Après le délire belge, l’Espagne attaque à son tour le Pape par voie parlementaire toujours au sujet de ses propos salutaires sur la dépravation morale du préservatif. Un groupe de députés a demandé au Parlement de voter une recommandation qualifiant les propos de Benoît XVI de « indubitable attentat contre la santé publique » (NDLR : et ils osent encore parler ces assassins de députés !). Ils demandent par ailleurs que le gouvernement proteste officiellement auprès du Saint Siège, « au nom de la science, de la santé et de l’aide au développement ». Cette requête, présentée mardi dernier, sera débattue par la Commission pour la Coopération internationale. Une initiative qui intervient alors que les rapports sont extrêmement tendus en Espagne entre l’Eglise et le gouvernement socialiste de Zapatero. Le porte-parole de la conférence des évêques espagnols a qualifié les députés à l’origine de cette requête, de « groupuscule peu respectueux de la liberté religieuse », tandis que le cardinal Rouco, archevêque de Madrid, a appelé personnellement le président du Congrès pour lui faire part de son mécontentement. Enfin, pour le cardinal Antonio Cañizares Llovera, nouveau Préfet de la congrégation pour le Culte Divin et pour la Discipline des Sacrements, il s’agit d’une nouvelle douloureuse et d’une offense faite à toute l’Espagne. Le cardinal a demandé que l’on prie à cette intention, ce samedi et dimanche dans les églises espagnoles. Critiquée par une large partie de l’opinion publique, cette résolution ne devrait toutefois pas être adoptée.


« Nous sommes en guerre ! [...face à ceux qui attaquent] les principes les plus fondamentaux de l’enseignement de l’Église ou renient la loi naturelle. (...) Il arrive qu’on entende encore un élu exprimant son opposition personnelle à l’avortement alors même qu’il soutient le droit légal à l’avortement. Nous devons être très clair : une telle personne se place entièrement HORS [souligné par l’évêque] du cadre moral, de l’impératif moral d’Evangelium Vitæ et des autres enseignements de l’Église sur ces questions (…) Ces personnes ont quitté leur place de citoyen de l’Église. Pour le dire plus simplement, ils sont devenus des combattants de la mort et non de la vie. Si vous ou moi soutenons une telle personne qui nous a si nettement fait part de son intention de protéger un frauduleux droit à la mort, un droit à l’avortement, alors nous nous rendons complice de son offensive contre la vie (...) [au niveau constant de l’avortement] Ce sont des milliers de vies humaines chaque jour. Si nous n’avons de cesse de dénoncer cela – avant tout autre chose – nous allons avoir des gens qui vont se lasser de nous, qui voudront qu’on cesse de dire cela. Ils pourront même nous opposer d’autres statistiques sur les tragédies de l’avortement et de la guerre. Nous devons sincèrement partager avec eux notre horreur sur ces choses-là aussi. Mais, au fond, le vrai critère de notre société, c’est celui du traitement que nous réservons aux plus vulnérables d’entre nous (...) Ce n’est PAS [souligné par l’évêque] une question de politique partisane de la part des évêques ou de leurs troupeaux. C’est un zèle pour la vie, sans mélange et fort. C’est prendre soin de la Vérité et avoir de l’attention au salut des âmes. Ce zèle ne peut ni ne doit être négligé même s’il implique qu’on puisse parfois être rabroué par ceux qui voudraient que nous parlions moins. Nous, les évêques, devons en prendre soigneusement note : nos fidèles ont faim de plus de gouvernement, de plus d’unanimité et de plus de courage (…) Comme évêque j’ai la très lourde responsabilité de vous dire ces choses encore et toujours. Cette obligation n’est pas toujours aisée et je suis constamment tenté de dire et de faire plutôt moins que plus. Je suis presque chaque jour confronté à la persuasion de ceux qui voudraient que je me taise. Mais, Dieu aidant, vous et moi nous ne resterons pas silencieux »

 

