1. Nous reprenons les réflexions qui visent à rattacher l'encyclique Humanæ vitæ à la théologie du corps dans son ensemble. L'auteur de l'encyclique ne se limite pas à rappeler la norme morale qui concerne la convivance conjugale et à la reconfirmer face aux nouvelles circonstances. Quand, dans l'exercice de son magistère authentique, Paul VI s'est prononcé dans son encyclique (1968), il avait sous les yeux l'énoncé autorisé du Concile Vatican II contenu dans la Constitution Gaudium et Spes (1965). Non seulement l'encyclique suit la ligne de l'enseignement conciliaire, mais elle constitue également le développement et l'achèvement des problèmes qu'il contient, particulièrement en ce qui concerne le problème de « l'accord de l'amour humain avec le respect de la vie ». A ce sujet, nous lisons dans Gaudium et Spes : « L'Église rappelle qu'il ne peut y avoir de véritable contradiction entre les lois divines qui régissent la transmission de la vie et celles qui favorisent l'authentique amour conjugal. » (n. 51.)

 

2. La Constitution pastorale de Vatican II exclut n'importe quelle « véritable contradiction » dans l'ordre normatif ; ce que Paul VI confirme de son côté en cherchant en même temps à éclairer cette « non-contradiction » et, de cette manière, à motiver sa propre norme morale, en démontrant sa conformité avec la raison. Toutefois, Humanæ vitæ parle moins de la « non-contradiction » dans l'ordre normatif que de la « connexion inséparable » entre la transmission de la vie et l'authentique amour conjugal, du point de vue des « deux significations de l'acte conjugal : la signification unitive et la signification procréatrice » (Humanæ vitæ, n. 12) que nous avons déjà traitées.

 

3. On pourrait s'arrêter longuement sur l'analyse de la norme elle-même; mais le caractère de chacun des deux documents nous entraîne plutôt, au moins indirectement, à des réflexions pastorales. En effet, Gaudium et Spes est une Constitution pastorale et l'encyclique de Paul VI tend, avec sa valeur doctrinale, à avoir la même orientation. Elle veut, en effet, répondre aux interrogations de l'homme contemporain. Ces interrogations sont de caractère démographique et, par conséquent, de caractère social, économique et politique, en relation avec la croissance de la population sur le globe terrestre. Ce sont des interrogations qui partent du domaine des sciences particulières et avec elles vont de pair les interrogations des moralistes contemporains (théologiens-moralistes). Ce sont avant tout les interrogations des époux, qui se trouvent déjà au centre de l'attention de la Constitution conciliaire et que l'encyclique reprend avec toute la précision désirable. Nous y lisons, en effet : « Étant donné les conditions de la vie actuelle et considérant la signification que les relations conjugales ont pour l'harmonie entre les époux et pour leur mutuelle fidélité, une révision des normes éthiques jusqu'à présent en vigueur ne serait-elle pas indiquée, surtout si l'on considère qu’elles ne peuvent être observées sans sacrifices, parfois héroïques ? » (Humanæ vitæ, 3.)

 

4. Cette formulation montre à l'évidence avec quelle sollicitude l'auteur de l'encyclique cherche à affronter dans toute leur portée les interrogations de l'homme contemporain. L'importance de ces interrogations suppose une réponse proportionnellement pondérée et profonde. Si donc, d'une part, il est juste de s'attendre à ce que la norme soit traitée de manière incisive, il est également juste de s'attendre à ce qu'un non moindre poids soit donné aux arguments pastoraux concernant plus directement la vie des hommes concrets, de ceux précisément qui posent les questions que nous avons mentionnées au début. Ces hommes, Paul VI les a toujours eus sous les yeux. C'est ce qu'exprime, entre autres, le passage suivant d'Humanæ vitæ : « La doctrine de l'Église sur la régulation des naissances, qui proclame la loi divine, pourra sembler à certains difficile ou même impossible à observer. Et certes, comme toutes les grandes et bénéfiques réalités, elle requiert un sérieux engagement et de nombreux efforts, individuels, familiaux et sociaux. Et même elle serait irréalisable sans l'aide de Dieu qui soutient et corrobore la bonne volonté des hommes. Mais à qui réfléchit bien, ces efforts ne manqueront pas de se révéler ennoblissants pour l'homme et bénéfiques pour la société humaine. » (Humanæ vitæ, n. 20.)

 

5. A ce point-là, on ne parle plus de la « non-contradiction normative », mais de la « possibilité de l'observance de la loi divine », c'est-à-dire d'un sujet, au moins indirectement, pastoral. Le fait que la loi doit être d'une « possible » réalisation appartient à la nature même de la loi et se trouve donc contenu dans le cadre de la « non-contradiction normative ». Toutefois, la « possibilité » de la norme - comprise comme réalisable - appartient également au domaine pratique et pastoral. C'est précisément à ce point de vue que se place Paul VI dans le texte précité.

