30 juillet 2008 3 30 /07 /juillet /2008 22:00

Fondateur de la Compagnie de Jésus (1491-1556) - Mémoire obligatoire*** :

 
 

« L’homme est créé pour louer, respecter et servir Dieu notre Seigneur
et par là sauver son âme. » (Saint Ignace de Loyola)
 



 
Saint Ignace naquit au château de Loyola le 24 décembre 1491, dans la commune d'Azpeitia, d'une noble famille de treize enfants (il sera le dernier). Il fut d'abord page du roi Ferdinand V puis il embrassa la carrière des armes. Il ne le céda en courage à personne, mais négligea complètement de vivre en chrétien, dirigé uniquement par l'orgueil et l'amour des plaisirs. De ce chevalier mondain, Dieu allait faire l'un des premiers chevaliers chrétiens de tous les âges. Au siège de Pampelune, un boulet de canon brisa la jambe droite du jeune officier, qui en peu de jours fut réduit à l'extrémité et reçut les derniers sacrements. Il s'endormit ensuite et crut voir en songe Saint Pierre, qui lui rendait la santé en touchant sa blessure. A son réveil, il se trouva hors de danger, quoique perclus de sa jambe. Pour se distraire, il demanda des livres. On lui apporta la Vie de Jésus-Christ et la Vie des Saints. Il les lut d'abord sans attention, puis avec une émotion profonde. Il se livra en lui un violent combat. Mais enfin la grâce l'emporta, et comme des hommes de cette valeur ne font rien à demi, il devint, dans sa résolution, un grand Saint dès ce même jour. Il commença à traiter son corps avec la plus grande rigueur, il se levait toutes les nuits pour pleurer ses péchés. Une nuit, il se consacra à Jésus-Christ par l'entremise de la Sainte Vierge, refuge des pécheurs, et Lui jura une fidélité inviolable. Une autre nuit, Marie lui apparut environnée de lumière, tenant en Ses bras l'Enfant Jésus.
 
Peu après, Ignace fit une confession générale et se retira à la grotte de Manrèze (non loin de l’abbaye bénédictine de Montserrat), pour s'y livrer à des austérités qui n'ont guère d'exemple que dans la vie des plus célèbres anachorètes : vivant d'aumônes, jeûnant au pain et à l'eau, portant le cilice comme Saint François d’Assise, il demeurait tous les jours six ou sept heures à genoux en oraison. Le démon fit en vain des efforts étonnants pour le décourager. C'est dans cette solitude qu'il composa ses Exercices Spirituels, l'un des livres les plus sublimes qui aient été écrits par la main des hommes. Après un pèlerinage en Terre Sainte pour convertir les infidèles, il commence ses études de théologie à l'université d'Alcalá de Henares. À la fin de l’année 1527, il rejoint la prestigieuse université de Salamanque. Mais les attaques vives qu'il subit en particulier de la part de l’Inquisition et des dominicains le décide à se rendre à l’université de Paris en février 1528 et sera profondément ébranlé par la progression grandissante des apostats réformés. Il partage sa chambre avec un jeune étudiant : Saint François Xavier. Quelque temps plus tard, le 15 août 1534, l'étudiant de 43 ans et ses jeunes amis étudiants font à Montmartre dans la crypte Notre-Dame, le vœu de pauvreté, de chasteté et d'obéissance et fonde ainsi la Compagnie de Jésus (s.j.)  que l'on pourrait appeler la chevalerie du Christ et le boulevard de la chrétienté. Cette fondation est assurément l'une des plus grandes gloires de l'Église catholique qui l’approuvera officiellement le 27 septembre 1540 par la bulle Regimini Militantis Ecclesiae du pape Paul III. L’approbation finale et définitive sera faite le 21 juillet 1550 par la bulle Exposcit Debitum du pape Jules III. Sciences profanes et sciences sacrées, enseignement, apostolat, rien ne devait être étranger à la Compagnie d'Ignace. Les vertus du fondateur égalaient ses grandes œuvres. Elles avaient toutes pour inspiratrice cette devise digne de lui : « Ad majorem Dei gloriam ! »
 
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30 juillet 2008 3 30 /07 /juillet /2008 19:15

Archevêque de Ravenne et Docteur de l'Eglise (406-450) :

  

 

 

Pierre qui, à cause de l'or de son éloquence, reçut le surnom de Chrysologue, naquit à Imola d'une honorable famille. Dès son jeune âge, appliquant son esprit aux choses religieuses, il assista Cornélius le Romain, alors évêque de cette même ville, qui, à bon droit, le créa diacre. Nommé malgré lui archevêque de Ravenne, par le Saint Pape Sixte III, il est accueilli par les Ravennais avec un très grand respect. En Italie, Ravenne était la résidence des empereurs d'Occident. L'évêque Ursus étant mort, le pape choisit Pierre, alors diacre à Imola, pour lui succéder. On raconte que ce choix lui fut guidé par l'apôtre Saint Pierre lui-même et Saint Apollinaire, premier évêque de Ravenne. Éminent dans sa charge pastorale et voulant, dans un discours, réprimer les jeux habituels de personnages masqués, Pierre tint ce propos remarquable : « Qui aura voulu s'amuser avec le diable ne pourra se réjouir avec le Christ. ». Il nous reste de lui de nombreux sermons, dont l'une des qualités, et sans doute la meilleure quand ils sont riches de spiritualité, est la brièveté. Saint Germain l'Auxerrois se rendit à Ravenne en 418 pour plaider devant l'empereur la cause de l'Armorique opprimée par son gouverneur. Il fut reçu par l'impératrice Galla Placidia et par l'évêque Pierre. C'est là qu'il mourut assisté par Pierre durant ses derniers instants. Quant à Pierre, averti par Dieu de la fin de sa vie, il se retira dans sa patrie, et, étant entré dans l'église de Saint-Cassien, après avoir offert des dons précieux, il pria humblement Dieu et ce même protecteur de recevoir son âme avec bonté. Il quitta cette vie, le trois des Nones de Décembre, la dix-huitième année de son épiscopat. Son saint corps a été enseveli avec honneur près de celui de Saint Cassien. Quelques unes de ses formules sont demeurées fameuses : « Le Christ est le pain semé dans le sein de la Vierge Marie, levé dans la chair, formé dans sa Passion, cuit dans le four du tombeau, conservé dans les églises et distribué chaque jour aux fidèles comme une nourriture céleste placée sur les autels », disait-il, avec un art consommé de la métaphore. A propos de la puissance d'intercession de Marie, il assure, avec une énergie remarquable, que « cette Vierge unique, ayant logé le Seigneur dans son chaste sein, en exige, pour prix de l'hospitalité qu'elle lui a donnée, la paix du monde, le salut de ceux qui étaient perdus, et la vie de ceux qui étaient morts » (cf : "les Gloires de Marie", selon Saint Bernard). Pierre est également l'auteur d'une lettre "ad Eutychen" ("à Eutyché") où il conseille l'obéissance au Saint Pape Léon le Grand. : « Sur toutes choses, nous vous exhortons, honorable frère, de recevoir avec obéissance les choses qui ont été écrites par le bienheureux Pape de la ville de Rome ; car saint Pierre, qui vit et préside toujours sur son propre Siège, y manifeste la vérité de la foi  à tous ceux qui la lui demandent. »

 

La piété populaire l'invoque contre les fièvres et la rage. Il a été déclaré Docteur de l’Eglise en 1729 par Sa Sainteté le Pape Benoît XIII.

