiastique : les personnes étaient libérées du poids de conscience que constitue la punition ecclésiastique la plus grave. Il faut distinguer ce niveau disciplinaire du domaine doctrinal. Le fait que la Fraternité Saint-Pie X n’ait pas de position canonique dans l’Église, ne se base pas en fin de comptes sur des raisons disciplinaires mais doctrinales. Tant que la Fraternité n’a pas une position canonique dans l’Église, ses ministres non plus n’exercent pas de ministères légitimes dans l’Église. Il faut ensuite distinguer entre le niveau disciplinaire, qui concerne les personnes en tant que telles, et le niveau doctrinal où sont en question le ministère et l’institution. Pour le préciser encore une fois : tant que les questions concernant la doctrine ne sont pas éclaircies, la Fraternité n’a aucun statut canonique dans l’Église, et ses ministres – même s’ils ont été libérés de la punition ecclésiastique – n’exercent de façon légitime aucun ministère dans l’Église.

 

À la lumière de cette situation, j’ai l’intention de rattacher à l’avenir la Commission pontificale " Ecclesia Dei " – institution compétente, depuis 1988, pour les communautés et les personnes qui, provenant de la Fraternité Saint-Pie X ou de regroupements semblables, veulent revenir à la pleine communion avec le Pape – à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. Il devient clair ainsi que les problèmes qui doivent être traités à présent sont de nature essentiellement doctrinale et regardent surtout l’acceptation du Concile Vatican II et du magistère post-conciliaire des Papes. Les organismes collégiaux avec lesquels la Congrégation étudie les questions qui se présentent (spécialement la réunion habituelle des Cardinaux le mercredi et l’Assemblé plénière annuelle ou biennale) garantissent l’engagement des Préfets des diverses Congrégations romaines et des représentants de l’Épiscopat mondial dans les décisions à prendre. On ne peut geler l’autorité magistérielle de l’Église à l’année 1962 – ceci doit être bien clair pour la Fraternité. Cependant, à certains de ceux qui se proclament comme de grands défenseurs du Concile, il doit aussi être rappelé que Vatican II renferme l’entière histoire doctrinale de l’Église. Celui qui veut obéir au Concile, doit accepter la foi professée au cours des siècles et il ne peut couper les racines dont l’arbre vit.

 

J’espère, chers Confrères, qu’ainsi a été éclaircie la signification positive ainsi que les limites de la mesure du 21 janvier 2009. Cependant demeure à présent la question : cette mesure était-elle nécessaire ? Constituait-elle vraiment une priorité ? N’y a-t-il pas des choses beaucoup plus importantes ? Il y a certainement des choses plus importantes et plus urgentes. Je pense avoir souligné les priorités de mon Pontificat dans les discours que j’ai prononcés à son début. Ce que j’ai dit alors demeure de façon inaltérée ma ligne directive. La première priorité pour le Successeur de Pierre a été fixée sans équivoque par le Seigneur au Cénacle : « Toi… affermis tes frères » (Lc 22, 32). Pierre lui-même a formulé de façon nouvelle cette priorité dans sa première Lettre : « Vous devez toujours être prêts à vous expliquer devant tous ceux qui vous demandent de rendre compte de l’espérance qui est en vous » (I P 3, 15). À notre époque où dans de vastes régions de la terre la foi risque de s’éteindre comme une flamme qui ne trouve plus à s’alimenter, la priorité qui prédomine est de rendre Dieu présent dans ce monde et d’ouvrir aux hommes l’accès à Dieu. Non pas à un dieu quelconque, mais à ce Dieu qui a parlé sur le Sinaï ; à ce Dieu dont nous reconnaissons le visage dans l’amour poussé jusqu’au bout (cf. Jn 13, 1) – en Jésus Christ crucifié et ressuscité. En ce moment de notre histoire, le vrai problème est que Dieu disparaît de l’horizon des hommes et que tandis que s’éteint la lumière provenant de Dieu, l’humanité manque d’orientation, et les effets destructeurs s’en manifestent toujours plus en son sein.

 

Conduire les hommes vers Dieu, vers le Dieu qui parle dans la Bible : c’est la priorité suprême et fondamentale de l’Église et du Successeur de Pierre aujourd’hui. D’où découle, comme conséquence logique, que nous devons avoir à cœur l’unité des croyants. En effet, leur discorde, leur opposition interne met en doute la crédibilité de ce qu’ils disent de Dieu. C’est pourquoi l’effort en vue du témoignage commun de foi des chrétiens – par l’œcuménisme – est inclus dans la priorité suprême. À cela s’ajoute la nécessité que tous ceux qui croient en Dieu recherchent ensemble la paix, tentent de se rapprocher les uns des autres, pour aller ensemble, même si leurs images de Dieu sont diverses, vers la source de la Lumière – c’est là le dialogue interreligieux. Qui annonce Dieu comme Amour "jusqu’au bout" doit donner le témoignage de l’amour : se consacrer avec amour à ceux qui souffrent, repousser la haine et l’inimitié – c’est la dimension sociale de la foi chrétienne, dont j’ai parlé dans l’encyclique Deus caritas est.