 

6. On peut ici ajouter une considération : le fait que tout l'arrière-plan biblique, dénommé « théologie du corps » nous offre - même indirectement - la confirmation de la vérité de la norme morale contenue dans Humanæ vitæ, nous prépare à considérer plus à fond les aspects pratiques et pastoraux du problème dans son ensemble. Les prémisses et principes généraux de la « théologie du corps » n'étaient-ils pas toutes et tous puisés dans les réponses que le Christ a données aux questions de ses interlocuteurs concrets ? Et les textes de Paul - comme par exemple ceux de l'Épître aux Corinthiens - ne forment-ils pas un petit manuel concernant les problèmes de la vie morale des premiers disciples du Christ ? Dans ces textes nous trouvons à coup sûr cette « règle de compréhension » qui semble tellement indispensable pour faire face aux problèmes dont traite Humanæ vitæ, règle qui est présente dans cette encyclique. Ceux qui estiment que le Concile Vatican II et l'encyclique de Paul VI ne tiennent pas suffisamment compte des difficultés présentes dans la vie concrète ne comprennent pas les préoccupations pastorales qui furent à l'origine de ces documents. « Préoccupation pastorale » signifie recherche du vrai bien de l'homme, promotion des valeurs que Dieu a imprimées dans sa personne ; elle signifie donc réalisation de cette « règle de compréhension » qui vise à découvrir toujours plus clairement le dessein de Dieu au sujet de l'amour humain, dans la certitude que l'unique et vrai bien de la personne humaine consiste dans la réalisation de ce dessein divin. On peut dire que c'est précisément au nom de la « règle de compréhension » précitée que le Concile a posé la question de l' « accord de l'amour conjugal avec le respect de la vie » (Gaudium et spes, n. 51); et, par la suite, l'encyclique Humanæ vitæ a non seulement rappelé les normes morales d'application obligatoires dans ce domaine, mais, en outre, elle s'occupe largement du problème de « la possibilité de l'observance de la loi divine ». Les présentes réflexions sur le caractère du document Humanæ vitæ nous préparent à considérer par la suite le problème de la « paternité responsable ».

 

Audience générale de Jean-Paul II, le 25 juillet 1984 (DC 1984 p. 887)

Une défaite pour la vie, pour la société, pour la cohabitation civile. Une authentique « trahison de l’humanité, de la femme, des enfants à naître innocents ». Ainsi l’Archevêque de Melbourne, Mgr Denis Hart, a-t-il défini dans un discours rempli d’amertume la récente approbation de la Loi sur l’avortement dans l’état australien de Victoria. L’Archevêque a noté que la loi ne servirait pas à réduire le pourcentage des avortements clandestins dans l’état, mais qu’elle serait l’instrument pour tuer plus de 20.000 enfants par an, auxquels sera nié le droit à la vie.

 

 

 

La communauté chrétienne a accueilli avec déception l’avis favorable du Parlement de l’état, qui a fait passer la nouvelle loi sur l’avortement. Les chrétiens ont organisé ces derniers jours des marches et des veillées de prière pour sensibiliser la population, l’opinion publique et les autorités politiques sur le thème. Mais la discussion au Parlement, après un débat marathon qui s’est prolongé jusqu’au 8 octobre, s’est conclue par un vote favorable à la mesure, même si les deux plus grands partis se sont divisés entre partisans et opposants. Les communautés chrétiennes de toutes les confessions sont très déçues. L’Archevêque a cependant souligné par une décision qualifiée d’« irrévocable », que les avortements ne seraient pas effectués dans les hôpitaux ou structures médicales catholiques, demandant qu’on accorde aux médecins catholiques travaillant dans les structures publiques la possibilité de l’objection de conscience. Aux paroles de Mgr Hart s’est associé Mgr Christopher Prowse, Evêque du diocèse de Baanna, toujours dans l’état de Victoria : le document trahit « un mépris de la vie humaine ». « Nous devrons demander pardon à Dieu pour ceux qui l’ont voté » a-t-il souligné. « Ce n’est pas en permettant un avortement, mais en aidant les femmes en difficultés, que l’on peut résoudre la question ». Selon les militants des Mouvements pour la Vie, le vote aura un effet désastreux dans la société, surtout sur les jeunes, transmettant une culture qui encourage l’usage désinvolte et la dévaluation de la vie humaine, de l’expérience même du don de la vie, de la valeur de la relation entre homme et femme et de leur mission d’engendrer.