Source : Le Salon Beige

« L’Eglise vit dans les personnes, et ceux qui veulent connaître l’Eglise, comprendre son mystère, doivent considérer les personnes qui ont vécu et qui vivent son Message, son Mystère ». C’est en ces termes que le Pape Benoît XVI a commencé son discours lors de l’audience du mercredi 22 avril 2009, en montrant, une fois encore, quel est le réalisme extraordinaire de sa manière de comprendre et, surtout, de vivre le Christianisme, c’est-à-dire la rencontre avec l’Avènement, la Personne du Christ. Ceux qui s’arrêtent encore à une lecture de ce Pontificat, empêtrée entre « conservatisme » et « progressisme », entre « nouveau » et « ancien », entre « langue vernaculaire » et « latin », entre « rupture » et « continuité », montrent vraiment qu’ils n’ont pas compris, non seulement la stature logique de Joseph Ratzinger-Pape Benoît XVI, mais aussi et surtout la nature même du Christianisme.

 

 

La foi en Jésus de Nazareth, Seigneur et Christ, se caractérise très exactement par la victoire sur toute compréhension idéologique a priori, et la présence vivante continue du Ressuscité dans son Corps qu’est l’Eglise et qui, précisément « vit dans les personnes ». Le fait que l’Eglise vit dans les personnes, sous-entend la question nécessaire sur « comment » l’homme du XXIème siècle peut, aujourd’hui, rencontrer réellement le Christ, sans qu’une telle rencontre ne soit une fuite sentimentale ou spiritualiste ou, ce qui est équivalent, une réduction rationaliste du Mystère. Toutes les deux, les fuites et les réductions, en effet, ne sont pas adaptées à l’homme qui est un être raisonnable, et, en même temps, capable d’éprouver des sentiments authentiques : elles ne sont pas adaptées à ce que la Bible appelle « le cœur » de l’homme, c’est-à-dire cet ensemble d’exigences et d’évidence qui en constituent le noyau essentiel, avec lequel on peut comparer tout ce qui se passe dans la vie. La réponse au « comment » rencontrer réellement le Christ aujourd’hui, et connaître l’Eglise qui « vit dans les personnes », est discernable dans la coïncidence toujours trop peu comprise, dans le Christianisme, de contenu et de méthode ! Comme l’a rappelé le Saint-Père dans sa récente allocution à la Plénière de la Congrégation du Clergé, « Dans le mystère de l’Incarnation du Verbe, dans le fait donc que Dieu s’est fait un homme comme nous, se trouvent à la fois le contenu et la méthode de l’annonce chrétienne » (16 mars 2009). Voilà pourquoi l’Eglise « vit dans les personnes » ! Parce que l’Incarnation n’est pas seulement une réalité dogmatique concernant l’Homme-Dieu Jésus de Nazareth, mais est, en même temps, la méthode même par laquelle le Seigneur a voulu se révéler et continue, dans le temps de l’Esprit et de l’Eglise, à se révéler, toujours avec la même méthode : en passant par l’humain. Un humain qui ne jouit certainement pas des prérogatives de la très sainte humanité du Christ Seigneur, exempt de toute trace de péché, mais qui, toutefois, peut, puissamment transformé par la grâce sanctifiante, continuer à « frapper » et à fasciner les hommes de notre temps pour le nouveau jugement et le nouveau mode d’action dans la réalité, qui découlent de la rencontre avec le Christ. C’est le mystère toujours nouveau de l’humanité changée par la grâce qui, nous le découvrons toujours, correspond au désir le plus profond de chacun, et rencontre, même chez ceux qui sont les plus lointains, une faveur et un accueil dans lesquels surgit toujours la question : « Mais qui est donc celui-ci ? ». Une telle question est le début de la foi ! Une foi rendue possible précisément par la conscience que contenu et méthode, dans le Christianisme, et du Christianisme, coïncident, parce que « l’Eglise vit dans les personnes ».

 

Fides

En ce temps de Carême offrez plus que jamais vos cœurs tout entiers à Jésus, offrez-Lui toute votre confiance, car ce n’est que par Lui que vous pourrez lutter contre les tentations de Satan. Son arme favorite sera de vous pousser au découragement. Ne le laissez pas faire, puisez dans le Cœur de Jésus la force qu’Il a eu durant sa traversée dans le désert. Soyez certains qu’avec Jésus vous resterez fort et que l’emprise de l’ennemi des âmes glissera sur vous et tombera à terre...