 

 

 

Liens : Mémoire facultative de Saint Pierre Chrysologue (Liturgie) + Le jeune, la prière et l’aumône, trois actes inséparables, par Saint Pierre Chrysologue + Saint Pierre Chrysologue, par Louis de Beaumont

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30 juillet 2008 3 30 /07 /juillet /2008 16:16
La "Missa Mundi" regroupe le Kyrie XVI + Gloria XV + Sanctus XVIII + Agnus XVIII.

 

 

Kyrie (XI-XIIIème)

Kyrie (XI-XIIIème)

Kyrie (XI-XIIIème)

Gloria (Xème)

Gloria (Xème)

Gloria (Xème)

Sanctus (XIIIème)

Sanctus (XIIIème)

Sanctus (XIIIème)

Agnus Dei (XIIème)

Agnus Dei (XIIème)

Agnus Dei (XIIème)
   

Enregistré dans la Cathédrale de Cologne (2013)

 (Rhénanie-Du-Nord-Westphalie, Allemagne)

Enregistré dans la Cathédrale de Cologne (2014)

 (Rhénanie-Du-Nord-Westphalie, Allemagne)

Enregistré dans la Cathédrale de Cologne (2012)

 (Rhénanie-Du-Nord-Westphalie, Allemagne)

   
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30 juillet 2008 3 30 /07 /juillet /2008 13:24

Les derniers temps, c'est-à-dire le temps de l'Église qui s'écoule de la Résurrection du Christ à la fin du monde, revêt un caractère de lutte particulièrement acharnée contre le démon. Celui-ci, en effet, se sachant vaincu par la Croix salvifique du Christ (Catéchisme de l'Eglise Catholique, N°1086, N°1708), veut mettre à profit ce qui reste de l'histoire humaine pour ôter à Dieu un maximum de gloire. Le combat est dès lors inévitable. Voilà pourquoi l'Apocalypse en particulier décrit la vie de l'Église avec cette vision de lutte.

 

 

 

 

 

INTRODUCTION

 

Comme Patrick de Laubier le rappelle dans "Le Temps de la fin des temps", l'expérience des mystiques nous est précieuse par les informations qu'elles nous apportent sur les réalités surnaturelles. Sainte Thérèse d'Avila est peut-être l'une des mystiques chrétiennes qui a le mieux décrit l'action de Dieu dans son âme. Elle nous livre aussi de nombreuses descriptions et réflexions sur l'action du diable dans sa vie. En effet, s'il est vrai que le diable tente de détourner l'humanité entière de Dieu, il mène aussi un combat particulièrement rude contre les saints, car ce sont eux qui lui enlèvent le plus de proies. Plus l'action du saint sera profonde et universelle, plus le diable s'acharnera d'une manière ou d'une autre contre lui, comme l'histoire de l'Église nous le montre. Les récits de Sainte Thérèse nous permettront de guider et d'orienter notre réflexion sur la nature et l'activité du diable. Ils renferment en outre une véritable praxis sur la conduite à tenir à son sujet pour le maîtriser et le vaincre. La sainte d'Avila était en toute circonstance une femme pratique. Elle faisait sien l'adage castillan : « Celui qui se sauve a le vrai savoir, autrement il ne sait rien » (Dictionnaire Académie Espagnole Ed. Gredos, 1984, Lettre S, p.4). Le savoir définitif est le savoir qui sauve, c'est-à-dire le savoir pratique qui comporte le bon usage de la volonté. Notre savoir sur le diable doit par conséquent, nous conduire à la victoire sur lui.

 

 

 

 

I. Nature et identité du diable

 

Nous connaissons bien le mot de Baudelaire : « La plus belle ruse du diable est da nous persuader qu'il n'existe pas ». Mais il en a élaboré une autre pour ceux qui ont refusé de nier ouvertement son existence : les convaincre que son "statut" n'est pas personnel. Cette opinion a, en effet, souvent été exprimée ces dernières années : « Dire le diable personnel, cela nous semble équivoque (...) Nous dirions volontiers que le diable "ne mérite pas" d'être personnel. Il n'a pas assez de valeur positive pour être personnel (...) Son existence, tout à fait particulière, ne prend pas forcément forme personnelle. C'est pourquoi nous préférons, en ce qui nous concerne, parler de "forces diaboliques" ou encore du "diabolique" plus que du diable proprement dit » (La diable, oui ou non ? PASCAL THOMAS, Paris, Centurion, 1939, p.205). L'argumentation sur laquelle s'appuie cette thèse est énoncée clairement par des théologiens comme Urs van Balthasar : « La personne présuppose toujours une relation positive à une autre personne, une forme de sympathie ou du moins une forme d'inclination ou d'intérêt naturel. Mais voilà précisément ce qu'on ne pourrait plus dire d'un être qui aurait rejeté entièrement, radicalement, Dieu, c'est-à-dire l'Amour même » (Espérer pour tous, Paris, Desclée de Brouwer, 1987). Néanmoins : ce n'est pas parce que le diable ne peut plus aimer qu'il ne possède plus son caractère de personne. Il ne faut pas confondre le plan ontologique et le plan moral. En effet, si le diable est devenu, à cause de son péché, le "professionnel" du mal par excellence, il a été pourtant créé bon, excellent, par Dieu (Catéchisme de l'Église Catholique, N°391 ; N° 2851). Et Dieu, après la faute, n'a pas annihilé ni modifié sa nature. Étant un ange, créature spirituelle, il est une personne (Vie, In Œuvres complètes da Ste Thérèse de Jésus. Paris. Éd. du Seuil, 32. p.345), caractérisée - comme toute personne par son irréductibilité et sa capacité de relation. C'est pourquoi Dieu peut lui parler, comme Goethe nous le rappelle dans son célèbre Faust. Si l'ange déchu n'a pas perdu, en péchant, son caractère de personne, il a, par contre, perdu à jamais - tout comme l'homme damné - l'espoir de trouver sa vraie identité. Il en est ainsi parce que les créatures personnelles, anges et hommes, ne peuvent trouver leur identité, séparées de Dieu. Créées par lui et pour lui, leur nature ne trouve son accomplissement et sa raison d'être qu'en Dieu. D'où le drame des damnés et des démons. Il n'y aurait plus de malheur moral pour eux s'ils cessaient d'être des personnes. Mais la description que Sainte Thérèse nous fait de l'enfer nous détrompe : là, en effet, toutes les souffrances sensibles que l'on ressent « ne sont rien encore auprès de l'agonie de l'âme. Elle éprouve une oppression, une angoisse, une affliction si sensible, une peine si désespérée et si profonde, que je ne saurais l'exprimer. Si je dis que l'on vous arrache continuellement l'âme, c'est peu, car, dans ce cas, c'est un autre qui semble vous ôter la vie. Mais ici c'est l'âme elle-même qui se met en pièces ». Tout comme l'homme damné, le diable a perdu tout espoir de se retrouver lui-même et se met continuellement "en pièces", devenant l'agitation et l'agitateur par excellence.