 

Fides

"A la Sainte Thérèse, souvent neige à son aise !" :

 
 
 
 
 
Née dans une famille noble d'Avila le 28 mars 1515, elle perd sa mère à 14 ans. Elle poursuit ses études chez les Augustines et rentre à 18 ans au Carmel (2 novembre 1533). Elle se rend compte que les pratiques religieuses de cet Ordre se sont dégradées et elle veut le réformer pour le faire revenir à la Règle primitive, malgré bien des résistances. Elle fonde de nombreux couvents en Espagne. Elle vit des expériences mystiques très fortes (transverbération, lévitations...) et rencontre Saint Jean de la Croix, lui même mystique. Elle nous a laissé des écrits de haute spiritualité, en particulier « Le château intérieur de l'âme » qui est une extraordinaire méthode de prière et d'oraison qui la range parmi les meilleurs guides de l'oraison contemplative. Elle meurt le 4 octobre 1582 et est enterrée le 15 octobre. Elle fût béatifiée le 24 avril 1614 par le pape Paul V et canonisée le 12 mars 1622 (comme Saint Ignace de Loyola et Saint François-Xavier) par Grégoire XV. Le pape Paul VI en fait une "Docteur de l'Eglise" le 27 septembre 1970.
 
 
 
 
Nous retiendrons de Sainte Thérèse, l'importance primordiale qu'elle pouvait avoir dans Jésus substantiellement présent dans la Sainte Hostie... Extrait :
« Allant un jour à la communion, je vis des yeux de l'âme, beaucoup plus clairement que je n'aurais pu le faire des yeux du corps, deux démons d'un aspect horrible. Ils semblaient serrer avec leurs cornes la gorge d'un pauvre prêtre. En même temps que cet infortuné tenait en ses mains l'hostie qu'il allait me donner, je vis mon Seigneur m'apparaître avec cette majesté dont je viens de parler. Evidemment mon Seigneur était entre des mains criminelles, et je compris que cette âme se trouvait en état de péché mortel (...). Je fus si troublée que je ne sais comment il me fut possible de communier. Une grande crainte s'empara de moi. (...) Mais le Seigneur me recommanda de prier pour elle. Il ajouta qu'il avait permis cela pour me faire comprendre quelle est la vertu des paroles de la consécration, et comment il ne laisse pas d'être présent sous l'hostie, quelque coupable que soit le prêtre qui prononce ces paroles. »

 

 

 

 

 

 

 

Liens : 27 août : Fête de la transverbération du coeur de Sainte Thérèse d'Avila + Neuvaine à Sainte Thérèse d’Avila (du 7 au 15 octobre) + Lettre Apostolique déclarant Sainte Thérèse d'Avila Docteur de l'Eglise : "Multiformis Sapientia Dei" + Audience Générale de Sa Sainteté le Pape Benoît XVI sur Sainte Thérèse de Jésus + KTO : Sainte Thérèse d'Avila« Tu es Roi pour l'éternité, ô mon Dieu » (Sainte Thérèse d'Avila, Docteur de l’Eglise) + Livres mystiques sur Sainte Thérèse d’Avila

Depuis plus de 50 ans, la lumière de la foi a été prise en otage, combattue, dans une tentative de l’éteindre. Pendant un demi-siècle, les chrétiens qui n’ont pas eu peur de témoigner de leur foi dans le Christ l’ont payé de leur vie. Et les survivants ont conservé une petite flamme qui ne s’est pas éteinte : parmi eux, beaucoup de prêtres et de religieux exerçaient leur ministère de manière clandestine, administrant les sacrements, baptisant ou célébrant des mariages.

 

 

 