 
 
http://img.over-blog.com/424x250/0/21/41/34/2011/ivankramskoy.jpeg
"Le Christ au désert" par Ivan Kramskoï (XIXème)

 
 
Sur les gros grains :
Père Eternel, par l'Eau et le Sang jaillissant du Coeur de Jésus, donnez-moi la force, donnez-moi la vie. Amen.
 
Sur les petits grains :
Jésus, Ô mon Dieu, venez lutter en moi contre le découragement et toute tentation malveillante. Amen.
 
Prions (après les cinq dizaines) :
Dieu tout puissant Créateur du Ciel et de la Terre, par l’intercession de tous les Saints du Ciel, de la Très Sainte Vierge Marie, de Saint Joseph, des Anges et des Archanges, sous la protection de toutes les messes célébrées par tous Tes Saints Prêtres, demeurant sur Terre comme au Ciel accordez-moi la joie d’être libre et de toujours choisir le chemin de la Sainteté. Amen.

« Ressuscité, Jésus donna aux siens une nouvelle unité, plus forte qu'auparavant, invincible, fondée, non sur les ressources humaines, mais sur la miséricorde divine, qui les a fait se sentir tous aimés et pardonnés par lui. C'est donc l'amour miséricordieux de Dieu qui unit solidement, aujourd'hui comme hier, l'Eglise et qui fait de l'humanité une seule famille ; l'amour divin, qui, par Jésus, crucifié et ressuscité, pardonne nos péchés et nous renouvelle intérieurement. Animé par cette conviction intime, mon bien-aimé prédécesseur, Jean-Paul II, a voulu consacrer ce dimanche, qui est le 2e dimanche de Pâques, à la Miséricorde divine, et il a indiqué à tous le Christ ressuscité comme la source de la confiance et de l'espérance, en accueillant le message spirituel transmis par le Seigneur à sainte Faustine Kowalska, synthétisé dans l'invocation : ‘Jésus, j'ai confiance en toi !’ (Benoît XVI, Regina Caeli du 19 avril 2009) ».

 

 