 

Si donc l’engagement ardu pour la foi, pour l’espérance et pour l’amour dans le monde constitue en ce moment (et, dans des formes diverses, toujours) la vraie priorité pour l’Église, alors les réconciliations petites et grandes en font aussi partie. Que l’humble geste d’une main tendue soit à l’origine d’un grand tapage, devenant ainsi le contraire d’une réconciliation, est un fait dont nous devons prendre acte. Mais maintenant je demande : Était-il et est-il vraiment erroné d’aller dans ce cas aussi à la rencontre du frère qui "a quelque chose contre toi" (cf. Mt 5, 23 s.) et de chercher la réconciliation ? La société civile aussi ne doit-elle pas tenter de prévenir les radicalisations et de réintégrer – autant que possible – leurs éventuels adhérents dans les grandes forces qui façonnent la vie sociale, pour en éviter la ségrégation avec toutes ses conséquences ? Le fait de s’engager à réduire les durcissements et les rétrécissements, pour donner ainsi une place à ce qu’il y a de positif et de récupérable pour l’ensemble, peut-il être totalement erroné ? Moi-même j’ai vu, dans les années qui ont suivi 1988, que, grâce au retour de communautés auparavant séparées de Rome, leur climat interne a changé ; que le retour dans la grande et vaste Église commune a fait dépasser des positions unilatérales et a atténué des durcissements de sorte qu’ensuite en ont émergé des forces positives pour l’ensemble. Une communauté dans laquelle se trouvent 491 prêtres, 215 séminaristes, 6 séminaires, 88 écoles, 2 instituts universitaires, 117 frères, 164 sœurs et des milliers de fidèles peut-elle nous laisser totalement indifférents ? Devons-nous impassiblement les laisser aller à la dérive loin de l’Église ? Je pense par exemple aux 491 prêtres. Nous ne pouvons pas connaître l’enchevêtrement de leurs motivations. Je pense toutefois qu’ils ne se seraient pas décidés pour le sacerdoce si, à côté de différents éléments déformés et malades, il n’y avait pas eu l’amour pour le Christ et la volonté de L’annoncer et avec lui le Dieu vivant. Pouvons-nous simplement les exclure, comme représentants d’un groupe marginal radical, de la recherche de la réconciliation et de l’unité ? Qu’en sera-t-il ensuite ?

 

Certainement, depuis longtemps, et puis à nouveau en cette occasion concrète, nous avons entendu de la part de représentants de cette communauté beaucoup de choses discordantes – suffisance et présomption, fixation sur des unilatéralismes etc. Par amour de la vérité je dois ajouter que j’ai reçu aussi une série de témoignages émouvants de gratitude, dans lesquels était perceptible une ouverture des cœurs. Mais la grande Église ne devrait-elle pas se permettre d’être aussi généreuse, consciente de la grande envergure qu’elle possède ; consciente de la promesse qui lui a été faite ? Ne devrions-nous pas, comme de bons éducateurs, être aussi capables de ne pas prêter attention à différentes choses qui ne sont pas bonnes et nous préoccuper de sortir des étroitesses ? Et ne devrions-nous pas admettre que dans le milieu ecclésial aussi sont ressorties quelques discordances ? Parfois on a l’impression que notre société a besoin d’un groupe au moins, auquel ne réserver aucune tolérance ; contre lequel pouvoir tranquillement se lancer avec haine. Et si quelqu’un ose s’en rapprocher – dans le cas présent le Pape – il perd lui aussi le droit à la tolérance et peut lui aussi être traité avec haine sans crainte ni réserve.

 

Chers Confrères, durant les jours où il m’est venu à l’esprit d’écrire cette lettre, par hasard, au Séminaire romain, j’ai dû interpréter et commenter le passage de Ga 5, 13-15. J’ai noté avec surprise la rapidité avec laquelle ces phrases nous parlent du moment présent : "Que cette liberté ne soit pas un prétexte pour satisfaire votre égoïsme ; au contraire mettez-vous, par amour, au service les uns des autres. Car toute la Loi atteint sa perfection dans un seul commandement, et le voici : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Si vous vous mordez et vous dévorez les uns les autres, prenez garde : vous allez vous détruire les uns les autres !" J’ai toujours été porté à considérer cette phrase comme une des exagérations rhétoriques qui parfois se trouvent chez saint Paul. Sous certains aspects, il peut en être ainsi. Mais malheureusement ce "mordre et dévorer" existe aussi aujourd’hui dans l’Église comme expression d’une liberté mal interprétée. Est-ce une surprise que nous aussi nous ne soyons pas meilleurs que les Galates ? Que tout au moins nous soyons menacés par les mêmes tentations ? Que nous devions toujours apprendre de nouveau le juste usage de la liberté ? Et que toujours de nouveau nous devions apprendre la priorité suprême : l’amour ? Le jour où j’en ai parlé au grand Séminaire, à Rome, on célébrait la fête de la Vierge de la Confiance. De fait : Marie nous enseigne la confiance. Elle nous conduit à son Fils, auquel nous pouvons tous nous fier. Il nous guidera – même en des temps agités. Je voudrais ainsi remercier de tout cœur tous ces nombreux Évêques, qui en cette période m’ont donné des signes émouvants de confiance et d’affection et surtout m’ont assuré de leur prière. Ce remerciement vaut aussi pour tous les fidèles qui ces jours-ci m’ont donné un témoignage de leur fidélité immuable envers le Successeur de saint Pierre. Que le Seigneur nous protège tous et nous conduise sur le chemin de la paix ! C’est un souhait qui jaillit spontanément du cœur en ce début du Carême, qui est un temps liturgique particulièrement favorable à la purification intérieure et qui nous invite tous à regarder avec une espérance renouvelée vers l’objectif lumineux de Pâques.

 

Avec une particulière Bénédiction Apostolique, je me redis

Vôtre dans le Seigneur - BENEDICTUS PP. XVI 

Du Vatican, le 10 mars 2009


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