Aujourd’hui justement, dans une terre où l’expérience des goulags a porté la mort, la destruction, l’anéantissement de la vie humaine et de sa dignité inaliénable, s’élèvera une cathédrale dédiée à Notre-Dame de Fatima. C’est ce qui se passe à Karaganda, ville du Kazakhstan où une grande cathédrale-sanctuaire est en construction, justement là où sont morts de nombreux martyrs de la foi. Comme l’Agence Fides l’apprend de l’Eglise locale, celle-ci honorera les victimes de la persécution, marquant une renaissance définitive de la foi catholique dans une terre contrainte pendant des décennies à l’athéisme communiste, sortie ensuite des catacombes, et refleurie aujourd’hui grâce à la liberté religieuse. Dans l’ère soviétique, le Kazakhstan devint un lieu de déportation par excellence : celui qui s’opposait au régime communiste était déporté dans les steppes immenses de l’Asie centrale, pour travailler dans les fermes collectives, pour être envoyé directement dans les camps de travail ou dans les terribles mines de charbon, dont le Kazakhstan est très riche. Etant donné le besoin de main d’œuvre, le régime déporta là-bas des millions de personnes de différentes nationalités : c’est ainsi que le Kazakhstan est devenu ‘un immense camp de concentration’. Et parmi les déportés, il y avait des milliers de catholiques, surtout de nationalité polonaise, ukrainienne, allemande, mais aussi lituanienne et biélorusse. La ville de Karaganda était au centre d’une toile de camps appelée “Karlag” (“Karaganda lager”), un des plus grands et horribles du point de vue de l’univers concentrationnaire soviétique, qui emprisonnait les victimes de l’oppression religieuse et politique. Mais c’est justement là qu’est né un des centres spirituels catholiques de la région, alors que beaucoup de prêtres déportés favorisèrent le jaillissement d’une église clandestine. Parmi eux, le père Alexij Saritski est connu, il a été béatifié par Jean Paul II en 2001. Aujourd’hui, Karaganda, ville de deux millions et demi d’habitants, où s’élèvent une grande mosquée et une église orthodoxe, aura une nouvelle cathédrale pour célébrer la foi et rappeler les martyrs et les déportés de plus de 120 ethnies. Le permis du gouvernement kazakh a été donné à l’Eglise locale en 2003, grâce aux bonnes relations établies entre le Saint-Siège et les autorités de l’Etat, où en 2001, Jean-Paul II s’est rendu au cours d’un voyage apostolique. La cathédrale, dont les travaux en sont à un stade plutôt avancé, sera dédiée à la Vierge de Fatima, mère de tous les peuples. L’Eglise, en style gothique et revêtue de pierre du Caucase, est en construction grâce au support et aux dons des fidèles : pour cela l’évêque de Karaganda, Mgr Pavel Lenga, et l’auxiliaire Mgr Athanaisus Schneider demandent aux fidèles un effort ultérieur pour compléter les travaux et offrir aux catholiques kazakh une nouvelle église, signe de la présence de Jésus et de Marie dans la terre des Goulags.

 

Fides

A mon arrivée dans la nouvelle paroisse, tout le monde m’a traité avec grande sympathie : l’essentiel n’était-il pas que la vie continue tranquillement, harmonieusement, comme elle l’avait été jusqu’ici ? Il faut reconnaître que le petit nid douillet, moderne, ouvert sur le monde, qu’était devenu le presbytère avait vraiment montré toute son efficacité : au cours des 40 dernières années, la paroisse avait bien perdu trois quart des fidèles réguliers. Mais je me suis posé des questions : peut-on vraiment continuer ainsi ? C’est un fait, mon prédécesseur avait prêché et agit durant des décennies contre le Pape et l’enseignement de l’Eglise. Mais fallait-il que je suive cette voie ? Mon prédécesseur avait réussi à faire fuir tous les soi-disant « bondieusards »... Que devais-je faire, moi qui suis de la « génération Jean-Paul II/ Benoit XVI » ? Je me sentais bien seul... Mon prédécesseur avait liquidé la confession, l’adoration, les groupes de prières. « Par pur respect humain », disait-il. J’ai essayé de réintroduire tout cela, même si ça ne devait attirer que quelques fidèles. Mon prédécesseur avait, durant des années, délégué la conduite de la paroisse à d’ « autres ». Quand je suis arrivé, j’ai souhaité prendre ma mission au sérieux, c’est-à-dire diriger moi-même la paroisse en tant que pasteur. Les « autres » ont été les premiers à se révolter. Pourtant je ne voyais pas ce qu’il me reprochaient : j’étais un prêtre catholique et romain qui entendait rester catholique et romain. Ni plus, ni moins.

 

 

 