 

 

 

 

II. Action du diable

 

L'agir suit l'être. Chaque être se comporte selon ce qu'il est. Le diable se comporte comme ce qu'il est : un être où coïncident de manière paradoxale le meilleur et le pire : la meilleure nature créée et la pire volonté libre tournée entièrement vers le mal. Comme le dit le vieil adage philosophique : "Corruptio optimi, pessima". Tout le pouvoir du démon est par conséquent destructeur, négatif. Refusant de servir Dieu, Satan s'efforce d'éloigner la création de son Créateur. Il ne veut pas qu'elle accomplisse sa fin : rendre gloire à Dieu. Selon l'interprétation de la philosophie classique, le péché est à l'origine du désordre de l'univers. Le professeur R. Spaemann, dans son livre Das Natürliche und das Vernünftige a défendu la thèse selon laquelle le péché qui a brisé l'ordre universel a été le péché de l'ange, le diable étant appelé "le prince de ce monde". S'il est "prince de ce monde" (Jn 14, 30), l'homme, lui, est le roi de la création et, comme nous le rappelle un autre mystique, il doit ramener à Dieu. Ce monde où le démon a introduit le désordre : "Il convient Seigneur que je t'aime, afin que je mérite d'être servi par les créatures, qui n'ont d'autre manière de parvenir à toi si ce n'est en me servant moi, lorsque je te sers; lorsque je t'aime et que je suis celui que je dois être, alors toutes les créatures s'unissent à toi et atteignent le but de leur création : moi pour toi et les créatures à travers moi. Mais quand je ne suis pas celui que je dois être, je sème la confusion et perds et pervertis tout ce que tu as créé. En revanche, lorsque je t'aime, par l'amour que je te voue, je répare, unis et conserve l'univers tout entier" (Diego de Estella, Ed. Catalica, 1948, p.384). Comment le diable s'y prendra-t-il pour s'opposer à ce dessein ? Car si Dieu Créateur ne s'impose pas à sa créature, respectant ainsi sa liberté, le diable, lui, peut encore moins le faire. Son pouvoir est grand, mais limité. Il sait qu'il ne peut pas s'imposer directement à un être libre. Il doit agir "en biais", en déployant une stratégie rusée et séductrice. Cette stratégie consiste en un exercice constant de séparation. Il est possible de discerner deux sortes de stratégies de la part du démon : 1 - Une générale, qu'il essaie de déployer à travers l'histoire ; 2 - Une particulière, qui s'adresse à chaque homme.

 

 

 

 

1 - Sa stratégie générale vise successivement deux fronts :

a) Le front surnaturel : spirituel, ecclésial, théologique

b) Le front naturel : philosophique et moral

 

a) Il s'agit d'abord de couper les hommes de la vie da la grâce, de l'union avec Dieu. Pour cela, il voudrait en finir avec l'Église qui dispense la grâce à travers les sacrements, ou tout au moins en écarter le maximum de chrétiens. Sainte Thérèse a été témoin au cours du XVIème siècle de l'effort réalisé pour relativiser la valeur des sacrements. En effet, ce furent des chrétiens désireux de parvenir à une conception plus pure du christianisme, qui supprimèrent dans une grande partie de l'Europe les sacrements de l'Ordre, de l'Eucharistie et de la Pénitence. La mort du Christ sur la Croix inaugure la victoire "historique" sur le diable. Or, la Sainte Messe célébrée par le prêtre in persona Christi perpétue et renouvelle le Sacrifice du Calvaire. L'absence du prêtre implique l'absence de la Messe, l'absence de la présence réelle du Christ, l'absence du sacrement de Réconciliation qui redonne la vie de la grâce à celui qui l'a perdue... Quand on observe une carte de l'Europe du XVIème siècle - le siècle de Sainte Thérèse ainsi que de la Réforme Protestante - on peut avoir l'impression d'assister à l'effondrement de l'Église Catholique, tant les défections des peuples ont été massives à la suite de leur roi. C'est ce qui pousse Sainte Thérèse à s'écrier : « 0 mon Rédempteur, je ne puis supporter ce spectacle sans que mon cœur soit brisé de douleur ! Que sont devenus aujourd'hui les chrétiens ? (...) Le monde est en feu l On voudrait, pour ainsi dire, condamner de nouveau Jésus-Christ puisqu'on l'accable de tant de calomnies ! On voudrait en finir avec son Église ! » (Chemin de la Perfection, ch 1, p. 584-585). Cependant, même si l'on peut quitter l'Église et croire toujours en Dieu, du déisme à l'athéisme, il n'y a pas une grande distance à parcourir. Le seuil a été vite franchi. Pourtant l'athéisme théorique implique une justification, une réflexion sur Dieu. L'athéisme absolu et plus achevé est sans doute l'athéisme pratique qui se passe de toute préoccupation intellectuelle, de toute référence. Il a par conséquent l'avantage d'être moins prétentieux, de se présenter de manière plus modeste : à chacun sa vérité, tout est relatif, il faut surtout vivre... « La philosophie, selon F. Vandenbroucke, a cherché les bases rationnelles d'une négation de Dieu sans précédent dans l'histoire de la pensée humaine. Cette recherche a suivi une courbe qui commença par la 'sécularisation' du Christianisme, pour atteindre sa 'liquidation', au terme de laquelle apparaît paradoxalement le déchaînement des forces démoniaques »  (Vld. "Démon" in Dictionnaire de Spiritualité Ascétique et Mystique, Paris, Beauchesne.1937 - 1988, coll. 231-232).

 

b) Une fois le front surnaturel "dépassé", le diable peut facilement s'attaquer au front "naturel", car une nature sans sur-nature est forcément, dans l'état actuel de l'homme, une nature pécheresse. L'athéisme pratique comporte non seulement la mort de Dieu mais la mort de l'homme, comme nombre de philosophes modernes l'ont mis en relief. Et cela parce que, tout comme l'ange, l'homme séparé de Dieu ne parvient plus à trouver son identité ni sa raison d'être. La grâce est la lumière qui lui permet de se reconnaître, de voir en lui ce Dieu dont il est à l'image. Car il est image... Mais s'il la rejette, il tombe comme Satan dans cet orgueil qui le pousse à vouloir être Dieu le Père, Créateur et origine de toute chose. Alors, il veut toute la gloire pour lui-même; alors il veut remodeler sa nature et se dégager de toute loi morale; alors il veut être maître de la vie et de la mort...

 

 

 

 

Transition : Cependant, le diable sait qu'une stratégie générale n'est pas suffisante. Voilà pourquoi il dresse, selon l'expression de Sainte Thérèse, toute une "batterie" pour gagner chaque âme. Son arme ordinaire est la tentation qui est une invitation "personnalisée". Cette invitation est lancée à travers un dialogue rusé et séducteur, car il s'agit en définitive de tromper l'intelligence de l'homme et d'affaiblir sa volonté pour le pousser à pécher.

 

 

 

 

2 - Sa stratégie PARTICULIERE vise successivement deux fronts :

a) Action sur l’intelligence

b) Action sur la volonté

 