Comme l’a déclaré le Saint-Père, à l’occasion du quatrième anniversaire de son élection comme Souverain Pontife, c’est la Divine Miséricorde qui fait que nous nous sentons tous aimés et pardonnés par le Seigneur. Le don le plus grand qui jaillit du Sacrifice sauveur du Christ, pour l’humanité tout entière, est précisément la manifestation de Son Amour Miséricordieux qui pardonne. Cet Amour, essence de la Très Sainte Trinité, se répand comme don de grâce dans le cœur de tous ceux qui s’ouvrent à la foi dans le Seigneur Jésus, qui est mort et qui est ressuscité pour nous. Avec l’invocation « Jésus j’ai confiance en Toi », s’exprime l’acte fondamental du chrétien, celui de la confiance inconditionnelle dans le Rédempteur. Le Mystère de la Divine Miséricorde est le cœur de l’annonce chrétienne, et doit, en conséquence, imprégner toute la prédication des ministres sacrés auxquels, le Seigneur lui-même, par une humble religieuse polonaise, Sainte Faustine Kowalska, a fait une promesse extraordinaire : « Dis à mes prêtres que les pécheurs endurcis s’attendriront à leurs paroles, quand ils parleront de ma Miséricorde sans limites, et de la compassion que j’ai pour eux dans mon Cœur. Aux prêtres qui proclameront et qui glorifieront Ma Miséricorde en l’exaltant, je donnerai une force merveilleuse, une onction à leurs paroles, et je bouleverserai le cœur de ceux auxquels ils parleront ». (Petit Journal, 1521) Dans chaque coeur humain, il y a un désir très profond de liberté, que Dieu a mis dans l’être de l’homme, créé à son image et à sa ressemblance. Un bonheur, un amour, qui ne soit pas sous le signe de cette liberté, est impensable. Quand nous étions enfants, la foi demeurait dans notre cœur, parce que nous étions libres, libres vis-à-vis de nous-mêmes, vis-à-vis du monde, et vis-à-vis de l’expérience volontaire et personnelle du péché. On goûtait la saveur typique de la vraie liberté des enfants de Dieu. Nous avons tous besoin de la Divine Miséricorde pour devenir à nouveau libres d’aimer : Dieu et nos frères. Seule la Miséricorde de Dieu a, en effet, le pouvoir de nous libérer de nos péchés, qui nous barrent la route du bonheur. Jésus, le soir de sa Résurrection précisément, en apparaissant aux Apôtres dans le Cénacle, a voulu transmettre, par eux et par leurs successeurs, à tous les prêtres, le pouvoir immense de pardonner les péchés par le Sacrement de la Réconciliation (cf. Jean 20, 19-23). Ce n’est certainement pas un hasard que, précisément, dans les temps forts de l’Année Liturgique, que ce soit l’Avent avec Noël, que ce soit le Carême avec Pâques, les fidèles ressentent le besoin particulier d’aller se confesser, comme s’ils étaient attirés mystérieusement par le mystère ineffable de la Miséricorde Divine. A Sainte Faustine Kowalska elle-même, à propos de la Confession, c’est-à-dire au tribunal de la Miséricorde, Jésus indique une vérité des plus consolantes : « Dis aux âmes où elles doivent chercher la consolation, c'est au Tribunal de la Miséricorde; c'est là qu'ont lieu les plus grands miracles qui se renouvellent sans cesse. Point n'est besoin, pour obtenir ce miracle de faire de lointains pèlerinages, ni de faire étalage d'un quelconque cérémonial, mais il suffit de se jeter avec foi aux pieds de celui qui tient ma place, de lui dire sa misère et le miracle de la Miséricorde Divine se manifestera dans toute sa plénitude. Même si cette âme était en décomposition comme un cadavre, et même si humainement parlant il n'y avait plus aucun espoir de retour à la vie, et que tout semblait perdu, il n'en est pas ainsi selon Dieu, le miracle de la Miséricorde Divine redonnera vie à cette âme dans toute sa plénitude. O malheureux, qui ne profitez pas maintenant de ce miracle de la Miséricorde Divine; en vain vous appellerez, il sera déjà trop tard ». (Petit Journal 1448). Quelle joie immense que de retrouver la liberté perdue avec le péché. D’esclaves, on redevient libres, de morts, on redevient vivants. C’est pourquoi ceux qui font l’expérience d’une vraie conversion, par le pardon inconditionnel du Père, se sentent « renaître » à une vie nouvelle. Combien de fois, de la bouche même des convertis – et nous sommes tous à l’être toujours plus - on a recueilli l’exclamation suivante : « Je suis devenu une autre personne ! ». Oui, quand la liberté pour le bien pour le beau et pour le vrai, redevient une compagne de vie, quand il y a la liberté vis-à-vis du vice et du péché – qui pousse à faire le mal que nous ne voulons pas faire, et à ne pas faire le bien que nous désirons faire – alors, la joie se met de nouveau aux côtés de la liberté, et le cœur éprouve le bonheur d’être redevenu libre pour Dieu, le Bien Suprême.

La Divine Miséricorde est la voie d’accès à la vraie liberté de l’homme. C’est cette vie de grâce elle-même qui, en vertu du pardon demandé et donné, rouvre au pécheur la porte à la Vérité : vérité sur Dieu, sur soi-même. Par sa Résurrection, le Seigneur nous a donné, dans la Divine Miséricorde, la possibilité de voir tous nos péchés remis, si toutefois nous le Lui demandons humblement. Chaque fois que nous allons recevoir le Sacrement de la Réconciliation, nous entrons en contact vivant avec le mystère de la Miséricorde Divine, et, par l’intermédiaire du prêtre qui nous donne l’absolution, nous rencontrons ce même amour qui pardonne, ressenti et reçu par les Apôtres au Cénacle, le soir de Pâques : « Les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez » (Jean 20, 23). Dans cette Parole de Jésus, se trouve la dimension immense de l’Amour Miséricordieux de Dieu pour nous !