pretre-20catholique.jpegJ’ai donc envisagé une solution au problème : travailler la « pâte humaine ». Cela a eu pour effet immédiat de faire brandir l’argument massue du « respect humain » dont on connait la redoutable efficacité. On m’a dit : « Bien sûr que nous avons tous la même foi : ce n’est pas un problème fond ; c’est « juste » une question de « forme ». Et puis, si l’ancien curé avait eu tout faux, comment expliquez-vous qu’il était autant apprécié des paroissiens ? ». J’ai alors constaté que les personnes qui tenaient ce discours et me posaient cette question ne se confessaient plus, ne lisaient jamais les Saintes Ecritures, ne s’intéressaient pas à l’enseignement de l’Eglise, communiaient dimanche après dimanche en toute indignité... Mais ils pensaient savoir très exactement ce que doit être une paroisse et comment doit se comporter un prêtre. Souvent, elles ne connaissent Jésus-Christ qu’en tant que personne historique, maître de Sagesse, grand frère sympathique. Mais elles n’ont pratiquement aucune compréhension de la nature pécheresse de l’homme et de la nécessité d’un plan de Salut. Seuls importent, pour elles, la buvette paroissiale, le cours de yoga, le marché aux puces, le club de gymnastique et la troupe de théâtre, les attractions de toutes sortes. L’important, pour elles, c’est d’être moderne et adulte, c’est d’être ardent défenseur de toutes ces réformes qu’on attend depuis si longtemps dans l’Eglise, c’est d’être politiquement correct et surtout tolérant... parfois jusqu’à l’hérésie. En un mot, ces personnes aimeraient bien être les promoteurs de la « nouvelle Eglise ». Mais cette « nouvelle Eglise » dont rêvent certains implique une pastorale de compromis : pas de vagues, pas d’affirmation du rôle précis du prêtre, pas de conversions, donner libre cours à la dictature du relativisme, refuser tout renouveau spirituel, favoriser le désir de pouvoir d’une poignée de fidèles... etc. Et dans ce contexte, il faut laisser subsister un grave malentendu au sujet du rôle joué par le Conseil paroissial. Autrefois, un prêtre qui avait du mal à prendre une décision se déchargeait de la question sur ce Conseil. Celui-ci a donc pris l’habitude de transformer son « pouvoir consultatif » en « pouvoir décisionnel ». Et ce dérapage institutionnalisé est devenu à son tour une motivation majeure pour les candidats voulant faire partie de ce Conseil. Du coup, quand j’ai souhaité remettre les choses à leur juste place, beaucoup ont vécu ce « retour à la normale » comme une importante perte de leur pouvoir.


Quand les paroissiens constatent que l’argument du « respect humain » ne produit pas les résultats espérés, ils viennent avec l’argument de l’ « harmonie du vivre-ensemble ». Je leur fais remarquer que leur façon de « vivre ensemble » a fait qu’au cours de ces dernières décennies, de très nombreuses personnes ont quitté la paroisse... J’ai constaté aussi que ce sont celles et ceux qui ont gagné le plus de pouvoir dans la paroisse qui ont aussi le plus d’expérience dans le domaine des luttes intestines. Ils savent mettre de l’ « ambiance » : on les entend se plaindre, on les voit se lamenter, jouer la comédie... Avec toujours le même refrain : « Quand la paix reviendra-t-elle enfin chez nous ? » Oublient-ils que cette « paix », ils ne l’avaient obtenue que sur le dos de ceux qu’ils considéraient comme des « papistes » et aussi sur le dos d’un curé qu’ils avaient littéralement traumatisé ? J’entends aujourd’hui ces paroissiens m’annoncer la mort prochaine de la paroisse si je continue à rétablir ce qu’ils ont eu tant de peine à supprimer. Ne se rendent-ils pas compte que ce n’est pas la paroisse qui va mourir, mais plutôt cette «pseudo-Eglise » qu’ils ont pris soin de bricoler pour s’y sentir à l’aise ? Alors, au cas où leurs actions internes à la paroisse et toutes leurs manifestations indignées ne suffiraient pas à rétablir l’ordre si confortable de leur petite « Eglise auto-bricolée », ils vont passer au cran suivant : le recours à l’évêque. Considérons ici un point très important qui est une donnée quasi-universelle dans pareil cas : le laïc se plaint toujours en premier en sorte que dès le départ, le curé soit mis sur la défensive. Car le laïc peut se permettre de faire - ou de ne pas faire - tout ce qu’il veut : que peut-il bien craindre comme conséquences de la part de son évêque ? Où a-t-on déjà vu un Conseil paroissial destitué ou déplacé ? Le curé n’aura donc jamais gain de cause : derrière son dos, les campagnes de dénigrement et les ralliements de toutes sortes auront toujours une bonne longueur d’avance lorsqu’il en prendra conscience. Que peut-il faire ? Sonner le rassemblement de la grande masse des silencieux et risquer ainsi de créer encore plus de trouble et de divisions ? 

 

C’est ainsi que le curé se retrouve en position de sévère minorité. Il occupe toujours la place du nouveau qui ne sait rien face aux anciens qui savent tout et ont les clés en main. Et la moindre allusion à quelque bon fruit de son travail pastoral lui sera comptée comme une manifestation d’orgueil. Il faut donc que je m’y fasse : je serai toujours considéré comme un type bizarre. Pensez-donc : je ne trouve rien à redire à ma vie de célibataire et je suis si différent de ces prêtres de la génération du Concile qui, eux, osaient s’avouer frustrés ! Là aussi, je dois aussi avouer qu’un curé récolte toujours les fruits amers des incessants processus de dialogue qu’entretiennent certains laïcs avec certains évêques dont la prétendue tolérance pèse bien lourd sur les épaules d’un chargé de paroisse. Je passerai donc pour un dictateur, tandis que la horde des « fonctionnaires paroissiaux » se voudront les porte-paroles d’une Eglise plus « fraternelle ». Alors que je serai suspecté de « grave manquement sur le plan humain » les laïcs de la paroisse passeront, eux, pour des « experts en humanité ». Il importe que le curé d’une paroisse garde toujours à l’esprit l’idée que son évêque voulant toujours se débarrasser de cette pression exercée sur lui par les laïcs, se fera une joie de la reporter sur le prêtre, ne faisant ainsi que la renforcer encore. C’est le petit jeu du boulon : la pression venant de la vis laïque vient compléter fraternellement la pression venant de l’écrou clérical.