a) Il est intéressant de signaler que le diable cherche à accéder à l'intelligence et à la volonté de l'homme à travers l'imagination et l'appétit sensible. « C'est l'imagination que le démon trompe et séduit » (V.D. 3 p. 917). Il n'a pas beaucoup de difficultés à le faire dans un monde matérialiste où l'imagination reproductrice d'images est constamment sollicitée et comme exacerbée. En revanche, l'imagination créatrice, intimement liée à l'intelligence et à l'effort intellectuel est devenue très pauvre. Or, l'intelligence nous a été donnée pour saisir la Vérité et en définitive pour contempler la Vérité par excellence : Dieu. « Cette Vérité dont je parle, et qui a daigné se révéler à moi, est en soi la Vérité même; elle est sans commencement et sans fin. Toutes les autres vérités dépendent de cette Vérité, comme tous les autres amours, de cet Amour, et toutes les autres grandeurs, de cette Grandeur" (Vie 40, p.463). En revanche, « tout ce qui vient du démon est mensonge comme lui » (Vie 15, p.152). Alors que le Christ est le Logos, la Parole, le diable est le parler trompeur. Grand connaisseur des techniques rhétoriques, il cherche à obscurcir la raison et à confondre les idées. « Le mensonge est l'offense la plus directe à la Vérité. (...) En blessant la relation de l'homme à la Vérité et au prochain, le mensonge offense la relation fondatrice de l'homme et de sa parole au Seigneur" (Catéchisme de l'Église Catholique N° 2483). L'une des manières les plus efficaces pour semer la confusion dans les esprits, c'est la suppression des symboles. Le mot "diable" est le contraire du mot "symbole" : diabolos = ce qui sépare; Symbolon = ce qui unit, signe de reconnaissance. Le mépris et la suppression des symboles laissent l'intelligence de l'homme dans le vide, car les réalités les plus profondes se manifestent à nous à travers des signes extérieurs et à travers des symboles. « D'une manière habituelle, notre pensée a besoin d'un appui » (Vie 22, p. 226). En effet, « l'homme étant un être à la fois corporel et spirituel, il exprime et perçoit les réalités spirituelles à travers des signes et des symboles matériels. Comme être social, l'homme a besoin de signes et de symboles pour communiquer avec autrui, par le langage, par des gestes, par des actions. Il en est de même pour la relation à Dieu » (Catéchisme de l'Église Catholique N" 1146). « Il y avait en moi si peu d'aptitude pour me peindre les objets à l'aide de l'entendement, que je ne pouvais imaginer les choses que je n'avais pas sous les yeux (...) Voilà le motif pour lequel j'aimais tant les images. Hélas ! qu'ils sont malheureux ceux qui, par leur faute, se privent d'une ressource aussi précieuse l On voit bien qu'ils n'aiment pas notre Seigneur. S'ils l'aimaient, ils seraient contents de voir son portrait; car même ici-bas c'est une joie de voir le portrait d'un ami » (Vie 9, p. 91). C'est donc une ruse caractérisée du démon d'enlever d'abord tout ce qui peut réveiller en nous l'amour de Dieu, ainsi que tout ce qui nous rappelle la dignité, la nature, la profondeur, la raison d'être, la finalité des diverses réalités voulues par Dieu. La suppression ou le mépris des signes comporte une subversion profonde, comme l'histoire récente nous le montre.

 

b) Le diable cherche à affaiblir la volonté par deux moyens essentiels :

1 - En inspirant la peur de faire le bien. Il cherche à décourager

2 - En incitant au péché. Tout péché enchaîne la volonté

 

1- Il inspire la peur sur les personnes ordinaires, afin de les empêcher de viser la sainteté et de les installer ainsi dans la tiédeur et dans la médiocrité. C'est le cri : « je ne peux pas ! ». Il veut d'abord, par dessus tout, empêcher le dialogue personnel de la prière, car elle est la porte et le chemin sûr de l'amour de Dieu. C'est dans la prière que naissent les grands désirs de sainteté ainsi que la force pour les mettre en œuvre. Or « le diable ne veut pas que tous soient saints » (Lettre de Sainte Thérèse au Père Gratien, novembre 1576). « Je crois que le démon porte beaucoup de préjudice aux âmes qui font oraison, et les empêche de réaliser de grands progrès par les fausses idées qu'il leur donne de l'humilité. Il leur représente qu'il y a de l'orgueil à entretenir de grands désirs, à vouloir imiter les saints, à souhaiter le martyre (...) Nos cœurs sont tellement étroits que la terre, ce semble, va nous manquer, si nous venons à négliger tant soit peu le corps, pour veiller aux intérêts de l'âme » (Vie 13, p. 124). Alors qu'il agit habituellement sur l'imagination pour inspirer la peur, il doit avoir recours à des moyens plus importants pour inspirer la peur paralysante aux saints : c'est ce qu'il a fait avec Sainte Thérèse à maintes reprises, en lui apparaissant et en la soumettant à des tourments, lui infligeant des coups, etc. (Vld. Vie, 31). Il percevait sans doute le rayonnement de sa vie et de son œuvre au long de l'histoire, ses appels pressants à une vie de prière. La vie mystique, telle que Sainte Thérèse l'a vécue, suppose en quelque sorte un avant-goût du ciel, une présence extraordinaire de Dieu dans l'âme. La mystique thérésienne, tout comme les autres mystiques espagnols du XVIème siècle, lance une invitation universelle à la prière mentale. En outre, sa personnalité attrayante et son langage populaire touchent un très large public. Les difficultés auxquelles le mouvement mystique et la Réforme Carmélitaine ont eu affaire ont été immenses.

 

2 - Le diable incite au péché en introduisant ainsi une triple séparation :

* le péché brise l'unité de l'homme, produisant en lui une tension inévitable. La paix est le fruit de l'union des puissances de l'homme entre elles et avec Dieu.

* le péché brise l'unité avec les autres

* le péché brise l'unité avec Dieu

Rien, nous le savons, ne désintègre autant la personnalité humaine, la société et le monde que le péché. Enfin, dans cette situation, le démon est aussi Satan, l'accusateur. L'accusateur de Dieu et de l'homme. Il prétend par là empêcher le retour à Dieu, en enlevant la confiance et en poussant au désespoir.

 

 

 

 

III. Pouvoir de l'homme sur le diable

 

Arrivés à ce stade de notre réflexion, nous pouvons nous demander ce que nous pouvons faire pour vaincre le diable. Le diable est soumis à Dieu. S'il a reçu de Dieu la permission de mettre l'homme à l'épreuve, il ne peut outrepasser le pouvoir qui lui a été donné. De plus, comme nous l'avons dit, il ne peut pas faire violence à la liberté de l'homme. Le péché est toujours volontaire. « Ma fille, la lumière est bien différente des ténèbres; je suis fidèle; personne ne se perdra sans le savoir » (Relation 22, p.547). Après de violentes tentations, Sainte Thérèse écrit : « Parfois, il m'a semblé que les démons s'amusaient à se renvoyer mon âme comme une balle, sans qu'elle put s'échapper de leurs mains (...) La seule lumière du libre arbitre demeure toujours » (Vie 30, p. 318). La tradition chrétienne propose de nombreux moyens pour vaincre le diable. Etant impossible de les énumérer tous, nous soulignerons, suivant Sainte Thérèse, trois moyens qui se rattachent à l'exercice des vertus théologales :

 

1. La recherche d'une science humble, ce qui fortifie la foi : « A mon avis, le démon redoute souverainement la science humble et vertueuse; il sait qu'alors ses ruses seront déjouées et qu'il sortira vaincu du combat » (Vie 13, p.133). « Il redoute comme la peste les dispositions fondées sur la Vérité. Il est ami du mensonge et le mensonge même; aussi, il ne fera jamais de pacte avec celui qui marche dans la Vérité » (Vie 25, p.266).

 