 

Fides

Ceux qui utilisent sans cesse l'expression "messe traditionnelle" pour désigner la "forme extraordinaire" du rite romain en arrivent à semer (volontairement ?) la confusion dans l'esprit des fidèles et à trahir aussi bien la lettre que l'esprit du Motu proprio Summorum Pontificum de Benoît XVI. 
Le moins qu'on puisse dire, c'est que cela n'arrange pas les choses...
Est-il juste et légitime de qualifier la messe célébrée selon la forme extraordinaire du rite romain de "messe traditionnelle" ?
Selon l'enseignement de l'Eglise - et des Pontifes romains - la "forme extraordinaire" du rite romain n'est pas davantage "traditionnelle" que la forme actuelle dite "ordinaire". De ce fait, il ne revient pas aux fidèles de déterminer si telle forme serait plus ou moins "traditionnelle" que telle autre forme. En réalité, c'est l'usage liturgique pris dans sa globalité de son histoire qui est, de façon incontestable, "traditionnel". Car comme l'enseigne Benoît XVI, « l'histoire de la liturgie est faite de croissance et de progrès, jamais de rupture » (Cf. Lettre aux évêques précisant le sens du Motu proprio Summorum pontificum). Ainsi, désignant ceux qui préfèrent la forme "extraordinaire" du rite romain, Benoît XVI parle des "fidèles liés à l'ancienne tradition liturgique latine" et non des "fidèles liés à la tradition liturgique latine". Cette distinction mérite d'être ici soulignée.
Par ailleurs, dans l'article 1 de la Présentation générale du Missel romain - Missel dont se sert tous les jours Benoît XVI lorsqu'il célèbre l'Eucharistie - on lit que « les règles d'aujourd'hui qui ont été prescrites en s'appuyant sur la volonté du IIe concile oecuménique du Vatican et le nouveau Missel que l'Eglise de rite romain utilisera désormais pour célébrer la messe prouvent cette attention de l'Eglise, sa foi et son amour inchangés envers ce plus grand des mystères qu'est l'Eucharistie, et témoignent de sa tradition continue et ininterrompue, quelles que soient les nouveautés qui y ont été introduites ».

 

Il est donc clair que la liturgie célébrée avec le Missel romain de 1962 dit "du Bx Jean XXIII" n'est pas considérée comme plus "traditionnelle" par l'Eglise que la liturgie célébrée avec le Missel romain de 2002 dit "de Paul VI".
Rappelons enfin que le Cardinal Ratzinger, au cours d'une conférence donnée à l'abbaye de Fontgombault, avait souligné combien les différences entre les deux formes du rite romain étaient minimes... quand la forme ordinaire est respectée, bien sûr, ce qui est rarement le cas dans nos paroisses !
Est-ce honnête, quand on se veut fidèle aux enseignements du Souverain Pontife, d'employer, pour désigner la forme extraordinaire du rite romain, une terminologie - ici le mot "traditionnel" - qui déforme l'enseignement magistériel et risque d'abuser les fidèles ?

 

Pro Liturgia

Envoyé par le Pape à Aoste pour célébrer le 900ème anniversaire de la mort de Saint Anselme, le cardinal Biffi a fait une lectio sur l'inséparabilité entre la foi et la raison. 
Il a tonné contre les « prophètes du néant » et a défendu Benoît XVI après les attaques intra et extra ecclésiales des dernières semaines : c'est au Pape que revient toujours le dernier mot pour les questions d'Église, celles liées à la foi, parce que c'est lui qui est toujours « le point naturel de référence, l'ultime jugement incontestable dans le discours pastoral » :

 

 

Le Cardinal Giacomo Biffi parle à nouveau, après des années de silence. Et il défend de toutes ses forces le pape Benoît XVI, attaqué à plusieurs reprises par « beaucoup de prophètes du néant ».