 

D’après un texte de l’Abbé Christian Sieberer- Source : KathNet (Trad. MH/APL)

Dans les années 1970, qui se situaient dans le sillage d'un Concile mal compris, on a voulu généraliser dans les paroisses des messes dégagées des "contraintes" du missel romain. Il fallait - enseignait alors un intouchable professeur de théologie fondamentale de la faculté de théologie de Strasbourg - transformer la liturgie en un chantier permanent dont les matériaux de base pouvaient éventuellement être repris du missel romain. Dans les paroisses les plus importantes et nécessairement les plus influentes, on nomma donc curés des prêtres inventifs, grands saccageurs de la liturgie de l'Eglise. Ils furent très vite secondés par des équipes de laïcs n'ayant ni formation théologique ni même le sens élémentaire de la liturgie. Ces laïcs formeront les premières équipes qui seront officialisées par la suite…

 

 

 

Dans le même temps, les séminaristes furent envoyés faire des "stages en pastorale" dans des paroisses d'avant-garde où, disait-on, on s'employait à mettre "vraiment" en œuvre les décisions conciliaires. On assista alors à des lavages de cerveaux en règle. Interdiction de respecter le missel romain : il fallait l' "adapter". Interdiction de veiller à conserver de la dignité : il fallait "faire pour le peuple", le peuple étant, aux yeux du clergé (souvent de gauche), forcément inculte et peu ouvert au bon goût. Il fallait critiquer tout ce qui venait de Rome : les prélats du Vatican étant forcément coupés de réalités de ce monde. Il fallait systématiquement interdire la moindre note de grégorien : les "messes rythmées" allaient attirer les jeunes à l'église (disait alors celui qui allait lancer la revue "Signes d'Aujourd'hui" et qui est actuellement responsable de la pastorale liturgique dans son diocèse). Il fallait partout remplacer les autels par des tables : la notion de "repas" allait donner davantage de sens à l'Eucharistie... etc. Les fidèles durent ainsi assister à ce qui prenait en bien des endroits les allures d'une véritable dévastation. Nombreux furent ceux qui allèrent se plaindre auprès de leurs évêques de ce que le Concile était trahi : ils furent systématiquement traités d'affreux "intégriste" - le mot qui tue ! - et dans un grand élan de charité collective, on leur claqua la porte au nez. Mais le plus incompréhensible demeure ceci : pourquoi, à cette époque, les évêques n'ont-ils rien dit ? Pourquoi ont-ils laissé faire ? Pourquoi sont-ils allés jusqu'à nommer aux postes importants de leurs diocèses les prêtres qui étaient réputés pour être les plus habiles sabreurs du Concile ? A ces trois questions, personne jusqu'ici n'a su, pu, ou voulu répondre. Personne ? Si, quelqu'un. Quelqu'un a osé donner des éléments de réponses. Il s'agit du Cardinal Ratzinger lorsqu'il a dénoncé le "carriérisme" de certains clercs, lorsqu'il a qualifié certaines conférences épiscopales de "bureaucraties mitrées", lorsqu'il a mis en cause la nomination des évêques par un système de cooptation qui fait que l'on reproduit un épiscopat conforme au modèle de celui des années de l'immédiat après-concile. Dans un tel paysage, il y a fort peu de chance de voir que le Concile puisse être un jour appliqué. Trop d'évêques sont devenus, par la force des choses, des sortes d'administrateurs sillonnant les routes de leur diocèse au volant de leur voiture, allant de réunions en réunions, célébrant une messe par ci et une messe par là pour officialiser une inutile restructuration paroissiale, s'épuisant en tâches administratives, pourvoyant aux nominations de responsables de secteurs paroissiaux... Un tel activisme n'intéresse plus que la poignée de fidèles bien en vue, mais laisse totalement indifférente la grande majorité qui attend autre chose d'un pasteur. Ainsi persiste un décalage important entre le renouveau spirituel souhaité par Rome et la manière dont il est accepté par l'épiscopat français : la réception pratiquement hostile du Motu proprio Summorum Pontificum et son application en traînant les pieds en sont une preuve évidente, comme le fut il y a quelques années la publication du "catéchisme" Pierres Vivantes.