2. La détermination, doublée de la bonne humeur, ce qui est une manifestation de la vertu d'espérance : « Le démon redoute beaucoup les âmes vaillantes. L'expérience lui a appris quels préjudices elles lui causent. Tout ce qu'il fait pour leur nuire tourne à leur avantage et à celui du prochain, et finalement c'est lui qui y perd » (Chemin de la Perfection 25, p.702). « Si, en effet, ce Maître est tout-puissant, comme je le vois et je le sais, si les démons sont ses esclaves, comme la foi ne me permet pas d'en douter, quel mal peuvent-ils me faire à moi, dès lors que je suis la servante de ce Seigneur et de ce Roi ? Pourquoi n'aurais-je pas la force de combattre contre tout l'enfer réuni ? Je prenais à la main une croix et il me semblait en vérité que Dieu me donnait du courage. En très peu de temps, je me vis toute transformée et je n'aurais pas craint de me mesurer avec tous les démons à la fois; il me semblait qu'avec cette croix, je pouvais facilement les vaincre tous. Aussi, je leur disais : maintenant, venez tous, je suis la servante de Dieu, je veux voir ce que vous pouvez contre moi ! Ce qui est hors de doute, à mon avis, c'est qu'ils avaient peur de moi. Je me trouvais si tranquille et si rassurée contre eux tous que toutes mes craintes antérieures se sont dissipées. S'il m'est arrivé parfois de les voir depuis lors (...), non seulement je n'en avais presque aucune crainte, mais il me semblait plutôt que j'étais pour eux un objet de terreur. J'avais donc acquis, par la bonté manifeste du Maître du monde, un tel empire contre eux, que je n'en faisais pas plus de cas que de simples mouches. A mon avis, ils sont tellement lâches que, s'ils se voient méprisés, ils n'ont plus aucun courage. (...) Daigne Sa Majesté imprimer en nos cœurs la seule crainte que nous devons avoir et nous faire comprendre' qu'un seul péché véniel peut nous causer plus de mal que tout l'enfer réuni, comme c'est la Vérité » (Vie 25, p. 265 - 266). Et elle ajoute plus loin : « Je ne puis concevoir les craintes qui provoquent ces exclamations : Le démon ! Le démon l quand nous pouvons dire : Mon Dieu I Mon Dieu I et faire ainsi trembler l'esprit de ténèbres. Ne savons-nous pas qu'il ne peut faire le moindre mouvement, si Dieu ne le lui permet ? Pourquoi donc ces frayeurs ? Pour moi, je l'affirme, je redoute bien plus ces hommes si timides devant le démon, que le démon lui-même" (lbid. p.287).

 

3. Le recours au pardon de Dieu est ce qui nous permet de recouvrer la charité. Sainte Thérèse ne cesse de nous parler tout au long de ses œuvres de la Miséricorde de Dieu. « Elle gémît d'avoir offensé Dieu, mais elle se sent dilatée par sa miséricorde » (lbid. 30, p. 317). Le recours au pardon divin est le chemin sûr et efficace pour revenir vers Lui, et échapper ainsi à l'emprise du diable. Car, par le péché, il nous tient soumis à lui. Les textes thérésiens sur la Miséricorde de Dieu et sur le recours au sacrement de pénitence sont innombrables. Le pardon est l'une des manifestations les plus éclatantes de l'Amour : Dieu nous rachète en rachetant notre passé : « Tous tes péchés sont devant moi comme s'ils n'avaient jamais existé ; il te faut maintenant prendre courage » (Relations 58, p.574). C'est ce même courage, manifestation éclatante du pouvoir de l'amour, qui soutiendra, selon Sainte Thérèse, les « apôtres des derniers temps » : « Faisant un jour oraison, avec beaucoup de recueillement, de douceur et de quiétude, il me semblait que j'étais toute environnée d'anges et très rapprochée de Dieu. Je me mis à prier avec ferveur Sa Majesté pour les besoins de l'Église. Il me fut donné de voir le grand bien qu'un certain Ordre devait faire dans les derniers temps et le courage avec lequel ses membres soutiendraient la foi » (Vie 40, p.468-469). En effet, celui qui contente Dieu « peut fouler aux pieds tout l'enfer » (Vie 28, p.292).

 

Par Marie-Isabelle Alvira

Une réflexion sur le diable suggérée par

la lecture de Sainte Thérèse d’Avila - Source






Liens : « Foi chrétienne et démonologie » (On notera que l’expert sollicité par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi n’est pas nommé, et que celle-ci, tout en recommandant ce texte, « comme base sûre pour réaffirmer la Doctrine du Magistère », n’a pas jugé opportun de le faire sien en y apposant sa signature) + "L'Eglise doit parler du démon" (Cardinal Cottier, O.P. Théologien émérite de la Maison Pontificale)Le diable et le Nom de Jésus + Les deux eschatologies éternelles de l'Homme : Ciel et Enfer + « La fumée de Satan est entrée dans le Peuple de Dieu »Face à l'Enfer, encordons-nous les uns aux autres vers le Ciel ! + Face aux démons, l'importance du Signe de la Croix + Le Magistère de l'Eglise face au "moindre mal"« Je voyais Satan tomber du ciel comme l'éclair » (Luc 10, 18) + Prière de Saint Pie X à la Vierge Marie + Les jeunes face aux dérives satanistes... Un nouveau signe des temps ? + Du satanisme au choix de Dieu : « Je vais mourir pour mon Dieu. Je vais mourir pour ma foi. C'est la moindre des choses que je puisse faire pour le Christ mourant pour moi ! » + Catéchisme de l’Eglise catholique sur "la chute des anges" : N° 391 à 395 + L'impureté : un des plus grands drames de notre temps + « Nous sommes aujourd’hui devant la lutte finale entre l’Eglise et l’Anti-Eglise, entre l’Evangile et l’Anti-Evangile » (Cardinal Karol Wojtyla) + L'Enfer est une possibilité réelle (Benoît XVI) + « Arrière, Satan ! car il est écrit : C'est devant le Seigneur ton Dieu que tu te prosterneras, et c'est lui seul que tu adoreras » + L'Eau Bénite, un puissant secours contre le Démon + Catéchèse de Jean-Paul II : Le Bien et le Mal s'affrontent + « Les idéologies du Mal », par Jean-Paul II + La stratégie de Satan est la confusion + "Celui qui ne croit pas au diable ne croit pas à l'Evangile (Jean-Paul II - 5 vidéos du Père Amorth, exorciste du diocèse de Rome) + Satan ravi + Faire la différence entre la magie et l'exorcisme (Père Amorth, exorciste du Diocèse de Rome) + « Priez, priez beaucoup et faites des sacrifices pour les pécheurs, car beaucoup d'âmes vont en enfer parce qu'elles n'ont personne qui se sacrifie et prie pour elles. » + Le "Mysterium Iniquitatis", par l'Abbé Gouyaud

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30 juillet 2008 3 30 /07 /juillet /2008 05:50

« Chercher à vous reposer ; accepter avec gratitude les bontés du Seigneur. Le plaisir de la mer, c’est bon ; il ne va cependant pas sans piège du Malin. On sait à quel point le sens de la dignité s’est dégradé. Malheureusement, bien des femmes chrétiennes n’y sont pas pour rien, se laissant entraîner, elles aussi, à un certain laisser-aller regrettable. Le démon n’apprécie guère l’exigence de décence et de pudeur, rempart de la pureté du cœur, vertu essentielle pour vivre dans l’état de grâce, c’est-à-dire dans le véritable amour de Dieu et du prochain. La modestie et la délicatesse, surtout chez la femme, est déterminante. (…) Il n’est pas inutile d’insister sur ce point grave, aujourd’hui où à la plage, l’immodestie et la manque de pudeur sont choses admises, suite à la perte du sens du péché et au manque de la prudence chrétienne » (Père Marie-Joseph Gerber, OFM. Cap. 1985)

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29 juillet 2008 2 29 /07 /juillet /2008 21:01

Réfléchissez bien, interpelle Jean Paul II, vous les jeunes qui êtes précisément à l'âge où l'on tient tant à être beau ou belle pour plaire aux autres ! Un jeune homme, une jeune fille doivent être beaux, avant tout et surtout intérieurement : 

 

 

 

john-paul-2.jpgMes très chers jeunes garçons et filles,

 