Il le fait en s'appuyant sur l'archevêque de Canterbury Saint Anselme, le jour où l'Eglise rappelle sa mort survenue en 1109. 
En qualité d'envoyé spécial du Pontife, Mgr Biffi a présidé aujourd'hui dans la cathédrale d'Aoste la messe à l'occasion de la célébration du 900ème anniversaire de la mort de Saint Anselme.
Depuis 2004, quand il a quitté pour raison de limite d'âge le siège archiépiscopal de Bologne, le Cardinal n'a plus exposé ses réflexions en public, à part quelques publications et la prédication des exercices spirituels 2007 du pape (pour le Carême). Aujourd'hui, il décoche des attaques implicites, mais dures, à ceux qui, y compris à l'intérieur de l'Eglise, n'ont pas épargné les critiques contre les récentes positions de Benoît XVI. 
« Ne perdez jamais de vue la fonction de base, et irremplaçable du Siège de Pierre » a dit Mgr Biffi, rappelant la parole de Saint Anselme durant son apostolat en Angleterre. Saint Anselme est resté « seul » comme apparemment semble rester seul, aussi, devant certaines positions de quelques évêques, le pape actuel.
« Anselme - explique le Cardinal dans son homélie - sait qu'à Pierre et à ses successeurs (et pas à d'autres) Jésus a dit : « Confirme tes frères » ; il sait qu'à Pierre et à ses successeurs (et pas aux divers opinionistes de la sainte doctrine, tout savants et géniaux qu'ils soient) Jésus a promis : « Tout ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu dénoueras sur la terre sera dénoué dans les cieux » ; il sait qu'à Pierre et à ses successeurs (et pas à un quelconque collège ecclésiastique ou culturel) Jésus a donné le devoir de faire paître son troupeau tout entier. « Nous non plus, nous ne devons jamais l'oublier : le Siège Apostolique est toujours le point de référence naturel, le jugement ultime pour chaque problème qui concerne la Vérité révélée, la discipline ecclésiale, l'adresse pastorale à choisir ». Le message de l'archevêque de Canterbury est encore actuel, « en ces temps si souvent amenés à écouter, depuis les chaires les plus variées, la voix assurée de tant de prophètes du néant et les discours des laudateurs satisfaits d'un destin humain sans plausibilité, sans signification, sans espérance ». L'ex-évêque de Bologne prend aussi en ligne de mire ceux qui « jugent foi et raison » comme « deux formes de connaissance incompatibles entre elles et entièrement alternatives ».
« Dans la culture d'aujourd'hui, conditionnée et dominée par un subjectivisme absolu s'affirme aussi une vision pessimiste de la connaissance humaine naturelle. L'homme (beaucoup le pensent) n'est en mesure d'atteindre aucune Vérité, qui ne soit provisoire et intrinsèquement relative. Lorsqu'il s'agit des questions qui comptent - sur nos origines, sur les fins ultimes de l'homme, sur une quelconque raison persuasive à notre existence - les certitudes d'aujourd'hui sont tournées en dérision et même culpabilisées. Les questions les plus sérieuses, lorsqu'elles ne sont pas censurées par les diverses idéologies dominantes, ne sont permises que comme précédent et impulsion à la prolifération des doutes ».

 

Grosso modo, il existe en France deux catégories d'évêques. La première, très largement majoritaire, est composée de ceux qui donnent l'impression (mais n'est qu'une impression ?) de n'avoir jamais su ce qu'est la liturgie de l'Eglise. Ils forment la masse des évêques "adaptables" : ils célèbrent n'importe comment, passant allègrement d'une messe très "classique" (mais rarement vraiment "romaine") à une messe la plus farfelue possible. En les voyant faire, les fidèles ne savent plus très bien en quoi ils croient tellement le décalage est grand entre leurs paroles et leurs actes. Souvent même, le fidèle aura l'impression, en les voyant célébrer une messe, que les mêmes mots n'ont plus le même sens pour l'Eglise que pour eux... La seconde catégorie est composée de ceux, très rares, qui connaissent la liturgie et savent ce qu'elle signifie. Mais la plupart d'entre eux ne la respecte que lorsqu'ils la célèbrent selon la forme "extraordinaire" et non lorsqu'ils la célèbrent selon la forme "ordinaire". 