 

De quelle marge de manœuvre dispose aujourd'hui Benoît XVI pour ébranler le conformisme idéologique des années 1968 qui sévit encore dans les diocèses français ? La question mérite d'être posée quand on sait, par exemple, que Mgr Le Gall, Evêque de Toulouse, ancien Abbé de Sainte-Anne de Kergonan (Congrégation de Solesmes), devenu Président de la Commission épiscopale pour la Liturgie, déclarait que l'Instruction romaine Redemptionis sacramentum (25 mars 2004) sur les abus à éviter en matière de célébration de l'Eucharistie, ne concernait pas la France, où comme chacun peut le constater, les célébrations se déroulent conformément aux livres liturgiques. Ou encore quand on apprend que l'actuel Archevêque de Dijon, familier du Cardinal Ratzinger du temps où celui-ci était Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, se déclare pour l'ordination d’hommes mariés. En fait, depuis Vatican II, le processus de nomination des évêques se déroule au sein d'une caste de cadres ecclésiastiques (vicaires généraux et épiscopaux, chanceliers, permanents nationaux, curés-doyens, supérieurs de séminaires) à jamais marqués par les années de l'après-Vatican II. Il s'agit d'une caste qui a peu à peu tendance à se diversifier, mais en son sein demeure un puissant conformisme ecclésiastique qui parle la langue du "pastoralement correct". Tous ceux qui sont aujourd'hui dans les administrations diocésaines sont des hommes qui ont été formés un peu avant, durant, ou un peu après les années soixante-dix, lesquelles furent des années de dévastation spirituelle, catéchétique, liturgique pour l'Eglise en France. Ils constituent toujours un milieu de décideurs diocésains et nationaux de tous niveaux, en même temps qu'un vivier d'épiscopables. Les évêques actuellement nommés, quelle que soit leur valeur, ont donc à gérer des diocèses avec le personnel dont ils émanent eux-mêmes.

 

Que peuvent faire, sur le plan liturgique, les "simples" fidèles dans un tel contexte qui conduit à l'effondrement de la foi catholique dans nos sociétés ? La réponse tient en deux points. Premièrement, il faut « que la liturgie soit à nouveau une activité communautaire de l'Eglise et qu'elle soit arrachée à l'arbitraire des curés et de leurs équipes liturgiques » (Préface du Cardinal Ratzinger au livre de Mgr Gamber "La réforme liturgique en question"), et deuxièmement, il nous faut tous ensemble approfondir notre fidélité à la Tradition qui va de Nicée à Vatican II et qui ne s'oppose pas au Magistère exercé par l'Evêque de Rome, « en refusant toutes les interprétations erronées et les applications arbitraires et abusives en matière doctrinale, liturgique et disciplinaire ». (Jean-Paul II, Motu proprio Ecclesia Dei adflicta, n°5b). Il nous faut tenir cette position coûte que coûte; c'est la seule qui puisse être efficace en ces temps difficiles.

 

Pro Liturgia

 

1. On lit dans l'Encyclique Humanæ Vitæ : « Quand elle rappelle les hommes à l'observance des normes de la loi naturelle interprétée par sa doctrine constante, l'Église enseigne que n'importe quel acte conjugal doit rester de lui-même ouvert à la transmission de la vie. » (Humanæ Vitæ, 11.). Ce texte considère en même temps et met même en relief la dimension subjective et psychologique quand il fait état de « la signification » ou, plus exactement, des « deux significations de l'acte conjugal ». La « signification » naît dans la conscience avec la relecture de la vérité (ontologique) de l'objet. Par cette relecture, la vérité (ontologique) entre pour ainsi dire dans la dimension cognitive : subjective et psychologique. L'encyclique Humanæ Vitæ semble attirer particulièrement l'attention sur cette dernière dimension. Ceci est également confirmé indirectement, entre autres, par la phrase suivante : « Nous pensons que les hommes de notre époque sont particulièrement en mesure de saisir le caractère profondément raisonnable et humain de ce principe fondamental. » (12.)

 

2. Ce « caractère raisonnable » ne regarde pas seulement la vérité dans sa dimension ontologique ou ce qui correspond à la structure réelle de l'acte conjugal. Il regarde également cette même vérité dans sa dimension subjective et psychologique, c'est-à-dire la correcte compréhension de la structure intime de l'acte conjugal, c'est-à-dire la relecture adéquate des significations qui correspondent à cette structure et de leur connexion inséparable en vue d'une conduite moralement droite. C'est précisément en ceci que consistent la norme morale et, par conséquent, la régularité des actes humains dans le domaine de la sexualité. Nous pouvons dire, en ce sens, que la norme s'identifie avec la relecture dans la vérité du « langage du corps ».