Aujourd'hui je vous parlerai brièvement de la quatrième vertu cardinale, la tempérance, la sobriété. Saint Paul écrivait à son disciple Tite, qu'il avait laissé dans l'île de Crête comme évêque : « exerce les jeunes à être sobres » (Tt 2, 6). Répondant, moi aussi, à l'invitation de l'Apôtre des Gentils, je voudrais déclarer d'abord que les attitudes de l'homme provenant des diverses vertus cardinales sont mutuellement interdépendantes et unies. On ne saurait être un homme vraiment prudent, ni authentiquement juste, ni réellement fort si l'on ne possède pas la vertu de tempérance, Celle-ci conditionne, indirectement toutes les autres vertus; mais celles-ci sont également indispensables pour que l'homme puisse être "tempérant" ou 'sobre". Temperantia est commune omnium virtutem cognomen - écrivait au Vlème siècle Saint Jean Climaque (Échelle du Paradis, 15) - ce que nous pourrions traduire par « la tempérance est le dénominateur commun de toutes les autres vertus ». Il peut sembler étrange de parler de la tempérance ou de la sobriété à des jeunes gens et à des adolescents. Pourtant, très chers fils, cette vertu cardinale vous est particulièrement nécessaire, à vous qui vous trouvez dans cette période merveilleuse et délicate où votre réalité biopsychique croît jusqu'à sa parfaite maturité; nécessaire pour être capables, physiquement et spirituellement, d'affronter les hauts et les bas de la vie, dans ses exigences les plus variées. Est tempérant celui qui n'abuse pas des aliments, des boissons, des plaisirs; celui qui ne boit pas immodérément de l'alcool; qui ne se prive pas de sa conscience en usant de stupéfiants et de drogues. Nous pouvons imaginer en nous un "ego inférieur" et un "ego supérieur". Dans notre "ego inférieur" s'exprime notre "corps", avec ses besoins, ses désirs, ses passions de nature sensible. La vertu de tempérance assure à tout homme la domination de l"ego supérieur" sur l"ego inférieur". S'agirait-il en ce cas d'une humiliation, d'une diminution de notre corps ? Au contraire ! Cette domination le valorise, l'exalte. L'homme tempérant est celui qui a la maîtrise de soi-même; celui chez qui les passions ne l'emportent pas - sur la raison, sur la volonté et, également, sur le cœur, - précise Jean Paul II. On comprend alors combien indispensable est la vertu de tempérance pour que l'homme soit pleinement homme, pour que le jeune soit authentiquement jeune. Le triste et avilissant spectacle d'un homme ivre ou d'un drogué nous fait clairement comprendre qu'"être homme" signifie, avant toute autre chose, respecter sa propre dignité, se faire guider par la vertu de tempérance. Se dominer soi-même, maîtriser ses propres passions, la sensualité, ne signifie nullement devenir insensible ou indifférent : la tempérance dont nous parlons est une vertu chrétienne, que nous apprenons de l'enseignement et de l'exemple de Jésus et non pas de la morale dite "stoïque". La tempérance exige de chacun de nous une humilité spécifique à l'égard des dons que Dieu a placés dans notre nature humaine. Il y a "l'humilité du corps" et "l'humilité du cœur". Cette humilité est condition nécessaire de l'harmonie intérieure de l'homme, de sa beauté intérieure. Réfléchissez bien, interpelle Jean Paul II, vous les jeunes qui êtes précisément à l'âge où l'on tient tant à être beau ou belle pour plaire aux autres ! Un jeune homme, une jeune fille doivent être beaux, avant tout et surtout intérieurement. Sans une telle beauté intérieure, tous les autres efforts tournés seulement vers le corps ne feront — ni de lui ni d'elle — une personne vraiment belle. Et moi je vous souhaite, très chers fils, d'être toujours resplendissants de beauté intérieure!

 

Jean-Paul II - Discours aux Jeunes, 22 novembre 1978

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29 juillet 2008 2 29 /07 /juillet /2008 19:38

« Sainte Marthe ne laissait pas d’être une sainte bien qu’on ne dise pas qu’elle fut contemplative…Si nous restions en contemplation comme Madeleine, il n’y aurait personne pour donner à manger à cet hôte divin. Que les sœurs se rappellent qu’il doit y avoir parmi elles quelques autres qui préparent le repas du Seigneur. Qu’elles s’estiment heureuses de le servir comme Marthe » (Sainte Thérèse d’Avila).

 

  


Sainte Marthe était la sœur de Sainte Marie-Madeleine et de Lazare. C'est elle qui dirigeait la maison de Béthanie et s'en montrait digne par sa douceur et son amabilité envers les siens, par sa charité envers les pauvres et par l'hospitalité si dévouée qu'elle offrait au Sauveur et à Ses disciples. Un jour, Marthe était absorbée par les soins domestiques, tandis que Madeleine se tenait aux pieds de Jésus. Marthe se plaignit : « Seigneur, dites donc à Marie de venir m'aider, ne voyez-Vous pas qu'elle me laisse toute la charge ? - Marthe, Marthe, lui dit le Maître, vous vous agitez trop. Une seule chose est nécessaire; Marie a choisi la meilleure part, et elle ne lui sera point enlevée ». C'est Marthe qui fit prévenir Jésus de la maladie, puis de la mort de son frère Lazare : « Seigneur, Lui dit-elle, dès qu'elle L'aperçut, si Vous eussiez été ici, mon frère ne serait pas mort ». Et Jésus lui donnant des paroles d'espérance : « Seigneur, ajouta-t-elle, je crois que Vous êtes le Christ, Fils du Dieu Vivant ». Après l'Assomption de la Très Sainte Vierge, Marthe subit le sort de Lazare et de Madeleine : exposée par les Juifs endurcis sur une frêle barque, à la merci des flots irrités, elle est portée avec les siens vers les beaux rivages de la Provence en l'an 47.

 

Là elle participe à l'apostolat de son frère Lazare, qui devint évêque de Marseille, et à la sainte vie de Madeleine. Marthe est devenue célèbre par l'enchaînement d'un dragon. Au moment où elle commençait à prêcher la foi sur les rives du Rhône, un monstre effroyable, connu sous le nom de Tarasque, jetait la terreur dans toute la contrée. Un jour que Marthe annonçait la parole divine dans la ville de Tarascon, la foule s'écria : « Si vous détruisez le dragon, nous embrasserons votre foi. - Si vous êtes disposés à croire, répondit Marthe, tout est possible à celui qui croit ». Et seule elle s'avance vers la caverne du monstre. Pour combattre cet ennemi, Marthe se munit du signe de la Croix. Le monstre baisse la tête et tremble. Elle s'avance, l'enlace avec sa ceinture et l'amène comme un trophée de victoire aux habitants, et bientôt la Tarasque tombe écrasée sous les coups vengeurs de tout le peuple. En triomphant de ce monstre, Marthe avait triomphé du dragon infernal. Marthe s'établit dans la ville, devenue chrétienne, se fit la servante des pauvres, et fonda une communauté de vierges.

 

 
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29 juillet 2008 2 29 /07 /juillet /2008 13:10
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29 juillet 2008 2 29 /07 /juillet /2008 07:08

Dans nos diocèses, c'est à grand renfort de réunions et de célébrations dites "festives" que les évêques officialisent les regroupements paroissiaux et nomment des équipes de laïcs chargés d'une mission pastorale.
Ces grandes "bamboulas" interparoissiales où il est de bon ton d'être de bonne humeur et de s'autocongratuler pour l'aboutissement de "projets" qu'on dit "longuement mûris en équipes", ne permettent plus de camoufler la réalité : la quasi totalité de nos diocèses sont par terre.
Plus exactement, ils ont été mis par terre par ceux qui ont tenté les expériences les plus anti-catholiques en faisant croire qu'elles permettraient de redresser la barre : messes anticipées du samedi soir, ADAP, absolutions collectives, obligation d'utiliser des parcours catéchétiques plus que douteux, interdiction des liturgies latines et grégoriennes, messes des jeunes, démolition des autels et déstructuration des sanctuaires, interdiction de l'agenouillement, systématisation de la communion distribuée par des laïcs, obligation d'avoir à supporter de l'animation liturgique et la désinvolture de bien des célébrants, désacralisation... etc.
Les résultats de ces expériences sont là : des églises vides, des prêtres épuisés, des évêques gyrovagues, des liturgies insipides parasitées par l'interventionnisme de laïcs incompétents, des clercs occupés à de la bureaucratie stérile...
Qui peut imaginer qu'on redressera la situation tant qu'on se contentera d'artifices pastoraux et d'expédients conçus par les élus de quelques "soviets" diocésains ? Qui peut croire que les sourires de façade et les déclarations lénifiantes de certains pasteurs diocésains puissent suffire à dissiper les légitimes inquiétudes des fidèles ?