 

 

 

Une telle bizarrerie s'explique assez facilement : les endroits où l'on célèbre selon la forme "extraordinaire" sont les seuls où le célébrant - en l'occurrence l'évêque - n'est pas critiqué par les fidèles lorsqu'ils respecte la liturgie, lorsqu'il s'en tient au missel. Partout ailleurs, c'est-à-dire dans les paroisses où l'on prétend célébrer la liturgie restaurée à la suite de Vatican II, le prêtre qui respecte la forme "ordinaire" est immédiatement pris à partie par une poignée de laïcs bornés - généralement peu représentatifs de la communauté paroissiale - qui vont lui reprocher le "style" qu'il aura su donner à la célébration eucharistique. Les fidèles attachés à la liturgie devront se montrer indulgents avec les évêques de cette catégorie-là, sachant qu'ils font ce qu'ils peuvent dans un contexte qui ne leur est pas favorable du tout et où les choses sont rendues plus difficiles encore en raison du poids exercé par la Conférence épiscopale, laquelle est très largement dominée par les évêques appartenant à la première catégorie mentionnée ci-dessus. Une chose reste cependant certaine : l'ambiguïté de cette situation non seulement rend difficile une "réforme de la réforme" de la liturgie telle qu'elle est souhaitée par le pape Benoît XVI pour initier un nouveau printemps de l'Eglise, mais crée de surcroît une situation de schisme larvé. Car pour la très grande majorité des fidèles le rôle de la liturgie n'est plus la célébration de la foi mais l'exaltation des bons sentiments des uns et des autres. Peu à peu, dans les diocèses, on officialise par étapes le remplacement de la religion catholique basée sur des dogmes permettant de savoir exactement sur quoi doit porter la foi par une religion établie sur des émotions et des opinions (rarement catholique d'ailleurs). Dans cette nouvelle religiosité qui se fait abusivement passer pour catholique, il n'est pas davantage nécessaire d'avoir une autorité infaillible en matière de régulation doctrinale qu'il est indispensable de se conformer à une liturgie prédéterminée, reçue de l'Eglise. Il faut se rendre à l'évidence : la première catégorie d'évêques dont il a été question plus haut est en train de favoriser, sans toujours s'en rendre compte, l'émergence d'une religion qui ne sera plus catholique que de nom mais qui dans les faits sera devenue une variante du protestantisme. Le pape n'aura plus qu'un rôle de fédérateur de communautés (ce qui apparaît déjà en filigrane sur le site internet de la Conférence des Evêques de France), les célébrations liturgiques auront les formes variables que leur auront données les communautés locales, le prêtre aura un rôle uniquement pastoral, la foi ne portera que sur des impressions subjectives. Ce que les fidèles de nos paroisses auront tellement chanté sera réalisé : le "peuple en marche" aura créé l' "Eglise nouvelle"... dans laquelle le sentiment remplacera la raison, l'expérience ponctuelle l'adhésion au mystère, la fluidité des changements la permanence de Vérité.

 

Pro Liturgia

 

C’est ce qu’a laissé entendre le Cardinal Willem Eijk, Archevêque d’Utrecht et Président de la Conférence des évêques néerlandais, qui a annoncé devoir fermer près de 1 000 églises catholiques. Soit les deux tiers de toutes les églises du pays. De son côté, le Vatican a clairement dit qu’on a là les résultats des erreurs faites après Vatican II et sous couvert de Vatican II... Mgr Eijk admet que le nombre de catholiques pratiquants est en déclin rapide. Dans les années 1950, 90% des catholiques venaient régulièrement à la messe le dimanche. Ils ne sont plus que 5% aujourd’hui. Les Pays-Bas ont été à la pointe des liturgies célébrées de façon aléatoire par des prêtres libéraux et progressistes, telles qu’on les trouve actuellement dans une majorité de paroisses de France. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, on sait donc ce qu’il adviendra du catholicisme français d’ici quelques années si les évêques persistent à encourager - ne serait-ce que par leurs silences - les abus liturgiques et à favoriser pour les jeunes une catéchèse où les bons sentiments remplacent un clair énoncé de la doctrine.

Liens (1)

 

 

 

 

 

 

logofc

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 







 

 

 

 

Intentions de prières

 

Actualité du livre

 

 

 

 


 

 

 

Admin / Twitter

oiseau-twitter2.gif

 

 

Depuis janvier 2006,
site administré par de
jeunes laïcs catholiques.
 
 
CONTACT
 

 


 

 
coolpape.jpg