 

3. L'Encyclique Humanæ Vitæ contient la norme morale et sa motivation ou, tout au moins, un approfondissement de ce qui constitue la motivation de la norme. Du reste, comme la norme qui exprime la valeur morale a un caractère d'obligation, il en résulte que les actes conformes à la norme sont moralement droits, les actes contraires sont, à l'inverse, intrinsèquement illicites. L'auteur de l'encyclique souligne qu'une telle norme appartient à la « loi naturelle », c'est-à-dire qu'elle est conforme à la raison comme telle. L'Église enseigne cette norme bien qu'elle ne soit pas exprimée formellement (c'est-à-dire littéralement) dans les Saintes Écritures ; elle le fait dans la conviction que l'interprétation de la loi naturelle est de la compétence du magistère. Nous pouvons toutefois en dire plus. Même si la norme morale, telle qu'elle est formulée dans l'encyclique Humanæ Vitæ, ne se trouve pas littéralement dans la Sainte Écriture, néanmoins, du fait qu'elle est contenue dans la Tradition et - comme l'a écrit le Pape Paul VI - qu'elle a été « maintes fois exposée aux fidèles par le magistère » (Humanæ Vitæ, 12), il résulte que cette norme correspond à l'ensemble de la doctrine révélée contenue dans les sources bibliques (cf. ibid, n. 4).

 

4. Ici, il s'agit non seulement de l'ensemble de la doctrine morale contenue dans la Sainte Écriture, de ses prémisses essentielles et du caractère général de son contenu, mais également de ce complexe plus vaste auquel nous avons déjà consacré de nombreuses analyses en traitant de la « théologie du corps ». C'est précisément avec un si vaste complexe comme toile de fond qu'il devient évident que la norme morale précitée appartient non seulement à la loi morale naturelle, mais aussi à l'ordre moral que Dieu a révélé : de ce point de vue également, elle ne pourrait être différente mais seulement et uniquement telle que la transmettent la tradition et le magistère et, de nos jours, l'encyclique Humanæ Vitæ, comme document contemporain du magistère. Paul VI écrit : « Nous pensons que les hommes de notre temps sont particulièrement en mesure de saisir le caractère profondément raisonnable et humain de ce principe fondamental » (ibid., 12). On peut ajouter : ils sont également en mesure de saisir son caractère profondément conforme à tout ce qui est transmis par la tradition jaillie des sources bibliques. Les bases de cette conformité sont à rechercher particulièrement dans l'anthropologie biblique. D'autre part, on connaît la signification de l'anthropologie pour l'éthique, c'est-à-dire pour la doctrine morale. Il semble parfaitement raisonnable de chercher précisément dans la « théologie du corps » le fondement de la vérité de la norme qui concerne des problèmes d'importance si fondamentale ayant trait à l'homme en tant que corps : « Les deux ne seront qu'une seule chair. » (Gn 2, 24.)

 

5. La norme de l'Encyclique Humanæ Vitæ regarde tous les hommes du fait qu'elle est une norme de la loi naturelle et qu'elle se base sur la conformité avec la raison humaine (lorsque, bien entendu, celle-ci cherche la Vérité). A plus forte raison concerne-t-elle tous les fidèles, membres de l'Église, étant donné que le caractère raisonnable de cette norme trouve indirectement une confirmation et un solide soutien dans l'ensemble de la « théologie du corps ». C'est en nous plaçant à ce point de vue que, dans nos précédentes analyses, nous avons parlé de l' « éthos » de la rédemption du corps. La norme de la loi naturelle, basée sur cet « éthos », trouve non seulement une nouvelle expression mais aussi un plein fondement anthropologique et éthique, soit dans les paroles de l'Évangile, soit dans l'action purificatrice et corroborante de l'Esprit. Toutes les raisons existent pour que chaque chrétien et en particulier chaque théologien relise et comprenne toujours plus profondément dans ce contexte intégral la doctrine morale de l'encyclique. Les réflexions que nous présentons ici depuis longtemps constituent précisément une tentative d'une telle relecture.

 

Audience générale de Jean-Paul II, le 18 juillet 1984 (DC 1984 p. 842)

 

 

 

 

Plus de 14.000 personnes ont participé à la ‘6e Marche pour la Famille et pour la Vie’, qui s’est déroulée dans l’après-midi du samedi 11 octobre dans le cadre de la Semaine pour la vie et la famille, célébrée dans l’Eglise du Chili.

Liens (1)

 

 

 

 

 

 

logofc

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 







 

 

 

 

Intentions de prières

 

Actualité du livre

 

 

 

 


 

 

 

Admin / Twitter

oiseau-twitter2.gif

 

 

Depuis janvier 2006,
site administré par de
jeunes laïcs catholiques.
 
 
CONTACT
 

 


 

 
coolpape.jpg