 

« On ne peut pas soutenir un concept de communion selon lequel la valeur pastorale suprême consiste à éviter les conflits. La foi est toujours aussi une épée, et peut exiger réellement le conflit par amour de la Vérité et de la Charité (cf. Mt 10, 34). Un projet d'unité ecclésiale dans lequel le durcissement des conflits serait d'emblée évité au nom d'une paix artificielle, en renonçant à la totalité du témoignage, se révélerait bien vite illusoire », disait le Cardinal Ratzinger. 
Ne sommes-nous pas déjà, en raison de la pastorale menée dans nos diocèses et nos paroisses, dans l'illusoire plus que dans la vraie foi au Christ ?

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28 juillet 2008 1 28 /07 /juillet /2008 20:24

Avant la levée des excommunications par le Pape Benoît XVI des quatre évêques sacrés par Mgr Lefebvre, personne n'aurait pu imaginer qu'il y avait en France tant de prêtres - évêques y compris - attachés à Vatican II. Ça ne se savait pas; ça ne se disait pas. Et surtout, ça ne se voyait pas.
Ça ne se voit d'ailleurs toujours pas quand on assiste aux messes célébrées dans les paroisses, lesquelles messes ne sont que très rarement conformes au missel romain issu du Concile dont se réclame la grande majorité des prêtres français. 
Mais enfin, puisque nous savons maintenant que nous avons un clergé résolument conciliaire, pourquoi ne pas prendre nos évêques diocésains et nos curés de paroisses au mot et exiger d'eux qu'ils mettent la Constitution Sacrosanctum Concilium en œuvre ? En premier lieu, on pourrait leur demander de veiller à ce que, désormais, les messes soient célébrées sans que soit ajouté, retranché ou modifié quoi que ce soit au contenu du missel (cf. Sacrosanctum Concilium, art. 22), à ce que le latin soit conservé (Id. art. 36), à ce que le chant grégorien ait la première place dans toutes les actions liturgiques (Id. art. 116).
Il n'y a aucune raison de penser que ceux qui exigent des fidèles traditionalistes de reconnaître et d'accepter Vatican II ne soient pas les premiers à donner l'exemple de leur entière soumission aux véritables enseignements du Concile. Enfin... on peut toujours rêver !

 

Pro Liturgia

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27 juillet 2008 7 27 /07 /juillet /2008 15:08

Combien est différent le « regard » du Seigneur sur le monde et sur l’humanité, de celui des hommes qui, souvent, ne parviennent pas à voir au-delà des apparences ! La conversion du cœur consiste à apprendre de Jésus à regarder la réalité avec un regard nouveau, Son regard, « tout autre » que celui du monde. Le suivre veut dire aussi : poser son « regard » là où il le pose lui-même, donner de l’importance à ce qui provient vraiment de Son amour, et non pas à ce qui provient de notre propre amour qui est « myope » par sa nature même, ne pouvant regarder au-delà de nous-mêmes. Se mettre à l’école de l’Evangile veut dire apprendre, jour après jour, à aller au-delà de notre propre horizon, tellement limité par l’égoïsme, pour regarder dans la même direction que Jésus, pour partager les mêmes aspirations de bonté, de vérité, de beauté contenues dans chacune de Ses paroles…

 

 

  

Quand il nous demande de nous aimer comme Il nous a aimés (cf. Jean 13, 34), il nous demande en même temps d’avoir sur notre prochain une « regard » nouveau, c’est-à-dire renouvelé par la charité. C’est probablement là le plus grand problème pour un chrétien : vivre « au sein » de cette parole-commandement de Jésus, pour que, chaque jour, il s’incarne dans la vie et la renouvelle par la charité. Je vous donne un commandement nouveau : « que vous vous aimiez les uns les autres comme je vous ai aimés ». Je peux aimer de cette manière seulement si je « vois » l’autre comme le « voit » Jésus. Si je le juge, si je le condamne, je sors du « regard » du Christ et je deviens « aveugle », incapable d’aller au-delà de mon jugement, qui me fait « voir » l’autre inférieur à moi : « Pourquoi regardes-tu la paille que est dans l’œil de ton frère, et ne te préoccupe pas de la poutre qui est dans le tien ? » (Luc 6, 41). « Bienheureux les cœurs purs car ils verront Dieu (Matthieu 5, 8). Un cœur pur, un cœur qui aime Dieu en s’oubliant, regarde dans la même direction que Jésus, et « voit » dans l’autre la ressemblance divine « imprimée » en lui, il le reconnaît comme étant rempli de dignité, il découvre ses possibilités de faire le bien, même quand elles sont comme « enterrées » par le péché qui défigure l’homme mais ne lui enlève pas la dignité d’enfant de Dieu.Dans la parabole de l’enfant prodigue, appelée aussi de manière plus juste « du père miséricordieux », il y a les deux « regards » différents du père et du fils aîné, qui se posent sur le pauvre enfant qui retourne chez lui, humilié sous le poids de ses propres péchés (cf. Luc 15, 18-19). Le premier voit dans l’enfant prodigue une réalité totalement différente de celle qui est perçue en revanche par le deuxième. Tous deux arrivent à des conclusions opposées : le père, rempli de miséricorde, fait fête pour le fils cadet, « parce qu’il était mort et qu’il est revenu à la vie. Il était perdu et il a été retrouvé » (Luc 15, 24) ; le fils aîné, en revanche, sans compassion, « se fâche » (Luc 15, 28) ; ses « yeux » sont incapables de « voir » ce que « voit » le père. Il s’oppose à la joie du père, parce qu’il ne parvient pas à en voir les raisons, en croyant que c’est lui qui a raison. S’il avait rencontré son frère, avant son père, il l’aurait probablement empêché de s’approcher de la maison, mais il n’en faut pas ainsi. Dans cette étonnante parabole, Jésus, non pas par hasard, nous dit que le premier regard qui s’est posé sur l’enfant prodigue a été celui du père (cf. Luc 15, 20) ! Qu’il est beau et consolant de savoir que celui qui voit le premier est toujours le Seigneur ! Que Son regard repose sur chacun d’entre nous avec une bienveillance inimaginable ! Si nous le croyons, nous aurons la force, dans nos rencontres et dans les événements de chaque jour, d’avoir, nous aussi, un regard de miséricorde qui « rencontre » le prochain pour « le revêtir » de bonté. Il faut demander chaque jour au Saint-Esprit de nous donner la grâce d’avoir les mêmes sentiments que le Christ : mansuétude et patience, humilité et bienveillance. Et ainsi, se réalisera ce qui est souhaité par l’Apôtre : « Mettez le comble à ma joie par l'accord de vos sentiments: ayez le même amour, une seule âme, un seul sentiment ; n'accordez rien à l'esprit de parti, rien à la vaine gloire, mais que chacun par l'humilité estime les autres supérieurs à soi ; ne recherchez pas chacun vos propres intérêts, mais plutôt que chacun songe à ceux des autres. Ayez entre vous les mêmes sentiments qui sont dans le Christ Jésus » (Philippiens 2, 2-5), « à nous qui ne regardons pas aux choses visibles, mais aux invisibles ; les choses visibles en effet n'ont qu'un temps, les invisibles sont éternelles » (2 Corinthiens 4, 18).

 

Le Saint-Esprit veut nous donner cette charité, mais pour cela, nous devons prier, comme l’a rappelé le Saint-Père aux jeunes lors des récentes Journées Mondiales de la Jeunesse : « Toutefois, cette force, grâce du Saint-Esprit, n’est pas quelque chose que nous pouvons mériter ou conquérir ; nous pouvons seulement la recevoir comme pur don. L’amour de Dieu peut répandre sa force seulement quand nous lui permettons de nous changer de l’intérieur. C’est nous qui devons lui permettre de pénétrer dans la croute de notre indifférence, de notre fatigue spirituelle, de notre conformisme aveugle à l’esprit de ce temps dans lequel nous vivons, C’est seulement alors que nous pouvons lui permettre d’éclairer notre imagination et de former nos désirs les plus profonds. D’où l’importance de la prière quotidienne, la prière « privée dans le silence de notre cœur, et devant le Très Saint-Sacrement, et la prière liturgique au sein de l’Eglise. Elle est une pure réceptivité de la grâce de Dieu, un amour en action, une communion avec l’Esprit qui demeure en nous et nous guide, par Jésus, dans l’Eglise, à notre Père Céleste » (Homélie du Pape Benoît XVI, 20 juillet, Sydney). La Sainte Vierge avait le regard toujours tourné vers Jésus et elle regardait dans Sa même direction ; c’est pourquoi elle s’est aperçue à Cana qu’il n’y avait plus de vin (cf. Jean 2, 3). Son intercession fut définitive par ce miracle opéré par le Seigneur, comme aussi pour tous les autres miracles dans notre vie. Elle est en effet notre Médiatrice et notre Avocate auprès de Dieu. A la Mère de Miséricorde, consacrons notre vie, et, avec une confiance filiale, abandonnons-nous à Elle, parce que, avec une telle Mère, nous serons toujours à l’abri, en Dieu !

 

Fides

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27 juillet 2008 7 27 /07 /juillet /2008 08:16

Il existe aujourd’hui quantité de messes qui, dans les paroisses, sont célébrées sans tenir compte des normes liturgiques données par l’Eglise. Ces messes-là ne sont plus des « célébrations liturgiques » au vrai sens du terme ; elles sont des « célébrations paraliturgiques », c’est-à-dire des célébrations qui se situent « à côté » de l’authentique liturgie. Et l’on constate que ces « paraliturgies » dominicales, qui ont poussé un peu partout comme de la mauvaise herbe, ont donné naissance à un « paracatholicisme ». Le « paracatholicisme » dont il est question ici induit une manière de se positionner non pas contre l’Eglise mais à côté d’elle. Il ne pousse pas les fidèles à s’opposer ouvertement à l’Eglise mais à se situer à côté d’elle ; à ce titre, il est plus subtil, plus pernicieux qu’une contestation franche. Les « paracatholiques » ne contestent pas la liturgie (comment le pourraient-ils puisqu’ils se veulent « pluralistes ») mais au nom de leur vision de la pastorale, ils la présente comme un chantier où les fidèles doivent toujours être à l’œuvre. Les « paracatholiques » élaborent des liturgies menant à progressivement oublier l’essentiel - Dieu - pour ne plus mettre l’accent que sur le « nous », sur le « peuple qui marche joyeux », le « peuple qui fait Eglise »... etc. Les « paracatholiques » (que l’on voit essentiellement à l’œuvre au sein des « équipes d’animation pastorale »), font entrer l’oubli de Dieu jusque dans leurs célébrations « à la carte » afin que l’accent ne soit plus mis que sur eux-mêmes, sur celles et ceux qui se présente comme les leader d’une pastorale plus efficace et comme les champions d’une Eglise plus vivante. Tout ceci conduit à faire oublier que la liturgie ne peut mûrir que dans la foi et dans la vie de l’Eglise, et que sa forme rituelle est un condensé de la Tradition vivante permettant d’expérimenter la communion entre les générations, la communion avec ceux qui priaient avant nous et prieront après nous dans le sillage de la foi reçue des Apôtres.

 

Pro Liturgia

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26 juillet 2008 6 26 /07 /juillet /2008 20:40

Sainte Anne appartenait à ce peuple choisi qui, dans les desseins de Dieu, devait donner naissance au Sauveur des hommes. Elle était de la tribu de Juda et de la race royal de David. Ses parents, recommandables par leur origine, devinrent surtout illustres entre tous leurs concitoyens par l'éclat d'une vie pleine de bonnes œuvres et de vertus…

 
 
 
 
Dieu, qui avait prédestiné cette enfant à devenir l'aïeule du Sauveur, la combla des grâces les plus admirables. Après Marie, aucune femme plus que Sainte Anne ne fut bénie et privilégiée entre toutes les autres. Mais si elle reçut tant de grâces, comme elle sut y répondre par la sainteté de sa vie ! Toute jeune enfant, elle était douce, humble, modeste, obéissante et ornée des naïves vertus de son âge. Plus tard, comme elle sut bien garder intact le lys de sa virginité ! Comme elle dépassait toutes les filles, ses compagnes, par sa piété, par la réserve de sa tenue, son recueillement et la sainteté de toute sa conduite ! Puis, quand il plut à Dieu d'unir son sort à celui de Saint Joachim ("Dieu accorde"), combien Anne ("la grâce") fut une épouse prévenante, respectueuse, laborieuse, charitable et scrupuleusement fidèle à tous les devoirs de son état, vaquant à propos au travail et à la prière. Dieu lui refusa longtemps de devenir mère. Elle se soumit humblement à cette épreuve et l'utilisa pour sa sanctification. Mais à l'épreuve succéda une grande joie, car de Joachim et d'Anne, déjà vieux, naquit miraculeusement Celle qui devait être la Mère du Sauveur et la Co-Rédemptrice du genre humain. C'est sans doute un grand honneur pour Sainte Anne, que d'avoir donné naissance à la Mère de Dieu. Mais il lui revient beaucoup plus de gloire d'avoir formé le Cœur de Marie à la vertu et à l'innocence ! L'Église célébrera dans tous les âges la piété maternelle de Sainte Anne, et la gloire de sa Fille rejaillira sur elle de génération en génération. 

Sainte Anne est honorée en Orient dès le Vème siècle où l'empereur Justinien élève une basilique en son honneur. En Occident
, la dévotion à Sainte Anne semble avoir pris son essor à l'époque des croisades. Son culte est reconnu par Urbain VI en 1382. Sa fête sera successivement supprimée par Saint Pie V, puis rétablie par Grégoire XIII, déclarée fête chômée par Grégoire XV, puis réduite au rite de 2ème classe par Léon XIII. Enfin, c'est Paul VI qui fusionne la fête de Sainte Anne avec les deux fêtes que possédait jusque-là Saint Joachim le 20 mars et le 16 août. A noter que Sainte Anne est la sainte patronne de la ville de Florence, d'Innsbruck, de Naples, de la région Bretagne (avec Saint Yves !) et de la province de Québec. Elle assure sa protection aux tourneurs, sculpteurs, orfèvres, fabricants de balais et de gants, bonnetiers, couturières, dentellières, lavandières, blanchisseurs, cardeurs, chiffonniers, navigateurs (marins), mineurs, éducatrices chrétiennes, femmes en couche, valet d'écurie et libraires.
 
 
 
 
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